Scène de feu

De
Publié par

Amélie est belle et passionnée. Passionnée par la vie, par l'amour, par le théâtre qui prend une place prépondérante dans sa vie. Un peu trop au goût de son mari Claude, qui lui reproche de préférer le théâtre à sa famille. Le désir de brûler les planches la taraude sans cesse et sa rencontre avec Sacha, jeune homme fougueux, va la faire se consumer encore un peu plus... Va-t-elle finir par sombrer ou saura-t-elle rebondir pour se construire à travers ses diverses rencontres? "Amélie est superbement mise en valeur, et la passion propre à l'auteur est transcrite dans son récit, qui en devient parfois troublant d'authenticité". (Comité de lecture d’une maison d’édition) "J'ai été littéralement happé par le texte et transporté ainsi jusqu'à la fin. À tous égards un très haut niveau, autant au point de vue linguistique, construction, enfin analyse des caractères (vraisemblables, originaux et, ce qui est particulièrement difficile, conséquents dans leur logique et leur évolution respective)". (Professeur de littérature, metteur en scène de pièces de théâtre)
Publié le : jeudi 29 mars 2012
Lecture(s) : 26
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748382570
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748382570
Nombre de pages : 162
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Gerd Buder
SCÈNE DE FEU
 
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur :
http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0117246.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
À toute ma famille... Et à celles qui, un peu, ou beaucoup, pensent se retrouver dans le personnage d'Amélie
Le rideau tombe sous un tonnerre dapplaudissements. Les rappels fusent, ponctués de sifflements admiratifs. Le rideau se relève. Exténuée mais ravie, la petite troupe savance face au public enthousiaste. Amélie lance un coup dil à ses coéqui-piers. Sur leurs visages, la joie pure ! Il faut avouer que cest le fruit dun travail acharné, où chacun a donné son maximum. Un élan de fusion traverse la troupe lorsque le public se lève dans une clameur de joie. Corentin serre la main dAmélie, avec une pensée émue pour son acharnement à réussir cette pièce. Cest grâce à elle quils sont là. C est elle qui a porté la pièce de bout en bout, face aux peines, aux découragements. Amélie, la belle rousse, aux cheveux aussi fougueux que son être tout en-tier ! Des nuits à répéter, en dépit du temps et de la fatigue. Peau-finer, corriger, reprendre, saccrocher jusquà crier son ras-le-bol. Mais le regard vert, pétillant de passion, pouvait être dur comme le jade. La foule sécoule vers les sorties, libérant peu à peu les ran-gées de fauteuils, témoins des répétitions ardues. Réprimant un petit pincement au cur, Amélie se tourne vers les comédiens, et les embrassades se succèdent.  Allons faire la fête ! Le bistro sent bon la potée. Ernest, le tenancier leur a réser-vé la table en fond de salle, sous les portraits des grands artistes du moment. Trente ans quil tient le Café du Théâtre. Il a vu passer tous les comédiens du demi-siècle. Cette petite troupe
7
SCÈNE DE FEU
nest pas célèbre, mais elle respire la même vie, la même âme que tous ceux qui sont passés chez lui. Il envie ces êtres com-plexes, si aptes à endosser des destinées diverses, à laise pour multiplier leur vie à linfini. Sur le trottoir, les conjoints ou compagnons ont rejoint les artistes pour fêter lévénement ensemble. Corentin est seul, il a quitté son compagnon après trois ans de vie commune. Quant à Amélie, elle guette son mari du coin de lil, tout en plaisantant avec les uns et les autres. Claude est médecin. Il tient son cabi-net avec un confrère. Lautomne apporte la grippe, et les journées sont longues. Pourvu quil ait pu sarranger pour Ma-rie. Un petit brin de tristesse parcourt Amélie à la pensée de sa fille. « Je ne men occupe pas assez » Mais très vite, elle est happée par la joie du moment. Corentin la prend par les épaules et la guide vers la table.  À toi lhonneur, déesse de la troupe ! Les bouchons sautent et le champagne pétille dans les verres. Amélie exulte, ravie et fière de son groupe. Les langues se dé-lient et les plaisanteries fusent de toutes parts. Soudain quelque chose effleure la joue dAmélie. Claude ! Joie et pincement au cur à la fois. Il paraît exténué, le visage gris et mal rasé.  Viens tasseoir parmi nous ! Un furtif regard de lassistance vers le nouveau venu puis les discussions repartent de plus belle. Amélie a du mal à se faire entendre de Claude.  Pas trop dure, cette journée ? Et Marie, tu las laissée où ?  Chez la voisine. Elle navait rien de particulier ce soir. Mais il faut la récupérer à minuit.  Ah ? Ce nest pas grave, on se débrouillera ! Et Amélie se laisse happer par le groupe qui lui réclame un discours de circonstance. Claude narrive pas à se joindre à la joie collective. Quinze patients dans laprès-midi, une visite au chevet dun cas difficile, récupérer Marie chez la nounou, lui
8
SCÈNE DE FEU
trouver quelquun pour la suite, et pas une seconde de pause. La tête lui tourne, il se sent fiévreux. Toutes ces soirées de répéti-tions lui reviennent comme un tourbillon. Combien y en a-t-il eu ? Dix, vingt ? Il ne sait plus. Les tempes lui brûlent.  Amélie, je ne me sens pas bien. Je rentre.  Ah bon ? Cest dommage, mon chéri. Tu nas rien man-gé !  Ça ne fait rien. Je me débrouille à la maison. La fête est à son comble, et cest tout juste si lon saperçoit du départ de Claude.  Amélie, livre-nous le secret de ta nouvelle pièce ! Émue, elle sexécute, livrant avec passion les grands traits de sa nouvelle création. Cest le délire. Deux heures du matin. Amélie titube vers la chambre, les chaussures à la main. Sa chevelure opulente lui cache le visage. Elle est prise dun hoquètement subit. Cest toi Amélie ? Il est tard !  Tout va bien Je vais faire la bise à Marie.  Elle est restée chez la voisine. Elle dormait trop bien. Il faudra la prendre demain à sept heures.  Dommage. Je voulais la voir, lui faire un gros câlin  Écoute, tu exagères. Tu ne la vois jamais, avec tes répéti-tions. Et quand ça te chante, à trois heures du matin, tu veux la réveiller !  Deux heures, mon chéri. Pas trois heures du matin.  Arrête, cest pareil. Cest de toute façon trop tard pour al-ler voir ta fille !  Ne me gronde pas ! Tu as vu le succès après tant defforts !  Succès peut-être. Mais à quel prix ? Jen ai assez de tes caprices et de tes priorités. Chacun son travail, avec des limites quon se fixe. Mes malades ne peuvent pas attendre. Et pour-tant, je me freine, pour prendre Marie chaque soir en ton
9
SCÈNE DE FEU
absence. Toi cest du plaisir, moi cest un devoir. Alors une fois pour toutes, sache te limiter.  Bon, bon ! Tu étais daccord pour jouer le jeu. Mainte-nant tu dis non. Dailleurs, cest fini, ou presque  Quoi presque ? Quest-ce que tu mijotes encore ? Claude se relève dun bond, un bouton du pyjama saute, li-bérant son torse vigoureux. Amélie a un éclair de passion, mais très vite se reprend.  Rien ! Enfin presque. Après ton départ, le directeur du théâtre nous a rejoints. Vu le succès de la pièce, il prolonge les représentations de six jours. Claude seffondre en arrière, la tête dans loreiller.  Enfer et damnation ! Ne manquait plus que ça ! Eh bien, trouve-toi une remplaçante. Je nassume plus la relève auprès de Marie. Tu te débrouilles !
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Quatorze

de Manuscrit

Les survivants du rock

de le-nouvel-observateur

suivant