Signe, Sarah !

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Qu’a-t-il pu se passer pour que, lorsqu’elle était en vacances en Belgique, Ann se retrouve aux mains d’un pervers ? C’est ce que vont tenter de découvrir l’inspecteur Saipas et son adjoint Carlier. Les deux hommes bénéficieront dans cette affaire de l’aide du docteur Haenen et du commissaire Conway, venus d’Irlande pour leur prêter main forte. Que cachent donc Pierre et Irène ? Et Myriam qui se mure dans le silence ?

Pour être en parfait accord avec l’ambiance des écrits, voici quelques musiques qui devraient vous restituer le son de mes mots :

« From Sarah with love », de Sarah Connors
« Thèmes I & II », de Saez, sur l’album « God blesse »

Publié le : jeudi 1 janvier 2009
Lecture(s) : 26
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782930548012
Nombre de pages : non-communiqué
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Enroulée dans sa maigre et malodorante couverture, cela faisait bien dix fois quelle se retournait sur la banquette où elle sétait réveillée en revenant de cette soirée avec sa cousine belge chez qui elle passait ses vacances. Une fois de plus, elle ouvrit les yeux et tenta de percevoir dans la pénombre ce qui lentourait dans la pièce où elle se trouvait. Mais le noir était total et, malgré la cha-leur ambiante, elle avait une immense sensation de froid. Il faut dire quelle ne savait pas dans quelles circonstances elle sétait retrouvée à moitié nue sous une fine couverture. Elle avait bien cherché à tâtons ses vêtements mais navait rien trouvé. À chaque mouvement, elle sentait le sang lui battre les tempes et se mouvoir lui demandait des efforts surhumains. Elle réussit quand même à se redresser sur ses coudes et à fixer le seul point lumineux que ses yeux embrumés pouvaient percevoir dans le noir. Ce devait être, selon elle, la lumière filtrant par le trou dune serrure. Alors quelle tentait de se lever, le bruit fracassant qui lavait déjà fait sursauter une dizaine de fois se fit à nouveau entendre. Figée sur place, elle porta ses mains aux oreilles tant il lui blessait les tympans et résonnait encore de longues minutes dans sa tête lourde après quil se soit arrêté. Comme à chaque fois quelle pliait le bras, elle pouvait res-sentir la douleur dune piqûre dans le creux du coude. Elle attendit que le silence revienne et, prudemment, ôta les mains de ses oreilles en notant au passage quelle navait plus les grandes boucles doreilles quelle portait habituellement. Elle sentit monter en elle la peur, et les larmes envahirent ses yeux. Elle ne comprenait rien de ce qui lui arrivait !
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Tout ce dont elle se souvenait, cest quavec Myriam, elles avaient décidé de sortir dans cette boîte que sa nouvelle cousine connaissait et dont elle lui parlait depuis son arrivée dans la famille de son beau-père en Belgique. Elle se revoyait faire toutes deux les folles dans la salle de bain de la grande maison près de Haine-Saint-Paul et se remémorait chacun de leurs gestes jusquà leur arrivée dans le dancing et leur rencontre avec une bande de jeunes qui lui parlaient sans arrêt en français. Malgré ses maigres connaissances, qui lui venaient de son père breton et de son apprentissage en solitaire devant sa télévision, elle avait eu assez difficile de comprendre ce quils pouvaient bien vouloir lui dire. Dans le vacarme assourdissant de la musique et avec la rapidité et laccent quils employaient pour lui parler, elle ne comprenait quasi rien à leurs paroles. À un moment, elle avait fait signe à Myriam de la suivre dans les toilettes pour lui demander ce qui se passait. Elle ne voulait en aucun cas être prise pour une gourde ni pour une fille facile. Sa cousine lui avait expliqué que cétait une bande de camarades de classe bien inoffensifs et quils pensaient plus à la rigolade quà autre chose. Depuis quils avaient appris son arrivée prochaine, ils lui avaient fait promettre de sortir une fois avec eux et la belle Irlandaise. Myriam lui racontait tant bien que mal tout ceci dans son anglais rudimentaire pendant quAnn faisait beaucoup defforts pour saisir ce que tentait de lui expliquer sa cousine et employait un maximum son vocabulaire français pour lui répondre. Tout en parlant, les deux filles avaient réajusté leur tenue. Une fois encore, Ann avait admiré lensemble quelle arborait : une jupe noire et un sous-pull des plus gothiques qui mettaient en évidence les formes de ses vingt et un ans fraîchement acquis. Depuis son achat dans cette boutique de Reims, il lui avait tardé de pouvoir enfin le porter en public, ce quelle avait enfin pu faire ce soir ! Elle devait dire que cela avait produit leffet escompté. Déjà sur Irène, la mère de Myriam qui navait pas caché son pro-
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fond dégoût pour ce genre de tenues et surtout pour le maquillage dont saffublait cette jeune fille venue de sa lointaine Irlande. * Quand Jean-Jacques, son ex-beau-frère, était venu les saluer pour les fêtes de fin dannée lors de son dernier passage en Belgique, elle et son mari Pierre avaient été ravis de faire la connaissance de ses vieux amis, les Gabriel. Cétait un charmant couple de médecins à la retraite qui vivait tout comme lui à Portmagee, un petit port de pêcheurs dans le Kerry, sur la côte ouest de lIrlande. Jean-Jacques avait quitté sa Belgique natale peu de temps après la mort de son épouse, la sur dIrène, et depuis vivait là-bas à faire on ne sait trop quoi de ses journées. Aussi loin quelle puisse se souvenir, elle ne se rappelait pas avoir entendu une seule fois Jean-Jacques parler de cette Catherine et de sa fille. Jusquau jour où, un an et demi après sa visite, elle avait reçu son coup de téléphone pour prendre de leurs nouvelles et leur de-mander sils ne connaissaient pas par hasard un endroit où sa belle-fille pourrait passer quelques jours en Belgique. Bien que leur relation soit limitée à sa plus simple expression et quelle ignorait tout de cette jeune fille dont elle venait dap-prendre lexistence, Irène ne put faire autrement que de proposer de lhéberger durant son séjour. Quelque part, elle se demandait même si ce nétait pas là trahir un peu la mémoire de sa défunte sur. Jean-Jacques lui expliqua quelle venait surtout pour visiter les vieilles pierres et voir les canaux de Brugge, la Grand-Place de Bruxelles et toutes les beautés du pays. Donc, elle bougerait beau-coup et ne les ennuierait pas. Ce quil avait omis de dire, cétait le côté un peu excentrique de cette jeune fille qui avait le même âge que sa propre fille Myriam. Dès quelle avait appris la nouvelle, celle-ci sétait fait une joie daménager lancienne chambre de son frère marié et parti depuis sinstaller à Namur. Malgré la différence de langue et les looks aux antipodes lune de lautre, les deux
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jeunes filles avaient tout de suite sympathisé. Myriam était dun style plutôt classique ce qui tranchait avec les habitudes vesti-mentaires dAnn. Pierre, le père, la première surprise passée, avait rapidement trouvé la jeune fille très sympathique et samusait beaucoup de la voir se dépêtrer dans les discussions en français. De temps à autre, il sessayait à parler en anglais mais à voir Ann pencher la tête, il se doutait quil ne devait pas être compré-hensible, alors il laissait les filles se débrouiller entre elles ! Le premier jour, Ann était arrivée à laéroport de Charleroi assez tard. Pierre et sa fille étaient allés attendre cette totale inconnue dans le hall. Lavion arriva avec peu de retard et Myriam ne savait pas quel genre de personne elle devait attendre. Après les contrôles dusage, les gens commencèrent enfin à sortir de la porte principale. À chaque fois quune jeune personne passait les portes, Myriam esquissait un geste vers elle. Mais plusieurs fois, cette personne en rejoignait dautres ou elle parlait à quelquun en français et ne pouvait donc être Ann. Soudain, une jeune femme franchit les portes et sembla chercher à droite et à gauche après quelque chose ou quelquun. Myriam jeta un regard à son père et savança vers elle. Celle-ci sourit et savança. La jeune dame était habillée très élégamment et semblait avoir une vingtaine dannées. Un peu lidée que se faisait Myriam du genre de fille que devait avoir son oncle. Et bien que celle-ci ne soit pas une enfant de lui, elle correspondait au style Haenen pour ce quelle en connaissait. Quand elles furent à quelques pas lune de lautre, elles avan-cèrent chacune la main et larrivante prononça une phrase à laquelle Myriam ne comprit rien. Mais ce qui était certain, cest que ce nétait pas de langlais ou alors très déformé ! Elle se dit que sans doute Ann ne parlait que le Gaélique et en conclut immédiate-ment que ce ne serait pas facile pour elles deux de se comprendre ! Bonjour, je suis Myriam ta soi-disant cousine,Ann ? hasarda-t-elle.  Wablief, ik versta niet. Hoe bent u ?  Ah ! Pardon vous nêtes pas Ann.
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