Traité du participe passé

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"En toute la grammaire française, dit Vaugelas, parlant de participes, il n'y a rien de plus important ni de plus ignoré." On a distingué ici seize cas généraux différents, où l'on tente de saisir l'accord du participe passé sous tous ses aspects.

Publié le : mardi 19 janvier 1971
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EAN13 : 9782246794714
Nombre de pages : 88
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I
PARTICIPES ET EXPRESSIONS DIVERSES EN DÉBUT DE PROPOSITION
Certains participes, employés seuls ou inclus dans une expression « figée », sont invariables quand ils introduisent le substantif et qu'on peut les traiter comme des prépositions ou des adverbes, ou encore parce qu'il y a ellipse du verbe avoir. On peut aussi estimer que ces formes sont du genre neutre que la grammaire moderne reconnaît de plus en plus dans la langue française. On retiendra :
acceptécomprislu
approuvénon comprisôté
attenduy comprisouï
certifiédépassépassé
ci-annexéentendusupposé
ci-inclusétant donnévu
ci-jointexceptéetc.
REMARQUE. — Dans des phrases telles que les suivantes, et où il y a seulement inversion, le participe garde sa valeur adjective et s'accorde :
« Vues de la mer, les côtes prenaient un aspect inattendu. »
(SAVIGNON : Filles de la pluie.)
« Supposée ou non, cette histoire est très vraisemblable. »
II
GALLICISMES, EMPLOIS ADVERBIAUX EMPLOIS PARTICULIERS
Hors de toute règle se placent certains gallicismes ou expressions figées comme celles-ci, où l'on ne fait jamais l'accord :
« Vous nous l'avez baillé belle. »
« Je l'ai manqué belle. »
« Je l'ai échappé belle. »
« Nous l'avons, en dormant, madame, échappé belle. »
(MOLIÈRE.)
« Ces jeunes filles se sont fait fort de réussir à leur examen. » (Il s'agit, ici, d'une locution figée, que Littré considère comme un archaïsme conservé dans la langue.)
***
Se trouve dans le même cas, le participe fait lorsqu'il se substitue au verbe être :
« Quelles belles recrues ils eussent fait. »
(MADELIN :
Histoire du Consulat et de l'Empire.)
REMARQUE. — Quelques-uns ont voulu laisser ce participe également invariable, lorsqu'il ne s'agissait pas d'accomplir totalement une action au sens propre.
« As-tu vu la tête qu'il a fait quand il s'est aperçu qu'elle n'était pas là ? »
(M. PROUST : Un amour de Swann.)
et
« La longue route qu'il a fait pour venir nous retrouver » (sens figuré), s'opposant à
« Le public a admiré la belle tête d'Apollon que ce sculpteur a faite » (sens propre).
C'est là — sinon une pure incorrection — au moins une distinction toute byzantine qu'il ne semble pas nécessaire d'introduire dans l'usage.
***
On se gardera de confondre les deux usages du verbe servir :
« Les domestiques qui nous ont servis » = qui ont servi nous,
« Ils se sont servis de potage » = ils ont servi eux,
et
« Les outils qui nous ont servi » = qui ont servi à nous,
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