Sur fond d'abeilles

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Pierre est apiculteur. Lui et sa femme, Roxane, attendent un enfant. Tout irait parfaitement s’il n’y avait Jean, le frère de Roxane, incapable de travailler, qui leur cause des soucis. Un jour, Jean revient blessé. Pierre est sûr qu’il s’agit d’une balle. Jean se refuse à parler, jusqu’à ce que Pierre se retrouve en danger. Contre toute attente de la part de Pierre et Roxane, il s’avère que Jean travaille pour les services secrets. Les trois personnages sont lancés dans une aventure. Plus qu’un "roman d’espionnage" comme l’indique l’auteur, il s’agit d’un récit d’initiation qui met à l’épreuve le personnage de Jean, connu pour sa paresse et son inaptitude à travailler, et qui va faire preuve de courage, d’engagement, et de talent – au point que son beau-frère, Pierre, désirera l’associer à ses travaux. L’intrigue, quelque peu alambiquée, qui met en scène les services secrets français et américains ainsi qu’un chercheur polonais, est bien menée; les personnages sont sympathiques. Le point fort du texte est l’écriture élégante et plaisante.
Publié le : jeudi 1 mars 2012
Lecture(s) : 35
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748368710
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748368710
Nombre de pages : 92
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Pierre Chocquet
SUR FOND D’ABEILLES
 
Mon Petit Éditeur
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http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0116479.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
Chapitre 1 Fatigué, en nage, il sassit au pied dun pin, et regarda les ru-ches quil venait de transhumer sur les bruyères des Landes. Lintérêt de cette transhumance, était que si lannée se révélait favorable, il pouvait, en laissant ses ruches sur cet emplacement, faire deux récoltes. Une première sur la bruyère Erica, et lautre sur la bruyère Callune. Ces deux bruyères dont les floraisons séchelonnent entre Juin et début novembre, se trouvaient en abondance en ce lieu que Pierre avait repéré lhiver précédant. Le miel de callune, surtout, était dun bon rapport à lexportation, en Allemagne en particulier. Il sortit de sa musette un thermos et se servit successivement deux gobelets de menthe à leau. Pour une fois, il avait dû effectuer seul cette transhumance. Habituellement, sa femme Roxane venait avec lui, mais sa gros-sesse était déjà bien visible, pour quelle se livre à des travaux de force. Le moment le plus agréable de la transhumance, il commen-çait à le vivre. Lorsque toutes les ruches sont en place, il est enfin possible de se décontracter, se reposer, se rafraîchir, puis de retourner vers les ruches. Pour le plaisir. Devant les dernières ruches déchargées, les abeilles com-mençaient leur vol de repérage du nouvel emplacement de leur maison, (vols que les apiculteurs appellent le soleil dartifice) cependant que dans les ruches posées les premières, des abeilles revenaient déjà avec des culottes de pollen coloré sur les pattes arrières.
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Cétait un merveilleux spectacle que de les voir travailler, spectacle dont Pierre ne se lassait jamais, mais, il se rendit compte, pour la première fois, que cétait bien moins agréable quand on se trouvait seul. En temps normal, il était toujours accompagné de Roxane. Ils aimaient venir sasseoir entre deux ruches, et dans le bour-donnement des abeilles au travail, ils les regardaient voler autour de lentrée de la ruche, pour bien repérer la situation de la maison où elles devaient revenir avec leur provende : nectar, pollen, propolis ou eau. Il y avait une autre raison pour que Pierre apprécie un peu moins, ce jour-là, le spectacle charmant. Il se faisait un peu de mauvais sang pour Roxane. Oh, ce nétait pas le fait quelle soit enceinte qui linquiétait. Non. De ce côté-là, tout allait bien. Elle était allée la veille passer une échographie, et tout se déroulait normalement. Non, ce nétait pas cela. Mais depuis plusieurs semaines, Roxane, naturellement rieuse, extravertie, semblait préoccupée par quelque chose. Il lui avait posé la question, la veille, avant de sendormir, et Roxane, qui ne savait pas lui men-tir, lui avait répondu :  Cest vrai, Pierre, jai un problème, mais je ne peux ten parler, car cela concerne une autre personne. Cependant, tu peux me faire confiance, cela naura aucune répercussion sur notre couple. Pierre, avait une confiance absolue en sa femme, et il nétait triste, que parce que Roxane, létait, et quil ne pouvait laider. En agitant ces pensées, il était revenu vers la musette pour boire un autre gobelet. Le temps était lourd, et très certaine-ment un orage allait prochainement éclater. Il retourna une dernière fois au milieu de ses ruches, pour leur dire au revoir, et constata que les abeilles, rentraient en très grand nombre. Pierre se demandait toujours, comment, une ruche, dont lespace est relativement restreint, pouvait contenir ce flot ininterrompu dabeilles qui rentraient par milliers.
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Ce retour massif et précipité était un signe certain. Dans quelques minutes, la pluie allait tomber. Pierre se dépêcha de remettre dans son camion, tout le maté-riel quil avait utilisé : brouette spéciale, sangles, hausses en surnombre etc, et sautant au volant, il prit la route du retour. Le camion navait pas parcouru 50 mètres quune pluie drue, se mit à tomber. Durant une partie du trajet vers sa maison, dans le Gers, il essaya de deviner le problème qui préoccupait tant Roxane. Sil ne pouvait le deviner, en revanche, il était à peu près certain que cétait le frère de Roxane qui était à lorigine du problème. Ce frère aîné de Roxane, Jean, était un garçon qui avait été, physiquement, gâté par la nature. Élance, athlétique, il avait un beau visage sympathique et rieur, tous ces atouts expliquaient ses succès féminins. Malheureusement Jean, à 28 ans souffrait dune terrible al-lergie. Une allergie au travail. Il était allé en classe jusquà 16 ans parce que cétait obliga-toire, et que ses parents lavaient exigé, mais dès la quatrième, ils arrêtèrent de se heurter à la nonchalance du gamin, puisque légalement, il pouvait abandonner ses études. La famille espéra un moment que si Jean nétait pas doué pour les études, cest quil préférerait exercer une profession manuelle. Malheureu-sement, il ne sagissait pas de choix dactivité, mais de paresse hors du commun tout simplement. Sa sur Roxane, pensa que peut-être, lapiculture, qui était pour elle la plus merveilleuse des activités attirerait son frère. Mais Jean était depuis plus dun an chez sa sur et son beau-frère, refusait absolument de travailler au rucher car il détestait « ces bestioles qui piquent », Il ne voulait pas, dans la cour, net-toyer les ruches mortes, parce que cétait salissant, ni à la miellerie, parce que tout ce miel lécurait. On ne peut pas dire,
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que pour ne pas travailler, il se soit trouvé à court darguments Pierre, au volant de son camion, repensait à tout cela, mais se dit que Roxane avait compris depuis longtemps que son frère ne travaillerait jamais, et ce nest pas cela qui pouvait la préoc-cuper à ce point-là, ces derniers jours. Il décida de ne plus y penser pour linstant, et dapprécier le moment présent. Pierre adorait conduire sous la pluie. Il ne roulait pas très vite, à une vitesse aussi uniforme que possible, et le bruit de fond du moteur, accompagné de la cadence de métronome des essuies glaces le plongeaient dans un état très agréable dengourdissement voluptueux. Arrivé à 8 kilomètres de Condom, il tourna sur la droite pour emprunter le chemin de sa propriété. Après avoir garé le camion sous le hangar, il entra dans la maison, où Roxane tout aussitôt vint se jeter dans ses bras.  Tout sest bien passé ?  Tout aurait été parfait Si tu avais été avec moi. Tu sais combien il est agréable, les ruches étant en place, daller voir, ensemble, nos abeilles se repérer et ramener les premières culot-tes de pollen. Sans toi, ce spectacle manque de charme.  Menteur, répondit Roxane en souriant, je suis certaine que tu as beaucoup aimé ces instants, même sans moi.  Nous nallons pas nous disputer ma chérie. Où est Jean ?  Je lai envoyé faire une ou deux courses. Cest tout ce quil accepte de faire, et il ne rentrera pas avant midi.  Cest pour lui que tu te fais du mauvais sang ?  Il y a quinze ans que je me fais du mauvais sang pour mon frère.  Tu as donc un autre problème ? Sil te plaît ! Je ne peux ten parler pour linstant.  Soit. Mais je suis malheureux de te voir très préoccupée et de ne pouvoir taider.
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