Toute erreur a son prix - Tome 1

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2006. Daniel va se marier et fête l'événement à venir avec ses amis. En une seconde son destin va être bouleversé. Meurtri, il s'éveille dans un hôpital. En 1967... Dans la peau d'un pilote de Formule nommé Dan J. Moore, il va devoir essayer de saisir ce qui a pu l'amener là. Évoluant parmi les grands champions de la saison 1967 de F1, dans un milieu qui l'a toujours passionné mais pour lequel il ne pense avoir aucune aptitude, il va petit à petit se mettre à douter de sa réelle identité, se découvrant des talents insoupçonnés. Qui est-il réellement? Pourquoi éprouve-t-il le sentiment que Dan J. Moore est un parfait étranger à ses yeux? Et qui a décidé de lui faire vivre une telle expérience? Daniel va alors comprendre que chaque erreur se paie un jour ou l'autre et son prix peut être onéreux.
Publié le : jeudi 19 décembre 2013
Lecture(s) : 13
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342017212
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342017212
Nombre de pages : 382
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Frédéric Clément
TOUTE ERREUR A SON PRIX
Tome 1
Mon Petit Éditeur
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http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0118935.000.R.P.2013.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2013
Pour Ghislaine qui est mon tout Pour Meryl et Addison qui sont mes petits rayons de soleil Pour tous ceux qui me permettent dexister et tous ceux qui habitent mes pensées Un merci tout particulier aux membres de « racingfr » pour leur soutien et leur intérêt
Prologue Le choc inévitable. Précédé dune longue glissage sur le sol dé-trempé. Dans une gerbe deau, sorte de mur brumeux habité de sa propre vie, la voiture dérive à une allure folle vers le bas-côté, arra-chant le gazon, sculptant lherbe de larges traînées boueuses. Les roues, devenues folles, tournent en tous sens. Il ne peut contrôler son volant. Non, toute tentative de rétablir la direction de son bolide est vaine. Sa Formule un est devenue désormais un objet désincarné, un missile de métal lancée à plus de 200 kilomètres par heures vers la glissière de sécurité. Il sait ce qui va se passer et en un éclair il se maudit. Pourquoi a-t-il fallu quil joue une fois de plus au héros cet après-midi ? Pourquoi a-t-il cru bon de fanfaronner devant la presse alors que tous lexhortaient à abandonner son projet farfelu ? Peut-être parce quil sappelle Dan J. Moore et que Dan J. Moore est un trompe-la-mort. Un trompe-la-mort imbu de sa personne et fier comme un paon. Pourtant durant les courtes secondes qui précèdent le choc, il va se traiter de tous les noms les plus incongrus, se haïssant comme jamais, détestant sa propre personne. Mais à quoi bon ? Son Eagle va se disloquer sur cette satanée bar-rière de métal et il ne peut rien faire pour len empêcher. Se recroquevillant dans lhabitacle étroit de la machine, il hurle lorsque la carrosserie tape durement lobstacle dressé devant le museau de sa Formule un. Le choc est bel et bien violent. Les tympans déchirés par le vacarme assourdissant de la tôle qui se plie et se rompt de toute part, il fait la connaissance dune nouvelle maîtresse, une maîtresse indésirable, une maîtresse atroce : la douleur. Ce sont tout dabord ses jambes qui vont lui arracher un hurlement plus abominable que le précédent. Il a limpression que ses os éclatent un à un, que ses mem-bres se disloquent, se rétractent sur eux-mêmes. Le visage crispé, les traits défaits, il se raidit sur son siège, ruisselant de cette eau de pluie
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qui a décidé aujourdhui dêtre sa pire ennemie alors que par le passé elle fut son alliée. Puis tout son corps semble exploser, partie après partie. Mais il na pas le temps de souffrir davantage car en une frac-tion de seconde cest le noir complet. Sa roue avant-droite sest détachée de la machine et vient frapper sa tête heureusement casquée. Le coup est si rude que son crâne va subir ce que le jargon médical identifie comme un traumatisme crânien. Cest donc inconscient quil bascule sur son volant déformé par limpact, tandis quenfin son en-gin simmobilise dans un son effrayant de métal grinçant, le tout baigné dans une vapeur surréaliste. Dans les stands personne na vu ce qui vient de se passer. Il se trouvait à lautre bout du circuit, dans le virage plus connu sous le nom de « Big Bend », un endroit que les pilotes abordent généralement à une allure folle. Quand il ne pleut pas Et justement il continue de pleuvoir des torrents deau sur le cir-cuit de Watkins Glen. Une eau pure, cristalline, presque divine. Les journalistes se sont rassemblés au plus profond des boxes et atten-dent quil repasse devant eux, se disant que cet homme est fou, voire même carrément inconscient. Mais ils sont tous venus pourtant pour le voir. Parce que ce genre de pilote fait vendre leur feuille de chou. Oui, Dan J. Moore est une aubaine pour eux. Il est dingue et coura-geux, si dingue quil a osé prétendre que cette année il sera champion du monde, défiant ses pairs, bafouant la logique. Toutefois, à cette seconde, Dan nest plus quun corps blessé, meurtri, lancé aux confins dun monde inconnu qui borde celui des défunts. La bouche ouverte, les yeux fermés, du sang dégoulinant de ses oreilles, on dirait un pantin dans cette carcasse fumante qui faisait il y a peu ladmiration de ceux qui étaient venus assister à sa première sortie officielle. LEagle, superbe dans sa livrée aux couleurs améri-caines, nest désormais plus quun oiseau mort.
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Chapitre 1 Il dormait. Aucun doute possible. Car comment expliquer que toute son existence défilait à linstant devant ses yeux ? Toutes ces images dun passé plus ou moins proche, autant de photographies prises au cours des moments forts de sa vie. Empreint dun sentiment étrange, comme un étau enserrant son cur, oppressant sa poitrine, il ne trouvait cependant pas cette sensation si désagréable. Bien au con-traire, cela pouvait même paraître amusant : il dormait aux côtés de sa fiancée (il pouvait percevoir le doux contact de sa peau parfumée contre ses doigts déposés à linstant sur sa cuisse) et il rêvait des mo-ments joyeux de son existence. Toutes ces étapes quil avait parfois reléguées au plus profond de sa mémoire et qui surgissaient en images colorées devant ses yeux embués de bonheur. Plongeant de plain-pied dans ce monde qui nétait autre que le sien, il se laissa guider au travers de ses souvenirs, remontant une à une les années. Il effleura seulement les images fugaces de sa nais-sance, se demandant au passage comment il pouvait se remémorer cette période, afin de sattarder davantage sur son enfance. Une époque ma foi formidable. La scène sarrêta sur le petit Daniel âgé de 6 ans, garçon aux che-veux châtain foncé qui poussaient en tous sens, au visage de bambin, flottant dans des vêtements trop amples. De cette période il ne gar-dait que de très bonnes impressions. Sa sur, Catherine, était sa plus fidèle comparse et tous deux sétaient égaillés de nombreuses heures en jeux divers et variés. Si une seule image devait subsister de ces années-là, ce serait assurément ce jour que les deux enfants avaient passé en compagnie de leurs cousins, imaginant des histoires farfelues de prise dotages dans un avion tout autant improbable. Dans la chambre de ces derniers, la petite équipe sétait aménagée un sem-blant de cockpit à laide dun bureau et de deux chaises. La porte de la
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pièce symbolisait lentrée vers la cabine et dans le couloir ils avaient disposé un grand canapé pour que les « passagers » puissent sy as-seoir. Le scénario était simple : le « pirate de lair », joué par laîné des cousins, Vincent, prenait lavion en otage. La sur de Daniel était une touriste, tandis que le benjamin des cousins, Pierre incarnait le pilote. Daniel, pour sa part, était le co-pilote. Dans un grand final digne des meilleures productions cinématographiques et après bien des péripé-ties, le « méchant de laventure » était neutralisé par les autres enfants et lhistoire se terminait de la plus belle manière qui soit : le bien triomphait du mal. Comme cela se devait dêtre dans toute aventure enfantine. Par la suite, les choses nen iraient pas forcément de même. Mais ceci était une autre histoire, car pour linstant Daniel, toujours endormi, plongeait plus intensément dans ses souvenirs lointains. Pouffant à la vue de Vincent déguisé en femme, avec une per-ruque appartenant à sa mère et en manteau de fourrure, ceci dans le but évident de tromper le service dordre censé contrôler les passa-gers qui embarquaient dans lappareil, Daniel admira encore durant quelques secondes laudace et lingéniosité de ce dernier. Son cousin navait pas la pareille pour vivre les personnages quil incarnait et il faisait déjà preuve dès son plus jeune âge dun don artistique hors du commun. Par la suite il allait devenir un acteur très prometteur, bien quaux prises avec les traditionnelles difficultés dues à son métier, à savoir la perpétuelle quête du grand rôle. Il avait tourné en son temps dans une série à succès sur la télévision nationale, puis après la dépro-grammation de cette dernière il sétait retrouvé au chômage. Il avait erré dans la capitale du pays, là où tout était censé se passer, là où les contacts se nouaient, à la recherche de ce fameux rôle qui ferait sa renommée, par-delà les frontières. Mais rien ne vint et, croulant sous les dettes, il avait fini par sombrer dans la dépression. Après une longue traversée du désert et de graves problèmes dalcoolisme, il avait décidé de se reprendre en main et avait quitté le pays, tentant sa chance ailleurs. Aux dernières nouvelles, Vincent se trouvait aux États-Unis, toujours en quête dun film à succès, vivant de petits rôles dans des pièces de théâtre minables. Il ne désespérait pourtant pas de parvenir à ses fins à ce quil avait affirmé à Daniel lors de leur dernier téléphone. Brave Vincent ! Son optimisme légendaire allait bien un jour finir par payer !
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