Un coeur à la dérive

De
Publié par

La souffrance est un phénomène objectif ou serait-ce le produit de nos rapports avec les événements ? Peut-on demeurer longtemps dans cet abîme par caprice, par complaisance ? Voici ce qui pourrait être un témoignage, une réponse.

Publié le : mardi 14 juin 2011
Lecture(s) : 37
EAN13 : 9782748130447
Nombre de pages : 159
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Un cœur à la dérive
Daykass
Un cœur à la dérive
ROMAN
© Editions Le Manuscrit, 2003 ISBN: 2748130456 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748130448 (pour le livre imprimé)
INTRODUCCION
Quand on souffre on le fait rarement au nom de quelque chose. On souffre c’est tout. Avec le temps nous habillons la souffrance en coup de blues, en mauvaise période. L’éloignement du vécu nous donne ce droit dictateur de le maquiller pouvant ainsi lui donner une autre couleur. Or, de la souffrance, de la douleur, nous pouvons en tirer une leçon universelle en plus des éveils particuliers : la misère de notre égocentrisme.
Ce témoignage est un état pur d’un souffrant, sans des vrais motifs (comme la majorité des souffrants) mais avec persistance et détermination, caractéris tiques de la race humaine. Il témoigne de ce ou ces jours où l’on accepte d’incarner le noir, où l’on le prolonge vers le vide et avide désespoir. C’est le récit de ces moments qui prennent telle ment de l’ampleur qu’il n’y a assez de monde pour les accueillirOr, c’est aussi l’expression de la vie qui parfois, sans nous, se donne la peine de pour suivre pour que l’essentiel demeure.
7
QUESTIONS
Je ne me suis pas rendu compte quand cela com mença, je me suis trouvé dedans sans plus. Il m’ar rive encore d’étaler la question à l’infini sans trouver réellement de réponse. La cherchaisje seulement ?
Je venais de déménager de l’appartement pour deux dans cette Cité pour étudiants où me souvenirs resteront peu glorieux et pâteux, un peu comme ces dessins d’enfants maladroits et sans avenir dans la peinture qui se défoulent sur ce papier vierge inno cent devant eux ; témoignage des désirs des parents tellement consciencieux de leur rôle aujourd’hui quand la peur ne remplace pas la connaissance. Dans la Cité pour étudiants j’avais une partie de ma vie, une partie qui s’envola avec les années où j’essayais de retrouver la voie. Des moments extrêmes, stupides, des expériences désordonnées, désuètes, de celles où la quantité ne s’additionnera jamais en qualité. J’avais eu, làbas, des moments très importants, a priori, dans la vie d’un adolescent, d’un jeune homme en construction : ma première expérience sexuelle, avec ma première relation qui durera trois ans. Trois ans d’émotions, de doutes, d’impuissance, de projets enfuis dans l’espace sans retour. Des « je t’aime » « moi aussi, enfin je crois » à « je ne sais plus » « je pense à quelqu’un d’autre ».
9
Un cœur à la dérive
Ma vie avait basculé sans raison, je ne saurais dire dans quel sens. J’étais quelqu’un de jeune, joyeux, sûr de luimême, même si je ne connaissais pas les gens en profondeur. J’étais un jeune en construction, mais dans une société qui n’avait plus ses repères favoris, ces lois infaillibles. J’étais en plein mou vement de recherche, d’observation. Dans ma tête tout paraissait ordonné, établi, régit par cette volonté puissante et divine. Mon innocence béate, mon intel ligence incorporelle me fit croire à l’ordre en avance, à l’insignifiance du temps. Combien peut on avoir tort !
La Cité pour étudiants avait une partie de mon passé, une partie que moimême j’ignore encore au jourd’hui. La seule chose que je pouvais reconnaître était ma chute, non pas celle de la déchéance, non pire, celle d’un jeune civilisé, droit, intelligent, spi rituel qui tombera dans l’humanité, l’humanisation d’un saint, mais pas un saint ecclésiastique, c’était plutôt un « innocent ». La chute de la vision puri taine d’un monde trop blanc, trop propre, telle une planète lavée par une de ces lessives miraculeuses qui enlèvent toutes les taches. Ma chute correspondait sans doute à cette sen sation d’un méticuleux noble stupide, plongé dans la boue lors d’un match de rugby. Cette sensation de malaise de voir ses habits salis, ces vêtements que, quelques instants auparavant, étaient si irrépro chables.
Je venais de déménager à nouveau dans une chambre individuelle dans la Cité pour étudiants. Ma copine préférant vivre avec sa sœur au lieu de moi. Nous nous étions séparés entre larmes, confusion, faiblesses, mais aussi avec la certitude que quelque chose s’était brisé à jamais. Aucun d’entre nous n’avait pas osé le prononcer. C’était
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.