//img.uscri.be/pth/1d35ae175c2f97580935757344ffa7d5c886105e
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 8,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Tu es si jolie ce soir

De
448 pages
On se marie pour le meilleur… et pour le pire. Deborah, jusque-là, n'a connu que le meilleur. Mère de deux beaux enfants, vie de rêve… rien ne la préparait à la disparition brutale de son époux. Ce dernier, sans raisons apparentes, s'est volatilisé du jour au lendemain. Certes, il était parfois un peu absent, étrange peut-être, peu bavard et absorbé par le travail, mais il était également fiable et solide.
C'est du moins ce que pensait sa femme jusqu'à ce que le doute s'installe. Que lui est-il arrivé ? Que vient faire le FBI à sa porte ? Des zones d'ombre inquiétantes apparaissent dans le passé de celui dont elle partageait la vie. Des femmes ont été tuées. Deborah a beau se raisonner, les faits troublants s'accumulent. Son mari ne revient pas. Les enquêteurs se font plus précis. Connaît-on jamais vraiment les gens, si proches soient-ils de notre quotidien ?
Voir plus Voir moins
F O L I O P O L I C I E R
Carlene Thompson
Tu es si jolie ce soir
Traduit de l’américain par Jean-Luc Piningre
La Table Ronde
Titre original:
THE WAY YOU LOOK TONI GHT
©Carlene Thompson, 1995. ©Éditions de La Table Ronde, Paris, 1999, pour la traduction française.
Carlene Thompson est américaine. Elle est l’auteur de onze romans tous parus aux Éditions de La Table Ronde dontPrésumée coupable, Ne ferme pas les yeux, Les secrets sont éternelsouLe crime des roses. Elle a enseigné l’anglais dans l’Ohio, vit désormais en Virginie et est considérée comme l’une des émules les plus talentueuses de Mary Hig-ginsClark.
En souvenir de Margie.
Merci à Janice Daniels, Dick Young, Dave Sizemore et George Lucas.
P R O L O G U E
Le bar était plein quand il entra chez Kelly à dix heures, ce qui semblait normal pour un samedi soir. La porte s’ouvrait toutes les trois minutes, jetant régulièrement une lumière oblique, quelques notes du juke-box et un nuage de fumée dans la nuit froide et calme. Ces endroits sont bien tous les mêmes — bruyants, trop éclairés, enfumés. Il alluma plusieurs cigarettes, avala quelques verres d’un whisky infect allongé de soda éventé, repoussa gentiment les avances de la serveuse — cinquante ans bien sonnés, la silhouette avachie et les yeux enfoncés — et réussit une heure et demie durant à n’échanger que de vagues propos avec un client ou deux. Alors il partit. Dehors, le froid l’enveloppa. Il inspira profon-dément. L’air était pur, propre, vif. D’épais flo-cons tombaient encore. Ils recouvraient le trottoir, masquaient les devantures, voilaient la douce lumière des réverbères. Un jour qu’il avait huit ans, il avait trouvé une luge dans la rue qui atten-dait le passage des éboueurs. La peinture rouge était écaillée, le patin tordu, mais peu lui impor-
11
tait. Seuls comptaient le froid piquant, la neige au clair de lune dont le manteau étincelait sur la col-line, derrière la maison, et la longue glissade qui s’offrait à lui… D’un geste imperceptible du menton, il chassa ses souvenirs et, se concentrant à nouveau sur ce qui l’attendait, alluma une nouvelle cigarette. Un couple sortit de chez Kelly et se mit à rire quand la fille faillit perdre l’équilibre sur le sol glissant. Ils s’éloignèrent dans l’autre sens. Pendant un ins-tant, la porte resta fermée. Depuis presque une demi-heure les clients s’en allaient, mus, aurait-on cru, par d’impérieux besoins. L’heure de la ferme-ture approchait. Cette fois, il ne devait plus rester grand monde. Mais l’enseigne lumineuse, au néon bleu, conti-nuait de briller. C’est elle qui l’avait attiré au bar — elle avait sous la neige quelque chose de mys-tique, un air fantomatique. Il était sensible aux lumières, aux éclairages, et celui-ci le ravissait. Il se demanda combien d’autres personnes parta-geaient ce goût-là. Peu, sans doute. Il trouvait la plupart des gens seulement capables de sensations idiotes, prosaïques, sinon exaspé-rantes. À quoi bon, finalement, se comparer aux autres? Après tout,luiétait spécial, intelligent, sensible, doué de ces qualités souvent énumérées dans les petites annonces des journaux — dont les auteurs pourtant devaient cruellement manquer. Impossible cependant de ne pas constater sa supé-riorité à tout bout de champ. C’était la simple réalité. Sa cigarette était à moitié consumée lorsqu’une
12