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Trois Accords Majeurs

De
198 pages
De Memphis à Las Vegas, une balade rythmée par le rock’n roll Un road movie acoustique, à travers l'Amérique des grands espaces et des studios d'enregistrement Années 1950. Le destin de Michel aurait pu être banal. Mais voilà... Il est né au bon moment ! Trois rencontres ont bouleversé sa vie : le rock'n roll, Isabelle et Elvis Presley. De chacune de ces confrontations est née une passion. Isa, c'est sa perle, sa conscience, celle qui l'a encouragé à vivre de sa musique, dans le sillage des personnages mythiques du rock and roll show, jusqu'à sa collaboration avec Elvis Presley lui-même, la légende - sa consécration professionnelle.
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Le Man u scr it w w w . m anuscr it . com
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É ditions Le Manuscrit 20, rue des PetitsChamps 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@ manuscrit.comÉ ditions Le Manuscrit, 2005 ISBN : 2748154819 (Fichier numérique) ISBN : 2748154800 (Livre imprimé)
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Du même auteur : - Dans les pas d’un homme - La cage du colibri
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«outUne guitare, un fusil ou un stylo, au b des doigts : rien d’autre que des crucifix, pour dire « Ainsi soitil ! » et se laver les mains. »
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 Dans le jargon des régisseurs de salles de spectacle, ils appellent cela « les corbeilles » : des rangées de fauteuils, en arc de cercle, au premier balcon, qui surplombent la fosse d’orchestre. On y a une vue plongeante sur la scène, pourvu que l’on occupe un des sièges du milieu, juste dans l’axe médian de la salle. Le regard peut ainsi balayer la surface entière de la scène, tout en épargnant les cervicales. Le mouvement de rotation de la tête y est infime, la fatigue articulaire nulle. Seuls les yeux ont une mission spécifique à remplir. A eux de s’y plier, sans renâcler. Le briefing bulbaire a été assez clair. Le spectacle est sur la scène, pas dans le décolleté affriolant des spectatrices des premiers rangs…  La place 8 du rang C obéit à merveille à cette logique d’emplacement stratégique. Cela tombe bien, puisque c’est la mienne !  Le théâtre Mogador, rénové de fraîche date, est une invite à lui seul. Arriver en dernière minute serait hypothéquer une partie du plaisir escompté. La fréquentation des théâtres populaires est un acte de jouissance non répréhensible. Le bourgeois y côtoie le malfrat en égale proportion.  Investir la salle, alors qu’elle est encore pratiquement vide, c’est s’approprier égoïstement tout cet espace fait
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de dorures et de velours incarnat. La déambulation le long des couloirs et des allées, c’est un peu l’échauffement du spectateur, sa mise en condition. Les doigts qui palpent le galbe des loges et les dossiers ventrus des fauteuils c’est l’apprentissage tactile de ce qui sera votre univers pour deux ou trois heures. Les lumières joueront leur rôle plus tard. Avant la mise à feu, elles sont froides et utilitaires, d’un intérêt non esthétique.  Suivre l’ouvreuse, qui a pour consigne de vous conduire à bon port, permet à l’esprit de se concentrer sur l’essentiel : les couleurs, les volumes, les angles… C’est son doigt pointé qui vous restitue votre siège. Ce n’était qu’une croix rouge, dans un carré noir, choisi minutieusement sur le plan du théâtre lors de la réservation. C’est devenu un lieu stratégique.– Une pièce de monnaie qui change de main, un peu de chaleur consensuelle –. Je m’installe.  Mon manteau mouillé, roulé en boule sur les genoux, m’agace. Je sais que j’oublierai sa présence. E t puis, la queue, au vestiaire, était plus que dissuasive. Je sens que mon pied droit flotte un peu, avec un bruit spongieux, dans la chaussure. Je le sais ! C’est la dernière flaque, rue de Provence. Je n’ai pas pu l’éviter… A cause de la voiture, des travaux et… de la grosse pouffiasse qui obstruait le trottoir ! Quel slalom ! Depuis le boulevard des Italiens, par l’Opéra et le boulevard Haussmann : cinq minutes trente ! Je l’ai lu sur le cadran embué de ma vieille Rolex (cinq cents baths, en direct des trottoirs de Bangkok). Pas le temps de lorgner du côté des vitrines animées et ampoulées des Galeries Machin  des familles entières, soudées à la vitrine, s’en chargent pour moi. Une dernière glissade, à peine maîtrisée, m’a jeté
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