Tous les corps naissent étrangers

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Jean-Jacques Darrieux est un homme dont la réussite sociale est indéniable. Il a laissé loin derrière lui ses origines modestes, sa famille dysfonctionnelle, sa mère alcoolique et son père violent. Il a connu la gloire, en tant que présentateur de nouvelles télévisées, et il est maintenant le président d’un important cabinet de relations publiques. Il aime l’argent, et il en a beaucoup. Il n’a pas d’amis, il est vrai, mais il a des relations et il est membre de deux CA. Il n’a plus d’épouse, mais il a une maîtresse qui a de la classe ; il ne l’aime pas, mais il l’apprécie. Il a aussi un entraîneur personnel, qui est la seule personne à qui il obéit. Il y a pourtant une faille dans la vie de cet homme riche, puissant et sûr de lui, une imperfection qui échappe à son contrôle et dont il ne parle à personne: son fils de seize ans, lourdement handicapé, est condamné à passer sa vie dans un lit d’hôpital et à mourir avant lui. C’est un corps étranger. Hugo Léger rend avec une égale vivacité la cruauté du monde des affaires et la vulnérabilité de son personnage principal. Jean-Jacques Darrieux est un vautour redoutable, certes, un misanthrope cynique et misogyne, mais c’est aussi, quoi qu’il en dise, un père soucieux de son fils et un homme capable de tendresse. Et un PDG qui aime troquer son complet Boss pour un costume de chevalier dans un corps de tambours et clairons où il joue de la grosse caisse.
Publié le : jeudi 20 décembre 2012
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EAN13 : 9782892616835
Nombre de pages : 220
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Hugo Léger
Tous les corps naissent étrangers
roman
Romanichels
Extrait de la publication
Jean-Jacques Darrieux est un homme dont la réussite sociale est indéniable. Il a laissé loin derrière lui ses origines modestes, sa famille dysfonctionnelle, sa mère alcoolique et son père violent. Il a connu la gloire, en tant que présentateur de nouvelles télévisées, et il est maintenant le président d’un important cabinet de relations publiques. Il aime l’argent, et il en a beaucoup. Il n’a pas d’amis, il est vrai, mais il a des relations et il est membre de deux CA. Il n’a plus d’épouse, mais il a une maîtresse qui a de la classe ; il ne l’aime pas, mais il l’apprécie. Il a aussi un entraîneur personnel, qui est la seule personne à qui il obéit.
Il y a pourtant une faille dans la vie de cet homme riche, puissant et sûr de lui, une imperfection qui échappe à son contrôle et dont il ne parle à personne : son fils de seize ans, lourdement handicapé, est condamné à passer sa vie dans un lit d’hôpital et à mourir avant lui. C’est un corps étranger.
Hugo Léger rend avec une égale vivacité la cruauté du monde des affaires et la vulnérabilité de son personnage principal. Jean-Jacques Darrieux est un vautour redoutable, certes, un misanthrope cynique et misogyne, mais c’est aussi, quoi qu’il en dise, un père soucieux de son fils et un homme capable de tendresse. Et un PDG qui aime troquer son completBoss pour un costume de chevalier dans un corps de tambours et clairons où il joue de la grosse caisse. Un personnage complexe et tout en nuances.
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ISBN : 978-2-89261-687-3 22 $
w w w . e d i t i o n s x y z . c o m
La collection ROMANICHELS est dirigée par Josée Bonneville.
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Tous les corps naissent étrangers
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Hugo Léger
Tous les corps naissent étrangers roman
éditeur
Extrait de la publication
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Léger, Hugo Tous les corps naissent étrangers (Romanichels) ISBN 978-2-89261-687-3 I. Titre. II. Collection : Romanichels. PS8623.E466T68 2012 C843’.6 C2011-942807-5 PS9623.E466T68 2012
Les Éditions XYZ bénéficient du soutien financier des institutions suivantes pour leurs activités d’édition : – Conseil des Arts du Canada ; – Gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) ; – Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) ; – Gouvernement du Québec par l’entremise du programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres.
Conception typographique et montage : Édiscript enr. Graphisme de la couverture : René St-Amand Photographie de la couverture : Trevor Bonderud, First Light Photographie de l’auteur : Jeffrey Rosenberg
Copyright © 2012, Hugo Léger Copyright © 2012, Les Éditions XYZ inc.
ISBN version imprimée : 978-2-89261-687-3 ISBN version numérique (PDF) : 978-2-89261-688-0
er Dépôt légal : 1 trimestre 2012 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada
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Imprimé au Canada
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À Yolande Lareauqui a eu la bonne idée de devenir ma mère.
Extrait de la publication
Ma mère s’est présentée au bureau sans s’annoncer. Elle a rassemblé tout ce qui lui restait de lucidité et de sens de l’orientation pour me faire cette désagréable surprise. — Monsieur Darrieux, votre mère est à la réception. — Qu’est-ce qu’elle veut ? ai-je répondu sèchement, n’arrivant pas à dissimuler mon agacement. La question était légitime. Son grand âge n’excusait pas tout. Que venait-elle faire ici ? Sur mes terres ? Sans m’aver-tir ? Je reconnaissais bien là son absence de manières. J’ai pris quelques secondes pour me calmer. Il fallait que je me rende à l’évidence : ma mère n’était jamais sortie de l’adolescence. Tout était à craindre chez elle, notamment le pire. Elle avait le jugement d’une récidiviste. Par temps gris, on pouvait voir les ennuis marcher à sa suite. J’avais élevé un mur entre nous, physique d’abord, me gardant de l’inviter à la maison, au bureau ou ailleurs ; psy-chologique ensuite, noyant dans une opaque indifférence ses tentatives de manipulation. Elle avait mon numéro de cellulaire, c’est tout ce que je lui concédais d’intimité. Je donnais des nouvelles assez souvent pour qu’elle n’ait pas envie de m’en réclamer, mais pas trop, pour qu’elle ne se fasse pas d’illusions sur l’affection que je lui refusais. Je l’ai aperçue de loin. Échouée au milieu de la récep-tion, elle flottait dans un imper gris et difforme qui accen-tuait sa maigreur et lui conférait le sex-appeal d’un cintre. Elle était couronnée d’un chapeau de paille, souvenir d’une quelconque virée dans le Sud, et chaussée de bottes de pluie noir et bourgogne, alors qu’il faisait trente degrés
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à l’ombre. Elle avait l’air d’une clocharde. Tout était vieux chez elle : ses vêtements, sa coupe de cheveux, sa voix, sa façon de bouger. J’avais honte. Qu’est-ce que mes collègues allaient penser d’elle ? De moi ? Pourquoi M. Darrieux ne s’occupe-t-il pas de sa mère ? As-tu vu la pauvre dame ? C’est pas qu’il n’a pas les moyens… — Bonjour, maman. Comment vas-tu ? Elle n’a pas répondu. D’une main ferme, je l’ai agrip-pée sous le coude et j’ai accéléré le pas, pour éviter d’être vu en sa compagnie. Pour ne pas avoir à la présenter à qui que ce soit. Tout en marchant, je lui ai retiré son cha-peau. Quand les gens polis entrent dans une maison, ils se découvrent, n’est-ce pas, maman ? Elle avait les cheveux secs et blondasses, comme la paille de son chapeau. — Jean-Jacques, il faudrait que je te voie au sujet de Spalding, m’a lancé Victor, débouchant du corridor sans que je puisse l’éviter. — Bien sûr. J’en ai pour quelques minutes avec madame et après, je viens te voir, ai-je répondu, tout en donnant une légère poussée à ma mère pour qu’elle pénètre dans le bureau. En entrant, elle s’est précipitée vers le fauteuil de cuir, comme si elle jouait à la chaise musicale et qu’un plus rapide qu’elle s’apprêtait à lui voler sa place. Elle regardait à gauche, à droite, béate, insensible à ma présence. Elle jouissait du sentiment d’occuper un territoire étranger, le mien. J’ai coupé court à la colonisation. — Qu’est-ce que tu viens faire ici ? — J’ai pas reçu mon chèque. — Ton chèque, comme tu dis, je te l’ai envoyé. Tu l’as sûrement perdu. — Non, je l’ai pas reçu. — Bon, OK, ça va… Je vais t’en faire un autre.
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