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Rachid Hakkari UNE JOURNÉE
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120111.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
Retrouvez l’auteur sur son site Internet : http://www.rachid-hakkari.com
À ma mère.
I Comme tous les matins, Nadir descend duTER, quai 25. Depuis qu’il prend les transports en commun pour se rendre à son travail, ses journées sont réglées sur un temps et des occupations toujours les mêmes. À 7 h 07, il prend leTER et fait le point sur son travail de la journée pendant vingt-cinq minutes. À 7 h 34, il quitte le train pour se trouver cinq minutes plus tard dans le tramway. Assis ou debout, il occupe les quinze minutes du trajet à consulter la presse gratuite ou à ne rien faire. À 8 heures, il est à son poste pour la journée qui s’achève par le même voyage en sens inverse. Ce matin, il décide de tout arrêter. Au lieu de se diriger vers l’escalator qui le mène à la sortie de la gare, il s’assoit sur un banc, déterminé à laisser la foule des voyageurs continuer leur marche sans lui. Puis retentit la voix féminine qui annonce le départ duParis-Est.Nadir le voit avancer tout doucement jusqu’à la sortie du quai pour s’éloigner toujours un peu plus, serpentant la voie que les aiguilleurs automatiques ont affectée à sa destination, laissant derrière lui une traînée de sensation douce qui réchauffe le cœur de Nadir. Il aime bien voir partir les trains, malgré le pénible sentiment de ne pas être du voyage. Chaque matin quand il traverse le quai pour se rendre à son tramway, ce sentiment l’occupe à la vue de ce mêmeParis-Estqui s’apprête à partir. Des voyageurs qui s’installent et d’autres qui arrivent.
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UNE JOURNÉE
Tous prennent un train qu’il ne peut pas prendre. Lui n’a que cinq minutes pour rejoindre le transport qui l’emmène à son travail. Des dossiers à traiter, des clients à supporter, des projets à monter de toutes pièces. Mais pas de train. Pas de voyage comme il aurait souhaité. Un voyage qui bouscule les habitudes et fait tourner autrement les aiguilles d’une montre. Pourquoi ne partirait-il pas ce matin qu’il a décidé de tout arrêter ? Qu’est-ce qui l’empêche de prendre un billet pour la première destination qui s’annonce prometteuse sur les écrans des départs ? Oui, il pourrait partir au hasard, pour une destination de hasard, pour une journée dédiée au hasard. Une journée sans rien de programmable sauf cet appel au départ. Tous les trains du monde qui partent de cette gare lui ouvriraient les portes, lui annonceraient le départ vers une nouvelle vie. Il partirait très léger, sans la valise des obligations qu’il a scrupuleusement gardée jusqu’à présent. Léger comme le vent. Juste son corps et les désirs enfouis qui l’habitent : désir de partir, désir de ne plus apprivoiser la langue des habitudes. À l’heure où cette pensée traverse l’esprit de Nadir, seuls quelques pigeons occupent les lieux. Ils tournent autour de son banc dans l’espoir d’un festin en perspective pour s’éloigner au bout de quelques minutes, constatant peut-être son indifférence et concluant par l’inutilité de rester là pour rien. Un peu plus loin, deux vigiles de la sûreté ferroviaire fument et discutent. Ils semblent contents d’être enfin seuls pour une pause méritée. L’un des deux aspire à pleins poumons sa cigarette et envoie la fumée vers le ciel. Son compagnon savoure la sienne avec plus de discrétion. Nadir qui se voit seul parmi des pigeons et des vigiles indifférents à sa présence décide de quitter son banc. Il se dirige vers l’escalator, attentif seulement à ce désir de voyage qui l’envahit subitement. Sans ce train qui l’a déposé tout à l’heure et le tramway à prendre, sa vie n’a pas de sens, il le sait.
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