Tu m’avais pourtant promis

De
Les époux Gaillardo coulent des jours heureux avec leurs enfants dans le petit village de Saint-André. Pourtant Jean-Sébastien ne supporte plus sa situation professionnelle qui l’éloigne chaque semaine du domicile familial. Un soir de déprime loin de chez lui, il va pousser les portes du Casino… et tomber inexorablement dans les filets de la dépendance, pour mettre en péril son couple.

Au bout de cette terrible épreuve Virginie lui pardonnera-t-elle ses écarts.

« Aujourd’hui, Virginie allait rejoindre le petit village de Sorède, niché au pied des Albères. Fidèle à ses convictions, elle irait prier la vierge à Notre-Dame-du-Château. Elle monterait à pied à la chapelle depuis le bas du village, une sorte de pénitence afin de conjurer le mauvais sort, sur ce destin de malheur qui s’acharnait maintenant depuis un mois sur sa famille. »

Inspirée de faits authentiques, cette histoire vous plongera dans les abysses d’une addiction aux jeux.
Publié le : mardi 1 mars 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791031001517
Nombre de pages : 190
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Ce samedi soir, Virginie était heureuse, elle allait passer en fin une soirée avec son mari. Il faut dire que JeanSébastien, responsable commercial dans une importante société de tra vaux publics, n’était pas souvent à la maison, son travail l’acca parant toujours de plus en plus. – Tu as pris le champagne et les fleurs ? demandatelle. – Oui, j’ai tout mis dans le coffre. JeanSébastien prit la direction de CanetPlage au volant de sa Mégane, ils étaient invités à dîner chez leurs meilleurs amis Pierre et Sophie. Dans la campagne SaintAndréenne, un vent froid étirait ses gémissements au milieu des vignes, des roseaux et des chênes verts. En cours de route, le bonheur fut de courte durée car Virginie agacée par les absences répétées de son mari, les arrivées tardives justifiées par de fallacieux prétextes, avait des doutes qui germaient dans ses pensées. Tout portait à croire que son homme cachait quelque chose. Elle décida de crever l’abcès. – Il faut que je te pose une question… – Vasy ? – Pour quelle raison estu rentré aussi tard cette nuit ? – … je te l’avais dit, j’avais une réunion à l’antenne de Perpignan. – D’accord, mais je ne pense pas que cette réunion ait duré jusqu’à une ou deux heures du matin ? – Qu’estce que tu veux insinuer… si tu veux tout savoir… oui, effectivement, nous avons bu un verre après… pas de quoi en faire une tartine.
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– C’est ce que tu veux bien me faire croire. – Si tu as des doutes appelle Paul, il te le confirmera… puis ne commence pas ce soir, car je fais demitour et la soirée sera vite réglée, répondit énervé JeanSébastien. La réponse faite par son mari ne la satisfaisait guère. Connaissant son caractère impulsif, elle ne lui répondit pas, pour ne pas jeter de l’huile sur le feu, ce n’était pas le moment. Depuis des mois, JeanSébastien n’était plus comme d’ha bitude. Certes, son travail au sein de la société Gaintoly l’em menait à faire beaucoup de déplacements dans tout le sud de la France, de Bordeaux à Nice, mais bien souvent il s’arrangeait pour rentrer à la maison entre deux rendezvous. Maintenant, ce n’était plus pareil, depuis des mois Virginie avait consta té qu’il ne rentrait que le vendredi. Son comportement avait changé, il était bizarre, distant voire absent. Auparavant c’était un mari attentionné, maintenant il ne participait même plus aux tâches de la maison, s’occupait de moins en moins des enfants. Cerise sur le gâteau : il ne la touchait presque plus depuis des mois et prétextait toujours qu’il était fatigué. Un doute était né dans les pensées de Virginie, car ce matin un détail avait retenu son attention. Elle avait mis ses vêtements dans la machine à laver et avait remarqué qu’ils sentaient la fumée de cigarette. On ne fume pas dans les réunions, pensa telle. La suspicion venait de naître, elle s’installa dans l’esprit de Virginie. – JeanSébastien me trompe, c’est une évidence. Un frisson désagréable parcourut son corps, la terre glissa sous ses pieds, un malaise profond l’envahit, son cœur cha vira de douleur. Le sentiment d’être bafouée lacéra son corps tel un éclair dans le ciel, annonçant un orage dévastateur. Et pourtant elle l’aimait comme au premier jour. Une dualité de sentiments qu’elle avait du mal à refréner.
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Alors que le véhicule s’enfonçait dans la nuit noire, Virgi nie, la gorge sèche, pensa aux années de bonheur qu’elle avait vécues jusqu’à présent auprès de son mari. Une histoire com mencée vingt deux ans plus tôt, dans un bar musical à Perpi gnan, en février 1988. Elle venait tout juste d’intégrer l’école d’infirmière de la ville et lui, finissait ses études d’ingénieur à AixenProvence. Un coup de foudre réciproque avait créé cette étincelle envoûtante et irrésistible, la magie de l’amour. Virginie avait craqué pour ce garçon séduisant, grand brun, le teint mat bon chic bon genre, au regard de braise. C’était la coqueluche du club Bocaboca et toutes les filles n’avaient d’yeux que pour cet apollon. Mais Virginie grande belle brune aux cheveux longs, avait usé de ses charmes et l’avait conquis.
Un an plus tard, ils s’étaient mis ensemble et vivaient le parfait amour dans un bel appartement de Las Cobas. C’est en 1990 qu’ils unirent leurs destinées dans la petite église de SaintAndré, petit village des Albères qui avait bercé l’enfance de Virginie.
– Qu’estce que tu as encore à ruminer dans ton coin ? – Non rien… lâcha amèrement Virginie. – Mais si, je vois que quelque chose te chagrine, vasy parle ! – Je vais te le dire… cela fait un certain temps que tu as un comportement bizarre. Depuis maintenant presque onze mois, tu ne rentres plus en milieu de semaine comme tu le faisais au paravant. Actuellement, tu pars du lundi au vendredi et quand tu reviens tu es toujours fatigué et souvent désagréable. Tu n’es plus l’homme que j’avais connu… – Mais non ma chérie… tu te fais des idées, j’ai des res ponsabilités de plus en plus importantes dans la société et tu le sais… mais rien n’a changé. – On ne fait plus l’amour, ça ne te dérange pas non plus ?
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– … Certes… mais en ce moment je dois me battre tous les jours sur de gros marchés à valider, je fais beaucoup de route… quand je rentre je suis fatigué, effectivement. Je ne pense pas faire ça toute la vie, tu sais. – JeanSébastien, tu as changé… insista Virginie. – … /… Comme s’il était gêné par l’affirmation de Virginie, JeanSébastien ne répondit pas. Dans les pensées de Virginie, ce mutisme accentua encore plus l’idée que JeanSébastien la trompait. Les quelques kilomètres reliant SaintAndré à CanetPlage furent d’une longueur interminable. JeanSébastien était mal à l’aise, toutes ces questions posées d’un seul coup par sa femme ne lui plaisaient guère. Heureusement qu’ils arrivaient devant le domicile de Pierre et Sophie, rue des Amandiers dans la cité balnéaire. C’est avec un soulagement que JeanSébastien cou pa le contact de la voiture. Avant de mettre un pied à terre, Virginie se retourna vers son homme. – Fais attention à l’alcool, je t’avertis ce soir je ne conduirai pas pour rentrer. C’est chaque fois moi qui me sacrifie. Irrité, JeanSébastien claqua la porte de la Mégane pour faire comprendre à Virginie que la coupe était pleine. Lui qui voulait passer une superbe soirée avec ses amis, ça commençait mal. Ils ne mirent que quelques secondes pour traverser la rue et se présenter au domicile de leurs amis. Pierre et Sophie ré sidaient dans une superbe villa, non loin du port. En ce mois de décembre 2010, le froid s’était installé sur la région et à quelques encablures de la mer, le vent soufflait encore plus fort, au loin on entendait les vagues qui venaient s’écraser sur les digues du port. JeanSébastien sonna au portillon.
Radieuse, dans une fine robe noire au décolleté prononcé, Sophie, une grande blonde craquante aux yeux bleus, ouvrit
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la porte et s’empressa de les faire entrer, car un froid polaire persistait en ce mois de décembre. JeanSébastien ne put s’em pêcher de plonger son regard sur les formes généreuses de son amie. Tout aussi heureux de les recevoir, Pierre, petit trapu et bedonnant, vint aussi audevant d’eux. Pierre et Sophie étaient un couple mal assorti. L’accueil chaleureux des Canétois déten dit rapidement l’atmosphère. – Pourquoi n’avezvous pas emmené les enfants, demanda Sophie. – Guillaume et Charlotte sont grands maintenant à 15 ans et 13 ans, ils peuvent s’assumer et puis les parents de Virginie sont à trois cents mètres de la maison, répliqua JeanSébastien. – Les nôtres sont aussi à Perpignan chez ma mère… nous serons plus tranquilles comme ça, lâcha Sophie ponctuant ces mots d’un regard complice à l’égard de JeanSébastien. Quelques instants plus tard, installés confortablement dans le vaste salon de la demeure, devant la cheminée où gémissait une énorme bûche léchée par des flammes rougeâtres, Pierre servit le champagne. De nombreux petits fours avaient été pré parés et disposés sur la table basse. – Je posais tout à l’heure la question à Sophie, à savoir de puis combien de temps nous nous connaissions ? – C’est tout simple Pierre, nous étions déjà amies en 1988. C’est quelques mois plus tard que vous vous êtes rencontrés, lâcha Virginie. – Oui, c’est vrai. D’ailleurs après, vous avez suivi le même cursus et vous ne vous êtes jamais quittées pour être encore ensemble infirmières à la clinique SaintPierre de Perpignan. Il faut le faire. Le nectar de ce délicieux champagne avait fait évaporer les bulles d’amertume installées dans les pensées de Virginie. L’am biance décontractée proposée par leurs amis l’avait quelque peu libérée. Euphorique, elle attaqua la troisième coupe.
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