Un Sauvage à Strasbourg

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A Strasbourg où il descend enfin du train à zéro heure sept minutes, un jeune Camerounais, abasourdi par les allées et venues des autres voyageurs, ne sortira de la gare que vers trois heures du matin pour s'engouffrer dans un taxi qui le conduira au Foyer de l'Etudiant Catholique, à la Place Saint-Etienne. C'est le début d'une palpitante aventure en terre alsacienne où il ira de découverte en découverte : la vie au F.E.C., une randonnée ponctuée par une réception au Palais Universitaire, la découverte de la secte Moon suivie d'un week-end à Vaucresson, dans la banlieue parisienne. Seulement, la désillusion est là, amère et poignante.
Publié le : lundi 20 juin 2011
Lecture(s) : 129
EAN13 : 9782304002461
Nombre de pages : 125
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Un Sauvage à Strasbourg
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Jean-Marcel Meka d’Obam
Un Sauvage à Strasbourg
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00246-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304002461 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00247-8 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304002478 (livre numérique)
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AU FOYER DE LÉTUDIANT CATHOLIQUE
Un taxi me déposa vers trois heures du matin à la Place Saint-Étienne. La valise et la mallette à la main, les oreilles abasourdies par les bruits insolites de la nuit, je me dirigeai, d’un pas lent, vers l’entrée principale du Foyer de l’Étudiant Catholique. Je devais y rester un mois et demi, pendant toute la durée des Cours d’Été qu’organise, chaque année, l’Université des Sciences Humaines de Strasbourg II. J’eus à peine le temps de sonner que j’aperçus une tête bouger d’une des fenêtres vitrées du premier étage. L’inconnu qui me faisait de grands signes de la main avait certainement été attiré par le claquement sec de la portière, peu avant que le chauffeur de taxi ne démarrât en trombe. La Place Saint-Étienne était illuminée. Je ne craignais donc pas de me laisser surprendre par un éventuel rôdeur malveillant. J’attendais, d’un pied ferme, l’arrivée de cet étranger qui m’interpellait. Des minutes plus tard, le portail s’ouvrit, laissant paraître un étrange individu en
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Un Sauvage à Strasbourg
blouse blanche. De sa voix mi-masculine, mi-féminine, l’inconnu me pria d’entrer. C’est à cet instant précis qu’une certaine inquiétude commença à me gagner véritablement. Je ne savais pas quelle conduite adopter. Car, à la vue de la grosse canne que tenait ce curieux personnage, l’idée me vint de prendre mes jambes à mon cou. Mais je dus y renoncer, me souvenant que le portail avait été fermé à clé. Je finis par comprendre, avec soulagement, que cet homme qui avait toutes les apparences d’un criminel était, en réalité, inoffensif : il souffrait d’une infirmité congénitale. Mon hôte m’entraîna vers un petit salon et prit soin de refermer la porte d’entrée qu’il avait laissée ouverte. Il me désigna un fauteuil où je m’installai confortablement, me dit d’un ton enroué de l’attendre un moment. J’acquiesçai d’un léger hochement de tête. Il entra dans la pièce contiguë à la salle de réception avant que sa grosse tête en forme de pastèque ne se cadrât derrière un guichet. Il s’empara aussitôt d’un registre matricule dont il avait grand-peine à tourner les feuillets. Je déclinai mon nom patronymique. Des minutes passèrent sans que l’inconnu repérât mes coordonnées. Il renouvela l’opération plusieurs fois, sans succès. – Désolé, monsieur, me dit-il. La direction ne vous a pas réservé de chambre ici ! Je ne trouve pas votre nom !
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