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Transports en commun

De
300 pages
Franconville, années 80. Les banlieues pavillonnaires se transformaient inexorablement en cités-dortoirs. Comme pour compenser l’uniforme grisaille qui gagnait du terrain, la société de consommation offrait aux classes moyennes mille objets de convoitise, de fierté, de manies, de fantasmes. Parmi eux la voiture tenait une place de choix. Elle permettait de joindre l’utile à l’agréable, le fonctionnel au symbolique, de se rendre à son lieu de travail tout en affichant son statut social. Boris Manzarek était très fier de la CX de son grand-père. En revanche il avait honte de la 4L de son père, qui avait hérité de 68 un souverain mépris pour ces boîtes à savon affublées de roues. Et naturellement cette honte redoublait lorsque Boris sortait de la 4L devant le collège au moment même où Sylvie Caron descendait, elle, d’une BMW. Un deuil précoce frappe les deux adolescents au même moment. Le hasard fait se percuter à grande vitesse la voiture du père de Boris et celle de la mère de Sylvie, qui meurent tous les deux. Le drame marque à jamais les jeunes gens : bus, voitures, avions, tout ce qui bouge va devenir pour chacun d'eux une obsession. Désormais éloignés l'un de l'autre, ils grandissent néanmoins hantés par un souvenir commun. Et dans le bruit des moteurs, le ronronnement de la circulation, le vacarme des avions qui décollent, la question subsiste : Boris et Sylvie parviendront-ils à se retrouver ? Derrière son titre trompeur, Transports en commun est le roman d’une génération et de son objet totémique, ce produit manufacturé que, dans Mythologies, Roland Barthes n’hésitait pas à comparer aux cathédrales gothiques : l’automobile.
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