//img.uscri.be/pth/4d274bf29da1d3ea5916c2dac35186fa9446e33d
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,95 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Un état incertain

De
83 pages
Le cadavre est tout frais. De triviaux règlements de comptes l'assaillent : maman, papa, ma soeur et moi. Leur violence l'étonne. Il s'interroge, la vie, la mort, le bien, le mal, etc. Ses élucubrations jouent du sophisme, de l'amalgame de lieux communs, s'articulent par associations loufoques, voire absurdes, mais leur multiplicité l'anime, trace de nouvelles aspirations parmi les empoignades du drame passé qui l'a rendu cadavre. En émerge une drôle de farce : la possibilité d'une autre vie. Si tant est que la première ait été finie.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Avertissement de l’éditeur
manuscrit.com - maison d’édition francophone - a
pour vocation de réunir les conditions idéales pour
quetouslesmanuscritstrouventleurpublic.
Pourcefaire,manuscrit.com s’estdoté du plusgrand
réseaudelecteursprofessionnels: composédelibraires
etde critiques,ilestentièrementvoué àladécouverte
etàlapromotiond’auteursdetalents,afindefavoriser
l’édition de leurs textes.
Dansle même temps,manuscrit.com propose- pour
accélérer la promotion des oeuvres - une diffusion
immédiate des manuscrits sous forme de fichiers
électroniquesetdelivresimprimés. C’estcetteédition
quelelecteuraentrelesmains. Lesimperfectionsqu’il
ydécèlerapeut-être sont indissociables de la primeur
d’une telle découverte.
manuscrit.com
5 bis rue de l’asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comUn état incertain© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0089-1 (pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-7481-0088-3 (pour le livre imprimé)Angèle Orpin
Un état incertain
ROMANI
Il y a urgence. Je me suis encore faite avoir. Je
ne sais plus pour quelle raison, qu’il n’y en avait pas
d’autresouqu’ilfallaitfairevite,souslecoupduchan-
gement d’état j’ai pas suivi de trop près, mais le caveau
adeuxplaces.Unepourmoi,l’autre…
lecadavredemonpèreretournera,auberceaufa-
milial, il le veut ; ma sœur en prendra un pour les siens
maintenantqu’elleapondu,sielleentrouve,lesdispo-
nibilitéssontfaibles,quoiquenon,c’estqu’onatenuà
me garder en ville, pas dans un cimetière de banlieue,
quetoutlemondepuissevenirmevoir,elleadit,
l’autre,
quis’ymettra,quis’estréservéelaplace,d’office,
avecdesproclamationssenties: Jamaisjenet’abandon-
nerai, A quoi me sert de vivre maintenant que tu n’es
plus là ? et cetera et cetera.
Me demander mon avis éviterait les malentendus
mais risqueraitsurtout, coupant son belélan d’amour,
de la frustrer d’un grand sentiment.
Il est grand de mourir.
Ma mort me rabiboche avec elle. Enfin lui oc-
troie-je les grandeurs méritées dont ma médiocrité et
mes ratages l’avaient privée. J’avais pas vraiment prévu
mais bon, on ne pense pas à tout.
Detoutefaçonc’esttoujoursmoiquiperds.
Avec quelle ferveur envoie-t-elle au ciel sa dou-
leur.
7Un état incertain
Oh ça ne durera pas. Faut resterjuste : maperte
neluiaccordepasquedebellesémotions. Ellevasouf-
frirlaidementaussi. Etsèchement. Etpetitement. Bah,
la compassion lui est acquise.
Son statut qui veut ça. La douleur-de-la-mère-
qui-perd-son-enfantabonnepresseensociété.
Mais quoi, ça sonne toujours faux chez elle. Elle
enfaittoujourstrop. Oh,çanetientpasàgrandchose,
pasgrandmondequileremarque. Pasgrandmondequi
regardenonplus. Y’enamêmeàlouersoncourage.
Drôles vus d’ici, ces préfabriqués sur la mort : la
douleur, le courage…
Maismoi,j’aibienentenduladissonance,allez,je
laconnaisbien. Cepetitcouacdeseregardersouffriret
manifesterdevantlesautres. Toujoursenspectacle,àse
trimbaleruncoind’œildecôté,commesurdesvitrines,
pourvérifierqu’elleestbienajustée. Sûrquelenaturel
de la démarche en trinque.
L’office était très réussi. Un énorme vibrato sai-
sissait l’assemblée. On larmoyait et se piquait la gorge.
Quel gonflement les prenait à l’écoute de ma chanson
préférée! ouquitenaitlieude. C’estmasœurquiavait
du la choisir. Celle-la se débrouille bien, elle est très
bonne en authenticité. Au moins leur aurais-je pro-
curéencadeaud’adieu ungrandmomentd’émotion.Certains
l’ont dit à la fin. Tous vibraient dans l’amour de moi.
Je ne l’aurais pas soupçonné mais bon, c’est dans l’ad-
versité que les gens se révèlent.
Elle va revenir. Et pour longtemps cette fois-ci
quoiquejenesachepasvraimentpourcombien.
En fait onn’en sait pas plus ici, les réponsessont
toujours repoussées aussi. Pour plus longtemps que je
l’aieconnueavant. Ceseratrèslong. Etjen’auraiplus
d’échappatoire. J’aiprisladernièreensautantdupont.
Toutaumoinsjenesaispasencores’ilyadeséchappa-
toires, d’ici.
8