Secrets de Louisiane

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La Nouvelle-Orléans, 1965. 

A l’automne de sa vie, Aurore Gerritsen, héritière d’une grande famille de Louisiane, engage pour rédiger ses mémoires un jeune journaliste : Phillip Benedict. Pourquoi lui ? Il n’a rien en commun avec elle : il est noir, elle est blanche ; il est jeune et plein de vie, elle est vieille et fragile, et il n’est que de passage en Louisiane, où elle a passé toute son existence. Surpris mais flatté et curieux, Phillip accepte la proposition et se rend auprès de la vieille dame pour écouter son histoire… sans se douter que les confessions qui lui sont adressées le concernent, personnellement, de bien plus près qu’il ne pouvait l’imaginer. De confidences en révélations, le jeune homme entre dans l’intimité de cette femme, qu’il croyait altière et froide mais dont il découvre la générosité, et dont le récit poignant l’amène à recomposer le puzzle de ses propres origines…
Publié le : mercredi 1 février 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280263467
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1965
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Entre son studio de l’East Side, à New York, et celui qu’il possé-dait dans West Los Angeles, Phillip Benedict n’était pas toujours facile à trouver. Mais lorsqu’il séjournait à La Nouvelle-Orléans, il vivait chez Belinda Beauclaire. Belinda occupait la moitié d’une maison tout en longueur, un peu délabrée. Quatre pièces en enIlade qu’elle avait peintes dans des couleurs précieuses — améthyste, émeraude, grenat et saphir — et dont elle avait couvert les murs de tissus exotiques et de photographies. Phillip n’avait pas le souvenir d’être entré chez elle sans qu’y brûlent des bougies ou de l’encens, en provenance d’une herboristerie de Rampart Street — une des boutiques où l’on vous vendait également d’étranges substances en vous chuchotant à l’oreille comment les utiliser. Belinda ne croyait pas au vaudou, mais il lui semblait toujours préférable aux religions qui avaient aidé à assujettir ses ancêtres, à peine débarqués des vaisseaux négriers. Elle détestait le terme « Nègre » et tous ses dérivés. Elle, elle se sentaitnoire. Ni « nègre » ni « de couleur ». Noire. Et sur ce point, comme sur beaucoup d’autres, Nicky, la mère de Phillip, était d’accord avec elle. ïnstitutrice de son état, Belinda était une très belle femme, à la démarche souple et uide, au sourire empreint de sérénité. Elle possédait un mélange très personnel, très troublant, d’intelligence et de sensualité. Tout en elle plaisait à Phillip qui, ces derniers temps, venait de plus en plus souvent à La Nouvelle-Orléans. Un samedi de février, tôt dans la soirée, Phillip quitta la maison de Belinda et ferma à clé derrière lui. Belinda était partie le matin de très bonne heure et il avait passé la journée penché
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sur sa machine à écrire, puisant son énergie dans d’innombrables tasses d’un cocktail de café très noir et de chicorée. Journaliste indépendant, il était libre de son organisation, mais astreint à une discipline de fer. Au-dehors, alors que le soleil avait pratiquement atteint l’ho-rizon, il fut surpris par la douceur de l’air, chargé des parfums annonciateurs du printemps. Avec les nuages lourds de pluie qui s’amoncelaient dans le ciel, le crépuscule serait spectaculaire. Phillip n’était pas originaire de La Nouvelle-Orléans. Enfant, il ne s’y était pas déguisé pour Mardi gras, pas plus qu’il n’avait fréquenté les écoles ségrégationnistes de la ville. ïl n’avait ici aucun souvenir de sa première cigarette ni de son premier baiser pour éveiller sa nostalgie. Pourtant, de temps à autre, il se laissait envoûter par cette ville. Aujourd’hui, par exemple, il avait reçu un coup de téléphone qui l’avait ébranlé à un point tel qu’il se demandait s’il n’avait pas perdu tout bon sens. Qu’importe. ïl était déjà en route pour en apprendre davantage. Au volant de sa voiture, Phillip prit la direction du Garden District et de Prytania Street. Au cours de son bref coup de Il, Aurore Gerritsen lui avait donné des indications très précises aIn qu’il puisse se rendre chez elle. ïl les suivit tout en songeant au projet que sa correspondante avait évoqué. Aurore Le Danois-Gerritsen, principale actionnaire de la Gulf Coast Shipping, mère du sénateur Ferris Gerritsen et héritière d’une famille au sang aussi bleu que la eur de lys, emblème de la Louisiane, lui demandait de rédiger ses mémoires. L’horizon resplendissait d’un éclaboussement d’or lorsqu’il gara sa voiture un peu à l’écart de Prytania Street. ïl y avait la place pour stationner devant chez Aurore Gerritsen, amplement la place. La propriété était immense. Mais Phillip voulait prendre la température de ce quartier, et de l’environnement social qui avait fait d’Aurore Gerritsen la femme qu’elle était. Durant le court trajet à pied, il passa devant toute une série de somptueuses demeures de style colonial, d’inspiration italienne ou Renaissance, confortablement installées dans le paysage depuis le siècle dernier. Des chênes vénérables, contemporains de la guerre civile et tout drapés de mousse, craquaient doucement
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dans la brise du soir et les magnolias attendaient patiemment les jours de mai, encore lointains, où leurs eurs embaumeraient toute la ville. Phillip entrevit des piscines, des Cadillac immaculées. On était en période de carnaval et le drapeau si convoité de Rex — apanage des quelques privilégiés qui avaient été rois du carnaval — ottait aux balcons de deux maisons. Si des Noirs vivaient ici, il s’agissait de gouvernantes ou d’em-ployés de maison qui passaient les nuits d’été à s’éventer dans des chambres sans air, sous les combles. Phillip atteignit Prytania Street, conscient que sa présence avait été remarquée. ïl n’était pas habillé comme un jardinier ou un peintre en bâtiment, lui. Vêtu d’un costume sombre, d’une chemise blanche et d’une cravate unie, il se dirigeait vers la grille d’entrée d’Aurore Gerritsen. — Hé, toi là-bas ! Phillip songea un instant à ignorer l’appel. C’était probable-ment ce qu’il aurait fait en d’autres circonstances. Mais accepter de répondre faisait aussi partie de l’expérience à laquelle il se livrait depuis quelques minutes. ïl se retourna et dévisagea d’un rapide coup d’œil le vieil homme qui l’avait appelé. Ce dernier était pâle et aussi noueux qu’une racine de cyprès. ïl était vêtu d’un costume de crépon de coton, tenue qu’on ne portait guère qu’ici, dans ce quartier blanc et riche de La Nouvelle-Orléans. ïl se trouvait à une quinzaine de mètres de Phillip, appuyé à la barrière du jardin qui bordait celui de Mme Gerritsen. Phillip ignora la main qui lui faisait signe d’approcher. ïl se contenta de parler sufIsamment fort pour être entendu. — Je présume que c’est à moi que vous vous adressez ? L’homme désigna une autre grille, sur le côté de la propriété. — Les livraisons, c’est par-derrière, négro ! — Ah bon ? Je m’en souviendrai si jamais j’engage un Blanc pour faire mes courses. Phillip poussa la grille, entra, fermant soigneusement derrière lui. Puis, d’un pas tranquille, il gagna la porte d ’entrée de la maison et sonna. * * *
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Aurore n’avait aucun appétit, ce soir. Au dîner, elle avait picoré quelques bouchées de poisson et de légumes farcis, comme elle le faisait souvent, enfant. Et de même qu’on la grondait à l’époque, elle s’était fait réprimander par la jeune femme venue débarrasser la table. En In de compte, la vie n’était qu’un éternel recom-mencement, un cercle dans lequel jeunes et vieux se trouvaient beaucoup plus proches qu’elle ne l’avait cru jadis. Elle espérait seulement quitter ce monde avant de se retrouver aussi désarmée qu’une enfant. Vêtue d’une robe bleue imprimée, et portant pour tout bijou un unique rang de perles, elle attendait Phillip dans le petit salon qui donnait sur l’avant de la maison. Voilà bien longtemps, elle avait décoré cette pièce avec du mobilier provenant de la maison de son enfance, des meubles lourds et sombres appartenant à une époque où tables et chaises étaient faites pour durer. Et duraient, malheureusement. Mais se débarrasser des encombrants vestiges du passé n’avait jamais été son fort. La sonnette de la porte d’entrée retentit, et les mains d’Aurore se crispèrent sur les accoudoirs du fauteuil. Lily, sa gouvernante, avait pour instruction de faire entrer Phillip. Aurore attendit donc, avec tout le calme dont elle était capable, tandis que les secondes s’égrenaient, interminables. Lily apparut enIn, suivie d’un homme de haute taille. ïl promena ses yeux sombres à travers la pièce avant de les poser sur Aurore. Les mots de bienvenue restèrent bloqués dans sa gorge. Elle se leva, bien que ce ne fût pas chose facile. Mais elle refusait d’accueillir Phillip Benedict installée sur son trône, à la manière d’une grande dame. — Madame Gerritsen ? Elle lui tendit la main, et il l’enveloppa de la sienne. Le noir et le blanc. La jeunesse et la vieillesse. La force et la fragilité. Accablée par tant de contrastes, Aurore songea un instant à lui dire qu’elle avait changé d’avis. Jamais elle ne pourrait mener un tel projet jusqu’à son terme. ïl parut sentir son désarroi. Mais il ne lui adressa pas pour autant un sourire d’encouragement. Sans doute ne souriait-il pas souvent. ïl retira sa main et demeura immobile, laissant le temps à Aurore de se ressaisir.
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— Je suis heureuse que vous ayez pu venir, dit-elle enIn. ïl y a longtemps que j’avais envie de faire votre connaissance. — Vraiment ? ïl n’avait pas l’air convaincu. — J’admire depuis toujours ce que vous écrivez. — C’est surprenant. Je ne suis pas très connu par ici. — Vous ne l’êtes pas à cause des sujets que vous traitez. Nous sommes dans une ville orgueilleuse et assez vaniteuse, qui se satisfait… d’elle-même. Si le reste du monde disparaissait, La Nouvelle-Orléans le remarquerait à peine. Désirez-vous du café, monsieur Benedict ? Ma cuisinière m’a promis des gâteaux. — Merci. Je ne prendrai rien pour l’instant. Aurore regretta qu’il n’ait pas dit oui. Elle aurait aimé avoir le temps de s’habituer à sa présence. Beaucoup de choses pouvaient être dites autour d’une tasse de café, sans que cela paraisse arti-Iciel ou ridicule. — Asseyons-nous, proposa-t-elle en désignant le canapé, près de la fenêtre. J’aimerais faire plus ample connaissance avec vous avant de vous expliquer pourquoi je vous ai demandé de venir. — C’est un entretien d’embauche ? lança Phillip. Dans ces conditions, je peux vous dire tout de suite que je ne veux pas de ce travail. — ïl ne s’agit pas de cela. Je n’ai pas le moindre doute. C’est vous que je veux pour écrire mes mémoires. Sur le visage de Phillip, Aurore vit la curiosité l’emporter sur la méIance. ïl était intrigué. Pour la première fois depuis qu’il était arrivé, elle sentit renaître l’espoir. Le canapé était inconfortable. Elle se cala contre les coussins aIn de rendre la position assise supportable, tandis que Phillip s’installait à l’autre extrémité, très droit, comme s’il se laissait la possibilité de fuir à tout instant. — ïl y a longtemps que vous êtes à La Nouvelle-Orléans ? demanda-t-elle. — Quelques semaines. ïl la regarda droit dans les yeux. — Si je puis me permettre une question, comment avez-vous su que je m’y trouvais ? — J’ai lu vos articles dans l’Atlantic Monthlyet ceux que vous
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avez consacrés à l’intégration dans leNew York Times. Comme je vous l’ai dit, je suis de près votre travail. Je sais donc que votre mère est Nicky Valentine et que vous venez de temps à autre à La Nouvelle-Orléans. Lorsque j’ai commencé à songer à ce projet, j’ai pensé qu’il me fallait quelqu’un de votre envergure. Et puis, je me suis dit que vous pourriez peut-être vous en charger. Je me suis renseignée et… — … vous m’avez trouvé. — La Nouvelle-Orléans est une très petite ville. — Je m’en rends compte. — Vous n’avez pas été difIcile à trouver. Vous fréquentez des militants qui luttent pour les droits civiques et font en sorte qu’on les remarque — même si vous n’avez participé personnellement à aucune manifestation. — Je suis journaliste. Je m’efforce de rester objectif. Et rien de ce que vous avez appris sur moi ne vous dérange ? — Non, rien. Vous m’intriguez. — Que souhaitez-vous savoir à mon sujet ? — Dites-moi si vous vous plaisez à La Nouvelle-Orléans. ïl parut hésiter entre plusieurs réponses. Aurore savait déjà qu’il n’était pas homme à mentir. ïl mettrait même un point d’honneur à ne dire que la stricte vérité. Et parfois, la vérité prenait du temps à jaillir. — Je vais vous raconter une histoire, dit-il enIn. Hier, j’ai pris le tramway et, bien que les Noirs ne soient plus obligés de s’installer à l’arrière, une femme s’est levée et a changé de place lorsque je me suis assis à sa hauteur, de l’autre côté de la travée. J’imagine que cela ne vous surprendra pas d’apprendre qu’elle était blanche. — Non. — Et il m’a sufI de passer quelques minutes dans Garden District pour faire une rencontre édiIante. Avec votre voisin. Aurore hocha la tête. — Je présume que M. Aucoine n’a pas mentionné le fait que lui et moi ne nous parlons plus depuis des années — parce que nous n’avons strictement rien à nous dire. — Mais je sens autre chose dans cette ville, souligna Phillip. ïl y a du changement dans l’air. On le sent un peu partout.
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— Je suis heureuse de vous l’entendre dire. — Pourquoi ? La question prit Aurore au dépourvu. Elle n’aurait pas dû. Parler avec Phillip Benedict n’allait pas être facile. ïl n’y avait rien de simple ni d’évident chez cet homme. — Parce que je veux que les choses changent. — Ce ne sera pas à votre avantage, souligna Phillip sans ménagement. — Vous pourriez être surpris… ïl se mit à battre discrètement du pied. ïl était impatient d’en venir au fait. Sans se laisser impressionner, Aurore le laissa attendre, de façon délibérée, et prit tout son temps pour l’observer. C’était un bel homme. Mais cela, elle le savait déjà. Elle avait vu sa photo plus d’une fois. Cela faisait si longtemps que Phillip Benedict était en première ligne partout où l’on se battait pour les droits civiques, qu’il était pris en photo presque aussi souvent que les gens sur lesquels il écrivait. Les photos parvenaient à rendre Idèlement le port de tête altier, les traits virils, saisissants, de son visage. En revanche, elles ne pouvaient capter la vitalité, l’essence même d’un homme qui s’élevait au-dessus de la foule. Aurore avait espéré qu’il corres-pondrait à l’idée qu’elle se faisait de lui. Et maintenant qu’il était là, devant elle, elle en était certaine. Elle aurait voulu l’observer encore, mais elle eut pitié de lui. — Je ne vais pas vous retenir longtemps, reprit-elle. Laissez-moi vous expliquer ce que j’ai en tête, et nous verrons si nous pouvons parvenir à un accord. D’abord, sachez que je suis tout à fait consciente du caractère étrange de ma requête. Le monde n’est pas là à attendre, le soufe suspendu, la publication des mémoires d’Aurore Gerritsen. — Je suis certain que vous avez eu une vie très intéressante. — J’apprécie votre tact. Toutefois, nous savons pertinemment tous les deux qu’il n’existe qu’un marché très limité pour ma biographie. — Limité ? Jusqu’à quel point ? — Plus que vous ne croyez. ïl s’agit d’un projet privé, très personnel. Lorsque vous aurez terminé, je n’entends remettre votre manuscrit qu’aux membres très proches de ma famille.
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— Cela limite mes droits d’auteur. — ïl n’y aura pas de droits d’auteur. Vous recevrez une somme Ixe. Aurore marqua une pause. — Je vous laisse le soin de Ixer vous-même le montant de ce forfait. — Je pensais que vous étiez une femme d’affaires. — Je suis unevieillefemme qui tient beaucoup à ce projet. — Pourquoi ? — Lorsque nous aurons terminé, je pense que vous aurez la réponse à votre question. ïl ne dit pas non, ni oui. ïl Ixa Aurore comme s’il pouvait obtenir la réponse dans son regard, par télépathie. — Je vais être assez souvent absent dans le mois qui vient, déclara-t-il. Je couvre les inscriptions électorales en Alabama. Combien de temps nous faudra-t-il, selon vous ? — Je l’ignore. Je me fatigue vite. Et c’est une longue histoire que j’ai à raconter. — Si j’en juge par ce que vous m’avez dit jusqu’à présent, vous obtiendriez le même résultat en vous enregistrant sur magnétophone. — Là, vous faites erreur. Je vais avoir besoin de votre aide. Je ne pourrais pas raconter tout cela à une machine. J’ai besoin de quelqu’un qui ait votre intelligence, votre perspicacité… Phillip secoua la tête. — Ecoutez, madame Gerritsen, vous n’avez pas besoin de moi. Je ne sais pas pourquoi vous m’avez appelé ni très bien de quoi il retourne, mais je suis noir. Et selon tous les critères de cette ville, et les miens également, je ne suis pas l’homme qu’il faut pour ce travail. — J’ai besoin de vous, insista Aurore. J’ai lu vos interviews. Vous avez un talent unique. Les gens vous livrent des secrets qu’ils ne conIeraient à personne d’autre. Vous savez obtenir d’eux les informations qu’ils taisent. — Pourquoi me paieriez-vous aussi bien si c’est pour refuser ensuite de tout me dire ? — Parce que j’ai vécu une grande partie de ma vie sur un
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mensonge et que je ne sais pas toujours très bien où se trouve la vérité. Phillip Benedict poussa un soupir et secoua de nouveau la tête. Pourtant, Aurore savait déjà qu’il ne refuserait pas sa proposition. ïl avait pris la décision de dire oui et cela l’agaçait déjà. — Cinq mille dollars, dit-il Inalement. Et l’assurance que tout cela mène bien quelque part. — Je vous remettrai le chèque lors de notre prochaine rencontre. ïl se leva. — Ce sera demain. Plus tôt nous commencerons… — … plus tôt nous aurons terminé, compléta Aurore. A son tour, elle se leva. Elle regrettait de ne pas avoir pris sa canne, mais elle n’avait pas voulu qu’il la voie diminuée, pas la première fois. Elle avait voulu paraître plus forte qu’elle n’était. Elle lui tendit la main et il la serra de nouveau. — 10 heures, proposa-t-elle. Est-ce trop tôt pour vous ? — Non, c’est parfait. — Je suis impatiente d’être à demain. ïl hocha la tête, lui dit au revoir. Puis il sortit. Une fois seule, Aurore compta les mensonges qu’elle avait déjà proférés. Le plus énorme avait été le dernier. Elle n’était pas impatiente d’être au lendemain. Pas du tout.
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