Un village au bord du Mékong

De
Publié par

Un hommage à l'Asie et aux femmes Le destin tourmenté d'un européen, à la croisée des cultures Enseignant, Bernard Tellez a vécu en Asie et en Australie. Il réside actuellement dans sa ville natale, Toulouse, et nous offre un roman au rythme enlevé, à la langue alerte et vivante. 1975. Après le départ des américains du Vietnam, un enseignant français expatrié fuit le pays pour regagner son poste à Bangkok. De retour au vingt-cinq ans plus tard, il retrouve Anh, une ancienne congaï devenue peintre, qu'il aide à quitter le pays. Deux époques se font alors face dans sa mémoire.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 117
EAN13 : 9782748179262
Nombre de pages : 265
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Titre
Un village, au bord du Mékong
3
Titre Bernard Tellez
Un village, au bord du Mékong
Le regard d’Hanoi
Roman
5 Editions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-7927-7 livre imprimé ISBN 13 : 9782748179279 livre imprimé ISBN : 2-7481-7926-9 livre numérique ISBN 13 : 9782748179262 livre numérique
.
.
Bangkok n’était pas encore cette mégalopole, riche des mirages hallucinants du raffinement technologique, ville de plaisir où le sexe est planifié jusque dans ses moindres recoins… Chaque jour, ses hordes de touristes défilent au milieu d’embouteillages monstres, dans le silence des temples, trouvant matière à recueillement. Au-delà des apparences, une fois dehors, sortis de l’enceinte des « wat », la ville asiatique mordante et sensuelle, reprend le dessus, par l’envahissement de son vacarme incessant. Les touristes n’ont d’autres recours que de s’arrêter, ébahis, devant les vitrines des magasins de luxe pleines de fac-similés des grandes marques occidentales. Quand je songe à mon séjour, dans une ville que je ne peux revivre qu’en souvenir, je me vois déambuler, sous un soleil de plomb, le long de la Sathorn Road, le long d’un « klong », canal ombré, qu’enjambaient des passerelles… Le cinéaste Just Jackin tournait, « Emmanuelle », avec Sylvia Cristel, et je suis presque gêné d’être sensible encore, à la chanson de Pierre Bachelet, modulant le scénario… Bangkok, pollution et bruit, déferlement d’un urbanisme mal
9
contrôlé… Qu’est devenue la « Grande cité royale des anges », la Venise de l’Orient ? Toi, Kung, qu’es-tu devenue, en courtisane dérisoire qui vivait de son corps, en cette année 1975 ? Je me souviens de ta jeunesse, à l’époque où, des bases de lancement séparées du Laos, par le Mékong, les B-52 s’élançaient pour bombarder le nord de Da-nang, les environs d’Hanoi ? J’avais vingt-cinq ans, toi, dix sept… Si tu es morte aujourd’hui, tu resteras vivante, dans mon souvenir, comme le premier jour où je t’ai rencontrée, où un hasard prémédité nous mit en présence… Peut-être flottes-tu, parmi les îles flottantes des jacinthes d’eau, sur l’eau limoneuse du Mékong, où l’esprit des morts, paraît-il, reste toujours vivace… Saigon, l’actuelle Hô Chi Minh-ville… Avril 1975… Des multitudes de vietnamiens agrippent comme des larves, les grilles de l’Ambassade américaine. Cohue, violence d’une foule en effervescence, assiégeant l’Ambassade, éperdue… Tout le monde veut partir, sauf ceux qui, hagards, dépassés par les évènements, n’ont plus le courage de rien, dans leur délire hébété, voulant croire que la vie continuera, comme avant… Dans une maison de passe de Cholon, une fille, seule, attend le client… On fait toujours la même chose… Elles s’ouvraient parfois, ces grilles, en laissaient passer quelques
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.