Schild en Vriend - Le Lion et le Coq, même combat

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Un couple francophone souhaite acquérir un terrain en région flamande. Les responsables de cette région souhaitent avant tout réserver les terrains aux néerlandophones. Il faut donc dissuader ce couple de poursuivre la transaction en montant une opération bidon susceptible de mettre à jour le squelette d'un lointain ancêtre.Ce qui peut sauver en partie le couple candidat acquéreur, c'est que la parcelle convoitée est à cheval sur les deux régions. Et que les ossements découverts se trouvaient dans la partie francophone du terrain.
Situation surréaliste pour un profane qui doit se demander sur quelle planète se déroule l'aventure. Le soufflé finira par retomber en fonction de diverses actions. La suite à l'écran.


Schild en Vriend : titre bizarre s’il en est mais qui évoque la guerre entre le
suzerain français et les communes flamandes. Et par là
même rappelle sur le ton badin de « clochemerle » les
petites tracasseries que suscite actuellement une frontière
pointilleuse. Que mes voisins du nord du pays ne m’en
tiennent pas rigueur à moi qui suis un métissage involontaire
des deux cultures.


Bruxellois de naissance avec du sang wallon dans les
veines, Georges Janssen, enseignant retraité, se passionne
aujourd’hui pour le mot et l’image sous des formes diverses.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9789999991751
Nombre de pages : non-communiqué
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Un beau dim an che pour la saison C’est la troisièm e fois qu’il arpen te la parcelle d an s sa largeur et dan s sa lon gueur pour se con vain cre que ses calculs n e lui on t pas m en ti. Il y a bien là un ter r ain de vin gt m ètr es de large sur septan te-cin q m ètr es de profon d eur . Ce que l’on pourrait qualifier « d’espace vital », si cette ex-pression n e risquait pas d’être m al in terprétée en fon ction d’un douloureux passé. Un terr ain rich e d’essen ces de prestige. Un terrain de * bon n e ar gile grasse, jadis terr e à briques et àw itloof. De quoi largem en t im plan ter un con fortable bun galow, tout en con servan t bon n om br e d’arbr es, vieux de quelques d é-cen n ies. Les«groen» devraien t lui en savoir gr é. On verr a qu’aucun allié n ’est à dédaign er. L’en viron n em en t est à la m esur e des am bition s de n os deux jeun es can didats propriétaires. Un e r ur alité brute, agrém en tée des avan tages d’un espace r ésiden tiel, et doté à distan ce raison n able de tous les ser vices dispen sés par un e ville. Com pléton s par un refuge sign é De Lijn (société fla-m an de de tr an sports en com m un ) à un jet de boule de pé-tan que. S’il s’était agi du Teck (société wallonn e de tran sports
* Retrouvez les défin ition s des m ots en flam an d dan s le glossaire m is à la disposition du lecteur en fin d’ouvrage.
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en com m un ), l’en th ousiasm e s’en serait trouvé quelq ue peu tem péré. Bref, un e parcelle de ch oix dan s ceplattelan dà si ch er Brel. Curieusem en t Fran ck n e s’est pas in terrogé su r l’en vi-ron n em en t im m édiat, plusieurs h ectares de glèbe aban don -n ée par des h éritiers en m al de liquidités. Il eût été logique que le terrain ch oisi s’in scrive dan s un vaste projet de lotiss-em en t. Pourquoi cette parcelle isolée, la seule boisée, la seule offerte au m arch é ? Le sol dissim ulerait-il un vice d e form e, un e poudrière d’un précéden t con flit, un e fosse com -m un e, un en fouissem en t sauvage…? Fran ck n e s’est pas en gagé sur un e telle piste de r éflexion . Ça plan e pour lui…D’ailleurs le fait d’avoir croisé un group e de m ar ch eurs d’AVES (Am is des oiseaux en liberté) est du m eilleur augure. On est ici au cœ ur de ce « J ardin extraor-din aire » que n ous ressasse Claudin e ch aque dim an ch e que la RTBF n ous fait. Platte lan dn éerlan dais n e laisse subsister… Ce term e aucun doute. Fr an ck a traversé san s ver gogn e la fron tièr e séparan t les défen seur s du sol des défen seurs de la liber in dividuelle.thuisin gen zijn de Vlam H ier . Distraction ? Aberration ? Provocation ? Quelqueduiv elt…le poussan On n e pouvait ch oisir plus m auvais m om en t, à l’h eure où la fron tière lin guistique a ten dan ce à faire des vagues ! Pourquoi cette violation ? Des m alen ten dus en cascade. C’est in con testablem en t au départ, l’adoption de tr aduction s in tem pestives du gen r eR ijsel,Doorn iket autreSov jetbloem(traduction libr e de Fleurus, in itiée par n otre gran d h um o-riste Stéph an e Steem an ). La traduction la plus savoureuse reste m algr é tout celle de l’éch an geur de Lon cin pr ès de
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Liège, traduit par «lan ge tettea deêm e ». Le GPS lui-m quoi se faire du m ouron . C’est en suite le fait que tout pan n eau in dicateur voit l’un e de ces in for m ation s passée au goudron . Si cette pratique n e s’était éten due, Fran ck aurait pu lire : « Rivière aux étoiles ». Un e bouffée de poésie qui loin de le dissuader n ’aurait p u que le con forter dan s son ch oix. Cette justification devrait suffire. Mais ce n ’est pas tout. Ajouton s l’in ter n et qui vous ballade san s r espect p our la susceptibilité des un s et des autr es. C’est en suite parce que l’offre s’avérait plus avan tageuse que sur le sol gaulois. Aucun fan tôm e du type « Seveso » ou « zon e in on dable » à l’h orizon . Dern ier argum en t et n on des m oin dres : ce ter -rain n e devrait pas subir un e lon gue et coûteuse dépollu-tion . Aucun m étal n ocif, pas m êm e un e couch e de lisier, ce dern ier étan t régulièrem en t, officiellem en t ou officieuse-m en t, r efilé aux cultivateurs du Sud. Certes, votr e H on n eur, la violation est flagran te si l’on sait que l’an n on ce était rédigée en n éer lan dais. San s doute, Fran ck a-t-il estim é en savoir suffisam m en t pour ce gen re de tr an saction . Cette violation de territoire n e va pas seulem en t poser problèm e à n otre can didat ach eteur, m ais aussi au n arra-teur lequel se voit obliger d’ém ailler son texte de quelques expr ession s em prun tées à Von del et à Bart De Wever . * * * Le n arr ateurstudeerde N op schoolerderlan ds dan t. Pen n euf an n ées. À l’issue de cette lon gue période, il a certes acquit un vocabulair e don t il n e découvrira l’éten d ue que
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plus tard. Mais le corollaire, l’usage, levlotn’a pas suivi. Au-jourd’hui, un n ouveau m ot m agique est appar u : «im m er-sion», qui en plon les tout jeun gean t s un bilin es dan guism e actif, est sen sé r épar er les lacun es du passé. En fait l’auteur a découvert accen t et tour n ur e de ph rase au cours de ses prestation s dan s les colon ies de jour au con tact desk etjesvrai-n ’étaien t m es uxelles. Si les ter de Br m en t pasbeschaafdegu-, l’auteur y a gagn é en audace, un ar m en t décisif pour l’usage d’un e lan gue. Il est ar rivé plus d’un e fois qu’à la deuxièm e ph rase, l’in -terlocuteur du Nord a pris con scien ce des origin es de son vis-à-vis et, avec un souci d’accueil, a poursuivi la con versa-tion en fran çais. J e les en rem ercie, car en tre un flam an d d e Cam pin e et un flam an d de Fur n es, la n uan ce est d’im por -tan ce ! Ah !… Un e dern ière rem ar que. L’auteur s’est refusé à don n er la traduction des m ots em prun tés au n éerlan d ais. Où ser ait sin on l’effort souh aité auprès du lecteur de l’autr e bord et le bén éfice du bilin guism e adopté ? Toutefois par courtoisie pour n os am is Fran çais qui n ous fon t l’in sign e h on n eur de se préoccuper de n os problèm es, un glossaire figure en fin de parcours. * * * Mais reven on s à n os m outon s. Façon de s’expr im er car depuis belle lur ette, le m outon a été r em placé par le coch on . Ce dim an ch e-là, le ven t s’était fait com plice pour élim in er du paysage ce qui aurait pu gâch er la fête. Présen tem en t, dan s sa petite tête, Fran ck développe déjà un plan bien précis du dom ain e. Plus que dan s sa petite
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tête. En réalité un projet très avan cé a déjà été jeté sur papier. Un projet « dur able », « écolo », « écon om iseur » , doté des der n ières tech n ologies capables d’assur er n on seu-lem en t l’in dépen dan ce du propriétaire en m atièr e d’én er gie, m ais aussi sa participation dan s la production . En ce qui con cer n e l’ém ission des gaz n ocifs, ces ch oix devraien t lar -gem en t com pen ser les ém an ation s dégagées par le bét ail. Il n e sera pas difficile d’adapter ce plan con çu à la parcelle ch oisie. Avec les am én agem en ts n écessaires pour ren con -trer les r ègles d’urban ism e local. * * * Mais que fait sa m oitié, Fan ch on ? Fan ch on , queue de ch eval dor ée au ven t, n ’arpen te p as. Fan ch on r êve. Fan ch on s’extasie. Un m om en t elle s’est écartée du ch em in pour laisser pas-ser un lon g cortège de cyclistes, un cortège ayan t pour am -bition d’affirm er son iden tité et la plein e propr iété du n ord de ce royaum e. C’est le tradition n elGordelan n uel, un e m a-n ifestation qui est au vélo ce que la Vasaloppet est au ski de fon d. Ça jette un froid… Certain s participan ts de cette opé-ration de m arketin g on t jeté un œ il peu am èn e sur la plaque d’im m atriculation des Bon aven tur e :120 0BH V . J e jure, Votre H on n eur , que c’est un e pur e coïn ciden ce ! Dès que l’horizon est dégagé, Fanchon se com plaît d ’abord dan s l’appel du paysage et gam berge ferm e sur les p roblèm es d’orien tation , de com m odités, de décoration . Le jardin dé-borde déjà des espèces florales les plus in solites. Et son en -th ousiasm e rejoin t celui de son parten aire. Alléluia !
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