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Trois personnes sèches

De
156 pages
Trois personnes sèches suit la vie de trois Américains, des années 90 à aujourd’hui, passant à travers leurs succès et leurs échecs, ainsi que leurs joies et leurs peines respectives. Avec en filigrane l'évolution de la société, pas toujours dans le bon sens... Rebecca veut jouer les "célibattantes". Humber est victime du mirage économique que représentait l'Asie du Sud-Est. Quant à la discrète Shirley, elle part refaire sa vie en Floride, loin d’un mari qui l’étouffe.
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Joest Jonathan Ouaknine
Trois personnes sèches





ROMAN












Le Manuscrit
www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2005
20 rue desPetits-Champs
75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-3809-0 (fichier numérique)
IS-7481-3808-2 (livre imprimé)



















Remerciements

J’aurais tant de personnes à saluer qu’il faudrait que je
noircisse des pages et des pages. Disons simplement que je
remercie tous ceux et celles qui m’ont accompagné durant
ces quatre dernières années et que la plupart d’entre-vous
ont inspiré l’un des personnage de ce roman…


Introduction



Voici ô lecteur mon troisième roman. Il était donc
logique que le chiffre « trois » figure dans le titre.


L’histoire de ce livre

Comme d’habitude, tout a commencé par un rêve, en
2000. Il se situait au début du récit.

« Drei » est sans doute, de tous mes livres, celui qui a
le plus évolué. Il y a eu en effet cinq versions successives
de ce roman, écrites sur un total de trois ans. Même le titre
a changé : au départ, il devait s’appeler « dry c’est sec. »
J’espère que vous, ô lecteur, serez d’accord pour admettre
que ce titre-là craignait.

J’ai écris la première version entre mai et octobre
2000. Mais il y avait trop de « private jokes ». Par
exemple, la rudesse d’Humber n’était pas aussi explicite ;
pour moi elle l’était mais mes « béta-lecteurs » n’y
comprenaient rien. D’où les versions suivantes.

Au début, nous devions nous arrêter au chapitre 16, à
la fin des « années Clinton », mais voici que l’actualité de
2001 a tout bousculé. Il s’est produit plus de choses en
deux ans aux Etats-Unis que durant les dix précédentes
années. Impossible de passer cela sous silence, à moins
d’écrire un genre de roman sur une époque déjà révolu ;
sur « l’avant 11 septembre. » A noter que dés 2000, je
parlais de Bin Laden, mais à l’époque, je le prenais, suite à
une interview dans Newsweek, pour un personnage
pittoresque et ridicule, comme le sous-commandant
Marcos.

Le problème, lorsque l’on est comme moi un jeune
auteur, comment garder une « unité » d’écriture sur une
aussi longue période ? J’ai donc cherché à « continuer à
écrire comme en 2000 », suivant des thèmes de 2000.


L’histoire en elle-même

Vous trouverez facilement un livre ou un film qui
traite du monde ouvrier. En revanche, quid de
l’encadrement ? Il faut croire que le sens populaire dit
qu’au-delà d’un certain nombre de chiffre sur sa paye
mensuel, on n’a plus à se plaindre de rien. A travers ce
livre, je cherche à montrer que les problèmes des
« riches » ne sont pas plus ou moins important que ceux
des ouvriers. Ils sont justes différents.

L’avantage de traiter une longue période, c’est qu’on
peut y mesurer le progrès, l’actualité, etc. On y voit ainsi
discrètement la grandeur et la décadence de plusieurs
firmes, industries, concepts.
Il m’a fallu, je l’ai dit plus haut, rajouter un dernier
chapitre pour parler des attentats aux Etats-Unis. Le 11
septembre marque une certaine prise de conscience pour
eux. Jusqu’ici, les conflits successifs en Afghanistan, à
Haïti, en Iraq, en R.D.C., au Rwanda, en Somalie ou en
ex-Yougoslavie ne sont quasiment pas abordés. Pourtant,
dans plusieurs d’entre-eux des GIs sont intervenus ; mais
cela ne les « concernait » pas.

Enfin, il y a la thématique des trois personnages
principaux. J’ai voulu jouer avec eux : commencer une
scène avec l’un et la terminer avec un autre, montrer une
même scène avec deux personnages, etc. Ce sont trois
personnages issus de milieux différents et donc leur
manière d’appréhender un même événement varie.
Les femmes sont très présentes dans ce livre.
Contrairement à mes autres romans, elles ne sont pas de
simples objets à séduire, mais elles ont un part active dans
la vie ; a contrario, ce sont les hommes qui passent au
second plan.


Pourquoi est-ce que l’action se passe aux Etats-
Unis ?

Dans mon rêve, l’action se déroulait aux Etats-Unis.
Pourquoi ne pas garder cela ? Ce livre m’a permis
« d’exorciser » les rancoeurs que j’ai gardé de mes longs
séjours aux Etats-Unis en 1997 et 1999.

Le grand avantage des américains, c’est leur inculture.
Par exemple, à table, un Européen se croit obliger de
parler de l’actualité mondiale. L’écrivain se doit de faire
des recherches ! Se replonger dans une époque, retrouver
ce dont les personnes pouvaient discuter alors… Les
Américains, je l’ai dit, ne font pas attention à l’actualité
mondiale.
Par ailleurs, ils ne s’embarrassent pas de références
culturelles. Un Européen un tant soit peu lettré se croit
obligé de citer tel philosophe ou tel écrivain. Un
américain, même éduqué, se contentera de paraphraser
Star Wars ou Batman & Robin. Cela réduit d’autant le
travail sur le fond.

Vous remarquerez que de nombreuses expressions ont
été mal traduites. C’est volontaire.
Beckie habite New York et pourtant, à aucun moment
on parle de l’Empire State Building, de la statue de la
liberté ou de Central Park ! Cela vous semble irréaliste ?
Et si, vous faisiez un roman sur votre ville, parleriez-vous
de ses monuments ? Honnêtement, cela doit faire sept ou
huit mois que n’ai pas vu la Tour Eiffel, quant à
Montmartre… La plupart des romans ont d’ailleurs une
portée « internationale » : par exemple, les romans de
Kafka se passent dans une « grande ville » ou bien une
« bourgade de campagne ».

Enfin, il y a le « politiquement correct ». Dans ce livre
j’ai volontairement éliminés la plupart des grossiertés et
des allusions grivoises, afin de montrer la vie dans le
carcan du politiquement correct et des « non dits ». La
crainte est telle chez les américains de blesser ou
d’offenser autrui qu’ils s’enferment dans une hypocrisie
générale. Ainsi, leur façon d’agir n’est plus qu’une suite
d’actions robotisées.
De même, l’abstraction, thème-clef de mes dernières
œuvres, n’apparaît pas. Certes, il y a bien quelques
changements de vision un peu brusque, mais c’est la seule
excentricité que je me suis offert.


La musique…

Dans « Second », je proposais au lecteur une véritable
bande-son, à écouter en même-temps que le livre.

Voici mes propositions, pour celui-ci. Il ne s’agit pas
d’un « best of de mes musiques préférés », mais belle et
bien de musiques collant réellement à l’action :
- Début : « Burro » de Beck featuring Mariachi Los
Camperos De Noti Cara ; extrait de l’album de Beck
« Stray blues/a collection of B-side. » Cette version en
Espagnol de « Jack ass » permet de mettre en place une
ambiance originale.
- Ensuite, « Where the street have no name/Can’t take
my eyes of you » des Pet Shop Boys, extrait de l’album
« Discography. »
- « Since the last goodbye » de The Alan Parsons
Project, extrait de l’album « Ammonia avenue. »
- « Lampeshade » de Beck, extrait de l’album « A
Western Harvest Field by Moonlight. »
- « Street dreams/Fade out » de Radiohead, extrait de
l’album « the bend. »
- Lorsque Humber Denker prend l’avion : « Charlie
big potatoe » de Skunk Anansie, extrait de l’album « Post-
orgasmic chill. »
- Après : — « Everloving » de Moby extraite de
l’album « Play. »
- Lorsque Humber Denker est à la NBAA : « Sunset
(Bird of pray) » de Fatboy Slim featuring Jim Morrisson,
extrait de l’album « Halfway between the gutter and the
star. »
- « Next year » des Foo fighters, extrait de l’album
« There is nothing left to lose. »
- Le chapitre 9 doit débuter sur « Out of control » des
Chemical Brothers featuring Bernard Sumner, extrait de
l’album « Surrender. »
- La partie de Beckie du chapitre 10 s’achève sur
« Trash » de Suede, extrait de l’album « Coming up. »
- Je conseille de mettre « Neonlight » de Señor
Coconut, extrait de l’album « El baile allemano », à la fin
du chapitre 11 : elles retranscrivent l’esprit féerique dans
lequel Shirley se trouve.

- « Lucky Man » de The Verve, extrait de l’album
« Urban hymns. »
- « Love will tear us apart » de Joy Division, extrait de
l’album « Permanent. »
- Enfin, je conseil de continuer sur « Where is my
mind » des Pixies, extrait de l’album « Where is my », car il transcrit le surréalisme de la partie
mexicaine.
- Pour la scène au Mecca : « Smile » de Vitamin C.
- Qui dit « ambiance », dit forcément « Tangerine
Dream ». En guise de fin, « Spanish love » extrait de
l’album « Rockoon » s’imposait tout naturellement.
Joest Jonathan Ouaknine



1.
Février 1992



Pour rien au monde il ne serait venu ici. Pourquoi est-
ce que lui, Michael Spencer Jones, consultant chez Arthur
Andersen, venait mettre les pieds dans ce patelin perdu du
New Hampshire ? Pourquoi a t’il du sortir sa belle voiture
et faire de la route, tout ça pour aller voir les Denker, cette
bande de provinciaux ? Après tout, ils ne faisaient même
pas un vrai déménagement, ils quittaient juste la maison de
la mère de Humber pour emménager dans leur propre
maison, une centaine de yards plus loin. Non, ce n’est
définitivement pas un vrai déménagement.
La route est enneigée. Pour l’instant c’est de
l’autoroute, ils l’ont salée, mais après ? Et s’il y avait du
verglas ? Et si la voiture s’enneigeait ? Et si après, dans ce
trou perdu, les chasse-neige ne passaient pas ? Michael est
énervé et en plus, il ne peut plus fumer. Cela fait trois
mois qu’il a du arrêter. La chasse aux fumeurs est ouverte
dans New York. Le fumeur est un pollueur (il jette ses
mégots partout), un irresponsable (il n’hésite pas à fumer
devant d’autres personnes quitte à leur créer des
problèmes de santé, sans parler de la sienne qu’il
démolie), en bref, un nuisible. Elle est loin l’époque où
l’homme dynamique et moderne devait forcément avoir un
produit de chez Marlboro ou de chez Lucky Strike au bout
des lèvres… Maintenant, le quotidien du fumeur c’est la
« pause cigarette » dans la cour d’immeuble (même
lorsque, comme à New York, l’hiver, la température
devient négative) ou la « salle fumeurs » saturée de fumée.
Quant à fumer à son poste de travail, c’est devenu une
15