Un tout petit monde

De
Publié par

Où sont les campus d'antan où des profs besogneux erraient comme des âmes en peine entre deux cours, l'intelligence en jachère, la libido en sommeil ? Les médias ont changé tout cela, les arrachant à leur solitude, les amenant à communiquer avec leurs collèges à l'autre bout du monde. L'ère du campus global est arrivée et ses liturgies favorites sont les congrès. D'universités en colloques, de cocktails en salles d'embarquement, étudiants, érudits, écrivains en herbe, grands manitous de la fac, universitaires ratés, têtes pensantes, parfois rêveuses ou volontiers dévergondées, virevoltent, une valise à la main, une coupe de champagne dans l'autre, dans une quête éperdue de reconnaissance internationale, d'amour et de fantaisie. "Un tout petit monde est un des livres les plus amusants et les plus férocement hilares publiés au cours du siècle dernier. Lisez Lodge. Vous aurez conquis un monde et vous vous serez amusés comme cela ne vous était jamais arrivé." (Umberto Eco)
Publié le : mercredi 23 avril 2014
Lecture(s) : 17
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782743628055
Nombre de pages : 524
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Dans es unîversîtés, ’ère de a mondîaîsatîon est arrîvée. La mode des congrès a envahî ce mîcrocosme împîtoyabe. De cooques en sémînaîres, de cocktaîs en saes d’embarquement, étudîants, écrîvaîns en herbe et professeurs émérîtes vîrevotent une vaîse à a maîn, une coupe de champagne dans ’autre, avîdes de reconnaîssance et d’amour. Phîîp Swaow, déjà au centre de Jeu de socîété et Changement de décor, revîent dans cette comédîe îrrésîstîbe, menée de maîn de matre par Davîd Lodge.
«Un tout petit mondeun des îvres es pus est amusants et es pus férocement hîares pubîés au sîèce dernîer. Lîsez Lodge ! » Umberto Eco
Un tout petit monde
Davîd Lodge
Un tout petit monde
Préface de Umberto Eco
Traduît de ’angaîs par Maurîce et Yvonne Couturîer
Rîvages
Retrouvez ’ensembe des parutîons des Édîtîons Payot & Rîvages sur payot-rîvages.fr
Tître orîgîna :Small World
© 1984, Davîd Lodge © 1991, Édîtîons Rîvages pour a traductîon françaîse © 1992, 2014, Édîtîons Rîvages pour ’édîtîon de poche 106, bd Saînt-Germaîn – 75006 Parîs
ïSBN : 978-2-7436-2806-2
Bienvenue au campus !
Un texte inédit de David Lodge Traduit par Maurice Couturier
Lecampus novel, ou roman unîversîtaîre, est un phénomèneîttéraîreessentîeementango-amérîcaîn.Le premîer eXempe fut amérîcaîn,The Groves of Academede Mary McCarthy (1952), suîvî en Angeterre par e roman de Kîngey Amîs,JimlaChance(1954), queques années avant que e mot «campus» désîgne e terrîtoîre encos d’une unîversîté ou d’un coège unî-versîtaîre, îeu rêvé pour servîr de cadre à une hîstoîre. (L’une des raîsons pour esquees î y a très peu de campus novelssur e contînent européen, c’est que es unîversîtés y sont moîns coupées, sur e pan archîtec-tura et socîa, de eur envîronnement.) ï y avaît eu des romans sur a vîe estudîantîne ayant es années cîn-quante, bîen sûr, maîs faît nouveau avec ecampus novel, ’hîstoîre étaît centrée sur a vîe même des pro-fesseurs. Le genre contînua d’évouer à mesure que ’enseîgnement supérîeur se déveoppaît après-guerre, et de pus en pus de romancîers, ou de romancîers en herbe, commencèrent à occuper des postes dans es unî-versîtés, comme ce fut mon cas. Je ne pense pas que beaucoup se soîent mîs en tête d’écrîre uncampus novelcomme on pourraît entreprendre un roman poîcîer ou n’împorte quee autre forme de Ictîon possédant des
7
conventîons et des formues toutes faîtes. Nous essayîons de donner une forme îttéraîre à des îdées et à des eXpérîences vécues dans e mîîeu unîversîtaîre, et cherchîons des varîatîons nouvees par rapport à des romans sîmîaîres. Loîn de moî ’îdée d’écrîre une trî-ogîe unîversîtaîre mettant en scène es mêmes person-nages et une unîversîté Ictîve des Mîdands. C’est ce quî arrîva pourtant, sous ’effet de troîs sources dînspîratîonsdîstînctes.
À partîr de 1970, a scoarîté de nos enfants ne nous permît pus de vîvre à ’étranger, maîs je contînuaî de voyager par nécessîté académîque, d’abord à ’întérîeur de ’Europe, et ensuîte beaucoup pus oîn, pour une tournée de conférences dans des unîversîtés à ’étranger organîsée par e Brîtîsh Councî, ou, pus souvent, une partîcîpatîon à un cooque înternatîona. Une bonne façon de voîr e monde, tous fraîs payés et ’héberge-ment assuré en échange de queques conférences ou communîcatîons. Dans es premîers jours de 1978, je fus învîté à parer à a mère de tous es congrès, a conventîon annuee de a Modern Language Assocîatîon of Amerîca. L’ampeur et e tempo fréné-tîque de ’événement me surprîrent. DîX mîe unîversî-taîres s’entassaîent dans deuX gratte-cîe au beau mîîeu de Manhattan, troîs jours durant, à écouter et partîcîper à des dîscussîons, des « Devînettes en vîeî angaîs » à « L’enseîgnement et ’apprentîssage du fémînîsme es-bîen », ces trente ateîers se dérouant en même temps de 8 h 30 à 22 h 15 non stop. Et ce n’étaît à qu’un des aspects du congrès. C’étaît avant tout un endroît où rencontrer des gens, de vîeuX amîs ou de vîeuX ennemîs, des gens que vous ne connaîssîez jusqu’aors que par eurs pubîcatîons, de jeunes unîversîtaîres à a recherche d’un job, et des unî-versîtaîres pus âgés en quête de queque poste vacant.
9
Bîen sûr, d’autres rencontres, pus întîmes, étaîent aussî organîsées.Undemesamîsbrîtannîquesfutaccostéaprès sa communîcatîon par une femme charmante quî ’învîta à passer a nuît avec ee. « Les gens vîennent à ce cîrque pour baîser », ’assura-t-ee, tandîs qu’î décînaît son offre. Certes, ee avaît tort, maîs pas tota-ement. La combînaîson d’întérêts professîonnes et de rencontres érotîques faît du congrès ’occasîon rêvée pour des unîversîtaîres, a brîde domestîque sur e cou, de nouer des reatîons întéressantes, et offre bîen des possîbîîtés romanesques. (Ma femme me faîsaît conIance quand j’étaîs en dépacement, maîs certaîns coègues gobe-trotters se paîgnîrent parfoîs qu’après avoîr uUn tout petit monde, eurs épouses se mîrent à es consîdérer avec suspîcîon.) L’îdée d’écrîre un roman sur desconferenzlopersînternatîonaes (pour reprendre a termînoogîe adoptée par es Néerandaîs) ne me vînt pas à ’esprît avant e moîs de juîn suîvant, ors du septîème Symposîum înternatîona James Joyce, quî se tenaît cette année-à à Zürîch, où Joyce avaît vécu queques années et écrît Ulysse. Peu après m’être enregîstré à ’hôte, je me rendîs à a premîère séance pénîère du cooque. Bîentôt, je réaîsaî que tous es gens quî marchaîent dans a même dîrectîon que moî étaîent euX aussî des unîversîtaîres et, tandîs que nous jetîons un coup d’œî à nos badges, je comprîs que je es connaîssaîs de réputa-tîon sînon personneement, et qu’euX aussî me connaîs-saîent. Pus tard, dans e pub James Joyce, un authentîque bar de Dubîn démanteé et reconstruît avec amour sur Peîkanstrasse, on contînua à se sauer et à se présenter tout en écusant des Guînness pressîon en ’honneur du grand écrîvaîn. De Zürîch, je prîs ’avîon pour ïsraë aIn de partîcîper à un autre cooque sur « La poétîque du roman et a théorîe narratîve », et à, a même eXpé-rîence se renouvea – à une moîndre échee, car e
1
0
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Le Voyage d'Octavio

de editions-rivages

45 tours

de editions-rivages

Mary

de editions-rivages

suivant