Un homme à ma porte (Harlequin Prélud')

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Un homme à ma porte, Bethany Campbell

Lorsque Tara ouvre sa porte à Grady McKinney, l'attirance entre eux est immédiate. Seulement, sa réputation le précède : celle d'un artisan de génie qui peut l'aider mieux que personne à restaurer la grande maison qu'elle vient d'acquérir ; mais aussi celle d'un nomade de l'amour. Un aventurier au charme dévastateur qui ne se fixe jamais et semble incapable de s'attacher à une femme. Aussi, à peine Tara l'a-t-elle embauché qu'elle instaure entre eux une distance glaciale et, pense-t-elle, salutaire. En vain. Malgré sa prudence, ses pensées dérivent chaque jour un peu plus vers Grady qui, de son côté, ne cherche pas à dissimuler le désir qu'elle lui inspire. Un jour, il l'embrasse passionnément. Tara s'enflamme. Prise de panique, se sentant bien trop vulnérable pour vivre une liaison sans lendemain avec cet homme qui risque de l'abandonner le cœur brisé, elle décide de renvoyer Grady...

Publié le : mercredi 1 juillet 2009
Lecture(s) : 20
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280274937
Nombre de pages : 352
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Chapitre 1

— Quoi ? Tu as vendu tes chevaux ?

Gavin Chance regardait sa sœur, incrédule.

— Sauf Licorice et India, répondit Tara, en baissant les yeux.

Elle avait gardé le poney de son fils et son propre cheval. Elle avait eu envie de pleurer en voyant partir les trois autres bêtes, mais ses larmes étaient taries depuis longtemps.

La visite de son frère était pour elle une surprise. Il avait pris l’avion depuis Hawaii, pour venir la voir.

Ils étaient dans sa chambre d’hôtel, installés à une petite table couverte d’une nappe et dressée pour le déjeuner. Tara regarda par la fenêtre, mais elle était si préoccupée qu’au lieu des tours modernes et fières de Los Angeles, elle crut voir son joli petit ranch des environs de Santa Clarita. Comme ses chevaux, il allait être vendu. Deux acheteurs potentiels s’étaient déjà manifestés.

— Mais pourquoi est-ce que tu as fait ça ?

Tara continuait à fixer les gratte-ciel au-dehors.

— Parce que j’ai besoin d’argent…

Gavin jura tout haut, froissa sa serviette et la jeta rageusement par terre. Il se leva de table et commença à faire les cent pas dans la pièce. De trois ans plus âgé que sa sœur, il était exceptionnellement grand, avec des cheveux épais d’un joli blond-roux. Elancé, sans une once de graisse, il avait le visage d’un artiste, avec sa bouche sensible et ses sourcils expressifs.

Il enfonça les mains dans les poches de son treillis.

— Mais pourquoi tu ne m’en as pas parlé ?

Tara jouait avec sa fourchette en argent. Elle avait juste picoré quelques feuilles de salade et Gavin avait repoussé son sandwich à peine entamé.

— Del et moi allons nous en sortir. On se serre un peu la ceinture, c’est tout.

Gavin revint vers la table, s’y appuya des deux mains et se pencha vers sa sœur.

— Tu as vendu tes chevaux. Tu vas vendre ton ranch. Mais, bon Dieu, Tara, j’aurais pu t’aider ! Tu le sais.

Elle reposa sa fourchette avec un soin exagéré. Son frère était un homme riche, sur le papier. En réalité, il risquait tout ce qu’il avait en essayant de développer non pas un, mais deux programmes immobiliers. Le premier, à Hawaii, était toujours en construction, quand Gavin et ses associés avaient pris le risque d’entamer le second. Ils avaient acheté, pour des millions, un terrain immense au Texas. Ils allaient devoir encore payer des millions pour sa mise en exploitation. Les plans étaient aussi ambitieux qu’originaux et l’enjeu énorme.

C’est pourquoi elle n’avait rien dit à son frère. Il n’était pas revenu sur le continent depuis des mois. Il passait tout son temps à Hawaii, cherchant désespérément à mener à bien son entreprise et, quand ils se parlaient au téléphone, elle évitait d’aborder le sujet. Il avait assez de problèmes comme ça. Et puis elle avait sa fierté et tenait à son indépendance.

Sa surprise passée, il la regardait, visiblement contrarié maintenant.

— Tu veux dire que Sid ne te verse toujours pas de pension ?

— Non, répondit-elle calmement.

Elle avait traduit son ex-mari en justice, mais n’avait rien obtenu. Elle aurait pu faire appel et, qui sait, le faire mettre en prison, mais cette simple pensée la rendait malade. Comment aurait-elle pu expliquer une telle décision à son petit garçon ?

— Est-ce qu’il vient voir Del, au moins ? Se sert-il de son droit de visite ?

Tara détourna les yeux et regarda de nouveau par la fenêtre. Ces questions lui faisaient mal. Sid l’avait quittée pour une autre femme, plus jeune et terriblement jalouse. Pour elle, il avait tout perdu : son foyer, son honneur et son fils. Del, qui n’avait pas encore cinq ans, en était bouleversé.

Incapable de parler, elle fit « non » de la tête.

— Il fait toujours n’importe quoi, alors ?

Serrant les dents, se redressant sur sa chaise, elle se mit à suivre le mouvement de la brume sur le sommet des immeubles. Le ciel devenait de plus en plus trouble.

— C’est pour ça que tu as été obligée de vendre les chevaux ? Parce qu’il ne veut pas t’aider ?

Elle éluda la question.

— En partie…

— Et le ranch ?

— Je dois être réaliste, Gavin. Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait. Nous vivions au-dessus de nos moyens. Et…

Gavin bouillait.

— Ne me dis pas… Burleigh te crée de nouveau des problèmes, c’est ça ? Au sujet des visites ? De la garde de Del ?

Burleigh Hastings était le grand-père paternel de Del. Il était veuf. Il avait désavoué son fils au moment du divorce, mais il en voulait à Tara d’avoir laissé la situation en arriver là. Del, disait-il, était désormais son seul parent. Il considérait, de ce fait, qu’il avait son mot à dire à son sujet et il comptait bien s’en servir.

Vice-président d’une puissante compagnie, il aimait tout contrôler, les événements, les gens… Quand il avait décidé quelque chose, il pouvait être aussi impérieux qu’un ouragan. Tara craignait son influence sur Del.

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