Une étrangère à Heron Point (Harlequin Prélud')

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Une étrangère à Heron Point, Cynthia Thomason

Jamais Bill Muldoone n'oubliera le jour où il a trouvé une petite fille de quatre ans sur le pas de sa porte — sa propre fille, Gemma, dont il ignorait jusque-là l'existence, et que la mère lui abandonnait sans plus d'explications. D'abord atterré, il s'est très vite senti submergé d'amour. Depuis, il bataille chaque jour pour élever cette fiillette attachante mais blessée, qui multiplie les bêtises à l'école — ainsi que pour conserver la garde de l'enfant que réclame sa richissime belle-famille. Aussi n'a-t-il aucunement besoin de voir une étrangère aggraver encore la situation en se mêlant de sa vie. C'est pourtant ce que prétend faire Elvire Gaylor, missionnée sur Heron Point — une île au large de la Floride où Bill a toujours vécu — pour vérifier que son indomptable petite fiille reçoit bien une éducation digne de ce nom. Fraîchement arrivée sur place, de quel droit oserait-elle le juger ? Entre eux, la tension monte dès le premier contact. Et d'autant plus que Bill, furieux, est néanmoins violemment attiré par cette troublante, douce et séduisante jeune femme, qui risque de bouleverser son existence dans tous les domaines...

Publié le : jeudi 1 novembre 2007
Lecture(s) : 28
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280262767
Nombre de pages : 352
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Chapitre 1

La Chevrolet Malibu filait sous le soleil de Floride. Sous l’effet de la chaleur, l’air vibrait au-dessus du macadam.

Depuis son départ de Detroit, deux jours auparavant, Elvire Gaynor avait parcouru deux mille kilomètres. Le mercure ne cessait de monter dans le thermomètre et atteignait maintenant les trente degrés.

Bien qu’ayant mis la climatisation la jeune femme profitait de chaque pause dans les aires de repos pour retirer une couche de vêtements. A présent elle ne portait plus qu’un chemisier sans manches, un short et des sandales de cuir.

En ce jeudi soir, la circulation restait fluide. Claire Hogan, le maire de la ville, avait prévenu Elvire que Heron Point était une destination prisée pour le week-end. Dès le lendemain après-midi, l’île située dans le golfe verrait sa population tripler. Les excellents restaurants de fruits de mer, les bars glaciers et les boutiques du front de mer seraient tous pleins de chalands.

Le paysage changea brusquement après la sortie de l’autoroute et le pont qui reliait le continent à l’île.

Elvire se retrouva dans un paradis de verdure composé de lauriers, de palmiers et de pins parasols. Des bougainvillées chargées de grappes roses ou violettes tombaient en cascade des balcons des premières villas balnéaires.

La jeune femme s’arrêta sur le bas-côté et appela le numéro préenregistré sur son portable. Une femme décrocha dès la première sonnerie.

— Bonjour, résidence Pink Ladies, dit une voix alanguie.

Elvire se présenta comme la nouvelle directrice de l’école élémentaire, et confirma sa réservation pour un des chalets qu’elle n’imaginait pas autrement que peint en rose.

— Oh, bonjour, mademoiselle Gaynor, nous vous attendons, bien sûr.

La dame lui indiqua la direction à suivre.

— Vous ne pourrez pas nous manquer, ajouta-t-elle, nos bâtiments sont roses, tout comme nos impatiens dans nos jardinières à l’entrée.

Elvire la remercia et raccrocha. Elle reprit sa route et baissa la vitre. S’attendant à recevoir une bouffée d’air chaud, elle fut étonnée de sentir la fraîcheur salée d’une brise marine sur son visage. Elle coula ses doigts entre ses cheveux, savourant cet instant de répit après son épuisant voyage.

Elle longea un vieux cimetière indien dont les dômes de terre blonde ondulaient doucement sous les pins parasols. Une pancarte de bois annonça : « Heron Point, 2000 habitants ».

Suivant les indications de la gérante des Pink Ladies, elle tourna après une marina pour se retrouver sur Gulf View Road. La jeune femme avait l’intention de filer directement jusqu’à la résidence mais, en voyant le panneau signalant l’école élémentaire de Heron Point, elle ne résista pas.

Le bâtiment fraîchement peint d’un blanc éclatant agrémenté de fines bordures vert pâle, plut instantanément à Elvire.

Elle se gara sur le parking vide derrière l’école.

Bien que n’étant pas encore en possession de la clé de l’établissement la jeune femme se dirigea vers la porte de service. A tout hasard, elle tourna la poignée. La porte s’ouvrit avec un léger grincement, bien que personne ne fût en vue. Elvire regarda autour d’elle, attendit quelques secondes, appela. N’obtenant aucune réponse, la curiosité l’emporta. Elle poussa la porte.

L’odeur familière la saisit à peine entrée. Les yeux fermés, Elvire aurait su dire qu’elle se trouvait dans un établissement scolaire. Ce qu’elle nommait « le parfum des études » différait selon l’âge et le niveau des élèves. Ici, c’était un agréable mélange de papier, de copeaux de crayons et de bois ciré.

Le plancher brillait dans le couloir large et clair. Evire jeta un coup d’œil dans les salles de classe. Regroupés contre le mur du fond, les pupitres lustrés attendaient un ultime astiquage des sols avant d’être rangés.

Le mot « Direction » inscrit sur la plaque de la dernière porte avant l’entrée principale lui procura une bouffée d’émotion. Aucun nom encore n’était inscrit sous le titre. D’ici trois jours, avant que les lieux ne s’animent, le sien apparaîtrait dans le petit cadre de cuivre qui lui était réservé.

La future directrice pénétra dans le bureau avec la même déférence qu’une élève découvrant sa nouvelle salle de classe.

Machinalement elle tourna le diamant qu’elle portait à l’oreille gauche, un tic vieux de plusieurs années qui accompagnait toute nouvelle situation. Entre les étagères encore vides et le bureau de chêne, le fauteuil de cuir blanc semblait lui tendre les bras. Dans l’armoire de métal blanc, les dossiers avaient été classés par ordre alphabétique. La jeune femme avait hâte de découvrir ses futurs élèves qui avaient grandi sous le soleil de Floride.

Elle avait été bien inspirée le jour où elle avait répondu à cette annonce parue dans un journal professionnel. Directrice adjointe au sein d’un groupe scolaire, elle avait vu là une occasion unique d’échapper à un travail routinier dans les frimas de Detroit.

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