Shania Hunt cherche l'âme soeur

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Shania Hunt a trente ans, un mec, des copines, et un poste de cadre dans un grand groupe éditorial. Active, dynamique, elle considère sa vie privée comme aussi réussie que sa vie professionnelle. Lorsqu’un jour, tout bascule. Rentrée plus tôt que prévu d’un voyage d’affaire, elle trouve son homme au lit avec deux filles : une blonde décolorée très vulgaire et… sa meilleure amie, Cynthia ! Folle de rage, Shania plaque tout sur un coup de tête, et demande sa mutation dans la filiale française du groupe. Dans le Boeing qui l’emmène vers Paris, elle se fait draguer par son voisin, un français plutôt macho, et finit par lui envoyer une gifle... pour découvrir, à l’arrivée, qu’il s’agit de son nouveau boss ! Les mésaventures de l’impulsive jeune femme ne font que commencer…
Publié le : mardi 14 juin 2011
Lecture(s) : 33
EAN13 : 9782748128284
Nombre de pages : 135
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Shania Hunt cherche
l me sœurTanis Flamant
Shania Hunt cherche
l me sœur
ROMAN' manuscrit.com, 2003
ISBN: 2-7481-2829-X(pourlefichiernumØrique)
ISBN: 2-2828-(pour lelivreimprimØ)Avertissement de l Øditeur
DØcouvertparnotrerØseaudeGrandsLecteurs(libraires,revues,critiques
littØrairesetdechercheurs),cemanuscritestimprimØtelunlivre.
manuscrit.com
5bis, rue de lA’ sile Popincourt
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TØlØcopie : 01 48 07 50 10
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JournØe : difficile, pour ne pas dire franchement
pØnible. Moral : à zØro. RØsumØ : entre les jØrØ-
miades de mon patron et les prØtentions de l auteur
stardemamaisond Ødition,j avaisbienfailligriller
unfusible ! Pas Øvidentde gØrer tout a!
Pourl heure,jen aspiraisqu unreposbienmØ-
ritØ. Mais aussi, il faut bien l avouer, à un câlin.
Un gros câlin rØconfortant dans les bras de Jack,
l’homme de ma vie.
JackHammond,avocat,partageaitmonexistence
depuisdeuxans. NousvenionsjustedefŒterl anni-
versairedenotrerencontre. D uncoup,j aiimaginØ
sesgrandsyeuxbleus,sonsourirecharmeurquandil
allait me voir rentrer plus tôt - pour une fois ! - à la
maison. JenousvoyaisdØj dansunbonbainmous-
sant, ses longs doigts sensuels massant ma nuque
contractØe, puis descendant plus bas… Bon, stop,
Shania ! ça suffit !
En sortant du parking pour prendre l ascenseur
qui allait m amener jusqu l appartement grand
luxe oø nous vivions tous deux, j ai fait le point sur
ma situation personnelle.
ShaniaHunt,trenteans,plut tsexy,etcadredans
un groupe Øditorial possØdant des filiales partout
dans le monde (les Øditions Baldaquin, pour ne pas
7Shania Hunt cherche l’âme sœur
les nommer). Un compagnon merveilleux, des co-
pines sensationnelles… Qu est-ce qui me manquait
pour Œtre heureuse ?
LarØponseestvenueenunØclair,tandisquej ap-
puyais sur le bouton du dix-septiŁme Øtage : le ma-
riage ! C’est dØcidØ, j allais demander à Jack de
m Øpouser. Et dans les formes, s il vous plait ! Un
romantique souper aux chandelles… Et Pan ! Il ne
pourrait pas dire non. N est-ce pas ?
La clef jouant dans la serrure, la porte s’ouvrit
avec un grincement rØprobateur. Pas de bruit. A
pas de loups, j’approchais du salon. Rien. Pas un
chatnonplusdanslacuisine. SourcilsfroncØs,jere-
vinssurmespas. Lemiroirdansl’entrØemerenvoya
l image d une rousse boudeuse, au visage piquetØ
de t ches de son narquoises, svelte, plut t grande,
et moulØe dans un tailleur classiquement gris. Des
lŁvres pleines, de grands yeux verts en amande ve-
naient complØter le tableau. Avec, peut-Œtre un nez
un petit peu trop long (IntØressant point commun
avec ClØop tre)… La rouquine dans la glace me fit
un large sourire, que je gardais plaquØ sur mon vi-
sage.
Aussi silencieusement qu une chatte, je longeais
le couloir et me dirigeais vers notre chambre. Oø
Øtait donc Jack ? Des bruits ØtouffØs me parvinrent.
Ah, ah ! Il Øtait dans la chambre. Plusieurs voix.
Sans doute la tØlØvision.
« Mais qu est-ce que Jack fout devant la tØlØ ?
pensai-je bŒtement. Il dØteste a. »
UnlonggØmissement,suividepetitscris. Pasbe-
soin d Œtre devin pour comprendre ! Jack, devant
le poste ? Invraisemblable ! Mais devant un film
porno ? CarrØment incroyable ! J entrouvris dØli-
catement la porte. Le spectacle qui m attendait me
laissa sans voix… et me fis perdre dØsormais toute
confiance en la nature humaine.
8Tanis Flamant
AllongØsurnotrelit,nucommeunver,Jack-mon
Jack-poussaitdessoupirsàfendrel me. Unefausse
blonde fadasse Øtait vautrØe sur lui, tortillant allØ-
grement son derriŁre, et laissait de temps en temps
Øchapper des petits cris de belette en chaleur. Les
ressortsdulitparticipaienteuxaussisauvagementà
la fŒte.
Il s est alors passØ quelque chose d Øtrange.
C’Øtait comme si je m Øtais dØdoublØe. Une partie
de moi souffrait le martyre, avait envie de hurler,
griffer, dØchiqueter à pleines dents, tandis que
l’autreregardaitlascŁneaveccynismeetironie.
CetteShanial emportasurlapremiŁretandisque
j’ouvraisbrusquementlaporte. Lafiguredemonfu-
turex: duplushautcomique. Silasituationn avait
pas ØtØ aussi lamentable, j en aurais certainement
pleurØderire. TouslesstadesdecouleurypassŁrent.
DurougeaublanctrŁspâle. UnvraicamØlØon.
La belette poussa soudain un long gØmissement
d’agonietandisquejelan aissarcastiquement:
« Vas-y, Jack ! Que a ne t empŒche surtout pas
dejouir,sinonellevaŒtrehorriblementdØ ue!»
Il Ømit un hoquet horrifiØ, son Ørection brutale-
ment retombØe.
Je pensais avoir atteint les sommets les plus sor-
dides,lorsquelaportedelasalledebains,adjacente
ànotrechambre,s ouvrittoutgrand. Unebrunepul-
peuse,enguŒpiŁreetporte-jarretelles,susurrad une
voix mielleuse en direction du lit :
« Alors, petits coquins, vous avez recommencØ
sans moi ? »
Tous les regards convergŁrent dans la mŒme di-
rection.
Bonsoir,Cynthia,fis-jeàmameilleureamie.
Quelquesminutesplustard,entreles«Shania,je
vaistoutt expliquer»etles«ChØrie,jet ensupplie,
Øcoute-moi », j avais emballØ la moitiØ des affaires
9Shania Hunt cherche l’âme sœur
de Jack, avant de les balancer sauvagement du haut
du dix-septiŁme. VocifØrant comme une mØgŁre, et
rØsistantdifficilementàl enviedelespousseràleur
tourdanslevide,j avaisensuitemiscestroisordures
àla porteendeux temps troismouvements.
Maintenant, j Øtais seule sur le sofa, pleurant à
fendre l me sur la tra trise humaine et les alØas de
la vie de couple. Et qu on ne vienne plus me dire
que l homme est un animal monogame ! Tous des
salauds !
AuplusprofonddemondØsespoir,versquidiable
me tourner ? Autrefois, je m en serais certainement
ouverteàmameilleureamie…Quelleironie! M en-
fon ant dans le syndrome « je suis toute seule, per-
sonne ne m aime », je me suis apitoyØe sans ver-
gogne sur moi-mŒme.
Soudain, l Øtincelle ! Ambre… Ma dØlicieuse et
fofolle grand-mŁre ! Ambre, qui avait ØpuisØ six
maris et une bonne vingtaine d amants… Sans nul
doute,s ilyavaitquelqu uncapabledem’Øcouteret
de me conseiller sur la conduite à tenir, c Øtait bien
elle !
Je n ai fait ni une, ni deux. Tout en prØparant ma
valise,j aiprisletØlØphoneetmesuisrenseignØesur
lesdØpartsàdestinationdeQuØbec. Ilyavaitunvol
deux heures plus tard…
102
Lepiredansl adultŁre,cen estpaslatrahisonen
elle-mŒme,maisl humiliation. Deserendrecompte
qu onaØtØbernØ. Quelaconfianceestunmotqu’on
devrait rayer à jamais de son vocabulaire ! Qu’on
s’est fichu de vous, etc.
Pourl instant,avecmesyeuxrougisetcestupide
mouchoir dans lequel je soufflais avec vØhØmence,
j’avaisconscienced Œtreridicule. Maislasouffrance
l’emportaithautlamainsurl opiniondesautres.
Ambre me regardait avec une tendre pitiØ. Fina-
lement, elle n y tint plus.
Allons, ma chØrie, a suffit, maintenant! Pleurer
surlapolygamiemasculineestaussistupidequenier
l’existence de la bombe atomique !
Laissez-moi donc prendre quelques instants pour
vousprØsenterAmbreDerville,magrand-mŁrema-
ternelle. Soixante-dix-neufans,unvisagedepoupØe
qui semble dØfier le temps, une ligne que bien des
top-models lui envieraient, et… un franc-parler qui
ne lui a pas valu que des amis.
Ambre est nØe en Louisiane, à B ton Rouge,
d’une famille de pure souche fran aise. Elle en
est trŁs fiŁre, ce qui a eu pour rØsultat de faire de
nous des femmes parfaitement bilingues. Il eut ØtØ
impensable qu une descendante des Derville ne
sache pas parler couramment le fran ais.
11Shania Hunt cherche l’âme sœur
Ambre a ØpousØ à vingt ans un lord anglais, dont
elle s est empressØe de divorcer deux ans plus tard
en le surprenant au lit avec le majordome. Là, elle
a compris pourquoi il ne la touchait plus depuis des
mois ! Ce qu elle a omis « accidentellement » de
prØciser, c’est qu elle aussi, couchait avec le major-
dome…
Vous imaginez clairement qu en 1949, leur di-
vorcefitscandale,etquelarØputationdeAmbrefut
dØfinitivement compromise. Mais elle s en fichait
comme d une guigne ! Collectionnant les amants
comme les sous-vŒtements, elle devint fille-mŁre à
vingt-cinq ans.
Je soup onne que le gØniteur de son seul enfant
fut aussi son unique amour, mais elle s est toujours
refusØeàcommuniquersonidentitØ,cequifaitenra-
germaman.Ellen enrestacependantpasl . Ilyeut
ensuite,entantquemaris:
-Un ma on (dix-huitmoisde mariage).
- Un danseur brØsilien (six mois).
- Un milliardaire amØricain (Cinq ans, un re-
cord !).
-Un flambeurdecasino(trois mois !).
-UntorØador(Deuxansetdemi,etvingtdemoins
qu elle).
Ajoutez bien entendu à cela une bonne vingtaine
d amants,etencorenousena-t-ellecertainementca-
chØ la moitiØ !
Bref, vous l aurez compris, s il y avait sur cette
terre quelqu un qui en connaissait un rayon sur les
hommes, c Øtait bien ma grand-mŁre. Soit dit en
passant,ellen’ajamaisvouluquejel appellegrand-
mŁre,oømamie,etencoremoinsmØmØ, comme on
le dit parfois encore en France…
« C est un salaud ! criai-je entre deux Øternue-
ments.
-Maisbienentendu,chØrie,ilslesonttous!
-Jeneveuxplusjamaislerevoirdemavie!
12Tanis Flamant
- Mais oui, Shania, darling… »
Ellemecaressatendrementles cheveux.
« Et s il te rappelle en s excusant et en rampant,
continua-t-elle,tupardonneras,monchou…»
L , j eus un sursaut horrifiØ.
« Jamais ! »
Cri du c ur s’il en fut. Pardonner cette infecte
trahison,cecoupdepoignarddansledos?! Impos-
sible ! Un terrible cri primal sortit soudain de mes
lŁvres vengeresses.
«Aaaaaaaaaaaaaarrrrrrggggghhhhhh!!!!!»
˙a faisait un bien fou ! On ne rØpØtera jamais
assez les vertus dØlicieuses du cri primal. A ne pas
confondre, bien Øvidemment, avec le cri primaire.
Connaissez-vous la diffØrence ?
Je vais vous la donner en quelques exemples.
Votre compagnon vous trompe ? Votre meilleure
amieachŁteensoldelasuperbepetiterobemoulante
quevousconvoitiezdepuisdessemaines? L ,vous
fa tes le cri primal.
Vous prenez votre voiture ? Vous allez faire des
courses? L ,c estlecriprimaire. Pourquoi? Parce
que le premier vous sert à Øvacuer vos pires sen-
timents et souffrances, tandis que le second vous
permet de rØgresser en toute impunitØ au stade du
Cro-magnon pas mignon du tout. Pas plus compli-
quØ que a !
« Que comptes-tu faire ? me demanda abrupte-
ment Ambre.
-Jen ensaisfichtrementrien,fis-jeenladØvisa-
geantd’unairsombre.»
Et c Øtait vrai. Je n avais vraiment aucune idØe
delasuiteàdonneràtoutecettelamentablehistoire.
Passer le week-end chez ma grand-mŁre, c Øtait
okay, mais je n allais tout de mŒme pas m incruster
jusqu la fin des temps …
« On ne dit pas fichtrement, Shania, me ser-
monna-t-elle soudain. ˙a ne sefait pas.
13

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