Sordidissimes

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Le Livre: « Un diptyque Les deux volumes, Les Paradisiaques, Sordidissimes, forment un diptyque. D'un côté le lieu enchanté, de l'autre côté l'objet d'épouvante. Comme dans les contes, c'est l'objet sordide qui permet de s'introduire dans le lieu le plus doux. Il s'agit d'un couple indissociable. Face au monde utérin qu'on quitte dans la naissance, le monde souterrain où on entre dans la mort. Face au lieu perdu involontairement, l'objet qu'on perd activement en le plaçant auprès de la dépouille. Face au site introuvable où le corps se fabrique, la tombe qu'on cherche à signaler à la communauté avec des pierres qu'on amoncelle. Sordidissimes Sordidissimes - le tome V de Dernier royaume - est consacré à l'objet sale et sacré, originaire et voilé, malodorant et contagieux, indigne et précieux. A Rome on appelait « sordes » les habits de deuil, qu'on déchirait, qu'on ne lavait pas. Les Otomi appelaient « Vieux sac » la poche utérine qu'ils vénéraient comme une hotte merveilleuse. Anna Freud demanda à être enterrée dans le vieux manteau de son père qu'elle avait fait reprendre par une couturière dans ce dessein. L'objet sordide est le sexe masculin voilé qu'on dévoile au cours des mystères. Puis c'est l'objet qu'on sacrifie dans la tombe en le plaçant auprès du mort. C'est ce que Georges Bataille appelait la part maudite. C'est ce que Jacques Lacan appela « objet petit a ». C'est ce que les new-yorkais appelèrent junk. C'est ce que les anciens Japonais « blessés » par l'amour cherchaient à exhiber comme autant de « blessures » prestigieuses, petits doigts coupés, fourreaux de pénis découpés, cheveux tranchés, témoignages des bagarres, preuves intimes et rebutantes des sentiments intenses qu'ils portent à ceux ou celles qu'ils aiment. Sordidissimes rassemble toutes ces reliques, miroboles, jokers, gâteaux apéritifs, la fève des rois, la crête du coq, la bûche de Noël, la laisse de mer, les langues mortes, le nombril, tous les secrets, le silence. » Pascal Quignard
Publié le : mercredi 5 janvier 2005
Lecture(s) : 6
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246802174
Nombre de pages : 272
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Le Livre: « Un diptyque Les deux volumes, Les Paradisiaques, Sordidissimes, forment un diptyque. D'un côté le lieu enchanté, de l'autre côté l'objet d'épouvante. Comme dans les contes, c'est l'objet sordide qui permet de s'introduire dans le lieu le plus doux. Il s'agit d'un couple indissociable. Face au monde utérin qu'on quitte dans la naissance, le monde souterrain où on entre dans la mort. Face au lieu perdu involontairement, l'objet qu'on perd activement en le plaçant auprès de la dépouille. Face au site introuvable où le corps se fabrique, la tombe qu'on cherche à signaler à la communauté avec des pierres qu'on amoncelle. Sordidissimes Sordidissimes - le tome V de Dernier royaume - est consacré à l'objet sale et sacré, originaire et voilé, malodorant et contagieux, indigne et précieux. A Rome on appelait « sordes » les habits de deuil, qu'on déchirait, qu'on ne lavait pas. Les Otomi appelaient « Vieux sac » la poche utérine qu'ils vénéraient comme une hotte merveilleuse. Anna Freud demanda à être enterrée dans le vieux manteau de son père qu'elle avait fait reprendre par une couturière dans ce dessein. L'objet sordide est le sexe masculin voilé qu'on dévoile au cours des mystères. Puis c'est l'objet qu'on sacrifie dans la tombe en le plaçant auprès du mort. C'est ce que Georges Bataille appelait la part maudite. C'est ce que Jacques Lacan appela « objet petit a ». C'est ce que les new-yorkais appelèrent junk. C'est ce que les anciens Japonais « blessés » par l'amour cherchaient à exhiber comme autant de « blessures » prestigieuses, petits doigts coupés, fourreaux de pénis découpés, cheveux tranchés, témoignages des bagarres, preuves intimes et rebutantes des sentiments intenses qu'ils portent à ceux ou celles qu'ils aiment. Sordidissimes rassemble toutes ces reliques, miroboles, jokers, gâteaux apéritifs, la fève des rois, la crête du coq, la bûche de Noël, la laisse de mer, les langues mortes, le nombril, tous les secrets, le silence. » Pascal Quignard
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