Tête à claques

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Tête à claques ou l'histoire d'une famille paysanne à la fin du 19ème siècle. Sous le toit de l'humble ferme champêtre vit avec quelques vaches, trois chevaux et deux cochons, la famille Baisery. Et quelle famille ! Basile Baisery adepte de la chopine, mais courageux et ambitieux, n'a qu'une idée en tête après son mariage avec Pierrette : devenir propriétaire et agrandir son exploitation. Pour que son tas de fumier prenne de la hauteur il lui faut donc un garçon qu'il voit bien épouser la Berthe, la fille unique d'Anselme Brichon, son propriétaire. Et pour bien faire il doit engendrer une fille qu'il pourrait marier à un lointain petit cousin mais riche parti. Pour le garçon, il est vite comblé : il culbute Pierrette dans le muguet de mai et il lui naît des jumeaux, Antoine et Gu
Publié le : jeudi 16 juin 2011
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EAN13 : 9782304029765
Nombre de pages : 233
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Titre

Tête à claques

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Titre
Bernard Totot
Tête à claques

Roman et régions



Editions Le Manuscrit
Paris
5
























© Éditions Le Manuscrit 2009
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-02966-6 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304029666 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-02967-3 (livre numérique) 029673 (livre numérique)
6
Du même auteur

Mémoires d’un enfant ordinaire. Non publié
Impression et reliure artisanale : Bernard Totot

Le ravin de Heurtebise.
Éditions Le Manuscrit. 2006

Les mémoires de l’épouvantail. it. 2008

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A mon père

Vous ne parviendrez pas à faire des sages si vous ne
faites d’abord des polissons.

JJ Rousseau
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CHAPITRE PREMIER
LES CHAUMETTES
Il était une fois un paysan et une paysanne
qui vivaient leur petite vie, à une demi-lieue
d’un charmant petit village, dans une petite
ferme, adossée à la sombre et mystérieuse forêt
du Loup. En contrebas, un ruisseau déroulait
paresseusement ses méandres. L’Agrou serpen-
tait joyeusement au pied de la colline au milieu
des prés entourés de haies vives pour somnoler
plus ou moins sous la voûte de saules cente-
naires. En face, sur la pente du coteau, plein
sud, s’étalait la mosaïque des terres cultivées.
Basile et Pierrette avaient six enfants, tous
nés autour de la Chandeleur, sous le signe du
Verseau, six garçons rondelets et courts sur
pattes. Le portrait tout craché de leur mère dont
ils avaient hérité, avec la petite taille et la ron-
deur, les yeux verts et les cheveux bruns. Leur
teint n’avait pas encore viré au rouge mais de ce
côté-là tous les espoirs restaient permis. Déjà
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Tête à claques
leurs pommettes bien roses étaient promet-
teuses.
Quant au père, Basile Baisery, un bon mètre
quatre vingt dix et sec comme un coup de
trique, long comme un jour sans pain, il s’était
montré bien peu généreux, pour ne pas dire
avare, dans la transmission de ses gênes. Ses re-
jetons n’avaient rien de lui, à l’exception tout de
même du principal. Ne les avait-il pas équipé de
cet appendice, de cet attribut magique à géomé-
trie variable qui faisait d’eux des garçons ? Et il
n’en était pas peu fier, le Basile, de ce bel ou-
vrage ! Pour sûr qu’il les marierait sans peine à
l’une ou l’autre des filles des paysans du bourg
ou des villages voisins. Et pourquoi l’un d’eux
n’épouserait-il pas la fille unique de son pro-
priétaire, l’Anselme Brichon de la ferme des
Charmilles, bientôt quadragénaire ? Il voyait
bien l’Antoine, son aîné, avec sa Berthe. La de-
moiselle aurait toujours quatre ans de plus mais
on s’en accommoderait comme de son phy-
sique : elle n’était pas Aphrodite mais Antoine
n’était pas non plus Adonis. Certes, il ne se fai-
sait pas d’illusions, l’affaire serait dure à mener.
Il lui faudrait jouer serré, ne pas manquer
l’occasion et compter sur un petit coup de
pouce de la chance. Qu’importe la difficulté ! Il
était prêt à tout, même à une malhonnêteté,
mais alors une toute petite, pour que les Chau-
mettes deviennent, un jour, un peu sa ferme.
12
Les Chaumettes
Et par le jeu des héritages à effet boule de
neige, elle ne pourrait que s’agrandir. C’était son
rêve secret. Il aurait au moins six chevaux, une
vingtaine de vaches laitières et chaque saison
une quinzaine de bœufs à l’engraissement dans
les riches pâtures fertilisées par les crues hiver-
nales de l’Agrou. La montagne de fumier qui
s’élèverait dans la cour, devant sa porte, serait le
signe extérieur de sa réussite et de la pointure
de son bas de laine. A Côtelongue, comme
dans toutes les campagnes, le niveau de réussite
agricole et sociale se mesurait ainsi, à la hauteur
des tas de crottins.

Basile et Pierrette avaient quand même fait
fort. Six rejetons en six ans de mariage. Un ex-
ploit ! Un record ! Bon, il faut dire qu’ils avaient
un peu triché en anticipant le départ.
« En avril ne te découvre pas d’un fil,
En mai, fait ce qu’il te plaît ! »
Alors qu’ils cueillaient sous les frondaisons le
brin de muguet porte-bonheur, un couple de
pigeons qui sur la branche d’un chêne se livrait
à des exercices que la plus élémentaire discré-
tion interdit de commenter, leur donna l’idée de
regarder la feuille à l’envers. Chacun ayant
maille après maille détricoté l’autre sans
craindre le refroidissement et la fluxion de poi-
trine, ils firent ce qui leur plaisait et bien plus
encore. Les fragiles pervenches, les anémones
13
Tête à claques
et les grands coucous visités par les premières
abeilles s’en souviendraient pour sûr. Résultat
des courses, enfin de ces ébats sylvestres non
contrôlés, Pierrette était bien ronde à l’heure
des noces dont on dut, pour d’inavouables rai-
sons hypocrites et par souci du « qu’en dira-t-
on », précipiter la célébration. Et à l’arrivée,
avec une quinzaine de jours d’avance, à la sur-
prise générale et surtout d’Alphonsine, la grand-
mère, dont la réputation d’accoucheuse n’était
plus à faire dans les trois lieues à la ronde, le
doublé, des jumeaux.
L’événement s’arrosait et Basile alla chercher
dans le placard une bouteille d’eau de vie, de la
meilleure mirabelle distillée encore par feu le
grand-père, et qui n’était consommée sans mo-
dération que dans les grandes occasions. Il s’en
versa d’abord un bon verre qu’il vida cul sec
pour se remettre de ses émotions avant d’en
mouiller les lèvres de Pierrette qui, sur le haut lit
conjugal, récupérait lentement de ses efforts.
Restait à accomplir un dernier cérémonial, un
rituel atavique venu du fond des âges, apparu en
tout cas avec l’invention de l’alambic, tenant à la
fois du geste païen et de l’onction sacrée, à sa-
voir frotter les gencives du nouveau-né avec
l’index préalablement humecté d’eau de vie.
Sous l’œil attendri de sa belle-mère et de sa
femme, convaincues de vivre un moment so-
lennel, Basile qui ne s’était pas lavé les mains
14
Les Chaumettes
depuis la dernière traite des vaches trempa son
index dans l’élixir de longue vie et en massa
doucement les gencives des nouveaux-nés.
Oui, pour un début, c’était un bon début ! Et
loin de refroidir les ardeurs du couple cette
réussite l’encouragea à mettre en chantier, sans
perdre de temps, une petite fille que dans sa
quête d’hectares il projetait de marier à un loin-
tain petit cousin qui venait juste de naître. Sur
les conseils de la grand-mère qui disait s’y con-
naître en astrologie, et pour mettre toutes les
chances de son côté, on prit quand même la
précaution de consulter le ciel. Quand la confi-
guration des astres apparut favorable, dans les
plus brefs délais, on passa à l’acte. Neuf mois
et des broquilles plus tard, à la déception géné-
rale et surtout de Basile qui refusa tout net
d’adresser la parole à la Phonsine pendant deux
jours, Claudine fut rebaptisée Claude.
Basile avait de la suite dans les idées et dans
la culotte comme disaient les mauvaises langues.
Basile donc n’était pas homme à laisser tomber
un projet. C’est ainsi que le temps de le dire, et
cette fois sans consulter la lune, Uranus ou Sa-
turne, il donna à Antoine Gustave et Claude
trois petits frères : Désiré, Emile et Joseph, fils
légitimes du démon de la chair.

Six marmots à nourrir, ce n’était pas rien,
même si chaque premier dimanche de l’Avent
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Tête à claques
on sacrifiait deux gros cochons engraissés, selon
la recette ancestrale, avec un savant mélange de
son, de patates, de topinambours et d’orge, cuit
à feu doux dans un immense cuveau. C’est ainsi
qu’à l’épiphanie des chapelets de saucisses et
quatre jambons fumés au genêt enguirlandaient
la grande salle commune. Sans compter l’espace
vital qui se restreignait et le propriétaire du lieu
n’avait pas, à ses dires, le moindre sou pour
l’agrandir. Et au propre comme au figuré, Pier-
rette en avait plein le dos de ces grossesses à
répétition. Entre la traite des vaches, le sein à
donner, les couches à changer, les repas à pré-
parer, la vaisselle et la lessive en toute saison au
ruisseau, il lui restait bien peu de temps pour
s’occuper d’elle, même si la grand-mère ne re-
chignait pas à la tâche. Et chacun sait que le
travail des femmes n’est pas plutôt fait qu’il est
à refaire.
Et Basile dans tout ça ? Parlons-en ! Parce
que c’était quand même bien lui qui les avait
faits ces six gamins ! D’ailleurs, comme de Bai-
sery à Baiseux il n’y avait qu’un petit pas que le
bon sens populaire s’était allègrement empressé
de franchir, dans tout le canton et au-delà, on
ne connaissait plus le Basile de la ferme des
Chaumettes, au village de Côtelongue, que sous
cet édifiant sobriquet.
Quelle que soit la saison, le gaillard ne ren-
trait à la maison que trois fois par jour, pour les
16
Les Chaumettes
repas. Basile s’asseyait alors sur le banc, à la
grande table aux pieds carrés, dont le plateau en
chêne massif maintes fois griffé, éraflé, écorché
était en permanence occupé par un bataillon de
casseroles, de fait-tout et autres ustensiles. D’un
balayage du bras agacé, il repoussait bruyam-
ment les gamelles pour faire une place à son
paquet de tabac gris et à son couteau de poche.
Ainsi installé, en bras de chemise, les pouces
sous les bretelles, les pieds sous la table et la
pipe coincée entre des molaires déjà bien jaunes
monsieur le coq en pâte attendait d’être servi.
Basile ne croisait la vie de ses mouflets qu’en
ces moments-là. Les voyait-il seulement ? Pas
sûr, occupé qu’il était à avaler son brouet ou à
ingurgiter son assiettée de purée avant de
s’abandonner, chaque midi, la tête plongée dans
ses bras velus appuyés sur la table, à son inévi-
table, vitale et sacrée séance de ronflement.
D’ailleurs, dans la vallée de l’Agrou comme par-
tout, l’éducation des drôles était depuis toujours
l’affaire des femmes et c’était rudement bien
ainsi. Il pouvait dormir sur ses deux oreilles, les
mômes étaient bien gardés.
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CHAPITRE II
LA CONCEPTION DU SEPTIÈME
Donc, Pierrette qui avait besoin de souffler
s’inventait des maux de ventre, des migraines,
des courbatures, pour échapper aux assauts
amoureux de son insatiable mari. Ce fut parfois
bien difficile et le cavalier inconnu, en tenue
d’apparat, dans son cadre au dessus du buffet
bas de la cuisine-salle-à-manger-poulailler, as-
sista même à quelques scènes de courses-
poursuites autour de la table, de culbutes sur le
vieux fauteuil du grand-père, que sa moustache
s’en hérissait. Certes, il lui arriva de céder parce
que la chair est faible, que le corps a ses raisons
que la raison ignore et par respect de ses enga-
gements matrimoniaux, c’est-à-dire du devoir
conjugal. Avec beaucoup de chances elle réussit
à éviter l’accident. Elle en était ainsi parvenue
dans sa troisième année sans être grosse. Cela
tenait quelque part du miracle et Pierrette en
avait bien conscience qui chaque dimanche,
après la messe, allumait une bougie aux pieds de
Notre Dame de Côtelongue dont à genoux, et
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Tête à claques
fort contrite, elle implorait ainsi le pardon après
chaque abandon.
On était début avril et le printemps
s’annonçait précoce. Le matin même, Basile
avait profité des bonnes conditions climatiques
pour retourner la luzerne de la « Côte de
l’homme mort », une terre de deux petites
verges* mais un peu en pente, qui à chaque fois
crevait et lui et ses trois chevaux. Cette dure
mais bonne « attelée* » lui avait donné un appé-
tit gargantuesque mais avant de penser à sa per-
sonne il avait pris le temps de bouchonner ses
trois Ardennais, fumants, blancs de sueur, et de
leur distribuer paille fraîche et picotin d’avoine.
Quand il se mit à table, la grosse horloge, à la
droite du buffet, sonnait deux heures et seule la
Phonsine l’attendait. Pierrette débarrassé de ses
trois aînés qui les jours d’école mangeait à midi,
au bourg chez leur tante Pauline, Pierrette,
donc, essayait d’endormir les trois petits dans la
mansarde exiguë qui leur tenait lieu de chambre.
Joseph, comme d’habitude, pleurnichait et sa
mère devait le bercer longuement dans ses bras,
le promener dans la pièce en chantonnant avant
qu’il ne daigne enfin s’abandonner au marchand
de sable.
Basile avait avalé, en un clin d’oeil, une
grande louche de soupe et s’était calé l’estomac
en engouffrant, le temps de le dire et sans lever
la tête, une impressionnante assiettée de hari-
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La conception du septième
cots accompagnée de trente bons centimètres
de saucisse et de deux crétons*, deux belles
tranches de lard gras, bien dorées, bien croustil-
lantes, fondues à feu doux dans la poêle à frire.
Et pour faire glisser tout ça, il s’était empressé
de descendre d’un trait un certain nombre de
verres de vin, produit de ses quelques pieds de
vigne végétant à « la Caillasse », une horrible pi-
quette, une appellation coteau de Côtelongue
non contrôlée qui, si elle ne vous tournait pas la
tête, vous arrachait le gosier.
Et notre Basile avec un tel poids sur
l’estomac éprouva, il va s’en dire, l’envie irrésis-
tible de piquer son sacro-saint roupillon. Pier-
rette n’étant pas là pour le rappeler à son ou-
vrage et la grand-mère dormant à poings fermés
dans le fauteuil, la bouche ouverte découvrant
les quelques chicots noircis qui lui restaient, il
plaqua, selon son habitude, son visage au creux
de ses bras croisés appuyés sur la table et, le
temps de le dire, il s’était assoupi et ronflait
comme un sonneur.
Le bruit d’une casserole qu’en l’essuyant
Phonsine avait laissé échapper et qui avait re-
bondi plusieurs fois sur la pierre de l’évier sortit
en sursaut le dormeur de ses songes. Il se dressa
d’un coup, étira ses bras vers le haut à toucher
les poutres du plafond, bailla, rabroua verte-
ment la grand-mère qui, du coup, quitta la pièce
sans demander son reste et, tout en maugréant,
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Tête à claques
se dirigea vers la fenêtre. Alors qu’il regardait le
coq qui, sur le tas de fumier, honorait les
poules, il s’aperçut que la sève ne montait pas
que dans le tronc du grand bouleau qui se mirait
dans la mare de la cour. La Pierrette occupée à
ranger la vaisselle dans le buffet ne l’entendit
pas s’approcher et étouffa un cri quand il
l’enserra de ses longs bras, la bloquant contre le
meuble. Il avait enfoui son visage dans ses che-
veux et lui murmurait à l’oreille des mots si bien
choisis qu’ils vinrent à bout de toutes ses réti-
cences. Elle protesta à peine quand de ses gros
doigts rendus maladroits par l’excitation il
commença à dégrafer son corsage. Il savait y
faire, l’animal ! Il caressait maintenant ses lourds
seins blancs fatigués déjà par six maternités.
Alors que la Pierrette commençait à gémir de
plaisir Basile abandonna la place. Le Baiseux ne
s’embarrassait pas de préliminaires et
n’entendait pas perdre de temps avant de se
consacrer à l’essentiel. Décidément ce surnom
lui convenait on ne peut mieux. Aujourd’hui il
avait, c’est vrai, des excuses : les enfants pou-
vaient se réveiller et la grand-mère rentrer à tout
moment. Alors de ses grandes mains il dénoua
le tablier, releva le cotillon, troussa le jupon,
dernier rempart avant le but à conquérir et, sans
plus de prévenances ni de préliminaires, entra
dans le vif du sujet. La vaisselle dans le buffet
s’entrechoquait et dans son cadre qui balançait
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La conception du septième
dangereusement l’ancien de la Coloniale était
sur le point d’en perdre sa chéchia et de tomber
de cheval.
En deux temps trois mouvements, Basile
avait conclu l’affaire. Fort heureusement parce
qu’il avait tout juste réajusté sa ceinture de fla-
nelle et remonté ses bretelles sur son épaisse
chemise à carreaux que Phonsine entrait sans
crier gare dans la cuisine. Elle déposa sur la
table un plein panier de pissenlits qu’elle se mit
aussitôt en devoir de nettoyer. Ouf, ils avaient
eu chaud ! Mais c’était toujours comme ça. Les
moments d’intimité étaient rares à la maison et
de courte durée. Depuis leur mariage, ils avaient
vécu avec la grand-mère, veuve depuis quelques
années, et partageaient leur chambre avec les
trois plus petits, ce qui leur imposait une grande
discrétion. Pour échapper à cette promiscuité
pesante, fort heureusement, il y avait la forêt.
Ce n’était donc pas un hasard si seule la pro-
création du Claude, programmée par la grand-
mère, avait eu lieu furtivement, de nuit, entre
quatre murs, au creux du lit conjugal. Les coc-
cinelles, les scarabées et les papillons, après
avoir échapper à l’écrasement, avaient été les
témoins involontaires, impudiques mais ravis de
la conception des autres.
Comme Basile quittait la pièce par la porte
qui ouvrait directement sur l’étable, Pierrette
sortait de sa chambre où, à genoux, elle venait
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