Une clef au fond du lit

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Lorsque Rodolphe invite François-Félix et Sarah à une halte gourmande à l’Ecluse de la Charme, tout laisse présager une escapade radieuse. Pourquoi cette jolie rousse, talentueuse autant que maladroite, y vient-elle conter cette histoire de sorcières ? Morgane doit, à nouveau, employer tout son génie pour résoudre la nouvelle énigme.

Dolmenius et Loprechaun lui ouvriront-ils les yeux ? François-Félix, Rodolphe et Arthur pêcheront-ils suffisamment d’indices ? L’inspecteur Meunier acceptera-t-il de les couvrir ?

Le coffret ? La maison bleue? La mort de Gaston? La dame Blanche? La mystérieuse Coco de la clairière? Et le magot !

Dans quel traquenard es-tu tombée, petite curieuse au grand cœur ?

Plongez, à votre tour, au fond du lit? Cherchez le trou de la serrure? Suivez Morgane ?



Publié le : jeudi 1 janvier 2009
Lecture(s) : 34
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782952633963
Nombre de pages : non-communiqué
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A l’hôpital général FrançoisFélix traverse la cour de l’hôpital général, après avoir franchi d’un bond les quelques marches d’accès au perron du service de radiographie. Il tient, à la main, la grande enveloppe protégeant les clichés que la manipulatrice vient de réaliser de ses poumons, le gauche tout particulièrement. Il s’en souvient, comme si c’était hier, de cette opération au cours de laquelle une partie de son poumon gauche s’est fait la valise sur le billard du chirurgien. Depuis plus de six ans, il s’est habitué à cette petite infirmité. Il n’en éprouve plus aucune gêne. Au début, il était convoqué très régulièrement, pour des examens, au service de pneumologie. Puis il n’est plus revenu que tous les six mois. Il n’a pas remis les pieds dans le vieil hôpital depuis une année entière et il espère que ce rythme annuel annonce la fin des consultations, dans un futur proche. Il entre dans le service de madame le docteur SaintEtienne, femme énergique et rassurante qui le suit depuis le début de ses ennuis. Il ne fait qu’une très courte halte dans la salle d’attente, phénomène rare donc apprécié, juste le temps de constater que les magazines n’ont pas été renouvelés depuis sa dernière visite, ou si peu… Nul besoin d’en vérifier la date de parution, l’état de conservation des journaux hebdomadaires ou mensuels suffit à renseigner un œil un tant soit peu observateur. La porte du cabinet, de l’autre côté du couloir, s’ouvre et la chef de service l’invite à entrer. « Alors, monsieur FrançoisFélix, ça roule ? — Impeccable, ça roule, docteur !
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— Comme vous le constatez, nous ne sommes pas seuls, en têteàtête, comme parfois. Je vous présente mes cinq étudiants stagiaires qui assureront la relève, un jour… Il faudra bien passer la main, n’estce pas ? — J’espère bien passer la main avant vous, docteur. Je laisserai volontiers mes tickets de consultation à d’autres patients. Mais cela dit, nos têteàtête, comme vous dites, sont fort agréables depuis que je n’arrive plus essoufflé dans votre cabinet. — Messieurs, je fais rapidement la présentation de monsieur FrançoisFélix. Nous nous connaissons depuis six ans, c’est bien ça ? — Oui, nous soufflerons bientôt la septième bougie, à moins que vous jugiez m’avoir assez vu… — Vous avez devant vous un exemple de non résignation face à un pépin pulmonaire. Ce monsieur n’a jamais voulu arrêter son activité physique, professionnelle ou de loisirs, même si le souffle était parfois court. Il est facteur, inlassable pourvoyeur de bonnes nouvelles ou de factures, infatigable voyageur au pays des boîtes à lettres, toujours sifflotant au guidon de son vélo dont les roues connaissent tous les recoins des rues de sa tournée postale. Pouvezvous me rappeler comment vous l’avez baptisée, votre sacrée bicyclette ? Pégase ? — Ah, non, docteur ! Jolly Jumper… depuis que j’ai arrêté de fumer… comme Lucky Luke ! — Plein de courage, plein d’humour et… détective, notre fin limier. Si vous avez un moment à savourer en sa compagnie, demandez à notre préposé de vous narrer comment il a résolu les affaires du bébé trouvé sur un trottoir dijonnais dans les bras d’un clochard fraîchement assassiné, celle de la main du squelette du menhir morvandiau, celle du trafic de diamants des bords de l’Ouche, celle du chevalier de SaintAngel, celle…
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— Pitié, docteur, je rougis de votre gentillesse, mais je n’étais pas seul sur ces différentes enquêtes. — C’est vrai, mais tout de même souvent élément essentiel… Et comment va votre poumon ? Voyons voir ces nouvelles radios ? — Le poumon va bien, je crois. Le bonhomme est en forme aussi. Je continue mes chevauchées cyclistes. Mon chef voulait me confier un travail de bureau, mais j’ai refusé cette sorte de promotion, je tiens trop à ma liberté à travers les rues. Par contre, les énigmes à résoudre ne sont plus d’actualité. Comme vous dites si justement, un jour il faut passer la main ! — Et bien, ces radios me semblent parfaites. Vous pouvez comparer avec les clichés précédents, messieurs. L’amélioration est évidente. Monsieur FrançoisFélix, continuez dans cette voie, je vais perdre un patient mais j’en suis fort heureuse pour vous. On se dit à dans deux ans, pour une ultime visite ? — Merci, docteur. Je n’oublierai pas les soins que vous m’avez prodigués, vos nombreux encouragements non plus, bien sûr, et encore moins votre sens de l’accueil et de l’humour. — Et si, à l’occasion d’une prochaine énigme à résoudre, vous avez besoin d’un médecin légiste, n’oubliez pas que ce fut ma première spécialisation, avant la pneumologie. Car j’espère que l’heure de votre retraite n’a pas encore sonné, Sherlock Holmes… ah, non, mille excuses, Lucky Luke ! » FrançoisFélix reprend le chemin inverse, sans passer par la case radiologie, pour rejoindre la sortie. Il s’autorise à dire un petit coucou au service des entrées et du secrétariat, bien qu’il ne trouve rien d’officiel à y faire. Sa tournée postale a été modifiée et l’hôpital n’appartient plus à son secteur. Il n’apporte plus la montagne de courrier
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quotidien, en début de tournée, comme au temps de son opération. Il ne rend plus service, de ce fait, en relevant le courrier au départ, en fin de service. Mais il ne manque jamais une occasion de venir prendre des nouvelles. « Hello, les filles ! Un petit coucou éclair, en passant. Tout le monde va bien ? — Coucou FrançoisFélix ! Et toi, ça roule, beau gosse ? — Tiens, voilà le facteur ! Pourtant pas l’époque des calendriers !… hi, hi, hi ! — Kikou FanFanLucky ! Sarah t’a donné la permission de venir nous faire la bise ? — Oui ! Allez, juste une bise à chacune, car aux piles qui s’amoncellent sur vos bureaux, je comprends que ce n’est pas le moment de vous déconcentrer. — Tu ne dis plus “distorber” comme dans ton lexique morvandiau ? — Tu es pressé ? Jolly Jumper piaffe ? — Ou peutêtre une bande de dealers de cocaïne à mettre sous les verrous de ton ami le commissaire Meunier ? — Rien de tout ça, mais je vous laisse travailler. Bonne journée, mes belles, et à la prochaine ! » Le facteur en civil reprend son vélo jaune d’or et regagne ses pénates.
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