Secrets du vieux Paris

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"Lorsqu'on démolit un ancien quartier de Paris, ce n'est pas sans une sorte de regret que je vois tomber les vieux murs. Eh quoi ! Ces maisons disparaissent avant qu'on ait écrit leur histoire ? Ces témoins de tant d'événements meurent sans qu'on ait pris la peine de receuillir leur déposition? Qui sait ce qu'ils auraient raconté ?"
Publié le : vendredi 1 janvier 1954
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246798422
Nombre de pages : 312
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OUVRAGES DE G. LENOTRE
DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
A LA LIBRAIRIE GRASSET
LA PETITS HISTOIRE :
I. — Napoléon (Croquis de l’Epopée).
II. — Femmes (Amours évanouies).
III. — Paris et ses fantomes.
IV. — Versailles au temps des Rois.
V. — La Révolution par ceux qui l’ont vuE.
VI. — Dossiers de
Police.
VII. — En suivant L’Empereur (Autres croquis de l’Épopée).
VIII. — Sous le bonnet rouge (Croquis révolutionnaires).
IX. — Paris qui disparait.
X. — En France jadis.
XI. — Existences d’artistes (De Molière à Victor Hugo).
XII. — Nos Français (Portraits de famille).
XIII. — De Belzébuth a Louis XIII (Affaires étranges).
Georges Cadoudal.
A LA LIBRAIRIE PERRIN
La Guillotine pendant la Révolution.
Le Vrai Chevalier de Maison-Rouge.
Le Baron de Batz.
Paris révolutionnaire.
Vieilles Maisons, Vieux Papiers. Six Séries.
Bleus, Blancs et Rouges.
La Captivité et la Mort de Marie-Antoinette.
Le Marquis de la Rouerie et la Conjuration bretonne.
Tournebut :
La Chouannerie normande au temps de l’Empire (1804-1809).
Le drame de Varennes (Juin 1791).
L’Affaire Perlet.
Le Roi Louis XVII ET L’énigme du Temple.
La Mirlitantouille.
Robespierre et la Mère de Dieu.
Le Jardin de PicpuS.
Les Massacres de Septembre (1792).
Les Fils de Philippegalité pendant la Terreur (1790-1796).
La
Fille de Louis XVI (1794-1799).
Le Tribunal Révolutionnaire (1793-1795).
Les Noyades de Nantes (1793).
La Femme sans nom.
Prussiens d’hier et de toujours. Deux Séries.
Gens de vieille France.
Martin le Visionnaire (1816-1834).
Babet l’empoisonneuse... ou l’empoisonnée.
L’Impénétrable secret du Sourd-Muet mort et vivant.
La
Compagnie de Jéhu.
La Maison des Carmes.
A LA LIBRAIRIE HACHETTE
Monsieur de Charette le roi de Vendée. LA PROSCRIPTION DES GIRONDINS.
A LA LIBRAIRIE MAME
Contes de Noel.
Histoires étranges qui sont arrivées.
A LA LIBRAIRIE FIRMIN DIDOT
Les Derniers Terroristes.
L
es Tuileries.
A LA LIBRAIRIE CALMANN-LÉVY
Le Chateau de Rambouillet.
La Vie a Paris pendant la Révolution.
Notes et Souvenirs de G. Lenotre
Un Voyage a Paris sous Louis XVI.
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
© Éditions Grasset & Fasquelle, 2012.
9782246798422 — 1re publication
I
LE « GUIDE DES AMATEURS »
LE « GUIDE DES AMATEURS »
Connaissez-vous le Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, rédigé par Thierry et imprimé en 1787. C’est le Joanne de l’époque, ouvrage très précieux, d’abord parce qu’on y trouve une description détaillée de la ville, mais surtout parce qu’il nous donne une leçon d’hospitalité. En ce temps-là, pas une porte qui ne s’ouvre à la moindre requête d’un touriste inconnu ; nulle référence n’est exigée, nulle recommandation : on peut entrer partout, tout voir, palais royaux, hôtels aristocratiques, maisons particulières, abbayes, fabriques, prisons même. Quiconque possède des tableaux, une collection d’estampes, une bibliothèque, voire simplement un beau mobilier, offre libéralement ces richesses à l’admiration du premier venu. On pénètre, sans aucune difficulté, chez le duc d’Orléans, au Palais-Royal, chez le prince de Condé, chez M. Beaujon dont les appartements sont célèbres, chez le prince de Salm dont l’hôtel est à peine terminé, chez le duc de Praslin où l’on peut contempler des meubles somptueux et des œuvres d’art fameuses. On va ainsi de porte en porte visiter les galeries de peinture des hôtels de Chabot de Luynes, de Brissac, de Vaudreuil, ou les cabinets d’histoire naturelle des hôtels de Chaulnes ou de La Rochefoucauld, ou les jardins de M. de Biron et de M. de Saint-James... La nomenclature serait interminable. On ouvre même aux visiteurs la salle de bains de l’hôtel de Bezenval, remarquable par une piscine qu’entourent des naïades de Clodion, et le boudoir de M
me la princesse de Kunsky, où la décoration sculpturale figure un bosquet de marronniers dont les branches entrelacées forment voûte et dont le tronc rugueux, taillé dans le marbre, émerge de bouquets de roses trémières. Que de jolies choses, que de tableaux, de tapisseries, de statues, de meubles merveilleux, dont la plupart doivent exister encore, et que nous n’avons jamais vus, que nous ne verrons jamais, leurs détenteurs d’aujourd’hui étant possesseurs plus jaloux que ceux d’autrefois ! Je sais bien que l’époque actuelle invite mal à l’ostentation des « signes extérieurs de la richesse » et que beaucoup de gens, en dépit du proverbe, préfèrent, pour l’instant, inspirer la pitié, non l’envie... Mais quel dommage qu’on ne puisse plus l’introduire — autrement que par effraction — dans tant de merveilleuses demeures, orgueilleusement closes et que peuplent des chefs-d’œuvre inconnus ! Quel regret à la pensée qu’il fut un temps où les favorisés de la fortune se glorifiaient de faire partager leurs jouissances au passant amoureux d’art ou d’histoire !
Car ce n’était point seulement libéralité théorique ; les amateurs et les touristes, de quelque rang qu’ils fussent, en profitaient effectivement, sans façon. On possède le récit d’un voyage à Paris entrepris par deux étudiants de Nancy, vers cette même année 1787. Les deux compagnons ne sont pas riches, puisqu’ils voyagent le plus souvent à pied ; ils n’ont ni particule, ni titres, ni relations, ni répondants ; ils débarquent dans la grande ville sans y connaître personne, et les voilà pourtant en visite à Louveciennes, au pavillon de Mme
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