Un mariage dans l'Hudson

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Depuis l’enfance, Lily est fascinée par Overlook, la superbe demeure des Downey, avec vue sur l’Hudson. Mais elle a cessé de la fréquenter après la mort de son frère jumeau – un drame, un chagrin qui l’ont éloignée de sa famille et ses amis. Installée à Manhattan, Lily est devenue la célèbre directrice de Worldwide Weddings, et organise les mariages les plus glamour de la planète, bien loin d’Overlook. Un jour, pourtant, une rupture amoureuse – mal venue dans la vie de la reine du mariage – la ramène dans l’Hudson où elle espère trouver le calme. Un calme illusoire puisque toute la presse s’est déplacée pour l’attendre à la descente de l’avion. Et alors qu’elle s’apprête à affronter la foule anonyme et avide, Lily découvre que Max Downey est venu la chercher - Max, le meilleur ami de son frère jumeau, l’héritier d’Overlook, la garçon qui l’a toujours fait rêver…
Publié le : vendredi 1 juin 2012
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EAN13 : 9782280250658
Nombre de pages : 320
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E bLOG qUI vOUs DIT TOUT sUr ANGEL. « Wedding Angel » ou « AntéMàRiée » ? Après UNE sÈrIE DE marIaGEs raTÈs, LEs ObsErvaTEUrs DU mONDE ENTIEr sE DEmaNDENT sI cELLE qUE L’ON a sUrNOmmÈE « WEDDING ANGEL » — fONDaTrIcE ET DIrEcTrIcE D’UNE aGENcE DE marIaGEs rÈpUTÈE ET qUE NOUs NE NOmmErONs pas IcI — N’a pas ÈpUIsÈ TOUTEs sEs chaNcEs DE rÈUssITE. ïL y a D’abOrD EU La rUpTUrE DE sEs prOprEs îaNçaILLEs après qU’UN paparazzI EUT sUrprIs sON îaNcÈ — UN prODUcTEUr INTErNaTIONaL DE shOws NUpTIaUx DONT NOUs TaIrONs ÈGaLEmENT LE NOm — EN aGraNT DÈLIT D’INîDÈLITÈ avEc UN maNNEqUIN brÈsILIEN. PUIs cE fUT LE famEUx îascO DE cE wEEk-END EN POLyNÈsIE, Où DEvaIT sE DÈrOULEr LE marIaGE DE L’acTrIcE ÉmmELINa BELLE. Es bLOGUEUrs, cOmmE LEs cÈLÈbrITÈs INvITÈEs, avaIENT sOULIGNÈ cOmbIEN L’ÈvÈNEmENT ÈTaIT ImpOrTaNT aUx yEUx DE La sTar sI sOUvENT DIffamÈE : cETTE DErNIèrE chErchaIT UNE fOrmE DE rachaT EN sE marIaNT avEc rEw HaTchEr, L’acTEUr qUI avaIT LE rôLE prINcIpaL DaNs UN îLm qU’ILs vENaIENT DE TOUrNEr ENsEmbLE. SUbTILIsEr L’hOmmE DÈsIGNÈ cOmmE LE pLUs sExy
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DE L’aNNÈE 2010 À sa fEmmE, UNE acTrIcE bIEN cONNUE DE TÈLÈvIsION, avaIT EN EffET rUINÈ La carrIèrE D’ÉmmELINa, ET ELLE aUraIT saNs DOUTE ÈTÈ pLUs avIsÈE DE chOIsIr UNE aUTrE aGENcE DE marIaGE pOUr sE rEfaIrE UNE rÈpUTaTION. A mOINs qUE WEDDING ANGEL, après avOIr sUbI ELLE-mêmE La TrahIsON DE sON îaNcÈ, NE sE sOIT vENGÈE sUr LEs NOcEs DE sON ENcOmbraNTE cLIENTE. êmE s’IL EsT vraI qUE LE marIaGE D’ÉmmELINa ÈTaIT prÈvU DEpUIs LONGTEmps qUaND cELUI DE WEDDING ANGEL a ÈTÈ aNNULÈ, UNE prOfEssIONNELLE passaNT pOUr La arTha STEwarT DU marIaGE aUraIT Dû aNTIcIpEr LE mOINDrE ImprÈvU.
a cÈrÈmONIE avaIT LIEU pENDaNT UN mOmENT maGIqUE, jUsTE avaNT LE cOUchEr DU sOLEIL. ÉmmELINa avaIT DONNÈ carTE bLaNchE À La prEssE DU mONDE ENTIEr, ET LEs mÈDIas avaIENT prIs L’LE D’assaUT, EN hÈLIcOpTèrEs, EN jEEps OU TOUT sImpLEmENT À pIED, OccUpaNT LE mOINDrE rEcOIN pOUr prENDrE UN cLIchÈ DEs marIÈs.
PErsONNE NE pOUvaIT ExIGEr qUE WEDDING ANGEL cONTrôLE LE TEmps qU’IL fEraIT… maIs LE maraamU qUI a brUsqUEmENT baLayÈ L’LE N’aUraIT pas Dû êTrE UNE sUrprIsE pOUr ELLE. CET aLIzÈ OrIENTaL EsT cONNU pOUr sOUfEr EN rafaLEs sUr LEs LEs pOLyNÈsIENNEs EN hIvEr, aUssI pOUvaIT-ON aTTENDrE D’UNE prOfEssIONNELLE qU’ELLE prENNE EN cOmpTE cE GENrE DE cONTINGENcEs pOUr UN marIaGE EN ExTÈrIEUr.
OrsqUE LE maraamU s’EsT brUsqUEmENT mIs À sOUfEr sUr La pLaGE aLOrs qUE L’ON y aDmIraIT La pErfOrmaNcE TrIbaLE DE DaNsEUrs DE fEU, IL a prOjETÈ DaNs sON sILLaGE DEs ammEs sUr LEs TENTEs EN bambOU qUI sE sONT TOUT DE sUITE EmbrasÈEs. ’INcENDIE qUI s’EsT ENsUIvI a prOvOqUÈ La pLUs
GraNDE paNIqUE parmI LEs cONvIvEs qUI ONT prIs La fUITE DaNs TOUTEs LEs DIrEcTIONs. ÉmmELINa s’EsT pOUr sa parT rETrOUvÈE DaNs L’EaU. Sa rIvaLE, L’Ex-fEmmE DE rEw, NE maNqUEra pas D’y vOIr UN symbOLE.
ALOrs qUE LEs pOmpIErs ET LEs sEcOUrs LOcaUx maTrIsaIENT LE sINIsTrE, ÉmmELINa a rEsUrGI DEs EaUx EN fULmINaNT, mOmENT mÈmOrabLE qUE LEs paparazzIs NE sE sONT pas prIvÈs DE îLmEr sOUs TOUTEs LEs cOUTUrEs. Es vIDÈOs ONT ÈGaLEmENT ENrEGIsTrÈ LEs rÈacTIONs DU marIÈ… Après avOIr jETÈ UN cOUp D’œIL À sa « prEsqUE fEmmE » qUI cONTINUaIT DE TEmpêTEr (EN rEGarDaNT aTTENTI-vEmENT LEs phOTOs DECeleBrats, vOUs pErcEvrEz La sEcONDE Où IL a prIs sa DÈcIsION), IL a saIsI La chaNcE qUI s’OffraIT À LUI DE rEcOUvrEr sa LIbErTÈ, ET IL a abaNDONNÈ ÉmmELINa rUIssELaNTE D’EaU près DE L’aUTEL EmbrasÈ.
Es paparazzIs ONT raTTrapÈ rEw UNE hEUrE pLUs TarD À L’aÈrOpOrT, EN TraIN DE sOmmEr UNE hôTEssE DE LUI TrOUvEr UNE pLacE DaNs LE prEmIEr avION qUITTaNT L’LE… CELLE-cI LUI a aLOrs sUGGÈrÈ, UN sOUrIrE pOLI aUx LèvrEs, DE raLLIEr LE cONTINENT À La NaGE. AUssI, À caUsE DU mUraama ET DE La fUITE D’UN îaNcÈ, LEs bOmbEs NUpTIaLEs DOmINENT-ELLEs LEs TabLODs ET INTErNET, aUjOUrD’hUI, ET TOUTEs LEs pErsONNEs INTÈrEssÈEs par LEs marIaGEs pEOpLE À TravErs LE mONDE sE pOsENT La mêmE qUEsTION : « WEDDING ANGEL » OU « ANTÈmarIÈE » ? FaITEs vOs jEUx ! E bLOG qUI vOUs DIT TOUT sUr ANGEL : LE mUsT DEs fUTUrEs marIÈEs !
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* * * — Etes-vous « Wedding Angel » ou « l’Antémariée » ? Cette question recouvrit toutes celles dont on pressait Lily Angelica alors qu’elle s’apprêtait à descendre de son jet privé. Elle ne s’était pas attendue à trouver la presse sur le tarmac, et encore moins à ce qu’on lui pose une telle question. S’arrêtant quelques secondes pour remonter la bride de son sac sur son épaule et changer son ordinateur portable de main, elle en proîta pour rééchir à la réponse qu’elle allait faire. Elle n’avait vraiment pas envie de donner une conférence de presse, fatiguée et énervée comme elle l’était, et avec ces grands cernes noirs qui soulignaient ses yeux ! Toutefois, en excellente professionnelle qu’elle était, elle se ressaisit rapidement. D’un air dégagé, elle afîcha un beau sourire, puis se mit à scruter la foule des journalistes. — Lily, un commentaire sur le mariage d’Emmelina ? — Est-ce que vous conîrmez la rumeur selon laquelle Worldwide Weddings Unlimited a passé un contrat avec la îlle de l’ancien président ? — Lily, est-ce que vous rentrez à Pleasant Valley pour vous cacher après ce qui a été publié sur « Le blog qui vous dit tout sur Angel » ? A la mention du blog, Lily regarda attentivement les journalistes qui l’entouraient aîn d’identiîer celui qui avait eu l’audace d’évoquer cette feuille de chou numérique. Nul doute qu’il s’agissait d’un journaliste de tabloïd. Mais dans toute cette foule, comment l’identiîer ? C’est alors qu’elle se demanda qui avait bien pu annoncer son arrivée à la presse. Elle venait d’atterrir à Pleasant Valley, là où elle avait grandi. Ici, les bourgades étaient des satellites des villes et se déînissaient en fonction du temps nécessaire pour regagner la civilisation. Cinq minutes pour aller à Pleasant Valley. Un quart d’heure pour regagner Poughkeepsie. Une demi-heure pour arriver à la voie rapide.
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Et deux heures pour atteindre Manhattan, le cœur de la civilisation. — Je ne ferai aucun commentaire sur le mariage d’Emmelina, annonça-t-elle enîn d’une voix sufîsamment forte pour ramener le calme parmi les journalistes. Et, oui, je suis heureuse de vous conîrmer que la Worldwide Weddings Unlimited a signé un contrat avec Kate Cochran, pour son mariage. C’est une nouvelle toute frache, dans la mesure où nous venons de signer il y a une heure à peine, juste avant que je ne quitte mon bureau de Manhattan. Et franchement, vous pensez que je suis en train de fuir un blogueur anonyme qui n’a même pas le courage de signer ses textes ? Il s’agit là de publications en ligne uniquement destinées à jeter le discrédit sur ma réputation. Je n’aurais pas cru que des journaux sérieux accorderaient de l’im-portance à de telles vétilles. Quelques rires moqueurs fusèrent. — Je suis désolée de vous décevoir, poursuivit-elle, mais je suis rentrée chez moi en vue d’un mariage familial. — Il n’a été mentionné nulle part, observa un journaliste. Vous venez y assister ou l’organiser ? Elle repéra cette fois celui qui avait posé la question. Un reporter duPoughkeepsie Journal. — Pour les deux raisons que vous venez de citer, répondit-elle. Il n’est pas possible d’avoir une organisatrice de mariages dans sa famille et de ne pas faire appel à elle. Pas si l’on souhaite que le mariage se déroule tranquille-ment, en tout cas. Des rires éclatèrent dans la foule, et quelques appareils cliquetèrent bruyamment. — Vous ne ferez donc aucun commentaire sur le blog, Lily Susan ? Lily Susan… Les seules personnes à connatre son deuxième prénom étaient les gens de sa famille. Elle tourna vivement la tête vers l’endroit d’où s’était élevée la voix… et tressaillit quand
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elle aperçut l’homme au visage familier qui dépassait la foule d’une demi-tête. Ce n’était pas un membre de sa famille, mais, ce qu’il avait pu lui manquer… Soudain, malgré le monde, elle ne vit plus que lui. Max Downey. Les mêmes cheveux noirs et brillants. Les traits toujours parfaitement ciselés. Et le sourire éclair, comme à son habitude. La question serait venue de n’importe quel autre journaliste, elle aurait répondu par une raillerie que la presse se serait empressée d’imprimer. En l’occurrence, Max possédait un journal des plus sérieux, leMid-Hudson Herald, encore que sa question n’en soit pas vraiment digne. Prise au dépourvu, elle sentit son cœur cogner à toute vitesse dans sa poitrine. Leurs regards se croisèrent à distance… Après toutes ses années, les yeux d’un vert perçant de Max avaient encore le pouvoir de lui ravir tout sens de la repartie. Pourtant, elle n’était plus la jeune îlle d’autrefois qui avait été secrètement amoureuse du meilleur ami de son grand frère. Les fossettes et la voix profonde de Max n’avaient plus le pouvoir de l’ébranler, ni de la faire rougir, surtout quand il posait des questions aussi idiotes ! — La dernière fois que j’ai entendu parler de vous, vous étiez à la tête duHerald, monsieur Downey, commença-t-elle en adoptant le voussoiement, eu égard aux autres journalistes. Je croyais que ce grand quotidien employait des professionnels capables de faire la différence entre les questions pertinentes… et les autres. Ces propos déclenchèrent un éclat de rire général, et de nombreux ashes d’appareils photo crépitèrent. Les caméras, elles, n’avaient pas cessé de tourner depuis que la porte de l’avion s’était ouverte. Max pencha la tête d’un côté et la regarda avec un air à la fois amusé et arrogant.
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— Je conîrme les deux afîrmations. Oui, auHerald, nous sommes des professionnels et, oui, j’ai une question pertinente à poser. Elle retint un sourire. Max avait l’assurance des privilé-giés, et il ne faisait aucun doute qu’il était habitué à toujours obtenir ce qu’il voulait. Elle aurait dû prévoir ce qu’il allait dire avant même qu’il n’ouvre la bouche. Elle n’avait plus treize ans, il ne pouvait plus la déstabiliser comme autrefois. C’est alors qu’elle se rappela la demande qui lui avait été télécopiée la veille, au bureau… — Lily Susan, confirmez-vous que la Worldwide Weddings Unlimited envisage de signer un contrat avec le lieutenant-colonel Girard en vue de son mariage et avant qu’il ne se lance dans la campagne pour le poste de gouverneur ? poursuivit-il avec le même aplomb. Elle vit alors toutes les têtes se tourner d’un seul mouvement vers lui. Il y eut des exclamations mêlées à des bruits d’appareils enregistreurs se mettant en marche pour recueillir la dernière nouvelle politique. Il avait de la chance que son annonce ait înalement captivé toute l’attention de la presse, sans quoi elle l’aurait sans doute étranglé, se moquant des caméras ! — Downey, que savez-vous de cette candidature ? — A quel courant politique appartient le candidat ? — Qu’est-ce qui fait penser au candidat qu’il a une chance de l’emporter sur l’actuel gouverneur ? La vapeur se renversa, et la conférence de presse devint celle de Max. Elle n’était pas aussi impromptue que la sienne, car il était manifeste que celui-ci avait une idée en tête en venant ici, songea Lily, mais elle était impressionnée, tant par la faculté des journalistes à changer complètement de sujet que par la matrise absolue de Max. — Le lieutenant-colonel Girard est le frère de ma défunte épouse, expliqua-t-il de bonne grâce. Sa deuxième mission en Afghanistan se termine în mai, date à laquelle il prendra sa retraite de l’armée. De retour à la maison, il
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espère continuer à servir le pays en tant que gouverneur de l’Etat de New York. — Qui le candidat va-t-il épouser ? — Le sous-lieutenant Jamilyn Carmichael, actuellement en mission en Irak. Ils seront de retour un peu avant les vacances, et ils prévoient de donner une grande fête sur la propriété de mes parents, ce qui lancera aussi ofîciellement la campagne du lieutenant-colonel Girard. Voilà pourquoi nous avons besoin de Wedding Angel pour organiser la cérémonie. La propriété de ses parents… Cette simple évocation toucha une corde sensible en Lily. Que de fois, petite îlle, n’avait-elle pas imaginé se marier sur ce magniîque domaine qui offrait une vue imprenable sur l’Hudson… — Est-ce que vous vous êtes servi de la relation qui lie votre famille à Wedding Angel pour qu’elle accepte de s’occuper de la cérémonie ? Il aurait été plus exact de dire qu’il avait abusé de cette relation, se garda de rectiîer Lily. Quoi qu’il en soit, elle n’avait pas encore accepté ce contrat. Mais ce journaliste connaissait au moins l’histoire locale, ce qui n’était pas le cas de tous. Les têtes se retournèrent vers elle, comme si la plupart étaient surpris d’apprendre qu’il existait des liens entre la famille Downey et Worldwide Weddings Unlimited. Lily jugea alors opportun de reprendre le contrôle de la situation. — Je suppose que les mariés voudront un mariage placé sous le signe de la paix, étant donné que tous deux reviendront de zones de guerre. — Et Wedding Angel est tout à fait en mesure d’apporter la paix, répondit Max d’une voix dans laquelle elle décela une pointe de déî. — Je vous remercie de votre intérêt, mais une réponse de ma part serait prématurée, décréta-t-elle. La seule chose
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que je puisse vous dire, c’est que la demande sera soumise à la procédure habituelle en cours dans notre société. Elle décocha un sourire professionnel à l’assistance et ajouta : — Mais je peux vous assurer que vous serez les premiers informés de la décision. Il vous sufîra d’envoyer un fax ou un e-mail à mon assistante en mentionnant cette conférence de presse. Décision qu’elle avait déjà prise : elle allait utiliser son droit de veto pour refuser de prendre en charge cette mission impossible. Elle ne pouvait pas accepter une organisation aussi préci-pitée. Pas après que son propre mariage eut été annulé, et qu’un autre mariage dont elle avait la charge eut lui aussi fait naufrage avant d’être célébré. Et elle ne doutait pas que tous les journalistes ici présents connaissaient les moindres détails peu glorieux des deux événements. Elle voulait oublier l’horrible chaos des noces avortées d’Emmelina Belle au plus vite. Quant à son propre mariage, elle l’avait transformé en un grand gala de charité, car elle refusait que ces noces parfaitement orchestrées soient totalement gâchées. Dans la mesure où il devait se tenir sur les côtes dalmatiennes, en Croatie, elle avait choisi comme bénéîciaire une organisation chargée des orphelins de guerre de l’ancienne Yougoslavie. Au moins, ce mariage avorté aurait-il fait des heureux… Mais le contrecoup émotionnel avait été dur, et elle était rentrée à Pleasant Valley, chez ses parents, pour se retrouver et refaire le plein d’énergie. Il fallait qu’elle guérisse avant d’épuiser son capital créatif, sans quoi ce serait sa crédibilité professionnelle qui serait menacée. Elle était rentrée pour se reposer, mais aussi pour organiser le mariage de sa belle-sœur Riley, des noces si simples qu’elle pouvait presque en concocter le programme en dormant. Max n’avait aucun droit de la mettre ainsi sur la sellette,
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se dit-elle soudain. S’il pensait qu’elle se sentirait obligée d’accepter sa proposition en raison de son annonce publique, il se trompait. — Merci pour votre accueil, déclara-t-elle, avant qu’une autre question délicate ne surgisse. J’espère avoir répondu à toutes vos questions. Comme elle regrettait de ne pas pouvoir répondre aux siennes ! Elle aurait tant aimé comprendre pourquoi elle avait soudain perdu le contrôle de sa vie, savoir si elle pourrait un jour retrouver un équilibre… Professionnellement, elle était en mesure de donner le change, mais sur le plan personnel, elle était à bout de nerfs. Pourquoi fallait-il que Max surgisse dans sa vie pour ampliîer le chaos qui y régnait déjà ? Ravalant un soupir, elle se tourna pour remercier le pilote, puis descendit la passerelle. Les journalistes se dispersèrent tandis qu’elle se dirigeait vers le terminal de l’aérodrome, où ses bagages l’attendaient sur un chariot. Elle scruta les personnes qui se tenaient derrière les vitres. Ne voyant pas son père, elle en déduisit qu’il était resté à l’extérieur. Elle aperçut Max, qui pénétrait dans le terminal. Grand et séduisant avec ses cheveux brillants et ses yeux clairs, il avait la même silhouette qu’autrefois, la démarche souple et athlétique, une carrure impressionnante. Mais qu’est-ce qui lui avait pris de lui poser une telle question en public ? Encore une fois, ce n’était pas digne de lui. Elle se rappela alors un épisode où il avait été des plus chic avec elle. Il était à l’université, elle au lycée, et il l’avait découverte en train de boire de l’alcool, en compagnie d’autres adolescentes. Il avait promis de ne rien dire à ses parents, mais il l’avait aussi menacée de dévoiler le pot aux roses en cas de récidive. Puis il avait insisté pour la raccompagner chez elle. Il avait tenu sa promesse : il n’avait rien dit à ses parents. Et elle, elle n’avait pas récidivé. Il se dirigea vers un banc, prit le trench-coat qui s’y trouvait et, après l’avoir enîlé, se tourna vers elle. Lorsqu’il
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