Un homme presque ordinaire

De
Publié par

Dix ans après une terrible guerre civile, le royaume d’Ennebé est toujours le théâtre d’une lutte sans merci pour le pouvoir. Délogé du trône auquel il aurait dû accéder, Kréos, marquis de Palouse, est depuis réduit à demeurer sur ses terres. Il se met alors en tête de récupérer ce qui lui revient de droit: "son" royaume. Obsédé par la vengeance et hanté par les fantômes de son passé, il n’a jamais su réapprendre à vivre, éprouvant le besoin vital de détruire le bonheur des autres. Chaque jour l’éloignant un peu plus de la réalité, il ne parvint plus à faire face ni aux démons de son passé ni à son irrépressible envie de boire. Cauchemar après cauchemar, nuit après nuit, sa colère n’ayant d’égal que son chagrin, cet homme froid et insensible va sombrer dans la démence. Il entrainera alors tout un peuple avec lui, dans sa longue descente aux enfers.
Publié le : jeudi 1 mars 2012
Lecture(s) : 26
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748366211
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748366211
Nombre de pages : 388
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Noémie Boer
UN HOMME PRESQUE ORDINAIRE
 
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur :
http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0116531.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
Eléonore Avant toi cela a parfois été laborieux ; des moments difficiles, beaucoup de doutes. Je ne savais pas vraiment où jallais et javais peur. Je me sentais seule, je me sentais incomprise, comme si un mur me séparait du reste du monde, comme si je ne parlais pas la même langue queux. Jai été entourée mais à peu dexceptions près cest comme sils nétaient pas là. Personne ou peu de personnes mont vue telle que je suis, ont vu qui jétais, ce que je voulais, ce que je ressentais, mes peurs, mes tristesses, mon mal être. Peut-être est-ce de ma faute, peut être nai-je pas osé me montrer moi. Ce que lon a vécu toutes les deux cest ce dont je rêvais sans oser y croire. Je rêvais de quelquun que jaimerais, et qui maimerait comme dans les grands romans damour ou damitié. Je rêvais de quelquun qui me voit moi, qui me comprenne, qui me connaisse et avec qui joserai enfin être moi-même. Je rêvais de sortir de ma solitude par la grande porte, un amour intense et indestructible. Je voulais quon me rassure. Ce que je voudrais que tu saches, cest tout le changement que tu as ap-porté à ma vie. Tu es tout ce que jai toujours attendu sans pour autant croire que ce serait possible. Tu as remis de lespoir dans mon cur. Jai limpression que je suis née une deuxième fois le jour où je tai rencontré, et que jai grandi chaque jour un peu plus à tes côtés. Cest une nouvelle Rose qui est apparue, une Rose que tu as fait naître, plus épanouie, plus con-fiante, plus sereine, pleine de rêve et despoir. Je me suis sentie entourée comme jamais, écoutée, comprise et aimée comme je suis et pour ce que je suis. Je nai plus jamais eu peur. Cest difficile de mettre des mots sur des sentiments comme les miens. Sûrement que les mots en question nexistent pas. Je crois que ce que je veux dire cest que tu as changé ma vie en quelque chose dextraordinaire et
de magique. Tu mas fait vivre, tout simplement. Tu mas fait voir la vie sous un autre angle ; sans désespoir, sans solitude et sans crainte. Avant jai souvent eu lenvie de creuser un trou et de my enterrer en at-tendant que le temps passe tellement je ne me sentais pas à laise. Je me sentais à part, invisible, transparente, inutile. Javais limpression que je narriverai jamais à vivre normalement, que je nétais pas assez forte. Cétait peut-être vrai, ou peut-être pas. Tout ce que je sais cest quavec toi jai réappris à vivre, je suis devenue plus forte. Je nai plus jamais eu envie de creuser des trous. Ce que tu représentes pour moi cest bien plus que de lamitié ; cest lespoir, cest le bonheur, cest la possibilité de tout recommencer, doublier les moments difficiles pour construire la vie dont jai rêvé, avec la personne dont jai rêvé. Ce que tu mas offert cest une renaissance, et quelle renaissance
I Ce matin-là le roi quitta son épouse avec une certaine appré-hension. Il devait rencontrer une personne importante afin de lui demander son aide. Il navait pas dormi de la nuit, réfléchissant aux mots quil devrait prononcer et à la meilleure façon de présenter sa re-quête. Le roi Sélior voyait son royaume divisé et son autorité con-testée. Plusieurs grands seigneurs se partageaient le pouvoir comme sil nétait pas là. Humilié et impuissant, il navait plus demprise sur son propre royaume. Le monarque, la cinquantaine largement dépassée, dirigeait le royaume dEnnebé depuis près de dix ans. Étant donné la force et la puissance dont il faisait preuve, il était surprenant quil ne se soit pas fait prendre le trône durant cette décennie. À première vue, il était difficile dimaginer quil put être le roi. Il nen avait ni la prestance ni lélégance, il en avait encore moins le charisme. Son allure et sa posture faisaient davantage penser à un petit rat. Petit, trapu et à moitié chauve, il était plus répugnant quautre chose. Il fut probablement le pire roi que ce royaume nest jamais connu. Cet homme navait aucun courage, aucune force morale. Il était lâche, sournois et fourbe. Il lui fut donc bien difficile de se défendre face à la puissance et linfluence des autres sei-gneurs.
7
UN HOMME PRESQUE ORDINAIRE
Sa majesté le roi Sélior décida donc quil était temps dagir et de prendre les choses en mains. Etant incapable de se débrouil-ler seul, il lui fallait du soutien. Il ne voyait quune seule personne apte à lui apporter le ren-fort dont il avait besoin : Ater. Ater était un paysan révolutionnaire qui vivait au nord du continent. Plusieurs années auparavant il fut à lorigine dune grande révolution dans son pays. Après être parvenu à renver-ser le gouvernement de son propre roi, il sérigea en chef et sautoproclama nouveau dirigeant du territoire de Vénia. Lambition et le pouvoir aidant, il devint à son tour un véri-table tyran. Arriviste et dénué de toute conscience, il ne pensait quà accroître sa domination. Sélior le craignait et Ater en était parfaitement conscient. Il en faisait ce quil voulait, à son grand amusement dailleurs. Il avait une forte emprise sur le roi, qui décidément navait pas une très forte personnalité. Le monarque mit deux jours pour parvenir jusquà Ater, le-quel avait humblement décidé de sinstaller dans lancien palais royal.  Monsieur vous attendait, lui dit un servant tout en lui fai-sant signe de le suivre. Sélior traversa le somptueux palais pour atteindre le bureau de son collaborateur. Sélior, que puis-je faire pour toi ? Le roi dévisagea Ater. Il avait des yeux très sombres et une peau mate. Couvert de cicatrices au visage et aux mains, on pouvait voir sur son corps quil avait mené une vie de guerrier. Il avait surtout un regard étrange, un regard que Sélior redoutait et craignait. Il était capti-vant et pénétrant, on y lisait la rage et la détermination dun homme plein dambition.
8
UN HOMME PRESQUE ORDINAIRE
 Jai besoin de ton aide, les choses ne peuvent plus conti-nuer ainsi.  De quelles choses parles-tu ? Il prit une bouteille et se servit un verre.  Tu en veux ? Il est un peu fort mais très bon quand même. Sélior fit non de la tête.  Comme tu voudras, mais tu as tort. Il but une gorgée. Bon alors dis-moi tout. Tu sais très bien de quoi il sagit.  Je ne suis pas devin.  Mon autorité est trop gravement contestée, ma domina-tion est quasi inexistante. Les trois autres seigneurs se moquent de moi, ils ne me respectent pas. Cela ne date pas daujourdhui. Cela a toujours été ainsi pour toi.  Oui et je nen peux plus.  De qui te plains-tu exactement ?  Comme si tu ne le savais pas.  Je préférerais te lentendre dire.  Il y a tout dabord le seigneur Malek qui dirige toute la partie nord du territoire.  Il na pas une grande envergure tu le sais. Il ne représente pas de réelles menaces pour toi.  Oui mais il me résiste. Cest de la provocation je ne peux pas le tolérer.  Ce nest pas le pire de tes adversaires. Les deux autres sont bien plus redoutables.  Je le sais très bien. Fangog est un leader incontesté. Je le hais !  Tu es jaloux voilà tout.  Jaloux de quoi ? sindigna le monarque.  Cet homme est aussi beau que talentueux. Cest un grand seigneur adulé par ses sujets et ses soldats. Il connaît lart de la
9
UN HOMME PRESQUE ORDINAIRE
guerre comme peu de personne avant lui. En plus il est marié à la femme la plus belle et la plus intelligente du pays, la fabuleuse comtesse de Mnus, Mathilde.  Érige-lui une statue tant que tu y es ! ironisa Sélior.  Je voulais simplement dire quil a ce que tu nas jamais eu et que tu nauras jamais. Il fait ce quil veut dans son domaine, ton autorité et tes lois ny ont aucune valeur. Tout comme sur les terres de Kréos. Sélior grimaça en entendant ce nom. Par le passé il fut le mentor et ami du roi mais ils néprouvaient désormais que de la haine lun envers lautre. Kréos était sans conteste le seigneur le plus dangereux de tous, le seul contre qui personne naurait jamais osé se battre. Son armée faisait preuve dune cruauté sans pareille et personne naurait pris le risque de mettre les pieds sur son territoire. Per-sonne ne savait ce dont il serait capable. Il était cruel, féroce, impitoyable, barbare et sanguinaire. Il haïssait et méprisait les paysans depuis toujours et sétait donné la mission de tous les exterminer. Son armée était la meilleure, elle ne perdait jamais, sans doute parce quil fut le meilleur chef de guerre qui ait ja-mais existé.  Je crois malheureusement quil ny a rien à faire contre Kréos ajouta Ater. Je ne suis pas assez fou pour mopposer à lui. La porte souvrit, les deux hommes tournèrent la tête et vi-rent apparaître Eléonore, la compagne et collaboratrice dAter.  Tiens tu tombes bien Eléonore, nous étions en pleine discussion au sujet de Kréos et Fangog. Sélior fit comme sil ne lavait pas vu, ils ne saimaient pas beaucoup tous les deux.  Jen ai assez. Je suis devenu roi pour gouverner, pas pour faire joli. Je ne veux plus que ces trois imbéciles gouvernent à ma place, ils ont chacun une part du territoire qui me revient de droit.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

suivant