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Looking Up, Roman, Mon Petit Éditeur, 2014
Nicolas Lafargue SEPTEMBER SECOND
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 175, boulevard Anatole France 93200 Saint-Denis – France IDDN.FR.010.0120817.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2016
À mon grand-père, pour avoir retrouvé le saxophone de Don Byas, une nuit à Alger. Sans cela, le jazz ne serait peut-être pas ce qu’il est aujourd’hui… À mon père, pour m’avoir élevé dans cette musique d’émotions À Marie, pour son courage à m’accompagner si loin des siens
Avertissement Trouver un compagnon de déroute au bord d’un comptoir, traducteur sur papier de mes pérégrinations New-Yorkaises, constituait l’unique bienfait de mon retour à Paris. Ce pseudo-artiste puisait dans sa tristesse et sa solitude les prémices de son inspiration. Sa mélancolie représentant son moteur créatif, mon état de mal-être lui a fourni l’essence nécessaire à démarrer un esprit rouillé qui n’attendait qu’une étincelle pour repartir. Après avoir écouté « Looking Up » de Michel Petrucciani, vautré sur le comptoir du Baiser Salé, pris de remords, secoué par les sanglots, je comprenais que ce retour à Paris était un second échec. Nicolas, l’artiste raté, a patiemment attendu la fin du morceau, sans essayer de me consoler, ni chercher des mots réconfortants, ni poser une main sur mon épaule pour apaiser la haine que j’éprouvais envers moi-même. Non, il a simplement attendu la fin, attendu mon retour à la torpeur, attendu que je me relève physiquement et psychologiquement. C’est seulement à ce moment-là qu’il m’a dit je t’écoute, raconte-moi. Tandis que débutait sur les baffles du Baiser Salé « Memories of Paris », je lui ai raconté mon histoire, l’identique tranche de vie rapportée à Jeanne quelques instants plus tôt. À cinq heures du matin, narration terminée, lumières allumées, chaises et tables empilées, coups de balai, cliquetis de verres brisés. Messieurs on ferme. Nous nous sommes séparés dans la rue des Lombards, les premiers rayons de soleil éveillaient la capitale, avec chacun l’adresse e-mail de l’autre, pour la suite de l’histoire me dit Nicolas avec un clin d’œil. À mon retour chez mes amis hébergeurs à Saint Sulpice, Delphine m’a gratifié d’un « Tu pues » et Olivier d’un « Le lit est là, ou le rhum
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SEPTEMBER SECOND
ici… ». Je me suis endormi sous le regard stoïque du chat qui, à ma démarche et mon œil vitreux, a dû comprendre que rien ne tournait rond dans ma tête, ou ce qu’il en restait.
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Vincent
« My philosophy is to have a really good time and never let anything stop me from doing what I want to do »
Michel Petrucciani