Une femme à la mer

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Ce récit où le réel se fond dans un rêve d’ailleurs raconte l’échappée solitaire d’une femme qui cherche à revenir au monde.
Publié le : mercredi 12 février 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782743627119
Nombre de pages : 169
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Une femme décide de tout abandonner. Elle prend le large. Un cargo, le Magellan, la sauve du naufrage. Marins et capitaine vont se relayer, jours et nuits, en évoquant leurs propres histoires. Leurs mots, justes, évidents, lumi neux vont lui permettre datteindre le rivage. Cette femme atelle volontairement rompu les amarres ? Atelle ima giné cette traversée initiatique pour échapper à limpossi bilité de vivre ? Ce récit où le réel se fond dans un rêve dailleurs raconte léchappée solitaire dune femme qui cherche à revenir au monde.
Pascal Ruffenach a notamment publiéDe ce côté du monde(Stock, 1997) etLHôpital maritime(Seuil, 2012). Une femme à la merest son quatrième ouvrage.
Du même auteur
De ce côté du monde, Stock, 1997 De ce côté du ciel, Bayard, 2006 LHôpital maritime, Seuil, 2012
Pascal Ruffenach
Une femme à la mer
Roman
Rivages
Retrouvez lensemble des parutions des Éditions Payot & Rivages sur
www.payotrivages.fr
Collection dirigée par Émilie Colombani
© 2014, Éditions Payot & Rivages 106, boulevard SaintGermain  75006 Paris
ISBN : 9782743627843
« Les mots sont comme la surface dune eau profonde. » Ludwig WITTGENSTEIN, Carnets 19141916
Deux hommes descendent sur la coque du bateau. La paroi duMagellanoù pend une mince échelle de bois est recouverte de rouille. Des coquillages saccro chent par grappes aux soudures qui joignent les taules dacier. Je suis allongée sur le pont, serrant entre mes bras le morceau dune voile déchirée. Ils mettent du temps à les desserrer et à réussir à masseoir dans une nacelle quils suspendent au bout dun filin. Ils me hissent à bord du cargo. Ils me demandent qui je suis. Je suis incapable de prononcer un mot. Jai du sable au fond de la gorge. Ils me portent jusquà une grande cabine
Je suis une femme qui ne reviendra pas. Qui ne peut pas revenir. Lhistoire que je raconte ne tiendrait pas. Je pars. Je le décide. Un matin. Le soleil déjà haut dans le ciel. Des visages mentourent. Ils me parlent tout bas. Reste, ne ten va pas. Pas maintenant. Un fil léger les tient tous ensemble. On dirait un même visage plein de bouches et de regards. Tournés vers moi, leurs voix indistinctes et sourdes. Reste, ne pars pas. Trop longtemps dispersée. Éparpillée en mille mor ceaux. Perdue au milieu de filets invisibles. Racines sen allant au plus profond de la terre. Personne ne peut les défaire. Trop nombreuses, entortillées entre elles. Agrippant les moindres cail loux, pressées par de la glaise durcie depuis des années. Je suis une prisonnière. Laissée dans une pièce dont les murs couverts de graffitis se mélangent les uns aux autres. Je ne peux pas tenir plus longtemps. Je dois men aller.
Leau grimpe le long des parois de lécluse. Les mousses, les coquillages, les crabes abrités par les algues disparaissent dans leau noire du bassin. Il est tôt. Le paysage est encore divisé. Derrière, là où le soleil sort de la rivière, un brouillard de lumière a tout envahi. Devant, la mer est encore dans la nuit. Les bouées du chenal sont toujours allumées. Lombre grise efface les distances. La pointe du nord qui marque le passage vers le large est invisible. Au sud, seuls les pylônes du barrage commencent à émerger. Les grandes portes sont maintenant ouvertes. Le flux qui se précipite est plus régulier. Quelques tour billons se forment sur les côtés.
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