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Un conte

De
122 pages
Il était une fois Antoine et Annabelle... Antoine est une ordure, un monstre de sadisme. Dès sa naissance il montre sa cruauté en tuant sa mère. Mais ce n'est qu'un début : la suite sera bien pire. Quoique... Annabelle, quant à elle, est la douceur incarnée : elle est douce, aimante, magique ! Mais elle est épileptique, ce qui s'avère bien trop rapidement un fardeau difficile à porter... Deux destinées, deux existences,deux personnages opposés qui finiront peut être bien un jour par se croiser...
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Un conte
Nicolas Valera
Un conte





ROMAN











Le Manuscrit
www.manuscrit.com












 Éditions Le Manuscrit, 2005.
20, rue des Petits-Champs - 75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-4749-9 (Fichier numérique)
IS-4748-0 (Livre imprimé)
NICOLAS VALERA

A mes deux grands-mères,
Ghislaine, la conteuse,
Et Sagrario, que j’aurais simplement voulu croiser,
Afin qu’elle me raconte des histoires…
« Et les lilas inclinaient leurs branches sur l’eau jusqu’à
lui, et le soleil brillait et réchauffait ; alors ses plumes
gonflèrent, son cou mince se dressa, et ravi dans son cœur, il
cria :
Jamais je n’ai rêvé d’un tel bonheur, quand j’étais le -
vilain petit canard. »
Hans Christian Andersen
5 UN CONTE
6 NICOLAS VALERA























7 UN CONTE

8 NICOLAS VALERA




Chapitre I

Enfance




Il était une fois Antoine.
Antoine est méchant. Cruel même. Ignoble.
Une teigne, une peste, une ordure.

Sur terre il y a des vieux cons, des mères de famille
odieuses, des vielles pies, des enfants diaboliques et des
mégères vicieuses. Des patrons tyranniques, des
secrétaires sournoises et des violeurs d’enfants. Il y a
aussi des filles de joies pernicieuses, des professeurs
despotiques et beaucoup, beaucoup, beaucoup de
cruauté en ce monde.

Toutefois.
Aucun qualificatif n’est assez fort pour être attribué
à Antoine. Depuis son premier braillement, depuis ce
jour où une femme a eu le malheur de mettre au monde
la plus ignoble pourriture que cette terre ait jamais
portée, il ne s’est pas passé une seule seconde où
Antoine n’ait exercé sa perversité.
9 UN CONTE

On pourrait même dire, si on considère bien sûr,
que la vie commence lorsque l’on sort du ventre de sa
mère, que tout a commencé bien avant.

L’accouchement fût un cauchemar.
Dire que sa mère, Nadine de son prénom, Fleuret
de son patronyme, fût délivrée – le terme convient
admirablement - dans la douleur serait un doux
euphémisme. Jamais un bébé, de mémoire de sage
femme, ne présenta autant de complications.

Antoine semblait prendre un malin plaisir à déchirer
le ventre de sa mère. Cela dura des heures. Sa génitrice
n’y résista pas.
Déjà fragile, elle succomba quelques heures après la
naissance.
Le chérubin fût alors confié à son arrière-tante.

Antoine n’avait pas à proprement parlé de père.
Enfin si, bien sûr, mais il ne le connaîtrait jamais. Sa
mère avait décidé d’avoir un enfant, un jour. Il est
répandu de prendre son temps avant de vouloir donner
la vie. Mais Nadine Fleuret n’était vraiment pas comme
tout le monde. Elle prit sa décision en une fraction de
seconde, alors que cela peut, parfois, prendre une vie
entière.

La révélation eut lieu dans ce même hôpital.
Là où elle devait perdre la vie, elle décida de la
donner.

Un soir Nadine s’était faite violée. Un viol vite fait,
10 NICOLAS VALERA

mal fait. Puisque Nadine tomba enceinte. C’était un
inconnu, un soulard. Un soir d’avril.
Nadine rentrait chez elle. Elle avait passé la
journée à lire des romans dans le parc. Elle n’avait pas
vu l’heure passer, et malgré les jours qui commençaient
sérieusement à prendre une tournure estivale, la nuit
était tombée sans prévenir. Elle s’était retrouvée –
presque - seule dans le jardin public.
Elle s’était faite violée au milieu des acacias. Nadine
était une fille simple, et une fille faible. Le violeur n’avait
eu aucun mal à la prendre par la main puis à la tirer dans
les acacias, puis à la prendre par la taille. Enfin par la
prendre et la tirer tout cours.
Pardonnez le langage fleuri, mais un viol reste un
viol.

Nadine apprit donc qu’elle était enceinte. Elle ne
prit aucun temps de réflexion..
Elle répondit « Oui » lorsqu’on lui demanda si elle
voulait le garder. Et « Oui », à nouveau, lorsqu’on
voulut savoir si elle en était « sûre et certaine » et si elle
savait ce que cela impliquait. Le médecin, devant le
visage impassible de la future mère, sentit
instinctivement qu’il ne fallait pas rétorquer. Il ne le fit
donc pas. Nadine refusa également tout soutien
psychologique, n’acheta pas de livre pour savoir
comment vivre sa grossesse, comment se préparer à
l’accouchement ou encore comment choisir un prénom.
Concernant cette dernière question, elle se décida
pour Antoine après une réflexion d’au moins cinq
secondes. Dans les romans qu’elle affectionnait, c’était
le prénom de son héros préféré. Par procuration,
l’homme de sa vie donc.
11 UN CONTE
Dans son esprit, le transfert s’imposait. Forcément.

Elle n’eut pas à prendre de congé maternité.
Logique, elle ne travaillait pas.
Elle avait bien été fleuriste dans le temps. Elle
aimait bien les fleurs, toutes, même les acacias.
Mais elle avait exercé ce travail en dilettante. Nadine
n’avait pas besoin d’argent : elle était rentière. Sa famille
était une famille riche.
En revanche elle était décimée, ce qui n’était pas
pratique pour les réunions de famille.

Un individu un tant soi peu porté sur l’ésotérisme
aurait été tenté de dire qu’il y avait une malédiction là-
dessous.
En effet, les membres de la famille avait tous plus
ou moins passé l’arme à gauche de façon singulière : son
père et sa mère avaient péri dans un naufrage, son grand
père – paternel – au cours d’une guérilla en Afrique, sa
grand mère – maternelle - intoxiquée par des haricots
verts mal cuits (on ne se méfie jamais assez des
légumes)… Seul son frère n’avait pas fait preuve d’une
grande originalité en contractant un cancer de l’intestin.
Il ne restait finalement à Nadine qu’un cousin et
une tante.
Le cousin vivait à Madagascar.
La tante dans la même rue qu’elle.

Les deux femmes avaient pour habitude de se voir
deux après-midi par semaine : le mardi et le jeudi. Le
terme voir est à prendre ici au sens littéral. En fin de
compte, elles ne parlaient pas ou peu. C’était plus
simple : elles se tenaient compagnie.
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