Séjour à Venise

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Un voyage à Venise... Cela faisait longtemps que Marc Lanteuil en avait fait sa promesse à sa sœur Eva. Au programme : promenades en vaporettos ou en gondoles, errances sans fin dans les ruelles fouettées par le sirocco, visites d'églises et de palais, flâneries sur la terrasse des cafés de la place Saint Marc... Mais ses monuments et son grand canal, ne sont pas les seules richesses de Venise, qui recèle des trésors autrement plus mystérieux. Lors d'un dîner à l'hôtel, Marc et Eva font en effet la connaissance d'un riche argentin, José Carlos de Villalongua, et de sa fille Maria…Le noble hidalgo courtise Eva, la jeune Lolita de seize ans s'éprend de Marc, bouleversé, quelques temps plus tard, par l'annonce de sa fin tragique...
Publié le : jeudi 16 juin 2011
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EAN13 : 9782748167528
Nombre de pages : 199
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Séjour à Venise
Bernard Tellez
Séjour à Venise
ROMAN
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2006 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 08 90 71 10 18 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-6753-8 (fichier numérique) ISBN 13 : 9782748167535 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-6752-X (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748167528 (livre imprimé)
S’il peut parfois paraître oiseux de se souvenir, à supposer que cela concerne chacun d’entre nous, Venise avait presque le sourire de la Joconde, cette année-là… Le hasard donna à Marc Lanteuil, le privilège de rencontrer Maria, comme dans un rêve… Hier, il brancha son ordinateur, et lut un e-mail en provenance de Buenos Aires… Il put apprendre que Maria était décédée. Un étalon fougueux du haras de son père, qu’elle montait, l’a projetée sur une saillie de rochers pointus, vestige de l’écorce terrestre, il y a dix millions d’années, à peine érodée par le vent… La chute a été brutale, Maria est morte sur le coup, en rebondissant sur la protubérance rocheuse hérissée d’épines, comme un cactus, où sa tête a heurté le tranchant du roc… La fracture s’est révélée fatale… Je suppose que d’autres, à cet endroit-là, ont dû déjà se rompre le cou… Je me dois d’évoquer son souvenir… L’homme est de taille moyenne, les cheveux assez longs, un peu grisonnants, un imperméable sur les épaules, il a l’air d’un homme encore jeune qui prend de l’âge… Il quitte la gare, et sort du hall où l’on s’attend à voir venir des voyageurs. Aujourd’hui, encore, il se rend à l’hôtel Terminus, juste en face, une fois passé le pont devant la gare, et demande s’il n’y a pas de courrier pour lui. On lui tend une lettre qu’il s’empresse de décacheter, et lit : « Margarita ne viendra pas. Elle a préféré descendre chez elle, en Sicile, où elle a un amoureux. » Ces quelques mots sont écrits à l’encre violette… Il froisse la lettre entre ses doigts, la jette dans la corbeille, et sort.. Il songe à Maria, à la jeune Maria, en marchant le long du trottoir en direction de sa
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voiture. Avant de démarrer, il songe à Venise, Venise l’envahit, il s’en souvient toujours, il s’en souviendra tant qu’il vivra… Ils partirent, parce qu’il devait ce voyage à Eva, il le lui avait promis depuis des mois. Ils quittèrent Toulouse, la ville du Midi de la France, le jour dit, c’était le début de l’automne, leurs chambres étant retenues au Venezia 2000, un hôtel du Lido, qui fait face à la cité édifiée sur les eaux, séparée par la lagune. A Trieste, port de l’Adriatique, qu’ils atteignirent presque par hasard, après avoir dépassé Milan, pour descendre sur la capitale de la Vénétie, ils tombèrent en panne de voiture… Ce jour-là, il pleuvait énormément. Le ciel bas et lourd, déversait par rafales, ses eaux de pluie… Ils décidèrent de continuer leur périple par la mer… Une soixantaine de minutes sépare Venise, de Trieste, par bateau. Sur la passerelle conduisant au navire prêt à appareiller, de nationalité italienne, vétuste, noir, Eva et lui s’arrêtèrent pour contempler le paysage de mer, sa ligne d’horizon absorbée par la brume. Du pont supérieur, malgré la pluie déferlante qui trempait leurs vêtements, ils jetèrent des regards précis autour d’eux… Un matelot, aux yeux bigleux, s’avança vers eux. Il les entraîna, avec forces grimaces, en guise de politesse, jusqu’à une cabine d’aspect miteux, aux lits superposés, avec ses fauteuils rapiécés et une table basse où traînaient quatre ou cinq magazines, décor rappelant une salle d’attente désuète des années cinquante… On leur fit suivre leurs bagages. Marc Lanteuil jeta un coup d’œil par le hublot, en ayant fait le tour de la pièce,
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