Un corps pour des âmes

De
Publié par

Après son premier recueil de nouvelles: L'Angoisse dans l'oeuf Mohamed Laïd Athmani qui est aussi le poète de: "Octobre noir" - événements du 5 octobre 1988 en Algérie et de "L'Après octobre noir" ou la décennie noire en Algérie-1988/1998, nous présente son deuxième recueil: Un corps pour des âmes qui se compose de dix-sept nouvelles. Toujours militant solitaire de la cause nationale, Mohamed Laïd Athmani nous replonge dans les souffrances du passé avec: "Le veilleur", "L'angoisse dans l'oeuf (suite)" et "K7 d'outre-tombe". Il nous interpelle aussi concernant le passé proche avec: "Stratégie pour une dénonciation", "L'insomniaque".
Publié le : jeudi 13 février 2014
Lecture(s) : 11
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342019049
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342019049
Nombre de pages : 134
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Du même auteur
Octobre noir, Poésie, La Pensée Universelle, France Événements de France  Les banlieues de Paris  2005 Les fruits amers dautomne, Poésie, Édilivre, France La Palestine : LIntifadha, les enfants et moi, Poésie, Enag, Algérie La Palestine : Hamas de Gaza et Israël  Opération : Plomb durci du : 27 décembre 2008 au 21 janvier 2009, Poésie, Édilivre, France LAprès octobre noir ou La décennie noire en Algérie : 1988-1998, Poésie, Édilivre, FranceLAngoisse dans luf, Nouvelles, Enag, Algérie Les Contes et portraits de chats, Contes, Enag, Algérie LAventure : entre les fictions, la réalité, Roman, Édilivre, France Le Carnage de « laprès octobre noir en Algérie » Chronique des attentats terroristes : 1993-1998, Chronique, Édilivre, France
Mohamed Laïd Athmani
UN CORPS POUR DES ÂMES
 
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur :
http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la pro-tection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0119256.000.R.P.2013.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
Je dédie ce deuxième recueil de nouvelles : à tous les enfants « doctobre noir » et à tous les enfants qui ont souffert. Je le dédie de même à tous les hommes du théâtre algérien, à tous les enseignants de mon pays et dailleurs. Je le dédie, enfin, à tous les Vescériens.
Vescéra ressuscitera Ce jour-là, jétais avec Séléné : fille de Marc Antoine et de Cléopâtre ; elle mavait tellement préoccupé. Jétais pourtant si tranquille tant que je la croyais, paisiblement endormie, au Mau-solée Royal de Maurétanie mais la lecture dun ancien document 1 que javais, depuis plus dune décennie, me fit croire tout à fait le contraire : dans lun de ses passages basés sur un raisonne-ment pourtant, on ne peut, plus logique, une erreur sétait 2 glissée quant à la date lui servant dargument. À peine, avais-je écrit ces quelques lignes, afin de redresser ce tort fait à notre jeune princesse orientale, qui doit dormir 3 toujours dans « son cercueil de verre » , quune voix, bien de chez moi, me fit sursauter : « Alors, VESCÉRIEN, redresseur de torts, il me semble que vous maviez oubliée ?  Quelle grâce, ô mon Dieu ! mexclamai-je, en me retour-nant dun coup, et en ajoutant : mais qui êtes-vous Beauté Divine ??  Ne voyez-vous, donc pas ma couronne étincelante et ma longue chevelure brillante ? Ne voyez-vous, donc pas, ma sta-ture imposante ? Je suis VESCÉRA : votre REINE et celle de tous les Ziban réunis !
1 dun document édité par le Ministère du Tourisme en 1979, sous leIl sagit titre : Mausolée Royale de Maurétanie »  Le passage en question : p.24. 2 JUBA : 57 à 23 (Ce qui veut dire : avant J.-C. et, non pas, après J.-C.). 3 De : PIERRE BENOIT  « ATLANTIDE » Roman.
7
UN CORPS POUR DES ÂMES
Aviez-vous oublié ? Vous maviez, pourtant, promis quun 4 jour, Mohamed découvrira ce que Stéphane Gsell navait pu découvrir ! ». Toutes mes préoccupations des années passées, que je pen-sais avoir oubliées, me revinrent au triple galop comme si une grande brèche leur eut été ouverte. « Oui, oui, oui ! Je sais que Stéphane Gsell avait cherché vo-tre présence du côté du Vieux Biskra quand, vous, réellement, vous étiez du côté dEl-Alia où, toute votre Cité Antique sétendait (et sétend toujours) du Nord au Sud englobant la vaste superficie du plateau de luniversité de Biskra ». Je me revis, enfiévré que jétais avec mon petit Nadhiros et ma chère Niros auxquels javais communiqué ma fièvre, arpen-tant pour la énième fois le vaste chantier à la recherche de tout ce qui mentretiendrait sur le passé de ce lieu si ancien que les engins sans cur et les hommes inconscients charcutent, sans nul respect, sans nul souci quant à ce quil représente pour moi, pour nous, pour eux-mêmes. « Alors, quattendiez-vous, VESCÉRIEN ?  Je vous attendais, ma REINE ! Car, lorsque javais com-mencé à « Crier » : parce que chez nous, il faut « Crier », on mavait, tout bonnement, dit : « Cesse donc toi, de nous ressus-citer les morts ! Tu vois bien que nous narrivons même pas à nous en sortir avec les vivants ! ».  Ah, oui !!! sexclama VESCÉRA, quels hommes irrespec-tueux et blâmables ! Mais, moi, je suis toujours vivante, VESCÉRIEN ! Certes entre lantique que jétais et la moderne que je suis, il sétait passé plus de vingt siècles, mais ma pré-sence est là ! Mes pièces jonchent mes terres et abondent dans
4 STÉPHANE GSELL : Archéologue et Historien Français  Ancien Direc-teur du Musée des Antiquités dAlger.
8
UN CORPS POUR DES ÂMES
les tombes de mes premiers enfants qui étaient vos prédéces-seurs sur cette terre ! Ne ten avais-je pas offertes quelques dizaines que tu avais amoureusement nettoyées pour les voir, enfin, dun nouvel éclat de vie, briller et te communiquer toute mon histoire, votre his-toire enterrée ? ». Que de temps navais-je pas passé à remonter le temps ! Tout en frottant,  quoique déconseillé  que de poussière de temps navais-je pas respirée ! Mes narines ainsi que mon gosier étaient, à mon insu, impré-gnés dinfimes particules : de cuivre, de bronze, de plomb et/ou dor, selon le cas, qui me donnaient limpression de goûter à tant de siècles passés. Combien était grand mon bonheur quand, après de subtils efforts et une grande patience, je voyais progressivement un visage brillant qui mapparaissait comme ressuscitant, dentre mes doigts poudreux, de plus de vingt siècles passés ! Il sem-blait mentretenir et sa brillance mhypnotisait. En ce moment-là, jétais heureux, le plus heureux, et pouvais légitimement me vanter dêtre, à VESCÉRA, le seul à pouvoir communiquer aux têtes dorées que les pièces de cuivre ou de bronze oxydé, cachaient ; pendant que mes concitoyens à leurs petites affaires saffairaient, moi, je tentais de lire les noms que le temps allait, à jamais, effacer. Je mempressais de les montrer aux personnes de mon entourage le plus proche, afin de leur faire partager ce plaisir ; Nadhiros était aux anges, il nen croyait pas ses petits yeux. « Si, si, ma REINE, je reconnais ! Cest pourquoi, javais même suggéré la création dun musée à votre gloire, mais, me prenant, certainement, pour un demeuré atteint de « Roma-nite », on mavait ri au nez. Renseignez-vous auprès de mes amis artistes du jardin London, ô VESCÉRA, ma Reine ! La Culture, chez nous, est complètement piétinée.
9
UN CORPS POUR DES ÂMES
 Et, ce pan de mur qui témoigne de mes beaux termes qui 5 navaient rien à envier aux eaux de Néris ?  Ah ! ce fameux pan de mur que les vieillards de chez nous appellent « le dromadaire » ou « Sidi Néris » ? » Cette dernière dénomination mavait toujours rappelé Néron ou le saint Philippo Néri ! Mais, lun comme lautre, ny corres-6 pondent guère ; par contre, les Bains de Néris , si ! Ce pan de mur, ma REINE, il a été noirci, comme vous aviez dû le constater, par la fumée de tant et tant de bougies qui y ont été posées dessus par nos grands et arrière-grands-parents, 7 afin de léclairer ; ils venaient y faire « la zerda » , une fois lan. Ils nauraient jamais pu imaginer, les pauvres, quà deux ou trois mètres sous leurs pieds nus se trouverait un beau tapis de mosaïque vescérienne.  Quant à votre antique nécropole qui se trouve tout juste à proximité des termes, elle avait été, hélas profanée par des en-gins aux curs dacier.  Ce jour-là que je ne suis pas prête doublier de sitôt, jétais en grand deuil, VESCÉRIEN ! Ma paix séculaire fut per-turbée et je ne suis pas, du tout, prête aussi à pardonner.  Moi aussi, ma REINE, javais partagé votre si grande peine ! Jétais profondément ému par la vision de tous ces os-sements en lair. Cest pourquoi mes amis et moi avions, instamment, arrêté les engins coupables et avions très vite pro-tégé la partie découverte. Je pense que nous navions point failli.  Protégée ! Protégée, dites-vous ?
5 Les Romains utilisaient déjà les eaux de N é r i s. 6 Commune de lALLIER, arrondissement de Montluçon. 7 Ancien rite pratiqué au Maghreb  dans notre cas  pour avoir une bonne récolte.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

suivant