Toussaint Louverture

De

1804 : Saint-Domingue, devenue "Haïti", proclamait son indépendance à la face du monde. Première république noire de l'histoire.

Un homme -parmi d'autres- joua un rôle éminent dans ce processus : Toussaint Louverture.

C'est une figure étrangement complexe et attachante qui s'enrichit au fil du texte et donne à l'événement historique sa véritable dimension humaine et universelle.
Publié le : mercredi 14 mai 2003
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EAN13 : 9782747306713
Nombre de pages : 80
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2Du même auteur
Jacmel au crépuscule (roman), éditions Gallimard, 1981.
La Famille Vortex (roman), éditions Gallimard, 1982.
Une eau forte (roman), éditions Gallimard, 1983.
La Parole prisonnière (roman), éditions Gallimard, 1986.
L’année Dessalines (roman), éditions Gallimard, 1986.
Les Cacos (roman), éditions Gallimard, 1989.
Charles-Honoré Bonnefoy (roman), éditions Gallimard, 1990.
L’Archevêque (roman), éditions le Temps des cerises, 1999.
La Vie en partage (roman), éditions Desclée de Brouwer, 2000.
Au pipirite chantant (poésie), éditions Lettres nouvelles/Maurice Nadeau, 1978.
Hommes de plein vent (poésie), éditions Silex (A.C.C.T.), 1981 ; réed. Nouvelles du Sud, 1992.
Voyance (poésie), éditions Hatier, 1984.
Philtre amer (poésie), éditions La Rosa Éditrice, 1992.
Voix nègres (poésie), éditions le Bruit des autres, 1992.
Voix nègres, voix rebelles (poésie), éditions le Temps des cerises, 2000.
Haïti, une nation pathétique (essai), éditions Denoël, 1987.
Le Pont rouge (théâtre), éditions Nouvelles du Sud, 1991.
Colomb (théâtre), éditions de l’Autre Mer, 1992.
Anacaona (théâtre), éditions Hatier, 1986 ; réed. éditions Hatier International, 2002.
© Éditions Hatier International – Paris 2003
Reproduction interdite sous peine de poursuites judiciaires
ISBN 978-2-7473-0314-9
9782747306713 – 1re publication
3Pour Anne-Marie Cercelet Métellus
4
Les personnages
Toussaint
Catinat
La mère d’O
Laveaux
Sonthonax
Leclerc
Lerécitant
5Acte 1
Scène 1
Toussaint.
Toussaint. – J’ai vécu quarante ans en esclavage dans la montagne et dans les plaines comme cocher, homme de confiance, attaché aux propriétés de Bayon Libertat.
Paix à l’âme de mon parrain Pierre Baptiste, vieux nègre du Haut du Cap qui m’apprit à lire et à écrire et qui m’offrit l’Histoire philosophique des Indes de l’abbé Raynal. Ah ! quel livre extraordinaire, j’en connais des passages par cœur :
« Si l’intérêt personnel prévaut dans les nations et leurs maîtres, il existe une autre puissance. La nature parle plus haut que la philosophie ou l’intérêt personnel. Deux colonies de nègres fugitifs existent déjà, que les traités et la force protègent contre les attaques. Ces éclairs annoncent le tonnerre. Il ne manque qu’un chef courageux. Où est-il, ce grand homme à qui la nature sera redevable de ses enfants vexés, opprimés et tourmentés ? Où est-il ? Il surgira, n’en doutons pas ; il viendra et brandira le drapeau sacré de la liberté. Ce vénérable signal groupera autour de lui ses compagnons de misère. Plus impétueux que les torrents, ils laisseront partout derrière eux les traces indélébiles de leur juste colère. Partout le peuple bénira le nom du héros qui aura rétabli les droits de la race humaine ; ils élèveront partout des trophées en son honneur. »
Dès lors, j’ai cru à la force du verbe. Grâce aux mots que j’ai lus, aux maux dont j’ai souffert en raison de mon physique malingre, aux messages qui me sont parvenus tout à fait par hasard, j’ai compris qu’il me fallait être un chef avec les avantages et les fragilités des chefs : soumis à l’admiration de tous en apparence et à la trahison de certains dans l’ombre.
Qui peut oublier que pendant plusieurs années à Saint-Domingue, un homme, un esclave, se disant envoyé de Dieu, un 6Mahdi, le musulman Makendal, harangua le pays ? Sans doute, trahi, a-t-il été vaincu, pris, roué vif, mais nul à Saint-Domingue, ni parmi les Blancs, ni parmi les Noirs, n’oublie sa prédiction, qui à plus d’un semble une préfiguration de l’avenir... Un jour, dans une réunion, il planta dans un vase trois mouchoirs : un jaune, un blanc, un noir. Voilà les premiers habitants de Saint-Domingue, affirma-t-il en montrant le mouchoir jaune ; puis tirant le mouchoir blanc, voici les habitants actuels ; et voilà enfin ceux qui demeureront les maîtres incontestables de l’île, et ce disant, il agita triomphalement le mouchoir noir. Cette prophétie deviendra réalité. La lutte sera longue et terrifiante, mais elle a déjà commencé.
7Scène 2
C
atinat.
Une Voix. – Les colons de Saint-Domingue sont partis pour la France à l’annonce de la convocation des États généraux du royaume. Les grands planteurs y voient l’occasion de satisfaire leur tendance autonomiste et de dominer le pays sans partage. Ils veulent être représentés aux États généraux et en écarter les esclaves qu’ils traitent comme des choses et non comme des êtres humains.
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