Transit-Express

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Sur mon courrier je t'emmène - sur la mer à perdre haleine - sur ma bouche je t'emmènerai... L'air et les paroles sont sur toutes les lèvres. Pour Yves Simon, respirer, c'est chanter, et chanter, c'est partir un peu. Mais l'écriture aussi lui est un voyage, à la recherche " des milliardaires d'histoires qui se promènent dans le monde ". Transit-Express en recueille quelques-unes, au passage, dans le train-fantôme de l'imagination.
Il suffit d'un rien, d'une rencontre. Il suffit qu'un garçon comme tous les autres - plus perdu que d'autres, peut-être - échoue dans une salle d'attente un soir de vague-à-l'âme et en vienne à échanger avec un inconnu la clé de sa chambre contre un billet de train. Soudain libéré de ce qui l'attache au quotidien, voici Marco embarqué dans la plus étrange des aventures, en compagnie de nombreux autres " voyageurs " captivants et singuliers. Tandis que le train traverse des pays de neige et des villes lointaines, des régions dévastées, des vallons riants ou des paysages de ruine et de guerre, ce petit groupe d'errants roule vers son destin. Tragique pour Douchan, le réfugié toujours en fuite ou pour la petite Natché, qu'entraînent les fantasmes d'un amour impossible, nostalgique pour ceux qui vont le dos à la marche du train, tournés vers leurs souvenirs, riche de songes pour ceux qui ont beaucoup aimé, telle Roda, qui en sait long sur la passion, le sort se faufile, d'un wagon à l'autre. Et sur ce monde ferroviaire, insolite, varié, pittoresque, règne Melchior, le contrôleur, qui note les départs, les arrivants, comptable méticuleux de cette randonnée sans but ni fin, à moins qu'un jour quelqu'un ne tire le signal d'alarme...

Belle fable aux prolongements secrets, belle idée surtout, Transit-Express, on l'aura deviné, est une allégorie où chacun aura le sentiment de reconnaître un peu son propre voyage à travers le temps. Notre temps. Nul ne sait à quelle gare il descendra, ni pourquoi il est monté à telle station plutôt qu'une autre. On est sur les rails, et voilà tout, dans la course d'un train fou. Qui pourrait nous en dire davantage sur sa destination ?

Plus grave, plus motivée, on aimera dans ce troisième roman d'Yves Simon toute la mélancolie profonde de son talent, fait d'instants saisis, de vérités captées, d'une sensibilité juste et sans apprêts. Pour lui, et par lui, la " litanie de la vie moderne " envo-te et s'impose, dans la poésie des mots la vigueur évidente des images. Et comme dans ses chansons, il s'agit encore une fois d'une ballade, où il se fait le complice, le tendre, mais le lucide témoin d'une génération qui veut toujours rêver ailleurs son existence, en attendant un âge qui tarde.
Publié le : mardi 28 janvier 1975
Lecture(s) : 41
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246016892
Nombre de pages : 218
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Sur mon courrier je t'emmène - sur la mer à perdre haleine - sur ma bouche je t'emmènerai... L'air et les paroles sont sur toutes les lèvres. Pour Yves Simon, respirer, c'est chanter, et chanter, c'est partir un peu. Mais l'écriture aussi lui est un voyage, à la recherche " des milliardaires d'histoires qui se promènent dans le monde ". Transit-Express en recueille quelques-unes, au passage, dans le train-fantôme de l'imagination.
Il suffit d'un rien, d'une rencontre. Il suffit qu'un garçon comme tous les autres - plus perdu que d'autres, peut-être - échoue dans une salle d'attente un soir de vague-à-l'âme et en vienne à échanger avec un inconnu la clé de sa chambre contre un billet de train. Soudain libéré de ce qui l'attache au quotidien, voici Marco embarqué dans la plus étrange des aventures, en compagnie de nombreux autres " voyageurs " captivants et singuliers. Tandis que le train traverse des pays de neige et des villes lointaines, des régions dévastées, des vallons riants ou des paysages de ruine et de guerre, ce petit groupe d'errants roule vers son destin. Tragique pour Douchan, le réfugié toujours en fuite ou pour la petite Natché, qu'entraînent les fantasmes d'un amour impossible, nostalgique pour ceux qui vont le dos à la marche du train, tournés vers leurs souvenirs, riche de songes pour ceux qui ont beaucoup aimé, telle Roda, qui en sait long sur la passion, le sort se faufile, d'un wagon à l'autre. Et sur ce monde ferroviaire, insolite, varié, pittoresque, règne Melchior, le contrôleur, qui note les départs, les arrivants, comptable méticuleux de cette randonnée sans but ni fin, à moins qu'un jour quelqu'un ne tire le signal d'alarme...


Belle fable aux prolongements secrets, belle idée surtout, Transit-Express, on l'aura deviné, est une allégorie où chacun aura le sentiment de reconnaître un peu son propre voyage à travers le temps. Notre temps. Nul ne sait à quelle gare il descendra, ni pourquoi il est monté à telle station plutôt qu'une autre. On est sur les rails, et voilà tout, dans la course d'un train fou. Qui pourrait nous en dire davantage sur sa destination ?

Plus grave, plus motivée, on aimera dans ce troisième roman d'Yves Simon toute la mélancolie profonde de son talent, fait d'instants saisis, de vérités captées, d'une sensibilité juste et sans apprêts. Pour lui, et par lui, la " litanie de la vie moderne " envo-te et s'impose, dans la poésie des mots la vigueur évidente des images. Et comme dans ses chansons, il s'agit encore une fois d'une ballade, où il se fait le complice, le tendre, mais le lucide témoin d'une génération qui veut toujours rêver ailleurs son existence, en attendant un âge qui tarde.
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