Taxi!

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Publié le : mercredi 13 avril 2016
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EAN13 : 9782897630171
Nombre de pages : 130
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aurice Soudeyns
Taxi !
roman
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Taxi !
D U MÊME AUTEUR
Trois petits tours, poèmes en bandes dessinées, Montréal, S.G.E. 1968, 1992. L’orée de l’Éternité, poèmes et masques, Montréal, l’Hexagone, 1972. L’infante rit, poèmes, Montréal, collectif à compte d’auteur, 1973. Chas, monèmes illustrés, Montréal, Cul-Q, 1974. La trajectoire, poèmes et dessins de l’auteur, Montréal, l’Hexagone, 1974. Vlamer, poèmes illustrés par l’auteur et accompagnés des partitions de percussion de Jean-Pierre Demers, Montréal, Soudeyns-Donzé Éditeurs, 1984. Poèmes au noir, poèmes, Montréal, Triptyque, 1989. Le 31, express, photopoèmes, Montréal, XYZ éditeur, 1990. Tout contre ton bien, mon mal patiente, poèmes érotiques, accompagnés de six collages de l’auteur, Montréal, XYZ éditeur, 1993. Vrac & Nuques, poèmes, dialogues et maximes accompagnés de quatre gouaches de JB Sawyer, Montréal, Triptyque, 1999. Visuel(en vingt tableaux), nouvelles poétiques, Montréal, Triptyque, 2003. Histoires montréalaises, nouvelles, accompagnées de trois gouaches de JB Sawyer, Montréal, Délit de fuite, 2007. Temporel, poèmes accompagnés de six illustrations de l’auteur, Saint-Mathias-sur-Richelieu, S.G.E., 2009. Qu’est-ce que c’est que ce bordel !, dialogues, avec dix toiles de JB Sawyer, Montréal, Lévesque éditeur, 2011. Mensis, poèmes sur les mois de l’année, avec douze illustrations de l’auteur, Montréal, Pleine Lune, 2013. Doucement, doucement !, nouvelles sous forme de dialogues, avec trois gouaches de JB Sawyer, Montréal, Lévesque éditeur, 2015.
Maurice Soudeyns
Taxi ! roman
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Soudeyns, Maurice Taxi ! : roman (Réverbération) ISBN 978-2-89763-016-4 I. Titre. II. Collection : Réverbération. PS8587.O92T39 2016 C843’.54 C2016-940228-2 PS9587.O92T39 2016
Lévesque éditeur remercie le Conseil des arts du Canada (CAC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) de leur soutien financier.
© Lévesque éditeur et Maurice Soudeyns, 2016
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e Dépôt légal : 2 trimestre 2016 Bibliothèque et Archives Canada Bibliothèque et Archives nationales du Québec ISBN 978-2-89763-016-4 (édition papier) ISBN 978-2-89763-017-1 (édition numérique)
Droits d’auteur et droits de reproduction Toutes les demandes de reproduction (papier et numérique) doivent être acheminées à : Copibec • 514.288.16.64 • 800.717.20.22 licences@copibec.qc.ca
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Production : Jacques Richer Conception graphique et mise en pages : Édiscript enr. Illustration de la couverture : Maurice Soudeyns Photographie de l’auteur : Aline Doyon
Un
À dix-neuf heures vingt-sept, je crus reconnaître sa silhouettedanslerétroviseur.Jenelavaisvuequunefois,la veille en fait. Je l’avais déposée à trois différents hôtels en l’espace d’une heure trente environ. Chaque fois, elle revenait avec ce sourire un peu naïf de la petite fille heureuse d’avoir accompli le travail enseigné, non sans laisser filtrer toutefois une certaine inquiétude, voire une certaine crainte. J’ai pensé tout de suite qu’elle pratiquait le plus vieux métier du monde. Ensuite, je l’avais laissée à l’angle des rues Sainte-Catherine et Stanley et elle m’avait demandé de revenir la prendre le lende-main au même endroit à dix-neuf heures trente précises. Ce type de client donnait toujours de bons pourboires. Elle marchait en direction de la voiture à une quinzaine de mètres derrière et s’en approchait lentement, très lentement. Son grand manteau de laine noir épousait le mouvement de ses cuisses. Elle paraissait lasse. Son imitation de grande dame ne cadrait pas avec sa tête un tantinet insolente. Lorsqu’elle fut à la hauteur de la Dodge, je devançai son geste et lui ouvris la portière avant, mais elle préféra la banquette arrière. — Vas y me dit-elle, une fois montée avec condescendance, continue tout droit. Je t’indiquerai la route.
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TAXI!
Nous nous engageâmes dans la rue de la Montagne, direc-tion nord, jusqu’à la rue Sherbrooke que nous avons prise à droite. Puis, elle m’ordonna de stopper le taxi afin qu’elle pût monter devant, ce que je fis avec ravissement. Le compteur poursuivait ses leçons detap dance. Une fois devant, elle me fit signe de poursuivre dans la même direction. Le feu Peel passa au rouge. Comme nous nous immobilisions, son regard esca-lada mon bras droit, puis mon épaule et enfin plongea dans mes yeux de passeurs de mots. — Tu vas me faire un poème ? me demanda-t-elle, avec ses yeux à la coke. — Qui t’a dit que j’écrivais des poèmes, Lili ? — Mais c’est toi,dear, tu n’arrêtais pas de me raconter ta vie hier soir. Comme un petit garçon qui veut séduire sa maman en lui disant comme il est fort et intelligent… — Un poème, c’est comme un enfant Lili, on ne sait jamais à qui on le fait. Don’t call me Lily, I’m not a flower. — Ce n’est pasLily, c’est Lili avec un « i ». — Tu connais le Mount Royal Hotel ? — Évidemment. So, let’s go, dear ! Décidément, elle était expéditive en affaire. Le Mount Royal Hotel, l’un des plus prestigieux du début du siècle, se dressait, un peu défraîchi, à quelques pas du Ritz. L’entrée principale se trouvait rue Peel, mais elle désirait passer par une porte secon-daire donnant sur la petite place Mont-Royal. Cette entrée avait la particularité de présenter un long couloir bordé de bou-tiques. Je pensai qu’elle voulait en profiter pour faire un peu de shopping. Je garai mon bolide de l’autre côté de la rue, tout juste
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