Un chien à la mer

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Le chien des villes, un Yorkshire très poli et bien élevé va rencontrer sur la plage une compagne extraordinaire : une chienne ratier qui va l'initier à la pêche et le sauver de la noyade. Un vrai roman d'amitié et une leçon de nature fort bien documentée.

Publié le : mercredi 20 avril 1994
Lecture(s) : 224
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246459798
Nombre de pages : 24
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Pas vu, pas pris ! Un yorkshire enrubanné saute d'une voiture qui vient de s'arrêter derrière la dune. Il s'appelle Frisbee. Ses maîtres l'attendront, car il ne va pas perdre cette belle occasion de liberté.
Frisbee se lance en jappant à la poursuite d'une bande de mouettes qui s'envolent et se posent un peu plus loin sur le sable. Elles lui échappent une seconde fois. Puis une troisième. Alors, vexé, le petit chien renonce à les attraper. Il fait semblant de ne plus les voir et décide d'explorer les rochers peu à peu découverts par la marée descendante.
Quelle drôle de bête ! pas de collier, poil ras, cette chienne ratière n'est pas très distinguée. D'où sort-elle ? Frisbee ne fréquente pas ce genre d'individu. L'inconnue aboie, elle danse, elle a l'air de bien s'amuser.
On devient vite amis en liberté ! Les deux chiens roulent sur le sable mouillé. Ils se mordillent, se cajolent. Frisbee ne se soucie pas du tout du ravissant ruban bleu qui retenait sa houppette.
Un monde merveilleux s'offre à Frisbee. Il découvre dans une mare un os de seiche que son amie ramène au sec du bout des pattes. Frisbee abandonne vite le squelette à l'odeur de sel. Les deux compères courent à la poursuite des vagues. Frisbee s'immobilise devant un crabe vert qui se dandine, menaçant, pinces levées. La ratière donne quelques coups de pattes à l'étrange animal. Le crabe fait trois petits pas cliquetants vers la gauche, puis trois autres vers la droite.
Frisbee, de plus en plus téméraire, tente de mordiller le danseur vert. Il se fait pincer l'oreille droite. Il secoue en vain la tête pour se dégager.
Il couine de douleur. La ratière mord à pleines dents le crabe qui lâche enfin prise. Frisbee regarde le pinceur s'enfoncer lentement dans le sable mou.
La chienne sans collier entraîne son compagnon vers un rocher piqueté de bigorneaux ronds et de berniques en forme de chapeaux tonkinois. Frisbee renifle une étoile de mer orangée. Il retourne d'un coup de patte une coquille d'ormeau. Un nuage d'équilles argentées luit au fond d'une mare. Le chien s'en approche. Effacé par un rayon de soleil, le banc de poissons disparaît dans le sable. Intrigué, Frisbee se risque dans l'eau. Ses pattes glissent sur une sole. Le poisson plat file se cacher plus loin en traçant un sillon dans le sable.
Sortant de sous une pierre, deux grosses pinces bleues menacent Frisbee. Elles appartiennent à une étrille à pattes laineuses. La chienne des grèves a vu le danger. Afin de protéger son nouvel ami, elle se place entre le crabe et lui.
Frisbee est un peu moins effrayé puisque la chienne n'a pas peur. Il penche la tête pour mieux voir l'étrille nager de biais en agitant ses pattes plates comme des hélices.
Puis il découvre le vert tendre d'une anémone étalée au soleil, belle comme une fleur. Il veut la renifler. L'anémone, en une seconde, rétracte ses dizaines de tentacules irisés. La magie disparaît. Frisbee n'a plus devant sa truffe qu'une petite boule brune sans intérêt et qui ne sent même pas bon.
Sous les algues, une seiche remue avec lenteur ses tentacules. Frisbee s'en approche et se retrouve aspergé d'encre noire. La seiche disparaît derrière le nuage qu'elle a craché pour se protéger.
Frisbee, penaud, tout dégoulinant de noir, rejoint sa compagne qui le rassure de quelques coups de museau et l'entraîne vers la mer.
Frisbee, penaud, tout dégoulinant de noir, rejoint sa compagne qui le rassure de quelques coups de museau et l'entraîne vers la mer.
Les deux chiens traversent à la course un filet d'eau en soulevant des gerbes de gouttelettes. Ils dérangent un nuage de crevettes. Un poisson leur fait admirer en s'enfuyant l'arc-en-ciel de ses écailles jaunes, brunes, vertes, rouges et bleues. Frisbee ramasse dans sa gueule un escargot de mer. Il sursaute lorsque les pinces rouges du bernard-l'ermite qui habite le coquillage lui chatouillent la truffe. Plus loin, un poisson porte-plume ressemble à un bout de bois. Frisbee l'attrape sans peine et joue avec lui dans quelques centimètres d'eau. Lorsque le chien se lasse, le poisson effilé, que les savants appellent syngnathe, s'enfuit en ondulant vers l'abri d'un bouquet d'algues.
Frisbee court pour rattraper son amie. Il s'arrête net devant un couteau jailli du sable. Il n'a pas le temps de le sentir. Un goéland aux ailes noires et au corps bien blanc passe en froufroutant au-dessus de lui et s'empare du long coquillage.
A peine remis de son émotion, Frisbee, toujours couvert d'encre de seiche, ne voit plus la chienne des grèves. Il hésite quelques instants à revenir vers la plage. Il n'a pas vu le temps passer et, maintenant, la mer remonte. Frisbee joue avec un sac d'œufs de buccin lorsque les vagues l'atteignent. Insouciant, il se contente de leur échapper en grimpant sur un petit rocher pour continuer à mordiller sa trouvaille. La bande de mouettes criardes dérangées au début de l'aventure volette au-dessus de lui.
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