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Une échappée solitaire (Tome 1)

De
183 pages
Rémi Sellard, un jeune ingénieur, entre dans la vie active avec enthousiasme. Il est bien décidé à faire un sans faute. De fait, dans un premier temps, il se sent heureux. Mais les réalités de l'existence lui montrent les limites de son style de vie. Il lui tarde de rencontrer l'âme soeur. Un soir, il rencontre Sophie. Et c'est ainsi qu'une approche raisonnée de la vie peut conduire au chaos. Cette échappée solitaire nous fait aussi suivre notre héros cyclotouriste dans ses pérégrinations sur les routes de France pour y admirer des paysages pittoresques et y rencontrer des personnages cocasses. En parallèle, elle nous entraîne dans les méandres tourmentés d'un amour contrarié et nous fait réfléchir sur la solitude.
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Titre
Adrien Banize
Une échappée solitaire
Tome I : La vie devant soi
Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-7508-5 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748175080 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-7509-3 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748175097 (livre numérique)
6





. .

8







À toi Gilles,

Nous avions la même ambition et la même
espérance. Nous sommes passés par la même
filière de préparation à la vie active, avons suivi
le même parcours. En définitive, nous nous
sommes heurtés aux mêmes écueils.
Là où tu te trouves aujourd’hui, si tu en as la
possibilité, tu dois bien rire de tes tourments
passés…
9 Fin De Service Militaire

FIN DE SERVICE MILITAIRE
« La vraie vie commence enfin pour moi ! »
Voilà ce que se disait Rémi Sellard au
moment précis où il franchissait pour la
dernière fois le portail de l’arsenal de la marine
de Toulon. Cette belle journée du vendredi
26 juillet 1985 correspondait à la fin de son
service militaire. Il marchait d’un pas alerte
malgré le poids de l’imposant sac qu’il portait
sur le dos et il ressentait une joie intense.
Pourtant, les raisons qui motivaient son
euphorie n’étaient pas celles qu’on pourrait
croire. La période qui se concluait avait assez
intéressante et même plutôt agréable. En tant
que scientifique du contingent, il avait été
chargé d’enseigner l’électricité et l’électronique à
des militaires de carrière et il n’avait pas eu le
sentiment de perdre son temps. Il avait eu
affaire à des élèves intéressés et motivés par ce
qu’ils apprenaient. En fait, cette année passée
sous les drapeaux avait même été plus plaisante
que toutes celles qui avaient précédé : pas de
stress ni de soucis malgré quelques
11 Une Échappée solitaire
responsabilités, environnement agréable, volume
de travail à fournir modéré, possibilité de
pratiquer intensivement un sport, tout cela lui
avait permis de trouver son sort acceptable,
voire enviable, et n’avait donc aucun rapport
avec l’image rébarbative du service militaire
dans l’inconscient collectif.
Ce qui rendait Rémi si heureux était donc
autre chose que le simple fait d’être rendu à la
vie civile. Ce qui le réjouissait tant, c’était
simplement le fait de connaître enfin
l’autonomie, de se sentir vraiment responsable,
d’en avoir fini avec les préliminaires.
Tandis qu’il marchait d’un air dégagé, il se
projetait en lui-même les images de ce qu’avait
été sa vie jusque-là : une enfance assez heureuse
dans une famille aisée, une éducation
traditionnelle et rigoureuse, une adolescence
sage et studieuse, des études secondaires
brillantes au lycée de garçons d’Arras, le calvaire
des classes préparatoires, des études supérieures
vécues dans une certaine anxiété à l’ESIEL,
l’École Supérieure d’Ingénieurs en Électronique
de Lille, une dernière année d’études plus
détendue au Churchill College de Londres.
Pour lui, l’expression études supérieures avait été
synonyme de sacrifice, de renonciation au
plaisir immédiat, d’attente de jours meilleurs.
Les années passées à Lille et à Londres, il les
avait consacrées à un objectif unique : obtenir
12 Fin de service militaire

son diplôme d’ingénieur. Les efforts continuels
qu’il avait dû déployer sur cette longue période
et la patience dont il avait dû faire preuve
n’avaient pas été vains, puisqu’il avait fini par
décrocher son diplôme dans des conditions fort
honorables.
Il avait l’impression de naître pour la seconde
fois. Désormais, les portes de la vie lui étaient
grandes ouvertes, et il prenait ainsi son envol
dans les meilleures conditions. D’ailleurs,
l’année agréable qu’il venait de passer
constituait la preuve irréfutable du bien-fondé
de sa démarche, fortement inspirée par les
conseils avisés de sa famille.
L’avenir s’annonçait donc sous les meilleurs
auspices. Un poste d’ingénieur d’études en
électronique l’attendait chez Audivision, le
grand fabricant de matériel audiovisuel
professionnel et grand public. La seule chose
qui le contrariait était l’obligation d’aller
s’installer en région parisienne, là où se
trouvaient les laboratoires de l’entreprise. Il
aurait préféré aller en province, voire rester près
de sa famille dans la région de Cannes.
Cependant, le travail qui lui était proposé le
motivait beaucoup, et il n’avait rien trouvé
ailleurs qui fût aussi intéressant.
« Bah ! se dit-il. Je resterai sur Paris pendant
3 ans, et je rentrerai sur la Côte. Cela nous
reporte à mi-88. À ce moment-là, avec mon
13 Une Échappée solitaire
expérience, je pourrai facilement me trouver un
bon job dans la région. Mais d’ici là, je suis sûr
que je ne vais pas m’ennuyer ! »
Et il marchait ainsi, plongé dans ses pensées
optimistes, lorsqu’une voix familière
l’interpella :
« Eh, Oh, Rémi ! Attends-moi ! »
Rémi se retourna et reconnut aussitôt son
ami Pierre Normand qui courait après lui pour
le rattraper.
Pierre était un garçon plutôt timide et réservé
dont il avait fait la connaissance pendant l’année
écoulée et avec lequel il s’était lié d’amitié.
Physiquement, ils étaient assez dissemblables et
offraient un spectacle plutôt cocasse lorsqu’ils
marchaient côte à côte. Pierre était un grand
brun maigre et frisé tandis que Rémi, brun lui
aussi, était plutôt trapu, portait des lunettes et
avait une taille qui ne dépassait pas 1 mètre 70.
Malgré leurs différences physiques, leurs
passions communes pour les sorties à vélo, les
antiques postes de TSF à lampes et bien
d’autres choses encore les avait rapprochés et ils
avaient largement profité de leurs moments
libres tout au long de cette année un peu
particulière pour parcourir ensemble les routes
de la région de Toulon à vélo.
« Ah, c’est toi Pierre ! répondit Rémi. Mais
où étais-tu donc ? Je t’ai cherché toute la
journée !
14 Fin de service militaire

– J’étais à mon bureau. J’avais encore un
dossier pédagogique à terminer.
– T’es fou de faire du zèle comme ça, c’est
fini pour nous ! On a fait notre boulot assez
consciencieusement pendant l’année.
– Oui, je sais bien, mais je ne voulais pas
partir en laissant les lieux dans le désordre. Au
fait, ton vélo, tu l’as pas laissé sur place au
moins ?
– Oh non, rassure-toi. Je l’ai fait enregistrer à
la gare hier soir. Et toi ?
– Pour moi, c’est fait depuis mercredi.
– Nous aimons trop le vélo pour être capable
d’oublier nos bécanes, pas vrai ?
– Tout à fait. J’espère qu’on pourra se revoir
bientôt pour faire une balade de temps en
temps.
– Tout dépend de l’endroit où tu comptes
décrocher ton job. Ce sera sur Paris au moins ?
– C’est pas impossible. En ce moment, je
suis en négociation avec Intcomsys, l’organisation
internationale de télécommunications, et ils ont
quelque chose à me proposer à Fontainebleau.
C’est pas très loin de Paris. »
Tandis qu’ils discutaient ainsi, ils pénétrèrent
dans la gare de Toulon. Ils allaient devoir se
séparer. Lorsqu’ils eurent traversé la cohue,
habituelle le vendredi soir dans le hall de la gare,
Rémi reprit la parole :
15 Une Échappée solitaire
« On va devoir se quitter. Tu retournes à
Nantes, n’est-ce pas ?
– Et oui mon vieux, je dois aller sur l’autre
quai.
– Les meilleurs moments ont toujours une
fin. Dès que tu as du nouveau, écris-moi chez
mes parents. Le courrier suivra. Pour ma part,
je m’engage à faire de même.
– Je te promets de te tenir au courant.
– Allez, salut et au revoir !
– Au revoir ! »
Rémi quitta son ami et se dirigea vers le quai
où le train pour Nice n’allait pas tarder à entrer
en gare.
Une fois installé dans le train qui le menait à
Cannes, Rémi reprit le cheminement joyeux de
ses pensées. Cette fois, sa réflexion,
temporairement interrompue par l’irruption de
Pierre, n’était plus tournée vers le passé mais
vers l’avenir. Et il dressait en lui-même
l’inventaire de tous les événements qu’il serait
amené à vivre dans les jours, les semaines, et les
mois à venir. Il partirait à Paris dès la semaine
suivante afin de résoudre les problèmes de
logistique, et se trouver un appartement
notamment. Ce voyage lui permettrait en outre
d’assister au mariage de son ami d’enfance Paul
Debert et de sa compagne Nathalie, qui vivaient
déjà ensemble depuis quelques années.
16 Fin de service militaire

Il resterait sur Paris le temps qu’il faudrait
pour résoudre le problème du logement. Par
chance, l’un de ses meilleurs compagnons
d’études, Jérôme Fuchs, était déjà sur place
depuis plusieurs mois car l’armée n’avait pas
jugé bon de s’assurer ses services à cause d’une
acuité visuelle jugée trop faible. Jérôme avait
proposé à Rémi de l’héberger pendant quelques
jours et ce dernier avait beaucoup apprécié cette
offre qui lui facilitait grandement les choses.
Une fois qu’il aurait trouvé un appartement,
Rémi retournerait chez ses parents pour
reprendre son vélo et se lancer aussitôt dans
une randonnée devant s’étaler sur plusieurs
semaines. La perspective de pouvoir
prochainement consacrer quelque temps à sa
passion le remplissait de joie.
Une fois les vacances terminées, il rejoindrait
son poste d’ingénieur d’études en région
parisienne. Au fil des mois, il gagnerait en
expérience, deviendrait plus compétent et se
rendrait aussi indispensable que possible. Une
fois qu’il aurait fait ses preuves, il serait temps
de penser à d’autres choses et, qui sait ? De se
trouver la femme de sa vie. Tandis qu’il
contemplait le paysage méditerranéen par la
fenêtre, il se lança dans un long monologue
intérieur qui résumait le fond de sa pensée.
« En définitive, c’est très simple la vie. Ce qui
compte avant tout, c’est de prendre un bon
17 Une Échappée solitaire
départ et de traiter les problèmes dans le bon
ordre et avec méthode. Cela demande au départ
des sacrifices auxquels il est souvent difficile de
consentir, mais, avec un peu de patience, on est
si bien récompensé ! Voilà que j’achève un
service militaire effectué dans d’excellentes
conditions. J’y ai même appris la pédagogie.
Apprendre des choses utiles et intéressantes
pendant son service, c’est pas donné à tout le
monde ! J’ai trouvé sans difficulté un job
intéressant et pas trop mal payé. Que pourrais-
je demander d’autre ? Franchement, j’ai eu mille
fois raison de suivre les conseils de mes parents.
Ça n’a pas toujours été agréable, mais
maintenant, le plus dur est derrière moi et le
moment est venu de récolter les fruits de mes
efforts.
En fait, la clé de la réussite tient dans le
respect de quelques principes simples. Tout
d’abord, avant de prendre toute décision
importante, il convient de réfléchir aux
conséquences de ses actes, à l’enchaînement
logique des événements qui en découleront en
fonction des diverses éventualités. De cette
façon, on n’évite certes pas à coup sûr de
commettre des erreurs, car l’erreur est le propre
du genre humain, mais au moins on minimise
les risques de se tromper grossièrement.
Un second principe de base à respecter
consiste à accomplir les divers actes importants
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