Un ange en enfer

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Dans ce livre il y a deux parties. Dans la première, Thomas, vingt ans à peine, nous raconte son joli paradis. Sa nouvelle vie à Paris avec Éva, son amour. C’est un artiste, Tom, et il transforme leur vie à deux en rêve. Optimiste comme personne, il chante "T’en fais pas mon amour, tout ira bien, je serai là tous les jours, viens, prends ma main!" Tout est tellement facile pour lui, il fait ce qu’il a toujours voulu: de la musique avec Rony et Thibault, ses amis… Quel bonheur quand les projets pleuvent et se confondent avec l’amitié, une amitié profonde. Chaque petit problème trouve vite sa solution, chaque petite dispute est l’excuse parfaite pour une belle réconciliation, tout est bleu, tout sent bon… Il n’est pas riche, Thomas, mais il se sent Prince, Roi, Empereur! Est-ce bien normal? A-t-on le droit d’être si heureux? Il n’aura pas le temps de se poser cette question. Brutalement, la réalité le rattrape: la vie, Thomas, c’est pas pour toujours, c’est pas que de l’amour. Et quelle enfance peut survivre à ça? «La vie court si vite, pas de place pour les larmes ou les jolis souvenirs... Alors pour faire mes deuils, j'écris. Lorsque les gens se reconnaissent dans mes personnages, j'ai l'impression de me réconcilier avec le présent. L'écriture est d'abord mon refuge, puis mon remède.« Delphine Bouquet, novembre 2011.
Publié le : jeudi 16 février 2012
Lecture(s) : 64
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748377538
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748377538
Nombre de pages : 406
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Du même auteur
Éva, Graine dArtiste, 2011
Delphine Bouquet
UN ANGE EN ENFER
par Thomas Duncan
Mon Petit Éditeur
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http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0117136.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
À Mario S. et Ramon B.
1. Éva et moi En premier, le matin, je sens mon cur battre. Doucement, avant que je nouvre les yeux, leboum-boumse transforme. Sou-vent différent, toujours doux. Suivant la lumière, les couleurs, les autres bruits qui viennent se mêler à cette basse, je brode une mélodie. La musique, cest ma vie. Je mappelle Thomas, et dans ma vie, il y a aussi Éva. Éva, elle est partout. Dans ma tête, dans mon ventre, dans mes chansons, partout. Elle était aussi dans mon rêve. Je reprends doucement cons-cience, jouvre les yeux et elle est là, endormie sous mon bras. Je repousse une mèche de ses cheveux qui me cache son visage. Mes yeux glissent de ses paupières tranquilles à la pente droite de son nez, sa bouche, le fossé de sa clavicule, puis les deux belles dunes de sa poitrine, juste faites pour mes mains Je vais sûrement la réveiller, mais tant pis, cest trop tentant. Je pose ma main sur lune delles, jembrasse doucement le som-met de lautre. Pendant des mois, plus dun an même, jai rêvé dinstants comme celui-là. Plus dun an à la désirer comme un dingue au lycée, à la voir sans pouvoir la toucher, la frôler sans pouvoir la serrer, lui parler sans pouvoir lembrasser. Elle avait un jules, et moi, je nétais jamais vraiment tombé amoureux. Je voulais faire les choses bien, dans lordre, nous donner toutes les chances de construire une belle histoire. Ma grande histoire damour, la
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seule, celle qui durera toute la vie. Je pensais à elle tout le temps, complètement aliéné. Tout ce que jécrivais parlait delle. Je lui ai tout avoué pour la fête de la musique, comme si ça pouvait me porter chance. À sa façon dêtre tétanisée sans pou-voir me repousser, jai compris quelle aussi maimait, mais sans le savoir. Alors jai attendu quelle réalise et quelle largue son jules. Jétais à bout quand elle a enfin craqué. Lembrasser après tout ce temps, cétait comme trouver de leau au milieu du dé-sert. Puis jai enfin pu goûter sa peau, découvrir son goût sucré, son odeur enivrante comme celle du lilas. Jai senti ses mains aussi douces quimpatientes, son visage caché dans mon cou, ses morsures et sa voix qui me supplie souvent dans de longs soupirs. Jadore lentendre, alors je la fais languir comme elle ma fait languir avant, je lui demande de supplier encore jen suis dingue, complètement barjot ! Elle sétire, me sourit, les paupières encore fermées. Je lui fredonne doucement lébauche dune future chanson : Si tu savais comme jen tremble, Quand nos voix soupirent ensemble, Ce si mélodieux mélange Sur nos deux curs qui battent ensemble. Elle semble se réveiller dun seul coup, ses mains saccrochent à mon cou, ses lèvres dévorent ma chanson. Elle dit toujours quelle nest pas matinale. Si elle savait pourtant ce quelle est capable de déclencher dès son réveil ! Elle se lève, ramasse sur la table de nuit la longue chaîne et la clé de sol en argent que je lui ai offertes pour ses dix-huit ans. Puis elle sobserve dun il critique dans le miroir de larmoire. Comment peut-elle faire cette grimace sceptique en se regar-dant ? Pourquoi ne voit-elle pas à quel point elle est belle ? Ses longues jambes fines, sa taille dont je peux presque faire le tour
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avec mes mains, lépais rideau de cheveux noirs qui couvre ses épaules Jattrape son poignet pour la ramener sur moi. Elle se laisse embrasser puis proteste : « On a un train à prendre, mon ange. » Jembrasse le creux de sa main, croque lintérieur de son poi-gnet. Je la sens prête à protester encore, à séchapper, je passe une main derrière son cou pour la retenir, lui mords la bouche.  Tom, moi aussi jen meurs denvie, mais on va rater le train parvient-elle à articuler. Daprès le radioréveil, elle a raison, il nous reste juste le temps de nous habiller et davaler un café.  Ok, mais tu ne perds rien pour attendre !  Même pas peur ! répond-elle en riant. Pendant quelle va dans la salle de bain, jenfile un caleçon et un t-shirt et descends préparer le café. Ma mère, Rose, est de-vant son piano et joue un vieux truc bien classique comme elle les aime. Je vais lui faire une bise.  Dépêche-toi ou tu vas rater le train ! me fait-elle remar-quer.  Cest ce que je fais. Pendant que le café coule, je vais prendre une douche dans la petite salle de bain du rez-de-chaussée. Aller me doucher avec Éva ne nous aiderait pas à nous dépêcher Quand je remonte dans la chambre, elle est en jean et en débardeur et elle fouille dans mon armoire.  Quest-ce que tu cherches ?  Tu me prêtes un pull ? Jattrape un pull tout doux. Elle le prend, y cache son visage pour le sentir et dépose un baiser sur ma paupière. Jadore ses petits gestes tendres, très féminins, ce bisou léger, comme ça, juste pour dire merci, ou bonjour, ou « je reviens », ou « tiens, te voilà, toi ».
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Elle met le pull pendant que je sors mon plus vieux jean, ce-lui qui est fendu au genou, et un t-shirt à manches longues vert foncé délavé. Mettre de vieilles fringues confortables pour commencer une nouvelle vie, cest rétablir léquilibre, cest rassurant. Dailleurs, si Éva a besoin de mon pull, cest pour mon odeur, pour se sentir aimée et protégée. Elle flippe parce quaujourdhui, nous partons à Paris. À partir de ce soir, nous commençons officiel-lement notre vie à deux et dans trois jours, elle commence ses cours de théâtre dans une école privée. À partir daujourdhui, sa vie change radicalement. Elle nest plus la petite lycéenne provinciale quelle était, elle nest plus seulement petite-fille dagriculteur, elle ne vivra plus dans une ferme, mais à la ville, la grande ville, et elle va commencer sa vie dartiste, avec moi, musicien. Elle espère que ça ne se voie pas, mais je sais quelle est inquiète.  Eh, Éva !  Quoi ? demande-t-elle en levant les yeux de sa chaussure quelle est en train de lacer.  Je taime comme un fou.  Merci Tom, je sais, moi aussi je taime. Voilà, elle sait que je sais quelle flippe. Elle sait aussi que je vais tout faire pour la rendre heureuse dans cette drôle de galère où je lembarque. Pour elle, les cours de théâtre, la vie à Paris, cest un rêve mais aussi une galère. Elle est attachée aux valeurs rassurantes de la campagne avec lesquelles elle a grandi, ces valeurs fondées sur le travail, la terre, le courage. Elle se dit que même si elle bosse dur dans sa nouvelle vie, il lui faudra forcément une part de chance pour réussir, et la chance, cest trop abstrait, in-contrôlable. Il ma fallu revenir à la charge plusieurs fois pour la convaincre de faire une école darts dramatiques après son bac. Heureusement, sa mère lencourageait aussi. Je suis conscient que si elle a osé, cest pour moi, et parce que mon père, profes-
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