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Tué à l’ennemi
Franck Bruyère
Tué à l’ennemi
ROMAN HISTORIQUEÉditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-7111-X (livre numérique) ISBN 13 : 9782748171112 (livre numérique) ISBN : 2-7481-7110-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748171105 (livre imprimé)
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A mon cousin Marc
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DÉCOUVERTEIl est 11 heures du matin. La sonnerie retentit pour la dernière fois de l’année scolaire 2015. En ce 30 juin, les cours prennent fin à cette heure plutôt matinale. Depuis le début de la nouvelle vague de grandes chaleurs qui frappe notre région, le commissariat européen à l’éducation a décidé de fermer les écoles l’après-midi. Impossible de tenir dans des salles surchauffées lorsqu’il fait plus de 40 degrés dehors. A 11 heures, l’air est presque supportable. Il est vrai que le premier Consul de l’Union européenne vient de décider un nouveau changement d’heure d’été. Nous sommes à présent en décalage de 4 heures avec le soleil. Je rentre chez moi en vélo avec mes copines. J’ai 13 ans et je m’appelle Julie. Je finis mon année de cinquième dans la plus grande indifférence. Le monde est tellement bouleversé depuis 3 ans que la réussite scolaire importe peu. Sur la route départementale qui passe devant chez moi, il n’y a plus aucun véhicule à l’exception de ceux des forces spéciales de l’Union. La guerre qui oppose les troupes occidentales aux
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puissances pétrolifères d’Orient depuis 2012 a rendu le rationnement du pétrole obligatoire. Seules les forces militaires et les rares apparatchiks ont le droit d’utiliser les véhicules à moteur. Cette guerre que les Anglais appellent par dérision «la guerre du dindon» a débuté par la menace d’une arme chimique. Des scientifiques extrémistes du Kurdistan auraient sauvegardé puis transformé le tristement célèbre virus aviaire H5N1 qui avait effrayé le monde en 2005-2006. Avec leur humour habituel, les Anglais ont baptisé ce conflit du nom de la volaille qui servait de plat principal aux festivités de Noël avant la disparition totale des oiseaux de la planète. Je suis au milieu de la route, dans l’insouciance de ma jeunesse, avec la conviction de ne courir aucun risque sur cette route désertée depuis si longtemps que l’herbe est apparue dans les nids de poule. Soudain, un véhicule spécial des forces de l’Union déboule dans mon dos. La sirène hurlante me fait sursauter et tomber dans le bas-côté de la route. L’inquiétude me gagne. Tous les citoyens de l’Union savent ce qu’il en est lorsque la sirène stridente se met à hurler. Sans ménagement, le commissariat aux armées fait parvenir les mauvaises nouvelles de la guerre aux familles concernées. Je me relève et je regarde au loin le véhicule ralentir près de chez moi. J’enfourche ma bicyclette et à tombeau ouvert je file vers mon domicile. A peine arrivée, je vois les forces spéciales sortir de la maison. Ma mère tient un pli bleu blanc et rouge dans ses mains. Je comprends alors. Je rentre.
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