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Un amour impossible

De
221 pages
Emilie, adolescente de dix-sept ans est, depuis quelques temps dans la panade. L'homme qu'elle aime est loin d'elle et ne la comprend pas, ne comprend pas ce qu'elle ressent pour lui. Et il n'y a pas que lui qui ne la comprend pas, ses proches également. Alors, elle décide de fuir. Mais, arrivée chez son amoureux, pleins d'ennuis vont lui arriver que personne n'aurait pu imaginer un seul jour. Heureusement, elle se fera de bons amis, comme Julien ou Samy ou encore Marina, qui lui viendront en aide, mais ça ne sera pas assez...
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2Titre
Un Amour impossible

3Titre
Céline Rosa-Arsène
Un Amour impossible

Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01104-3 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304011043 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01105-0 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304011050 (livre numérique)

6Titre
.







Je voudrais dédicacer ce livre, en premier, à
tous ceux qui m’ont soutenue et qui ont été au-
près de moi, principalement en participant à la
création de ce livre. Je ne les remercierai jamais
assez.
Tous mes amis, sans qui, je ne serai stricte-
ment rien et qui m’ont beaucoup apporté :
Emilie T une excellente amie que je
n’oublierai jamais, Marina une amie loin de moi
qui m’offre beaucoup, Julien mon ami qui me
comprend (je crois) et que j’aime beaucoup,
Samy quelqu’un de super cool avec qui j’aimerai
parler plus souvent, Fleurine une amie qui est
loin de moi et qui me manque, Estelle mon
amie ; ma meilleure amie que j’aime beaucoup,
je te remercie pour ta gentillesse et qu’elle ne se
décourage pas car ça va s’arranger et puis
qu’elle profite de son amour, Lucile une très
bonne amie (je m’excuse pour l’autre livre) sur
qui je sais que je peux compter, Florent un petit
« fou » qui est super sympa, Dimitri un bon ami
qui doit arrêter ses expériences bizarres, Elie
qui travaille trop mais qui est très sympa et Au-
7Un Amour impossible

rore, une bonne amie que j’ai rencontré l’année
dernière et je regrette que ce n’ait pas été avant,
Aurélie, une jeune fille super sympa avec qui je
rigole beaucoup, je les remercie pour cette ami-
tié qu’ils m’offrent. Il y en a, bien sûr, d’autres
et je voudrais qu’ils sachent que je ne les oublie
pas.
Je voudrais également dire un Merci à ma
èreclasse de cette année : la 1 L2. Ça a été une
des meilleures années scolaires que j’ai vécue,
un merci à toutes les personnes que j’admire et
qui comptent pour moi, même si elles ne le sa-
vent pas forcément : Elise, Camille, Sylvain,
Mariana, Amandine, Candice, Charlotte, Julie,
Emma, Tristan, Jérémy, Guillaume et tous ceux
que j’aurai oublié, j’espère qu’ils m’en excuse-
ront.
Enfin, naturellement, ma famille et surtout
mon grand-père et mon arrière grand-mère qui
ont quitté ce Monde.
Enfin un grand Merci à ma maison d’édition.
Et puis, je voudrais dire à tous ceux qui arri-
vent à me comprendre, et ils se reconnaîtront
même en étant rares, que je les aime plus que
tout car c’est eux qui font battre mon coeur.
Enfin merci à tous mes petits lecteurs qui
font ma vie !!
8CHAPITRE I
LE PRINCE
– Emilie… Emilie…
– Hein ! Quoi ? Que se passe-t-il ?
Un brouhaha de rire me remit la tête en
place. Monsieur Delaroche me regardait, la co-
lère se lisant dans ses yeux.
– Emilie, que vient-on de dire à l’instant
même ? me demanda-t-il.
– Euh…
Je regardais Gaëlle, ma meilleure amie avec
un regard suppliant.
– Alors, j’écoute…
ère– La 1 guerre mondiale, risquai-je.
Monsieur Delaroche, mon professeur princi-
pal et professeur d’histoire- géographie soupira
et retourna à son bureau en ajoutant sans se re-
tourner :
– Si tu continues comme ça, Emilie, ça va
très mal se passer.
– Mais, Monsieur… Qu’est-ce que j’ai fait ?
– Arrête de discuter, se fâcha-t-il, c’est
comme ça, et méfie-toi que je n’appelle pas tes
9Un Amour impossible
parents pour mauvaise conduite et insolence en
cours.
Je me tus, c’est toujours sur moi que ça
tombe. Il faut juste que je somnole ou que je
n’écoute pas en cours pour me faire répriman-
der par mon professeur et subir les moqueries
de mes camarades. J’en ai marre ! A la fin du
cours, je me précipitai sur ma meilleure amie :
Gaëlle. Nous sommes dans la même classe de-
puis le primaire et on s’entend super bien !
– J’en ai marre ! Pourquoi, il m’engueule tou-
jours ?
Gaëlle soupira :
– Voyons, Emilie, comprends-le. Tu t’endors
en cours et tu voudrais qu’il ne remarque rien et
qu’il fasse comme si tu n’existais pas !
D’un côté, Gaëlle avait raison, mais bon,
c’est toujours moi la tête de turc !
Le soir, pour me changer les idées, je décidais
de passer par un chemin que je n’avais jamais
pris, car mon chemin habituel me lassait déjà
depuis un certain temps : ça faisait quand même
quatre ans que je prenais cette route ! Il n’y a
que les imbéciles qui ne changent pas de mode
de vie dit-on par chez moi ! !
Ce chemin était pierreux et étroit entouré
d’arbres et d’arbustes.
Mais, au bout, se dressait une voiture et de-
vant une vingtaine de jeunes.
C’est à ce moment là que je me dis :
10Le prince
– Oh, non ! Je n’aurais jamais dû passer par
là !
Mais c’était trop tard ! Ils m’avaient vue et
j’étais coincée comme un rat !
Je stressais, j’avais un nœud dans le ventre
qui m’empêchait presque de respirer. Arrivée
devant eux, je fis comme si je ne les connaissais
pas. Mais malheureusement, ça ne se passait pas
comme ça chez eux !
Un gars, il devait avoir 20 ans me prit par le
col de mon manteau et me dit (en me crachant
à la figure !) :
– Alors, comme ça on vient nous voir ?
Sa bande se mit à se plier en deux, je ne
voyais pas ce qu’il y avait de drôle, enfin, bref…
– Euh, en fait je voulais passer par là car je
n’avais jamais pris ce chemin, mais je vous en
prie, ne me faites pas de mal.
Les garçons me regardèrent avec un regard
de pitié ou de désir de vengeance je ne sais pas
trop.
C’est à ce moment là que ma vie prit un nou-
veau tournant ; je vis un jeune garçon, il devait
avoir 16-17 ans, qui était en train de lire un ma-
gazine sur le capot de leur voiture. Sur la page
de présentation (je crois que c’est comme ça
que ça s’appelle !), il y avait un homme, mais un
de ces hommes, jamais je n’avais vu un homme
aussi beau, je ne pouvais plus relever mes yeux
de ce magazine. C’était affreux, j’étais comme
11Un Amour impossible
hypnotisée ! Les garçons me regardèrent, je les
regardais, et là j’eus comme un déclic, rien
qu’en regardant la photo de mon homme
(maintenant c’est comme ça que je vais
l’appeler !). J’avais envie de les frapper. Je les
regardais encore une fois d’un regard noir. Ils
commencèrent à reculer ou à culpabiliser. Puis,
soudain, je me suis énervée, je crois, et je les ai
frappés un à un les laissant la langue pendante,
et je pris le magazine du jeune homme puis par-
tit en courant.
Arrivée chez moi, je m’enfermais dans ma
chambre et regardais le magazine pendant des
minutes, des heures peut-être, même, des siè-
cles. Jusqu’à ce que ma mère m’appelle pour al-
ler dîner. Je descendis lentement, lentement.
J’eus l’impression de mettre des années à des-
cendre l’escalier, pourtant il n’y avait qu’une di-
zaine de marches. En arrivant à la cuisine, ma
mère se précipita sur moi en mettant sa main
sur mon front.
– Que se passe-t-il ma chérie ? Tu es toute
pâle, ton front est chaud et tes yeux quasiment
fermés et rouges. Dis-moi tout, dis tout à ta
maman. Je ne t’ai jamais vue comme ça et pour-
tant ça fait 17 ans que je te fréquente !
– Maman, je…
– Oui…
Puis n’en pouvant plus, j’éclatais en sanglots.
Je ne pouvais plus m’arrêter. J’essayais pourtant.
12Le prince
Mais il fallait absolument que je le revoie. Pour-
tant, je ne connais ni son nom, ni son adresse,
ni son pays, je ne sais rien sur lui !
Et puis ma mère voudra absolument que je
lui raconte tout, je n’aurais jamais dû pleurer
devant elle. Je partis en courant de la salle à
manger, et je me réfugiais dans ma chambre.
– Vite, vite… Il faut que je prépare mes af-
faires, mes bagages. Tout ! Où est mon balu-
chon ? Ah, oui dans l’armoire !
Je cherchais dans mon armoire, je fouillais
partout mais je ne le trouvais pas !
– Où est-il ? Mais où est-il ?
– Ma sœur, je suis sûre que c’est ma sœur qui
l’a !
Ah, oui ! Je ne vous ai peut-être pas dit que
j’avais une sœur ! Elle s’appelle Maë et a 8 ans.
C’est vrai des fois, elle peut être un peu soû-
lante, mais la plupart du temps, elle est sympa.
Je suis peut-être la seule des filles qui trouve sa
sœur assez sympa, mais, bon c’est (malheureu-
sement) la vérité !
Je courais, je courais mais plus vite que per-
sonne n’aurait pu l’imaginer. Je rentrais en
trombe dans la chambre de ma sœur qui, ce
jour là était partie quelques jours chez une amie
mais elle revenait le lendemain car il y avait sa
cousine préférée à la maison. Ca faisait plusieurs
jours qu’elle n’avait que des bonnes ou plutôt
des très bonnes notes (style 17-18-19, voire des
13Un Amour impossible
fois des 20), donc ma mère pour la récompen-
ser l’a envoyée (pour son plus grand plaisir)
chez une amie, et moi comme par le plus pur
des hasards, je n’ais que des 10-11-12, mais ça
n’allait jamais ou très rarement au-dessus de 15,
d’ailleurs, ma mère en était folle !
Elle me disait :
– Emilie, tu n’auras plus de portable ou alors
Emilie, tu n’iras plus chez Gaëlle ou chez
d’autres ami (e) s, d’ailleurs !
– Mais, elle n’a jamais mis son plan à exécu-
tion ! ! !
Enfin, bref…
Je fouillais partout dans la chambre de ma
sœur, jusqu’à la mettre sans dessus dessous. Elle
va me tuer en rentrant. Je m’en fiche car, je ne
serais plus là !
– Bon, revenons à nos moutons !
Après avoir retrouvé mon baluchon. Je le
remplis de tout et n’importe quoi. D’ailleurs, à
la fin, il ressemblait plus à une grosse baleine
qu’a un pauvre petit foulard enroulé autour
d’un bâton !
Le problème, que je n’avais pas encore réso-
lu, était que je me trouvais au plus haut étage de
ma maison. Donc, il y avait, environ deux ou
deux mètres cinquante entre mon étage et le
plancher des vaches, comme dirait mon grand-
père qui est fermier depuis sa plus tendre jeu-
nesse ! Si, je descendais ma mère allait me voir
14Le prince
et, il ne faut pas trop rêver pour qu’elle me
laisse fuguer !
– Bon, nous allons régler ce problème plus
tard ! Les autres problèmes qui figuraient en se-
conde place sur ma liste étaient :
– Comment s’appelait mon chéri ?
– Où habitait-il ?
– Aurais-je assez d’argent pour aller là où il
habite ? (Question très intéressante) !
– Voudra-t-il m’accepter telle que je suis
dans sa vie ? (Question aussi très intéressante) !
Et donc ma question que je me posais, il y a
quelques minutes :
Comment vais-je faire pour sortir de ma
chambre ?
Bon, maintenant, celui qui se sent prêt pour
répondre à ces questions, je le félicite !
La question 1 est très facile à répondre, il n’y
a qu’à regarder à l’intérieur du magazine.
– Regardons, regardons… Donc, page 14.
OK, allons-y
Si, vous m’aviez vue à ce moment-là, je crois
que vous auriez éclaté de rire ! Je tremblais,
mais, je tremblais comme ma sœur avant d’aller
chez le médecin pour se faire faire une piqûre !
Tout d’un coup, sans aucune aide, « mon »
magazine se mit à la page voulue sans que je ne
lui aie rien demandé ! J’en eu presque peur !
Je regardais la page du magazine, mon cœur
faisant encore des siennes !
15Un Amour impossible
Car, je ne vous l’aie pas encore dit, mais j’ai
de graves problèmes de cœur.
Mon cœur, au moins une fois par jour se met
à battre à la vitesse d’un TGV à son maximum !
Je peux vous dire que ça fait vachement mal.
On dirait une personne qui vous frappe à
l’intérieur de votre poitrine, et comme moi j’en
ai pas mal, vous voyez ce que je veux dire !
Enfin, bref…
En haut de la page, se dressait en hautes let-
tres ceci :
LE CHANTEUR
MONCEF JEOIRHG CHERCHE SA DULCINÉE
Moncef Jeoirhg cherche sa dulcinée.
Le jeune chanteur qui vient de fêter ses 17 ans, il y a
encore quelques jours cherche son âme sœur !
Avis aux jeunes femmes célibataires !

Les parents de Moncef en ont marre que leur
fils ne fasse rien de ses journées, mis à part
jouer aux jeux vidéo ou traîner avec ses co-
pains :
– Une relation sérieuse engagera mon fils à
prendre plus de responsabilités. En cours, il ne
fait rien, c’est tout juste s’il a la moyenne ! Nous
en avons marre, ma femme et moi, de ce bon à
rien ! Alors, si une jeune fille nous entend
16Le prince
qu’elle vienne passer à la maison nous voir pour
qu’elle passe quelques épreuves. dit son père à
la presse.
Après ce discours de son père, se dressait
l’adresse de mon futur chéri.
– C’est cool, c’est vachement cool !
L’occasion se présentait pour moi, rien que
pour moi, ça allait être moi, sa fiancée ! Je le
jure sur ma tête !
Pour le moment, les questions 1 et 2 étaient
résolues.
Passons aux autres questions :
L’argent ! Comment allais-je trouver assez
d’argent, pour acheter ;
Un billet d’avion (car mon chéri habite dans
un petit pays) et c’est quand même à plus de
huit heures, à vol d’oiseau, de la France !
De la nourriture, car je pense que j’aurais va-
chement faim, me connaissant… (avec six heu-
res de décalage !)
Mais, quand, je pense à tout ça, je me dis :
– Comment vais-je faire pour avoir ces cho-
ses, vitales, pour moi ?
Voyager en clandestin ?
Voler dans les magasins ?
Tout ça sans me faire choper ! C’est quasi-
ment impossible, mais bon. Il faut que je le
fasse, encore une fois c’est vital pour moi !
17Un Amour impossible
Donc, ce que je pense c’est que je vais faire
mes deux propositions citées plus haut, même
si ce n’est pas très autorisé par la loi !
Je ne réussis pas à fermer l’œil de la nuit, tel-
lement, je stressais. Je vous jure que le lende-
main, j’étais en sueur, comme je vous le dis. Ma
chemise de nuit était trempée. D’ailleurs, ma
mère parut étonnée de me voir lever aussi tôt (il
était environ, euh, 7 h 30 !) Ce fut une surprise,
car, moi je me lève tous les week-ends à 10 h ou
10 h 30, voire même des fois 11 h, mais ce n’est
pas souvent, j’avoue !
Ma mère se précipita vers moi :
– Ma chérie, que se passe-t-il ? Tu es ma-
lade ? Tu t’es fais embêter au lycée ? Tu…
– Ca va très bien, maman, je n’avais plus en-
vie de dormir, c’est tout ! Pourquoi, tu es éton-
née comme ça ?
– Pour rien, pour rien. Bon, qu’est-ce que tu
veux au petit déjeuner ? Des céréales ? Du cho-
colat chaud ? Des toasts ?
– Changeons de sujet, bien sûr !
– Je ne veux rien, je n’ai pas très faim, à vrai
dire.
– Si vous auriez vu sa tête à ce moment là,
vous auriez cru qu’il y avait un mort à la mai-
son !
– Chérie, tu veux que je décommande pour
les invités de ce midi et de ce soir ? Tu veux
peut-être que j’appelle un médecin ?
18Le prince
Elle commença à sortir précipitamment de la
cuisine pour se diriger vers le téléphone.
– Non, non ça va, je te dis maman !
– Bon, très bien, elle reposa brusquement le
combiné. Surtout, dis-moi si quelque chose ne
va pas. Si tu veux, tu peux aller te coucher en-
core un petit peu.
– Oui, je crois que c’est ce que je veux faire,
répondis-je, contente d’avoir trouver un moyen
de me débarrasser de ma mère.
Et je partis, le cœur un peu plus léger.
Arrivée dans ma chambre, je ne sais pas ce
qui m’arriva, mais j’eus un petit instant de re-
grets ou de remords, je ne sais pas très bien ex-
primer mes sentiments ! Je me demandais, si
c’était bien que j’abandonne ma mère à vrai
dire, et ma famille. Elle va déjà pas très très bien
ces temps-ci, la déprime lui monte au nez.
A vrai dire, je ne sais même pas si je compte
beaucoup pour elle. Bon, je sais que vous vous
dites que vu comment ma mère me parle, elle
m’aime beaucoup, mais franchement, vous ne
trouvez pas qu’au bout d’un moment ça soûle
un peu ?
Ah ! Je crois que je ne vous ai pas encore
parlé de mon père, pour moi il est encore là et
au fond de mon cœur, mais ce n’est pas si en-
foui que ça ! C’est une bien triste histoire.
Je vais vous la raconter (un conseil, sortez
vos mouchoirs !), pas ceux en tissus de votre
19Un Amour impossible
grand-mère, si possible, c’est pas véritablement
le moment.
Cela s’est passé, il y a maintenant sept ans. A
ce moment là, comme vous pouvez le calculer,
je n’avais que dix ans et ma sœur, encore pire,
un an ! L’âge où les frères et sœurs, (surtout !),
soûlent ! Mon père était parti en voyage
d’affaire à New York (il était journaliste re-
nommé). Il avait été appelé pour photographier
des personnes célèbres car elles venaient
d’enregistrer un nouveau disque. Enfin, bref…
Je ne veux pas faire de pub !
Il dormait dans un hôtel quatre ou cinq étoi-
les, au moins, payé par son entreprise. Le matin,
il se levait à cinq ou six heures, car il commen-
çait tous les jours à sept heures. Quand soudain,
vers, je crois entre neuf heures et demi dix heu-
res, un énorme bruit sourd détona. Mon père
affolé, appela ma mère quelques instants plus
tard, pour savoir si elle regardait les informa-
tions et si elle avait entendu parler de cette ex-
plosion car la radio et la télévision ne mar-
chaient plus. Je résume beaucoup car je n’aime
pas en parler, désolée.
Donc, c’était environ un quart d’heure après
la première explosion, car il y en avait eu plu-
sieurs, je crois quatre. Ma mère ne savait pas et
alluma en vitesse la télévision. Non ! Pour
l’instant, il n’y a rien à la télévision, dit-elle peu
à peu affolée, elle aussi. Je pense que
20Le prince
l’information n’était pas encore arrivée. Mon
père raccrocha le téléphone même s’il savait que
ce n’était pas lui qui payait ses consommations,
mais son entreprise. Plusieurs minutes plus tard,
une seconde explosion retentit. Mon père dou-
blement affolé se mit à courir partout, nous ra-
conta un de ses collègues avec lequel on a tou-
jours des contacts ! Quand soudain son porta-
ble se remit à sonner, il le prit violemment et
avec une voix anxieuse et paniquée.
– Quoi ? Quoi ? Que se passe-t-il, vous ne
pouvez pas me rappeler plus tard, j’ai
d’énormes problèmes.
– Oui, je sais mon chéri. C’est Thérèse, ta
femme. Je viens de voir les informations à la
télé et, oui, c’est vrai il y a 2 avions qui se sont
lâchement écrasés sur les 2 tours : Le World
Trade Center.
– Oh, non ! Ce n’est pas possible, je suis
dans un véritable cauchemar. Et, c’est un atten-
tat ou pas ?
– Nous ne savons pas, mais il y a de fortes
chances. Mais en tout cas, sache que je t’aime,
mon chéri, surtout prends soin de toi.
– Moi aussi, je t’aime, prends soin de toi et
occupe-toi bien des enfants et dis-leur qu’ils me
manquent beaucoup et que je les aime. Bisous.
– Chéri, tu parles comme si tu allais mourir.
Ne t’inquiètes pas si tu as confiance en toi tu ne
mourras pas.
21Un Amour impossible
Je sais que je fais comme dans les séries télé
que regardent mes grands parents, mais bon la
conversation téléphonique tenait à peu près ces
propos, d’après ce que m’en a dit ma mère.
Mais, malheureusement, celle ci n’avait pas
compris la gravité du problème, d’ailleurs main-
tenant mes grands-parents paternels disent que
c’est la faute de ma mère ! Alors, où en est-on ?
Que doit-on croire et ne pas croire ?
Donc, mon père choqué raccrocha. Je com-
pris plus tard qu’il avait peur.
A ce moment là mon père était près du pen-
tagone.
Quand soudain, une troisième implosion se
déclencha près du pentagone, justement.
Excusez-moi, mais je ne peux retenir mes
larmes. Mon père, gravement touché fut em-
mené quelques heures plus tard à l’hôpital.
Malheureusement, il était trop tard, il avait per-
du trop de sang. Nous avons su un mois plus
tard, après la dépouille des corps pour notre
plus grand désespoir que… que… que je
n’arrive pas à le dire, que mon père était décédé.
C’était affreux. Quand ma mère nous l’a dit,
j’étais assez grande pour comprendre que je ne
verrais plus jamais mon père. Maë, encore trop
petite, elle ne parlait même pas, elle ne compre-
nait pas que mon père ne reviendrait plus. Elle
l’avait vu si rarement…
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