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Une journée d'enfer

De
139 pages
Après tout ce qui c'était passé Tom n'avait plu qu'un seul but, une seule idée. Venger Allan, Joan, Murphy et tous les autres.Pourquoi cela lui arrivait-il à lui.Qui ne demandait qu'à être bien peinard dans son quartier de Salisbury. Ils allaient voir, les affreux, les truands, les mafieux.OLs payeraient cher, très cher.Un seul prix :La mort.Ouo, mais difficile quand on s'attaque au capei des capo.
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Une journØe d enferChristian Correc
Une journØe d enfer
ROMAN' manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1733-6 (pourle fichiernumØrique)
ISBN: 2-7481-1732-8 (pour le livreimprimØ)Avertissement de l Øditeur
DØcouvertparnotrerØseaudeGrands Lecteurs(libraires,revues,critiques
littØraires etdechercheurs),cemanuscritestimprimØtelunlivre.
D Øventuellesfautesdemeurentpossibles;manuscrit.com,respectueusede
lamiseenformeadoptØeparchacundesesauteurs,conserve,àcestadedu
traitement de l ouvrage, le texte en l Øtat.
Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com
5bis, rue de lA’ sile Popincourt
75011 Paris
TØlØphone:0148075000
TØlØcopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comIls ouvrirent la lourde porte, j’attendis patiem-
ment qu elle fßt largement bØante, alors j ai respirØ
une grande bouffØe d air et fis les trois pas qui me
propulsaient vers le monde libre.
Cinq annØes que j attendais cet instant et il Øtait
arrivØ. J Øtaisl surleseuildecette prisonetj Øtais
libre.
J Øtais le seul dØtenu libØrØ ce matin.
Je n espØraispersonne pourm’attendre.
Deux autres pas et je fus dans le monde libre,
enfin libre, comme l air, comme l oiseau, comme
nimporte qui.
Il y avait une voiture en face de la sortie. Une
dr le de bagnole, il fallait en avoir une, à cette
Øpoque, ils nommaient a un pick-up.
Il y avait un type qui s’appuyait sur l aile avant
avec les bras croisØs, il Øtait calme, il me souriait, il
Øtaitbeau. C Øtaitla libertØ. J avan ais de quelques
pas et je le reconnus.
À ma sortie de prison, c est Allan qui m atten-
daitdansunesuperbeFordpick-upflambantneuve.
C’ØtaitlagrandemodeencetempslàetelleØtaitru-
dement chouette la bagnole, surtout pour un ex-tau-
lard comme moi.
Je venais de passer cinq annØes dans un pØniten-
cier du middle west amØricain.
7
’Une journØe d enfer
Qu est ce que je pouvais bien dire sur ces cinq
annØes ?
Cinq fois douze mois de trente jours et de trente
nuits à regretter, à maudire, à pester contre tant de
connerie, d acharnement, de pØnitence.
EllesavaientØtØdures,trŁsdures. Heureusement,
mon vieux pote m attendait. Je ne m attendais pas
à le voir à ma sortie de prison. Ce n Øtait pas mon
meilleur ami, mais un copain toujours trŁs fidŁle,
nØanmoins sans savoir pourquoi, j en fus trŁs heu-
reux.
Lesoleilselevaitàpeine,lepØnitencierØtaittrŁs
ØloignØ de la petite bourgade.
J Øtais la seule libØration de ce jour l . Alors
quandje visAllan,uneimmense joie m envahit.
J avaisenviedepleurercommeungaminquisort
de l Øcole pour la premiŁre fois et qui aper oit sa
petite mŁre qui est venu le chercher.
Maisj ØtaisunhommedØsormais,unvraidevrai
comme on disait derriŁre.
J attendisunpeu,pourbiensentirlesouffledela
libertØ sur mon visage. Il faisait trŁs froid mais je
m en moquais.
J Øtais libre.
Une nouvelle vie m’attendait, je l espØrais tant.
J en avais tant chiØ dans cette prison de merde, que
j en espØrais de cette nouvelle existence, de cette
nouvelle aventure.
Cinqansdetaulepourunebroutilledegossemal
ØlevØ, de sale mmeô hirsute et presque abandonnØ,
quivolepourremplirsespochesdesrayonsdesbou-
tiquesqui Øblouissent quotidiennementsonennuiet
ses rŒves de pauvre.
Je n Øtaispasunvoyoudansma jeunesse.
L’Øducation de mon pŁre Øtait suffisamment dis-
suasive pour m en soustraire. Il y en avait quelques
8Christian Correc
unsdanslequartier,maiscen ØtaitpasunemajoritØ
bienque laplupartdesfamillesØtaienttrŁspauvres.
Avec l adolescence le manque d argent nous pe-
sait à tous.
CeuxquienpossØdaientnousfaisaientbienenvie.
Ils ne manquaient pas de se moquer de nous, de
nos frusques, de nos maniŁresde bouseux et de tant
d’autres choses encore.
Nouslesenvionsquelquefois. Plusdutoutquand
ilssefaisaientarrŒterparlesforcesdepolice.
Pourtantcertainsd entrenousauraientbienaimØs
passer de l autre cotØ de la barriŁre.
J Øtais comme ceux l .
J en avais marre des privations. Je ne voulais
surtout pas faire comme mon vieux, à trimer pour
deuxsous,avec plusdefatiguequederØcompense.
Ilsuffitparfoisde peudechose,troisfoisrien.
Les choses s encha nent aux choses, elles s’ac-
crochent, te lient, t entra nent, c est trop tard, t es
foutu.
NousØtionstrois,Ginolerital,Miguelleportori-
cain. Nous avions pas mal bu ce soir l , on fŒtait je
ne sais quoi.
Aforcedediredesconneries,onfinitparlesfaire,
on Øtait bien, nous Øtions saouls.
Nous sommes allØs tra ner du cotØ du boulevard
Valentino, il y a constamment de belles pßtes sur
cette route. Ce soir l , il y en avait de fort belles,
deshispaniques,àlapeaumate,auxseinsdures,aux
lŁvres douces, à la croupe prometteuse.
Nous Øtions jeunes, nous Øtions cons. Elles nous
ont demandØ vingt sacs pour tout faire, nous ne les
avions pas.
Alorsjecroisque c estGinoquia eul idØe :
-Onsefaitunestationservice,onramasele
pognon et on se tape les grognasses.
9Une journØe d enfer
Il Øtait deux heures du mat. On n a pas rØflØchi,
onafoncØaveclabagnole. AlapremiŁrestation,le
typenousasemblØtropbaraquØetpascommode,on
est reparti.
LadeuxiŁmeØtaitbourrØdemonde,onacontinuØ.
LatroisiŁmeØtaittenuparunchinoistoutminus-
cule. NousØtionssiforts,ilsnousparaissaientsipe-
tits.
AprŁsunbrefpalabre,lesr lesØtantdistribuØset
acceptØs, nous sommes passØs à l action.
JesuisentrØavecMiguelpendantqueGinoatten-
dait au volant.
Ona braquØ le chinetoque avec un vieux colt qui
appartenaitaupŁredeGinoetqu onavaitempruntØ.
LevieuxalevØlesbrasaussit t,jesuispassØderriŁre
lacaisseetj aiprislefric. Ilavaitdßactionnerunde
cestrucsquialertedumondedansl arriŁreboutique
car quatre autres chinois se sont radinØs armØs de
fusils.
L’un des quatre a hurlØ :
« Si vous ne posez pas cette arme, je tire immØ-
diatement. »
Iln attendaitaucune rØponse,juste unacte.
J aidessaoulØ immØdiatementetc estce quim a
sauvØ, je pense.
MigueldevaitŒtreencoretropbourrØ,ils’estre-
tournØaveclepistoletàlamain. IlsonttirØàquatre
dessus. Je pense qu il est mort avant de toucher le
sol.
J ai levØ mes bras bien hauts en entendant la ba-
gnole se tirer à toute vitesse.
Ginoavaitinvariablementlechicpours ensortir.
C Øtait pas un rital pour rien.
AprŁstoutaØtØtrŁsvite,lesflics,Lesparents,ma
mŁre quipleure etmonpŁre quime maudit.
Laprison,l avocat,leprocŁsetlacondamnation:
Cinqansferme pourattaque à mainarmØe.
10Christian Correc
Onnem avaitpasreconnulescirconstancesattØ-
nuantes,jen avaispasdØnoncØGino. C Øtaitleprix
à payerpourgarderun semblantd honneur.
On ne plaisante pas avec la loi aux states, on ne
plaisante pas avec grand chose d ailleurs.
JurØ, promis, faute de mieux je resterais pauvre
toutemavie,quitteàsouffrirmillemorts. Unejour-
nØe de ma vie valait tous les trØsors ØparpillØs aux
yeuxdespassants. J avaispresquetoutperduenpri-
son, mon honneur, ma fiertØ et ma vertu d homme
libre.
Je m Øtais fait sodomiser comme tant d autres,
comme tout le monde, si tu n es pas un ca d tu dois
y passer. C est la rŁgle, la loi, le prix à payer pour
qu on t accepte, pour qu on te laisse une relative li-
bertØ.
Ca c Øtait passØ dans la laverie. C est souvent
dans ce lieu que cela arrive. J Øtais pourtant avec
deuxautrescopains,desmecsquejecroyaissßrs.
Ilsn ontrienfait,rienempŒcher. C estvraiqu ils
y ØtaientpassØs auparavant, presque de la mŒme fa-
çon,maiscen’estpasuneraison,pasuneexcusenon
plus. Laplupartdesgensfontplustardcequ ilsont
subi avant, alors qu ils Øtaient contre. Ce doit Œtre
une forme de vengeance, de revanche, de satisfac-
tionouquelque chose d autre,d inconscient.
J Øtais au milieu des draps sales, en train de les
trier,ilsse sontpointØsà quatre. Je me suispasmal
dØfendu,maisilsØtaientplusâgØs,plusnombreux.
Aunmomentj ØtaissaoulØ decoups,groggy. Ils
m’ontattachØàplatventresurunetablederepassage
avec plusieurs draps. Impossible de bouger dans
cette position. Je reprenais mes esprits quand j ai
senti qu on m tait mon pantalon.
J aicriØcommeunebŒte quine veutpasmourir.
C Øtait certain, les gardiens n’allaient pas man-
querd arriver. Personne n estvenu,lesmatonssont
11Une journØe d enfer
plusoumoinsaucourantetcenesontpasleurshis-
toires.
J en ai vu aprŁs quelquefois qui regardaient en
douce et qui en profitaient pour se branler ou de se
faire sucer par une tapette, comme on les appelait
ceux qui devenaient pØdØ pour la vie.
Jetentaisde gigoterpourempŒcherla saillie.
Une voix a dit :
« Plus tu bouges, plus tu vas avoir mal, dØtends-
toi, a se trouve, tuvasprendre duplaisir. »
J airuØ de plus belle,peine perdue, j ai sentiune
main qui huilait mon orifice. J’ai encore hurlØ, puis
j aisentiunegrandedouleurdansl anus,unegrande
chaleurenvahittoutmonbasventre. Unr lerauque
et douloureux s Øchappa de ma gorge. MalgrØ moi,
jemesuismisàbander. C’estcommeça,onn ypeut
rien. Danscertainescirconstances,lanaturereprend
ses droits, tous ses droits.
Alors, j ai fermØ les yeux et j ai pleurØ, long-
temps,toutdoucement. pournepasm’enapercevoir
Je pensais au petitgar on que j avaisØtØ et à son
innocence, à la mØchancetØ des hommes, à leur in-
humanitØ.
J ai subi deux autres pØnØtrations de la mŒme
veine, semblable et presque identique.
Je ne pouvais rien faire.
Puis ils sont partis, me laissant ainsi, hagard,
meurtri.
Deux dØtenus qui passaient dans ce coin m ont
libØrØ. Je suis parti aux douches et je me suis lavØ
longtemps.
Comme pour laver ma honte. J’ai mis beaucoup
detempsàm enremettre. J aivoulumevengermais
je risquais de rester toute ma vie ici.
DepluslesquatremecsØtaientdeslonguespeine,
des " perpette " comme on disait.
12Christian Correc
J ai fait comme tous les autres, j’ai fermØ ma
gueule. C estpeutŒtre a quia ØtØ le plusduraprŁs
tout, ne rien dire, ne rien faire.
Accepter sa l chetØ, sa dØfaite, une sacrØe humi-
liationqu onportetoutesa vie comme une croix.
Enfin c Øtait fini, Allan conduisait sa petite mer-
veille sans rien dire, sans parler, feignant d Œtre at-
tentifàlacirculationquiØtaitfortrareàcetteheure,
je sentais qu il m observait à la dØrobØe de temps à
autre, il cherchait le jeune homme d’autrefois et il
n’y avait plus qu un homme dØsemparØ et malheu-
reux, endurci, mØchant et revanchard.
J avaisquittØ ce monde insouciant,jeune etplein
d’espoir. Il m’avait presque brisØ.
Comment allait-il Œtre à ce jour ?
J ØtaisfoudejoiedemalibertØreconquise,trem-
blantethØsitantàlafoisdevantunmondenouveau.
L’universsedØcouvraitànouveaudevantlecapot
de la voiture. Pour l instant, je n en avais cure, je
l’observais mon vieux camarade.
Il avait peu changØ depuis cinq ans. Toujours
aussi mince et grand. La peau mate, les petits yeux
noirs presque invisibles. Les cheveux en arriŁre,
bien plaquØs.
IldØgageaitune forcevive,souple ettranquille.
Sans Œtre agressif, sans violence. Il inspirait le
respect, non la crainte. Je n aurais jamais imaginØ
qu il puisse Œtre l , à m attendre.
C Øtaitune sacrØe surprise, une bonne.
DevantmafautemesparentsØtaientpartisversle
sud,fuircefilsmauditetledØshonneurquis abattait
sur la famille.
En prison j avais appris que ma mŁre Øtait dØcØ-
dØe, il y avait un peu plus d un an.
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