Songes assassins

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A quoi donc servent les songes impossibles de Cloé? Depuis longtemps déjà, ils ont eu tendance à lui compliquer ses relations avec autrui, sa famille en particulier, dont elle est ainsi vite venue le "vilain petit canard"... Canards collectionnés, d'ailleurs par sa charmante aînée... Par chance - peut-on appeler cela de la chance? - le tueur arrivé chez elle par mégarde attirera l'attention de certain policier sur ce cas spécial...
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 81
EAN13 : 9782748122244
Nombre de pages : 309
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Songes assassins
Fabienne Degen
Songes assassins
ROMAN
© manuscrit.com, 2002 ISBN: 2748122259 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748122240 (pour le livre imprimé)
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Enfin, Cloé parvint à respirer. Plus précisément, elle eut, comme souvent, le sentiment qu’une force en elle l’obligeait à respirer. Son instinct de conser vation, sans douteComme d’habitude, elle se ré veilla assise, le souffle court, au bord de la suffoca tion et le sang afflua à sa tête. Elle se mit à tous ser, se leva précipitamment, en chemise de nuit ou vrant la portefenêtre, les volets. Dans la nuit noire la jeune fille ressentit la caresse du vent de prin temps. L’air rafraîchissant lui fit du bien. Restant là un instant, alors que le calme revenait enfin, elle eut conscience de portières claquées à l’avant de son petit immeuble, probablement sur le parking alors que la nuit était silencieuse. Un bruit étouffé de course parvint aussi à son esprit encore embrumé par le sommeil et son cauchemar. Elle reculait pour ren trer dans sa chambre lorsqu’un mouvement brusque sur sa droite, une silhouette jaillissant sur sa terrasse, une main sur son bras, la firent sursauter. Elle eut le temps de pousser un cri bref, aigu et une autre main s’abattit sur ses lèvres. Aussitôt un goût âcre de fer prit sa gorge. En proie à la panique, elle eut à peine conscience que son agresseur refermait les vo lets, la fenêtre et, sans peine aucune, la tenant contre lui, l’emporta plus qu’il ne l’emmena jusqu’à la cui sine. Là, il la maintint face à lui, immobilisée contre
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la paroi. Cloé vit le regard clair, si clair aux cils fon cés derrière une cagoule noire. Les minces lèvres qui s’ouvrirent pour parler l’apeurèrent. Des dents irré gulières aux canines pointues se découvrirent. « Pas un mot ! Pas un cri ou je vous tue ! » Cloé s’efforça de calmer sa respiration et son cœur affolé. Mais elle ne voyait que ces yeux fous, ces lèvres cruellesL’homme qui la tenait la secoua un peu. « Tu seras raisonnable ? Tu ne vas pas crier ? » Elle fit non de la tête. L’homme desserra son étreinte autour de ses bras, recula sensiblement, la regardant de la tête aux pieds. Cloé sentait la peur la gagner à nouveau. Elle n’ignorait pas que sa che mise de nuit de soie brune, lui arrivant à mimollets, à fines bretelles et aux bordures de dentelle était un brin provocante. Ses longs cheveux châtains foncés et droits, coulaient sur ses épaules, jusqu’au milieu de son dos. Elle savait que ses yeux vert pâle étaient remplis de crainte. Et que, certainement c’était le but recherché par cet hommeCe dernier la saisit à la gorge interrompant net sa tentative de cri irré pressible. Elle eut vaguement notion d’un grince ment. Faible. Elle comprit que c’était la porte d’en trée qu’elle oubliait constamment de fermer à clef. Cloé perçut un léger glissement et entrevit quelque chose de noir, brillant et allongé semblant s’enfoncer dans le tissu de la cagoule de son agresseur à hauteur de la tempe, depuis le seuil de la cuisine tout près, du côté droit. Tout le reste était brumeux et elle n’eut même pas le loisir de voir l’effet de surprise sur son adversaire. Elle manqua d’air et tenta en vain de hur ler. Elle entendit très confusément une voix intimer l’ordre à son agresseur de la lâcher. Une pression sur sa gorge lui donna l’impression de mourir instanta nément. Un bruit qui n’était pas un coup de feu fut sa dernière perception.
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Une voix répétait inlassablement la même chose. Agacée, elle voulut voir qui lui parlait ainsi. Elle devait être chez elle, si elle s’en référait au confort du canapé. Elle s’était endormie là ? Mais qui donc s’y trouvait également ? Elle ouvrit les yeux et croisa le regard étonné d’un homme penché sur elle, accroupi près du sofa. Armé d’un stéthoscope, il le retira de sa gorge. Elle voulut lui demander ce que diable, il faisait là, mais aucun son ne franchit ses lèvres. Elle retrouva le goût âcre de métal qu’elle avait eu dans sa chambreAprès qu’un coupUne main sur son visagedu jardin !? Venant La panique se mit alors à l’envahir en même temps que ces souvenirs. Une voix, plus loin dans la pièce, retentit :  Rassurela, voyons ! Elle a la trouille !  Du calme, Mademoiselle. Tout va bien. Nous sommes de la police. Ces mots étaient donc censés la rassurer. Cloé observa ce quadragénaire à la moustache rousse, aux cheveux bouclés, de même teinte, qui restait penché sur elle. La jeune femme voulut se redresser et s’avisa qu’on avait glissé sur son corps une couverture de patchwork qui se trouvait aupara vant pliée sur le fauteuil voisin. Cloé ressentit alors des douleurs à son cou et ses bras en même temps qu’elle vit s’avancer un homme dans la cinquantaine. Probablement celui qui avait parlé un moment plus tôt. Plutôt baraqué, tout de jeans noir vêtu, pipe à la bouche, mais non allumée. Il regarda Cloé et dit :  Comment vous sentezvous ? Êtesvous en état de parler ? Cloé s’assit, tirant la couverture plus haut sur elle, l’air parfaitement hagard.  Je ne crois pas, fit le moustachu au stéthoscope, qu’elle puisse parler. Comprendre, oui. Un homme fit irruption dans le salon, l’air pressé. Grand, mince, les cheveux bouclés, bruns, fous, les yeux bleus, un sourire narquois figé sur ses lèvres.
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Il s’approcha de l’homme à la pipe qui dit à Cloé encore hébétée :  Le reconnaissezvous ? Je vous présente l’ins pecteur Lennac. Il vous a visiblement sauvé la vie, là. Cloé secoua la tête faiblement et désigna du men ton l’arme que le jeune homme était en train d’em pocher. Les trois hommes se regardèrent. Lennac hocha la tête, comprenant.  Elle n’a vu que cela. Mon arme. Elle ne peut me reconnaître, commissaire. Par contre, luiElle l’a vu de face et assez longuementCloé sentit son sang quitter son visage. Quoi ? Parce qu’ils comptaient sur elle pour décliner l’iden tité de son agresseur ? Semblant comprendre la ques tion muette, le médecin se leva, déclarant :  Il a méchamment serré. Il faut l’emmener aux urgences. Il peut y avoir des dégâts internes.  Il nous a échappé, Mademoiselle ! dit Lennac, je me suis occupé de vous lorsqu’il vous a enfin lâchée quand je l’ai frappé de mon revolver. Il en a profité pour se sauver. Je vous emmène à l’hôpital. Mais je pense que vous aimeriez passer quelque vêtement ? Cloé fit signe qu’oui, toussa et à nouveau, le goût du sang lui donna un hautlecœur. Lennac s’éloigna et revint peu après avec un peignoir qu’il lui mit sur les épaules. Il l’accompagna à sa chambre dont il vé rifia les volets et ressortit. Cloé ouvrit son armoire, enfila à la hâte un jean, un sweat sur un body et après cet ultime effort qu’elle avait fourni appuyée au mur, le sol se déroba sous ses pieds, comme au ralenti. Tout était blanc, les bruits feutrés. Un picotement au niveau de son bras lui apprit bientôt qu’elle était sous perfusion. Une douleur importante à la gorge l’empêchait d’avaler sa salive. Elle porta la main droite à son cou. Un épais bandage rembourré l’en veloppait. L’endroit était dans la pénombre. Un bruit attira son attention et elle distingua une silhouette
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