Soleil monstre

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Soleil Monstre, le tout premier roman de l'auteur, décrit les quarante-huit heures d'un couple d'adolescents au beau milieu d'une banlieue de province, en plein exode estival et frappée par la canicule. Malgré leur jeune âge, ils entretiennent une relation forte et très charnelle. Mais ce soleil de plomb ainsi qu'une lettre au contenu ambigu seront les ingrédients principaux d'un cocktail explosif qui soumettra leur passion à des tensions particulièrement vives, brûlant et consumant leurs sentiments jusqu'à les entraîner tous deux dans une impasse au dénouement critique.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
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EAN13 : 9782304023527
Nombre de pages : 211
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Titre
Soleil Monstre
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Titre Yann Coulon
Soleil Monstre
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02352-7 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304023527 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02353-4 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304023534 (livre numérique)
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CHAPITREI
En ce début d’après-midi, les rues sont pres-que désertes. L’exode estival a touché son point culminant en emportant en l'espace de deux semaines à peine, la moitié de la vie hors de cette ville. Et ces dix jours de canicule tenace ont envahi la ville tout entière et sa campagne environnante, épaississant l'air qui freine dé-sormais les gestes et les moindres allées et ve-nues. Aux abords de la ville, près des champs culti-vés mais défraîchis par la chaleur, un lotisse-ment de maisons jumelles se découpe dans le paysage comme un rempart fragile à l’œuvre brûlante du soleil sur les terres. Et les nombreu-ses bâtisses qui le composent, souvent collées les unes aux autres, protègent tant bien que mal de leurs ombres respectives les petits jardins privatifs qui leur sont accolés, comme de pré-cieux trésors de verdure. Parfois quelques-uns de ces jardins, par-ci, par-là, sont entretenus avec si peu de soins qu’ils paraissent avoir été vaincus, laissant les herbes hautes et de plus en
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Soleil Monstre
plus sèches envahir l’espace et déborder des grillages en nid d’abeilles. En façades, le soleil, qui écrase de sa présence, réfléchit sans pitié ses rayons sur les crépis invariablement blancs ou sur la moindre surface métallique exposée, fai-sant plisser les yeux par cette blancheur ardue. Et aux fenêtres, les volets marron des maisons sont tous entrebâillés à l’identique, comme plu-sieurs rangées de frêles boucliers déployés contre une chaleur qui s’infiltre malgré tout dans les moindres recoins. Seuls quelques bruits, étouffés de métal, provenant de l’immeuble HLM situé sur le flanc du lotisse-ment se font entendre. Là, un homme seul s’affaire péniblement, et dans la sueur, empêtré dans la mécanique de sa voiture qu’il a garée tout contre le mur de l’immeuble afin de profi-ter de la faible parcelle d’ombre encore dispo-nible. Ce grand bâtiment surplombe le lotisse-ment de ses six longs étages auxquels s’accrochent de larges balcons bétonnés et dont le vieux crépi rose pâle paraît vouloir l’abandonner. Très imposant, il semble avoir été planté là pour soulager la vue des habitants des nombreux autres immeubles disposés en arrière et encore plus dégradés que celui-ci. À quelques encablures, et dans une des mai-sons jumelles, Aline est seule dans sa chambre disposée au-dessus du garage. Cette pièce rec-tangulaire, et moyennement rangée, est pourvue
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