Tant que battra ton coeur

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Ce jour où tout a commencé aurait pu être tout à fait ordinaire. Dans un sens, il l'a été. Quoi de plus banal que de lire un journal, me diriez-vous? Pour moi c'était une grande première. Je n'ai jamais été une grande fan de ce papier empli de caractères minuscules qui se déchire rien qu'en tournant les pages, comme s'il était déjà essoufflé par toutes ces informations dans lesquelles il se noie et qu'un coup de vent suffit à faire s'affoler et s'envoler... Je m'appelle Anna. Anna Monnagan. J'étais brisée et plus seule que je ne l'avais jamais été. Jusqu'à ce que son annonce vole jusqu'à moi dans la bruine matinale. Hasard ou destin? Ces quelques lignes allaient changer ma vie pour toujours.
Publié le : jeudi 27 février 2014
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342020007
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342020007
Nombre de pages : 274
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Lucie Blusseau TANT QUE BATTRA TON CŒUR
Mon Petit Éditeur
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Parce que je crois en la bonté et en l’avenir de l’homme, malgré tout. Parce que je ne sais comment cesser de rêver d’un monde meilleur et d’espérer. Parce que je suis humaine et qu’écrire est ma survie et mon combat pour le respect des êtres.
Le monde est un entremêlement de couleurs et de teintes qui déteignent les unes dans les autres. L’unique appartient à l’unicité.
1. L’annonce J’ai toujours rêvé de vivre une grande aventure, intrépide, in-croyable et romanesque, où je jouerais l’héroïne de mon histoire. Le monde entier saurait alors quelle femme courageuse je suis au fond de moi, libérée enfin de cette emprise implacable qui me fait me terrer telle une petite souris perdue dans l’immensité de la société. Je serais hélée par les foules et arpen-terais le monde bienheureux pour lequel j’aurais soulevé tant d’obstacles, ce monde que j’aurais sauvé en bravant tous les dangers. Bien entendu, il y aurait un homme, qui, surgi de nulle part, tomberait fou amoureux de moi et me ferait vivre une passion dévorante et éternelle. Eh bien, figurez-vous que ça s’est presque passé comme ça. Presque. Ce jour où tout a commencé aurait pu être tout à fait ordi-naire. Dans un sens, il l’a été. Quoi de plus banal que de lire un journal, me diriez-vous ? Pour moi c’était une grande première. Je n’ai jamais été une grande fan de ce papier empli de caractè-res minuscules qui se déchire rien qu’en tournant les pages, comme s’il était déjà essoufflé par toutes ces informations dans lesquelles il se noie et qu’un coup de vent suffit à faire s’affoler et s’envoler… En vérité, j’étais assise bien tranquillement sur mon banc, mon cahier dans une main, mon crayon mordillé dans l’autre, figée et désespérée que mes deux mains ne puissent travailler de concert et remplir enfin ces lignes bleutées et pâles de n’être que fantomatiques encore, lorsqu’une bourrasque m’a lancé une
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espèce de truc collant et cinglant en pleine face. J’ai tout lâché, sursautant, bondissant et maugréant. Heureusement, le parc était vide à cette heure-ci. Il était encore tôt. Il y avait juste ce petit monsieur qui me fixait avec un air terrorisé. Il s’est em-pressé de filer. Il a crapahuté avec sa canne de bois et son filet à provision qui racassait sans même essayer de récupérer son pré-cieux journal à la folle que j’étais. Sans doute qu’il était content de s’en débarrasser, de ces feuilles aux écritures diluées par la bruine qui tombait depuis cette nuit. Moi, j’étais protégée sous mon arbre, mais lui… Bah, il aimait sûrement la pluie, c’était plutôt monnaie courante dans cette contrée, n’est pas breton qui veut. J’ai arraché d’un geste rageur ce journal crasseux qui collait à ma figure. Et puis mon geste s’est figé. Je me suis rassise à tâ-tons sur mon banc, sous le saule qui tenait compagnie depuis quelques décennies au cours d’eau qui débordait de son lit, sans comprendre pourquoi je tenais encore à la main ces quelques pages qui s’étaient échappées du reste de la colonie. Il y a tou-jours ces moments, dans notre vie, où l’on ne comprend le sens d’un tel geste, d’un tel mot, d’une telle obstination. Y-a-t-il réel-lement une explicationsensée ?Pourquoi se perdre en réflexions vaines ? J’étais à un de ces moments-là. J’avais seule-ment envie de laisser mon regard se promener entre ces lignes d’encre brouillée. J’ai délaissé mon cahier, l’ai jeté à côté de moi sur les planches de bois dures et froides, et j’ai parcouru les pages avec mon crayon qui avait perdu l’inspiration. Sur le coup, je crois que j’étais vraiment intéressée. Je me suis dit que, pour une fois, j’allais prendre des nouvelles de ce monde qui s’enfonçait chaque jour un peu plus dans la démence. Mais, comble de malchance, c’étaient les petites annonces. Tant pis, me suis-je dit, au point où j’en suis… J’avais envie de lire. De-puis combien de temps n’avais-je pas pu ouvrir un bouquin? En cet instant, même les petites annonces étaient les bienve-nues pour satisfaire ma soif de lecture.
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