Scandale à Palerme

De
Publié par

- C'est ridicule quand tu fais la tête inspecteur Nic. Sans être prophète, je prédis que tu finiras sur une belle croix. - Comme le Seigneur Jésus-Christ? - Dommage, tu ne pourras pas ressusciter comme lui. Tu n'es pas le fils de Dieu. - C'est vrai

Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 37
EAN13 : 9782748103328
Nombre de pages : 125
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Avertissement de l’éditeur
manuscrit.com - maison d’édition francophone - a
pour vocation de réunir les conditions idéales pour
quetouslesmanuscritstrouventleurpublic.
Pourcefaire,manuscrit.com s’estdoté du plusgrand
réseaudelecteursprofessionnels: composédelibraires
etde critiques,ilestentièrementvoué àladécouverte
etàlapromotiond’auteursdetalents,afindefavoriser
l’édition de leurs textes.
Dansle même temps,manuscrit.com propose- pour
accélérer la promotion des oeuvres - une diffusion
immédiate des manuscrits sous forme de fichiers
électroniquesetdelivresimprimés. C’estcetteédition
quelelecteuraentrelesmains. Lesimperfectionsqu’il
ydécèlerapeut-être sont indissociables de la primeur
d’une telle découverte.
manuscrit.com
5 bis rue de l’asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comScandaleàPalerme© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0333-5(pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-7481-0332-7 (pour le livre imprimé)Magne Soh
ScandaleàPalerme
ROMANCHAPITRE 1
La nuit tardait à tomber dans la ville de Los An-
geles. Lesrayonsmordorésdusoleilprintanier,lente-
ment s’effaçaient sous la pression d’une lune précoce.
Grâce à la clarté crépusculaire, on scrutait aisément à
l’horizon,lereliefdifformequiincontestablementfai-
sait le charme de la ville des stars. La beauté poétique
de cette cité paradisiaque, les légendes troublantes de
seshérosHollywoodiens,lesétapestumultueusesdeson
histoire pathétique, conféraient à Los Angeles, l’éti-
quettedelaplusattrayanteetlaplusoriginaledesvilles
américaines. Et pourtant, l’acharnement obsessionnel
des gangsters organisés en cartels, avait engendré un
climatd’insécurité,compromettantlerayonnementde
son indiscutable hospitalité.
Cette année là, le recul certain des fusillades fut
relayéparunevagued’assassinatsorchestréesemblait-il,
par un maniaque avide de crimes crapuleux. La popu-
lation inoffensive était livrée à la merci du tueur so-
litaire qui, impunément, commettait des atrocités les
plus inimaginables. A la brigade criminelle de la ville
prestigieuse, la redoutable équipe dirigée par le capi-
taineLewis,quiavaitétoufféavecbriolesvileniesdesas-
sociations criminelles, demeurait impuissante face aux
provocationsoffensantesd’untueurzélé,quisignaitaf-
freusement du sang de ses victimes, ses actes macabres.
7Scandale à Palerme
Danslafroideurlaplusindescriptible,lemonstrefau-
chaitlesdamesaprèslesavoircyniquementtorturéeset
violées.
La première victime fut une femme jeune, en-
ceinte et richissime, la veuve héritière du milliardaire
Kelly Bronson, tué cinq mois plus tôt dans un acci-
dent de circulation. Après cet événement barbare et
inhumain, la surprise vint où on l’attendait le moins.
Contre toute attente, l’intrépide inspecteur Nic Ste-
phen, considéré pourtant comme le plus talentueux de
lapolicecriminelle,futécartédel’enquête,auprofitdu
ténébreuxinspecteurPeter: sondauphin,etleprotégé
du Patron.
Dansuneenquêteexpéditive,Peterindexalema-
fioso Johnson Brown et sous son ordre, l’un des pré-
sumés tueurs à gages de la pègre, Steven, fut arrêté.
LesprotestationsénergiquesdeBrownniantl’implica-
tiondesonorganisationdanslemeurtren’ychangèrent
rien.
Unesemaineplustard,uneautredamefutassassi-
néedanslesmêmesconditions,etdèslors,lespectredu
tueur solitaire planait sur la ville. On vivait dans l’an-
goisse etl’attentedu meurtre suivant. Et pourtant,nul
nepouvaitprévoir,niladate,nilelieu,nilavictimede
la prochaine tragédie.
Ce soir là, il faisait beau. L’idylle entre la lu-
mière et les ténèbres restituait dans un décor féerique,
le charme émouvant de la belle et séduisante ville. En
mission à Dallas, l’inspecteur Nic Stephen pensait déjà
à sa Lucie. Il avait hâte de la retrouver, de l’embrasser,
del’aimer. Lucieétaitentréedanssavie. Elleétaitdeve-
nue sa préoccupation, son souci majeur, sa distraction
préférée,sonattractionprincipale. Nicdèsl’instantde
sa connaissance l’avait invitée à la mairie. Il n’avait pas
résistéaucoupdefoudre. C’étaitplusfortquelui. Elle
était l’image vivante qu’il se faisait de la femme idéale.
ElleaimaitNic. Elleavaitdessinélarobeetrencontréle
curé,maisnevoulaitserendreàlamairiequ’aprèsson
8Magne Soh
bac. Cesoirlà,rayonnantedanssamagnifiquerobede
chambreensoie,ellefrôlaitlabeautéangélique.
Après avoir cuisiné et dressé le couvert, elle at-
tendait impatiente son prince charmant, lorsque le té-
léphone sonna. Il était huit heures du soir et la jolie
Lucie qui somnolait dans le divan, sursauta avant de se
précipiter pour prendre l’écouteur.
« Lucie !
- Oh ! Steph, enfin j’entends ta voix. Mais où
es-tu passé depuis ce matin ?
- En mission à Dallas.
- Tu m’as manqué.
-Toiaussimonchou. Jenesupportepasdevivre
une seconde sans toi.
-J’aibesoindetoi.
-Moiaussi.
-Alorsqu’attends-tu? Vienstoutdesuite.
- Chérie.
-Quoi?
- C’est impossible.
- Ne blague pas.
- Je suis en service.
-Jeconnaistonemploidetemps. Tu n’espasde
garde ce soir.
-C’estvrai. Maisunpolicierestabsentetlecapi-
taineLewis m’a demandéde le remplacer.
-Toutelenuit?
-Jenesaispas. Jerentreraidèsquelegardevien-
dra.
-Nic,jecommenceàenavoirmarre. Quandj’ai
envie de toi, tu n’es jamais là. Tu finiras par choisir
entre moi et ton sale métier de flic.
- Sans hésiter je te choisirai.
- Et l’on pourra vivre d’amour et d’eau fraîche ?
fit-elle pour blaguer.
- Exactement.
- Chérie.
- Oui, parle j’écoute.
9Scandale à Palerme
- Elle garda silence.
- Lucie, je t’attends.
- Nic je t’aime.
-Moiaussi.»
Après un temps, elle lança :
« J’ai peur.
-Dequoi?
-Deteperdre.
- Drôle d’idée ! Moi je t’adore.
- A demain Steph.
- Merci Lucie. Bonne nuit. »
La belle Lucie alla se coucher après avoir dîné
toute seule. Au milieu de la nuit,
un drôle de vent secoua les volets de la villa. Elle
se réveilla, surprise, à cause du bruit qui venait du sé-
jour. Avec un peu de courage, elle quitta son lit et se
renditausalon. Unefenêtreétaitouverteetlesrideaux
transportés par le vent, furent à l’origine du bruit in-
solite. Lucie eut peur. Elle se souvenait avoir fermé
commed’habitudeportesetvolets. Elleseprécipitavers
le téléphone pourpouvoir alerter sonfiancé. Maisà sa
grande stupeur, il n’y avait pas de tonalité. Elle alla en
vitessesebarricaderdanslachambre. Lorsqu’ellesere-
tourna,elleseretrouvafaceàfaceavecletueurmasqué,
vêtu de tennis et d’une combinaison en cuir noir. Dès
lepremiercri,lemonstrel’attrapaparlecouqu’ilserra
jusqu’àsonévanouissement. Ensuiteillatransportasur
sesdeuxbraspourlajeteraulit. Aprèsl’avoirviolée,il
ne rata pas le coup de grâce. Il enfonça un poignard
dans le ventre de Lucie, puis l’essuya sur le drap avant
dedessinerlesinitialesdetueursolitairesurlemur.
Lucie n’était pas encore morte. Après le départ
du tueur, elle tenta en vain d’écrire un message avant
de rendrel’âme. Le lendemainmatin,la relèvesurvint
aux environs de sept heures. Nic découvrit chez lui,
l’inattendue boucherie.
10Magne Soh
Un an était passé, et c’est le jour anniversaire de
la mort de Lucie que son infortuné fiancé choisit pour
se rendre àSantaFe,la petite ville où elle futenterrée.
Par une matinée ensoleillée, bercée par le chant d’oi-
seaux, sur la route qui sillonnait un paysage féerique,
l’inspecteur Nic Stephen allait à toute vitesse. Figé au
volant de la vielle Ford, son visage était sombre. Il s’y
lisait une tristesse profonde et manifeste. Sa lugubre
mine le plongeait dans la fabulation. Maisà quoi pen-
sait l’illustre policier ? A l’horrible créature qui as-
sassina froidement sa douce Lucie ? A son mariage
raté? A l’accusationsimpliste,injusteettraumatisante
de son patron qui dénonçait sa virtuelle protection des
caïds ? Aux méthodes d’enquête abracadabrantes qui
s’avéraientdéfaillantes? Commentdonclesavoir?
A l’entrée de Santa Fe, Nic ralentit puis se gara
contre le trottoir. Malgré sa grande taille, il n’eut au-
cunepeinepours’extrairedelaviellebagnole. Ilouvrit
la malle et prit une gerbe, puis se dirigea vers un petit
cimetière. Comme un habitué des lieux, il s’arrêta net
devantunetombesurlaquelle il déposalesfleurs. Puis
ilsemitàgenoux,lesmainsjointesdevantlui,pourré-
citerquelquesprièresauprofitdeladouceLucie: nom
qu’on lisait aisément sur la tombe. Après ce recueille-
ment,ilregagnasonvéhiculeetempruntalechemindu
retour.
Quand il pénétra dans l’enceinte de sa brigade,
son ami noir, Lazare Chaka, accourut vers lui. Il resta
dans le véhicule, surpris par l’urgence du message
qu’apportait Lazare.
« Mais où es-tu passé ? On t’a cherché partout
depuis ce matin.
- Qui ? demanda Nic.
-LecapitaineLewis,réponditLazare. Unhomme
aencoreététuécettenuit.Onaretrouvésoncorpsdans
larueetl’onpensequ’ils’agitd’unaccident.»
11Scandale à Palerme
Nic sortit du véhicule et se rendit dans le bu-
reau ducapitaine. Lacinquantainerévolue,Lewisétait
un homme impulsif et autoritaire. Sa moyenne taille
contrastaitavecsonlourdpoidsd’obèse. Ildonnaitdes
ordres et n’écoutait que rarement ses sujets. Quand il
vit Nic entrer dans son bureau, il en profita pour ma-
nifester son indignation.
« A quelle heure venez-vous au travail ? Je ne
pourraiplustolérercegenred’indiscipline. Siçaconti-
nue,je-seraisobligédevoussuspendre…Depuisunan,
vous avez changé. Vous n’êtes plus le gamin souriant,
docile et entreprenant que j’ai toujours connu. Vous
avez vécu un triste événement on le sait. Mais que cela
changecomplètementvotrenaturedynamiqueestinto-
lérable. Vous aimiez Lucie…
-Changezdesujet,lançaNic,coléreux.
-Quoi?
- Je vous dis de changer de sujet », insista Nic,
profondémentirritéparlesouriresarcastiqueducapi-
taine.
Après un temps il ajouta :
« On nous rapporte qu’un jeune homme a été
trouvémortdanslarue. Lavoiturequil’abousculés’est
enfuie. Vousdevezvousdépêchersurleslieux
- C’est tout ? » répliqua Nic.
La repartie désinvolte du jeune inspecteur vexa
son patron. Il le guigna, etcontinua :
« La population de Los Angeles est en état de
choc. D’aucuns craignent qu’il s’agisse du tueur so-
litaire. Il faudrait éviter toute déclaration susceptible
detroublerl’ordrepublic. Deshommesvousattendent
dans la cour. Bonne chance ! »
Nic sortit du bureau du capitaine et croisa Peter
dans le couloir.
« Bonjour inspecteur Nic.
- Bonjour inspecteur Peter. J’ai cru que le capi-
taine allait vous confier cette enquête comme d’habi-
tude.
12

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Au moins un

de editions-actes-sud

Au moins un

de editions-actes-sud