Un cadeau très spécial

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Quand, par une nuit d’hiver, la caresse des flocons éveille un tourbillon d’émotions nouvelles et de sensations intenses…
C’est un rêve inattendu qui attend Mac Taylor cet hiver, alors que ses jumeaux Jack et Zeke se sont mis en tête de commander au père Noël une nouvelle maman…
Nora Roberts vous invite avec ce roman au cœur d’un hiver romantique et scintillant, où rêves d’amour et désir passionné se mêlent à la douceur feutrée de la neige.
 
A propos de l’auteur :
Nora Roberts est l’un des auteurs les plus lus dans le monde, avec plus de 400 millions de livres vendus dans 34 pays. Elle a su comme nulle autre apporter au roman féminin une dimension nouvelle ; elle fascine par ses multiples facettes et s’appuie sur une extraordinaire vivacité d’écriture pour captiver ses lecteurs. 
Publié le : lundi 17 août 2015
Lecture(s) : 12
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280349475
Nombre de pages : 288
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Prologue

Zeke et Zack étaient tapis dans leur cachette perchée dans un arbre. C’est là, dans la solide cabane dissimulée par les branches d’un vénérable sycomore que se réglaient les affaires importantes : c’était l’endroit idéal pour conspirer, élaborer toutes sortes de plans ou discuter des diverses punitions pour infraction aux règlements.

Aujourd’hui, une pluie fine jouait des claquettes sur le toit de tôle et mouillait le feuillage vert sombre de l’arbre. La douceur régnait encore en ce début du mois de septembre et les deux garçons étaient en T-shirt. Rouge pour Zeke, bleu pour Zack.

Ils étaient jumeaux et se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Leur père se servait de ce code de couleur depuis leur naissance afin d’éviter qu’on les confonde.

Quand, par espièglerie, ils échangeaient leurs couleurs — autrement dit fréquemment —, les habitants de Taylor’s Grove s’y trompaient tous. Tous, sauf leur père.

C’est d’ailleurs lui qui, en ce moment, était au centre de leurs préoccupations. Ils avaient déjà discuté à n’en plus finir des joies et des peurs que leur réserverait leur premier jour à la grande école : ils étaient sur le point d’entrer au CP.

Ils prendraient le bus comme l’année précédente, quand ils allaient encore à la maternelle. Mais dorénavant, ils passeraient la journée entière à la Taylor’s Grove Elementary, comme les grands. D’ailleurs, leur cousine Kim les avait prévenus : à la grande école, fini de jouer, les choses sérieuses allaient commencer.

Cet avertissement avait causé beaucoup de souci à Zack, le plus introverti des deux frères, qui avait passé des semaines à réfléchir au problème en l’analysant sous tous ses angles. Il y avait par exemple ces expressions décourageantes que lançait Kim à la cantonade : « devoirs » mais aussi « participation en classe »… Les jumeaux n’ignoraient pas que leur cousine, élève de première au lycée, croulait sous le poids des livres. De lourds volumes rébarbatifs et sans images.

Sans parler des soirs où elle leur servait de baby-sitter. Kim passait alors des heures absorbée dans ses manuels scolaires, sans lever la tête. Un peu comme lorsqu’elle restait pendue au téléphone avec ses copines, c’est pour dire…

Tout ceci était loin de rassurer Zack, perpétuel angoissé.

Certes, leur père allait les aider ; Zeke, grand optimiste devant l’éternel, n’avait pas manqué de le lui faire remarquer. Ne savaient-ils pas déjà lire des petits livres, comme Green Eggs and Ham ou The Cat in the Hat, grâce à leur père qui les aidait à reconnaître les mots et leur sonorité ? Et puis, ils savaient tous deux écrire toutes les lettres de l’alphabet, leurs prénoms, ainsi que des mots courts que leur père leur avait enseignés.

Le problème, c’est que ce dernier avait son travail et que, de surcroît, il devait s’occuper de la maison et du Commandant Zark, le grand chien qu’ils avaient sauvé du refuge deux ans auparavant, en le prenant chez eux. Bref, comme Zack l’avait souligné, leur père avait des tonnes de choses à faire. Et maintenant qu’ils allaient devoir aller à l’école, avec tout ce que cela impliquait de devoirs à rendre, d’exposés et de véritables bulletins scolaires, leur père allait avoir besoin d’aide pour arriver à tout assumer.

— Mme Hollis vient une fois par semaine, elle se charge de plein de trucs dans la maison.

Zeke fit emprunter à sa Corvette miniature une piste de course imaginaire sur le plancher de la cabane.

— Ce n’est pas assez.

Zack fronça les sourcils et son regard d’un bleu limpide se voila d’inquiétude. Il exhala un profond soupir empreint de résignation, qui fit voler la mèche de cheveux sombres qui retombait sur son front.

— Papa a besoin de la compagnie d’une gentille petite femme, et nous, de l’amour d’une mère. C’est Mme Hollis qui l’a dit à M. Perkins, au bureau de poste.

— Il va chez tante Mira, des fois. C’est une gentille petite femme…

— Mais elle ne vit pas chez nous. Et puis elle n’a pas le temps de nous aider à faire nos exposés de sciences.

Les exposés de sciences étaient la hantise de Zack.

— Il faut qu’on se trouve une maman.

Zeke se contenta d’émettre un grognement dubitatif mais Zack porta le coup de grâce en plissant les yeux :

— Au CP, on va avoir des dictées…

Zeke se mordit la lèvre inférieure. L’orthographe était sa bête noire.

— Comment on va faire pour trouver une maman ?

Zack eut alors un sourire. Sous ses dehors calmes et posés, il avait déjà tout manigancé dans sa tête.

— Nous allons la commander au Père Noël.

— Mais le Père Noël n’apporte pas de mamans ! objecta Zeke avec l’incommensurable mépris que l’on éprouve parfois envers ses frères et sœurs. Et de toute façon, Noël, c’est dans très longtemps !

— Non, ce n’est pas vrai. Mme Hollis s’est vantée devant M. Perkins d’avoir déjà fait la moitié de ses courses de Noël. Elle dit que prévoir les choses longtemps à l’avance permet de bien profiter de ses vacances.

— Tout le monde s’éclate à Noël. C’est vraiment des supervacances.

— Mouais… Il y a quand même des tas de gens que ça rend dingues. Tu te souviens quand on est allés au centre commercial avec tante Mira, l’an dernier ? Elle n’a pas arrêté de râler : il y avait trop de monde, tout était trop cher, on ne pouvait pas se garer…

Zeke haussa les épaules d’un air vague. Le passé ne l’inspirait guère ou, en tout cas, il s’y référait moins que son jumeau. Mais il faisait confiance à la mémoire de Zack.

— Oui, peut-être.

— Donc, si nous la lui demandons dès maintenant, Papa Noël aura tout le temps de trouver la maman qu’il nous faut.

— Et moi, je te dis que le Père Noël n’apporte pas de mamans.

— Pourquoi pas ? Si nous en avons vraiment besoin et que nous ne demandons pas trop de cadeaux à côté ?

— On avait dit qu’on commanderait des vélos, lui rappela Zeke.

— On peut toujours les lui demander, décida Zack. Mais c’est tout, après on laisse tomber tout le reste. Rien qu’une maman et des vélos.

Ce fut au tour de Zack de pousser un profond soupir. L’idée de renoncer à son interminable liste de jouets ne l’enchantait guère. Mais la perspective d’avoir une maman avait éveillé son intérêt. Ils n’avaient jamais eu de mère, et l’éventualité de ce mystère l’attirait.

— Bon, quel genre de maman tu veux qu’on commande ?

— Il faut qu’on l’écrive.

Zack s’empara du carnet et du bout de crayon à papier posés sur la table, contre le mur de la cabane. Ils s’assirent par terre et commencèrent à rédiger leur lettre en se chamaillant.

« Cher Papa Noël,

» Nous avons été sages. »

Zeke voulut rectifier par « très sages » mais Zack, la voix de la conscience, rejeta cette proposition.

« Nous avons donné à mangé à Zark et nous avons aidé papa. Nous voulons une maman pour Noël. Une qui soit jentille et pas méchante. Ce serai bien si elle sourié beaucou et si elle avait des cheuveux jaune. Il faudré qu’elle aime les petits garçons et les gros chiens. Et qu’elle ais rien contre la boue et qu’elle sache faire des gateau. Nous voulons une maman jolie et aussi intéligente pour nous aidé dans nos devoirs. Nous nous ocuperons bien d’elle. Nous voulons aussi des vélos : un bleu et un rouge. Tu as plein de temps devan toi pour trouver cet maman et fabriqué les vélos, alors comme ça tu peux proffiter de tes vacances. Merci. Bisous. Zeke et Zack. »

1

Taylor’s Grove, deux mille trois cent quarante habitants. Non, quarante et un, rectifia Nell d’un air suffisant en arpentant l’auditorium du lycée. Deux mois seulement après son arrivée dans la petite ville, elle s’y sentait déjà comme chez elle. Elle en appréciait le rythme lent, les jardins tirés au cordeau et les petites boutiques. Elle aimait papoter avec les voisins et craquait pour les fauteuils à bascule installés sur les vérandas et les trottoirs fissurés par le gel.

Il y a seulement un an, si quelqu’un lui avait prédit qu’elle troquerait gaiement Manhattan contre un bled perdu dans l’ouest du Maryland, elle aurait éclaté de rire. Et pourtant ! Elle occupait désormais le poste de professeur de musique au lycée de Taylor’s Grove, et s’y sentait aussi confortablement installée qu’un chien couché devant un bon feu de cheminée.

Certes, le changement s’était avéré nécessaire. L’année précédente, suite au mariage de sa colocataire, elle s’était retrouvée le bec dans l’eau, face à un loyer exorbitant qu’elle était absolument incapable d’assumer seule. Sa nouvelle colocataire, qu’elle avait pourtant choisie elle-même après l’avoir soumise à un interrogatoire minutieux, avait également rapidement déserté l’appartement. En emportant tous les objets de valeur qu’il contenait. Cette fâcheuse aventure avait entraîné une ultime explication tout aussi déplaisante avec Bob, l’homme avec lequel elle était sur le point de se fiancer. Lorsque celui-ci s’était mis à la réprimander en lui reprochant pêle-mêle sa naïveté, sa sottise et son insouciance, Nell en avait conclu qu’il était temps d’arrêter les frais.

A peine avait-elle flanqué Bob à la porte qu’elle recevait les papiers lui annonçant son propre licenciement. Le lycée où elle enseignait depuis trois ans avait entamé un processus de restructuration, pour reprendre la formule consacrée. Un bel euphémisme ! Dans les faits, le poste de professeur de musique était passé à la trappe, et Nell avec.

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