Une journée

De
Publié par

Un matin, Nadir, un homme de quarante-cinq ans, descend du TER pour se rendre à son travail. À la gare, il décide de s'accorder du temps loin des siens et de ses habitudes quotidiennes. Désir de voyage au moment où son travail l'attend, désir de sortir des rangs pour une journée pas comme les autres. Il prend un train pour Paris, une destination choisie au hasard. Arrivé Gare de l'Est, et après avoir fait la rencontre dans le train d'une jeune inconnue dont il tombe subitement amoureux, il décide de quitter le circuit classique des visites touristiques et se met à marcher, puis à courir sans but ni destination précise. De l'euphorie dans le mouvement qui lui permet de faire le point sur sa vie, sur le temps traversé et perdu dans le circuit fermé de sa vie sociale. Que cherche-t-il au juste? Après son périple solitaire, il repense à la jeune inconnue et prend le métro dans l'espoir de la retrouver avant que sa journée se termine.
Publié le : jeudi 15 janvier 2015
Lecture(s) : 10
Tags :
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342033304
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342033304
Nombre de pages : 84
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Du même auteur
Jeux de rôlessuivi deLe Revenant, théâtre, Atlantica-Séguier, Biarritz, 2011
Rachid Hakkari UNE JOURNÉE
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120111.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
Retrouvez l’auteur sur son site Internet : http://www.rachid-hakkari.com
À ma mère.
I Comme tous les matins, Nadir descend duTER, quai 25. Depuis qu’il prend les transports en commun pour se rendre à son travail, ses journées sont réglées sur un temps et des occupations toujours les mêmes. À 7 h 07, il prend leTER et fait le point sur son travail de la journée pendant vingt-cinq minutes. À 7 h 34, il quitte le train pour se trouver cinq minutes plus tard dans le tramway. Assis ou debout, il occupe les quinze minutes du trajet à consulter la presse gratuite ou à ne rien faire. À 8 heures, il est à son poste pour la journée qui s’achève par le même voyage en sens inverse. Ce matin, il décide de tout arrêter. Au lieu de se diriger vers l’escalator qui le mène à la sortie de la gare, il s’assoit sur un banc, déterminé à laisser la foule des voyageurs continuer leur marche sans lui. Puis retentit la voix féminine qui annonce le départ duParis-Est.Nadir le voit avancer tout doucement jusqu’à la sortie du quai pour s’éloigner toujours un peu plus, serpentant la voie que les aiguilleurs automatiques ont affectée à sa destination, laissant derrière lui une traînée de sensation douce qui réchauffe le cœur de Nadir. Il aime bien voir partir les trains, malgré le pénible sentiment de ne pas être du voyage. Chaque matin quand il traverse le quai pour se rendre à son tramway, ce sentiment l’occupe à la vue de ce mêmeParis-Estqui s’apprête à partir. Des voyageurs qui s’installent et d’autres qui arrivent.
9
UNE JOURNÉE
Tous prennent un train qu’il ne peut pas prendre. Lui n’a que cinq minutes pour rejoindre le transport qui l’emmène à son travail. Des dossiers à traiter, des clients à supporter, des projets à monter de toutes pièces. Mais pas de train. Pas de voyage comme il aurait souhaité. Un voyage qui bouscule les habitudes et fait tourner autrement les aiguilles d’une montre. Pourquoi ne partirait-il pas ce matin qu’il a décidé de tout arrêter ? Qu’est-ce qui l’empêche de prendre un billet pour la première destination qui s’annonce prometteuse sur les écrans des départs ? Oui, il pourrait partir au hasard, pour une destination de hasard, pour une journée dédiée au hasard. Une journée sans rien de programmable sauf cet appel au départ. Tous les trains du monde qui partent de cette gare lui ouvriraient les portes, lui annonceraient le départ vers une nouvelle vie. Il partirait très léger, sans la valise des obligations qu’il a scrupuleusement gardée jusqu’à présent. Léger comme le vent. Juste son corps et les désirs enfouis qui l’habitent : désir de partir, désir de ne plus apprivoiser la langue des habitudes. À l’heure où cette pensée traverse l’esprit de Nadir, seuls quelques pigeons occupent les lieux. Ils tournent autour de son banc dans l’espoir d’un festin en perspective pour s’éloigner au bout de quelques minutes, constatant peut-être son indifférence et concluant par l’inutilité de rester là pour rien. Un peu plus loin, deux vigiles de la sûreté ferroviaire fument et discutent. Ils semblent contents d’être enfin seuls pour une pause méritée. L’un des deux aspire à pleins poumons sa cigarette et envoie la fumée vers le ciel. Son compagnon savoure la sienne avec plus de discrétion. Nadir qui se voit seul parmi des pigeons et des vigiles indifférents à sa présence décide de quitter son banc. Il se dirige vers l’escalator, attentif seulement à ce désir de voyage qui l’envahit subitement. Sans ce train qui l’a déposé tout à l’heure et le tramway à prendre, sa vie n’a pas de sens, il le sait.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

suivant