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Tourmentes

De
235 pages

idem

Publié par :
Ajouté le : 06 avril 2002
Lecture(s) : 36
EAN13 : 9782748108224
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Tourmentes
Daniel Jolivet
Tourmentes
ROMAN
© manuscrit.com, 2002 ISBN: 2-7481-0823-X (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-0822-1 (pour le livre imprimé)
Avertissement de léditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre. Déventuelles fautes demeurent possibles ; manuscrit.com, respectueuse de la mise en forme adoptée par chacun de ses auteurs, conserve, à ce stade du traitement de louvrage, le texte en létat. Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com 5bis, rue de lAsile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
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La tempête sest installée depuis plusieurs heures. Cela cétait fait progressivement. Au début, il sagis-sait dun temps de saison dautomne. Un crachin noir poisseux, gras. Une atmosphère sourde. Le ciel était moutonné de sale. Puis, petit à petit, le vent sest mis de la partie, projetant de grands traits de pluie sur les murs et la végétation. Les peupliers, plantés en rang doignons, se sont mis à plier presque à se rompre, en émettant un bruit de feuillage don-nant à penser à quelques bêtes tapies, prêtes à bondir. Des bourrasques brutales ont détrempées lallée cen-trale menant à la grande maison. Celle-ci, que dau-cuns dans le bourg appellent le château, se détache en ombres incertaines de ce fond triste et agité. Il est dix-neuf heures et la nuit est installée ; une odeur de cave, dhumus, se dégage des feuilles mortes jonchant le sol remuées à intervalles par le souffle humide des intempéries. Au bout de lallée, la bâtisse nest visible, par moments, que par une fenêtre éclairée à létage. Un volet mal attaché fait entendre un grincement sinistre avant de frapper la façade dans un bruit de détonation vite absorbé par le sifflement des rafales. Une ombre passe et repasse devant la lueur séchappant dune chambre, tandis que le volet continue son mouvement de va-et-vient au gré des caprices dEole. Les peupliers se courbent dans leur
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Tourmentes
tentative de protéger lhabitation des agressions des éléments déchaînés. Lombre repasse devant le phare que semble re-présenter la fenêtre de cette pièce, courbée sous le poids de quelques charges. Par moments, un bruit de chuintement indique le passage dune voiture sur la route devant la grille, faisant encore ressentir la solitude de cette maison perdue dans la crasse embrumée. Dans la chambre, une femme saffaire, en silence, autour dun grand lit. La pièce est vaste, éclairée par une lampe de table, laissant traîner des coins dombres. Un grand lit, un fauteuil usé, une armoire constituent lessentiel de lameublement. Sur le lit, un homme est allongé sur le dos. Il a les mains jointes sur la poitrine. Il est mort. Il est grand, avec une longue barbe grise, presque blanche. Il possède encore une chevelure abondante, elle, to-talement blanche. Les bruits extérieurs ne parviennent quatténués, sauf le volet qui se fait entendre avec linsistance dun métronome. La femme, sans doute, la déjà préparé et habillé dun costume bleu marine, faisant paraître plus blanc son visage et sa barbe. Son visage est calme et serein, ses mains unies en signe de piété, de prière. La femme ne pleure pas, elle sactive inlassable-ment sans prêter attention à ce qui lentoure, unique-ment occupée à réaliser sa tâche. Elle sort un drap de larmoire et en couvre le miroir pour respecter la tra-dition. Sur une cheminée, pratiquement cachée par le fauteuil usé, elle prend un chandelier, vient le po-ser sur une table au bord du lit et en allume les bou-gies. La flamme des bougies se met à fumer, avant que de danser comme une convulsion douloureuse, et de créer des fantômes virevoltants sur les murs.
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Daniel Jolivet
La femme, toujours absorbée, sassure dun coup doeil que tout est en place avant de quitter sans bruit la pièce, laissant le mort seul sur son lit, veillé par la lueur du candélabre. Elle se rend au salon du rez-de-chaussée, prend au passage un carnet. Elle sassied dans un fauteuil et décroche le téléphone, après avoir consulté le carnet. - Allô ! - Oui, cest Marguerite, Monsieur est passé, vous pouvez venir ? - Je viens. Un sifflement aiguë séchappe de la cheminée du salon répandant une odeur de suie. La femme après avoir composé un nouveau nu-méro informe son interlocuteur de la mort du maître de maison.
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