Une passion citron vert

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La première chose qu’on apprend, quand on est jeune, jolie et barmaid aux Bahamas, c’est à décourager les riches clients trop entreprenants. En revanche, on n’apprend pas à résister autant qu’on le devrait à un gentleman de trente ans, aussi beau qu’attentionné, qui vous prend dans ses bras un soir où on a le cœur tellement lourd que les larmes coulent sans votre permission… Et voilà comment Kitty cède à un moment de faiblesse. Huit semaines plus tard, furieuse contre elle-même, elle découvre que sa nuit torride a eu des conséquences. Et se retrouve obligée de recontacter le gentleman de la plage alors qu’elle aurait préféré ne jamais le revoir. Ils sont si différents… lui, l’avocat solitaire aux manières aristocratiques; et elle, simple serveuse, pour qui la vie est une bataille et un tourbillon d’émotions…
Publié le : vendredi 1 juin 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280250641
Nombre de pages : 320
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Elle allait épousercet homme? Les yeux rivés à son téléphone portable, Kitty Hemmings essayait d’assimiler les paroles qu’elle venait d’entendre sur sa messagerie. Non. Sa mère n’avait pas pu dire « épouser ». Son amour-propre avait peut-être atteint un niveau incroyablement bas, elle était peut-être incapable de vivre sans homme à ses côtés, mais elle n’allait tout de même pas dire « oui » à Jim Oliphant. Impossible ! Une version au steel-drum de « Red, Red Wine » jaillit des haut-parleurs du bar de plage. La brise, qui était toujours tiède ici aux Bahamas, même en novembre, caressa ses joues brûlantes. Et soudain, ses mains se mirent à trembler. Elle s’agrippa à la poignée de sa tireuse de bière. Lucinda Hemmings avait fait pas mal d’erreurs au cours de sa vie, mais si elle épousait cette ordure, ce serait bien la pire de toutes. Jim avait une bonne douzaine d’années de moins que sa mère ! Il était roublard, charmeur et, bien sûr, sans le sou. Ce n’était qu’un parasite qui cherchait à unir son portefeuille à un compte en banque bien rempli. Il y avait plus de huit ans qu’il tenait, maintenant — ce qui en soi constituait le record de longévité des petits amis de sa mère. Elle avait toujours espéré apprendre un jour qu’il s’était lassé d’attendre et était parti. La nuit dernière, elle avait même rêvé de Lochaven, des chênes de Virginie aux troncs couverts de tillandsias, de la maison au toit de tuiles rouges et de sa chambre, où son poster de Johnny Depp
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était toujours punaisé à la porte. A son réveil, elle s’était autorisée, pour la première fois en huit ans, à s’imaginer vivant de nouveau dans une vraie maison, et non dans un meublé minable ou un dortoir. Mais maintenant… avec Oliphant installé en perma-nence à la maison… Elle se mordilla la lèvre. Sa mère semblait tellement heureuse ! Sa voix était enjouée… et légèrement pâteuse, il fallait bien le dire. Une fois de plus, elle n’avait pas su refuser une ûte de champagne supplémentaire au dîner. Bien sûr que non. Ce cher Jim Oliphant ne buvait jamais seul. « Je sais que tu ne l’aimes pas, ma chérie, mais… », avait commencé sa mère. L’aImer ?Rien que d’y penser, le goût acide des manda-rines qu’elle avait englouties en guise de déjeuner, pendant sa pause, lui remonta dans la gorge. Mais qu’est-ce qu’elle croyait ? Qui pouvait aimer un type comme Jim Oliphant ? Extérieurement, il présentait peut-être un sourire énergique, un physique séduisant, mais à l’intérieur, il avait ce que son père appelait — en français —une âme de boue. Elle déglutit et se força à relâcher sa prise sur le robinet de la pompe à bière. Elle n’avait pas le temps de rééchir à tout ceci maintenant. Elle était de service jusqu’à minuit. Encore dix minutes. Ensuite, elle retournerait au dortoir. Comme sa compagne de chambre, Jill, travaillait jusqu’à 2 heures du matin, elle serait seule pendant un moment. Peut-être qu’elle se préparerait un plat sucré, qui lui rappellerait son enfance. Au moins, ça la réconforterait un peu. Et alors, quand elle s’autoriserait de nouveau à rééchir, peut-être que la nouvelle que venait de lui annoncer sa mère la ferait moins souffrir. — Allô allô ? La Terre parle à la serveuse ! Deux Playboys, avec beaucoup de cerises. Elle leva les yeux et ït un effort pour se ressaisir. Elle avait déjà vu cet homme. Les employés du bar, qui avaient
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un surnom pour chaque client, l’appelaient « le Vicieux ». A bien regarder, il aurait pu être le grand frère d’Oliphant. Il avait le même bronzage trop parfait, les mêmes cheveux trop bien teints et la même façon prétentieuse de rentrer le ventre pour essayer de faire croire qu’il avait vingt-cinq ans, et non quarante. — Bien sûr. Tout de suite, monsieur. Elle posa son portable sous le comptoir et sourit. — Et qu’y a-t-il dans un Playboy, à part des cerises ? demanda-t-elle, histoire de faire un peu la conversation. Très classe, monsieur le Vicieux se pencha, ce qui lui permit de sentir son haleine. Oh. C’était donc ça, un Playboy. Du gin, du jus de canneberge, des rondelles d’orange et la garantie qu’il allait vomir tripes et boyaux dans le sable avant la ïn de la soirée. Son sourire se crispa. Les yeux de cet homme ne devaient déjà pas être jolis à voir dans ses meilleurs jours, mais en cet instant, ils étaient carrément répugnants. Tout rouges, trop brillants, et qui avaient bien du mal à rester ïxés sur elle. Sa main recommençait à trembler. Ce qu’elle pouvait détester les hommes qui devenaient méchants quand ils avaient bu…Des hommes comme JIm OlIphant. — Seulement des cerises, dit-il d’une voix pâteuse avant de passer sa langue sur sa lèvre inférieure. C’est tout ce que je veux. Les garçons et moi avons fait un petit pari. Nous nous demandons si vous avez perdu la vôtre. Et si elle faisait semblant de ne pas avoir compris ? C’était généralement son premier moyen de défense. Mais elle sentait déjà le sang se ruer dans ses tempes, avec la force de la marée montante. Ce crétin ne le savait pas, mais il avait vraiment choisi le pire moment pour l’im-portuner. D’accord, elle avait besoin de ce travail, mais elle se sentait à deux doigts d’éclater en sanglots — ou de casser son affreux nez. La seconde option lui attirerait encore plus d’ennuis que la première, mais elle était décidément très tentante. Il y
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avait huit ans qu’elle n’avait pas versé une larme, et elle n’avait pas la moindre intention de s’y remettre ce soir. Elle chercha Jill du regard, aux tables, sur la piste de danse, et même sur la plage illuminée par les projec-teurs. Sa collègue trouvait que cet homme étaitmIgnon— chacun ses goûts — et puis d’ailleurs, elle lui devait un service. Kitty l’avait couverte une demi-douzaine de fois ces derniers temps, pour lui permettre de s’éclipser avec un client séduisant qu’elle venait tout juste de rencontrer. Mais Jill n’était nulle part. Donc, ce n’était même pas la peine qu’elle cherche le videur : cette semaine, il comptait au nombre des amants de Jill, et il serait lui aussi introuvable. Les dents serrées, elle répondit : — Nous avons toujours une bonne réserve de cerises au bar. Restons-en là, d’accord ? Soyez gentil et dites-moi ce que… — Non non, je ne parle pas dubar. Il lui adressa un clin d’œil. — Vous voyez, mon chou, nous pensons que vous ne pouvez pas avoir plus de… dix-neuf ans ? Nous pensons que ces cheveux verts, ce piercing à l’arcade ne sont qu’un masque. Vous avez un visage de petite ïlle. Allons, petite ïlle. Nous pensons que vous n’avez peut-être pas encore perdu votrecerIse. L’ordure. Elle sentait le poids de chacune de ses vingt-six années. Ce commentaire sur son âge supposé n’était rien d’autre que du baratin. Encore mieux : « petite ïlle » était le surnom que Jim Oliphant aimait lui donner. Elle se pencha vers lui et baissa la voix. — Voyons,mon chou. Ce que je perds facilement, c’est ma patience, surtout avec un abruti qui est de surcroît laid comme un pou. Par contre, je ne perds jamais ma bombe lacrymogène. Elle baissa les yeux vers son entrejambe et ajouta : — Alors, ça te plaît… boy ?
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L’homme essaya de digérer l’insulte. Son regard était devenu plus dur. — Qu’est-ce que… Il tendit le bras, comme pour la saisir par le poignet. — Je vais te faire virer, espèce de petite… Techniquement, l’attitude de l’homme ne représentait pas un problème. Elle avait débuté comme serveuse et gravi les échelons jusqu’à devenir barmaid, moins d’un an plus tôt. Mais la première chose qu’on apprenait dans ce métier, c’était comment s’y prendre avec les clients ivres. Pourtant, quand l’homme brandit sa main épaisse, quelque chose en elle se brisa. Elle voulut inspirer profondément, mais les larmes qu’elle essayait de retenir l’en empêchèrent. Soudain, les guirlandes lumineuses colorées accrochées aux poteaux qui supportaient l’auvent de toile, au-dessus du bar, lui apparurent comme une myriade de cristaux étincelants. Oh ! mon Dieu. Elle était en train de craquer. Mais où était ce ïchu videur ? Tout en défaisant maladroitement son tablier, elle se tourna, émit un son inintelligible et ït quelques pas vers la plage. — Hé ! Elle regarda par-dessus son épaule. L’homme contournait le bar, tête baissée, et avançait vers elle, l’air aussi décidé qu’un taureau. Un frisson lui glaça le dos entre les omoplates. Et soudain, un autre homme surgit de nulle part et barra le chemin à monsieur le Vicieux. — Du calme, ït-il en posant une main sur le torse de l’individu. Je pense que madame a besoin de… Elle n’attendit pas la ïn de la phrase. Elle avait sa chance, et elle n’allait pas la laisser passer. Elle pressa le pas, encore et encore, jusqu’à courir. Elle passa derrière les guirlandes lumineuses, traversa le faisceau de projec-teurs qui transformaient l’écume des vagues en milk-shake mousseux et, enïn, s’enfonça dans la nuit. Même quand elle eut mis une bonne distance entre le
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bar et elle, elle continua de courir aveuglément vers l’est, sur la plage en forme de croissant en bordure de laquelle était construit le Sugarwater Resort. Quand le sable devint trop mou, elle ralentit l’allure, juste le temps de se débar-rasser de ses sandales. Ses poumons avaient beau sembler au bord de l’explosion, elle continua de courir jusqu’à se retrouver là où aucune modeste barmaid n’aurait dû se trouver, tout au bout de la plage, non loin des luxueux cottages qui n’étaient loués qu’au mois, et seulement à des gens qui ne demandaient jamais combien cela coûtait. Enïn, elle atteignit le dernier bosquet de palmiers. La plage s’arrêtait là. Elle regarda tout autour d’elle, comme si elle pensait trouver une issue, mais bien sûr, il n’y en avait pas. Elle se tenait à moins de deux mètres de l’océan. Le bruit sourd du ressac couvrait celui du sang qui rugissait dans ses oreilles. Elle essaya de se concentrer sur ce bruit. Il fallait qu’elle trouve quelque chose de solide, à quoi se raccrocher. Mais c’était sans espoir. Elle avait couru aussi loin que possible, mais elle n’avait échappé ni à ses souvenirs, ni à sa rage. Sans sa permission, un liquide chaud commença à ruisseler sur ses joues. Elle pressa ses yeux des doigts, comme si ce geste allait sufïre à empêcher les larmes de couler. Non, non. Elle n’était pas faible à ce point. Elle était forte, et elle contrôlait sans problème sa vie et son corps — elle contrôlait ses larmes. Elle n’avait pas peur de ce vicieux, ni d’aucun homme d’ailleurs. Elle n’avait peur de rien. Maudit soit Jim Oliphant. Il l’avait contrainte à s’exiler loin du foyer qu’elle aimait, loin de la maison où ottaient les souvenirs de son père, lui au moins il n’aurait jamais laissé personne la traiter comme… Avec un cri étranglé, elle se laissa tomber à genoux. Le sable s’enfonça sous son poids et quelque chose de pointu mordit sa chair. Une onde de douleur remonta dans sa
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jambe, aussi vive qu’un éclair. Elle poussa un petit cri, s’accroupit sur un talon, et tendit son autre jambe devant elle pour l’examiner. Elle devait avoir atterri sur un coquillage coupant ou un tesson de verre. Ae. Un liquide sombre coulait d’une entaille, juste à côté de son tibia. Elle saignait. Et ça faisait mal. Affreusement mal. — Tout va bien ? demanda soudain une voix d’homme. Elle leva les yeux, furieuse de ne pas l’avoir entendu approcher. Et si c’était cette espèce de vicelard qui venait livrer un autre round ? Les hommes de son acabit semblaient toujours rechercher les ennuis. Ouf ! Ce n’était pas lui. Au contraire ! C’était l’homme qui lui avait barré le chemin, lui fournissant ainsi une occasion de s’échapper. Maintenant qu’elle avait les pensées plus au clair, elle prit le temps de le détailler dans la pénombre. Elle le connaissait en fait — comme toutes les autres barmaids. Elles l’avaient même surnommé « le Magniïque ». Blond, les yeux bleus, un mètre quatre-vingt-cinq, et un corps de dieu grec. Et d’autant plus attendrissant qu’il semblait n’avoir aucune conscience de son pouvoir de séduction. Son vrai nom était David Gerard. Depuis quelques semaines, il louait le plus luxueux des cottages du complexe hôtelier, juste là, au bord du croissant de sable. Elle avait rentré le numéro de sa chambre une bonne douzaine de fois dans la caisse enregistreuse du bar, mais jamais il n’avait essayé de la draguer. Bizarrement, il n’avait jamais rien tenté avec aucune ïlle du coin. Elle avait vu une douzaine de blondes aux courbes appétissantes faire de leur mieux pour se l’approprier, ne fût-ce que pour une nuit, mais il les repoussait toujours avec élégance et repartait seul. D’ailleurs, son attitude était plutôt fascinante. Il dînait sur la plage tous les soirs, comme s’il cherchait quelqu’un, mais n’entamait jamais la conversation avec personne. Il buvait
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une ou deux bières, qu’il faisait durer pendant des heures, et passait le reste de la soirée à jouer aux échettes avec les habitués les plus vieux et les plus solitaires de l’endroit. Toutes les employées se demandaient quelle était son histoire. Pour sa part, Kitty aurait parié qu’il avait tout d’un homme dont le cœur a été brisé. Jill n’était pas d’ac-cord, et soutenait qu’une femme qui aurait eu la chance de mettre la main sur ce cœur — et elle insistait bien sur le mot « cœur » — aurait bien pris garde de ne pas le laisser lui échapper. Mais pourquoi cet homme l’avait-il suivie jusqu’ici ? — Je vais bien, dit-elle enïn. Elle se releva et, avec une grimace, enleva le sable que le sang collait à sa jambe. Quelle idiote ! Elle aurait mieux fait de commencer par s’essuyer le visage. Eh bien tant pis. Elle se redressa et pointa le menton en avant, en un geste qui le déïait de faire un quelconque commentaire sur ses larmes. — Je me suis coupée, c’est tout, expliqua-t-elle. Je dois être tombée sur un morceau de verre. Il se pencha et prit son mollet entre ses mains. Il ne semblait pas inquiet, mais il la tenait fermement. — Allons dans la lumière, dit-il enïn. Mon cottage est juste derrière nous. Est-ce que vous pouvez marcher ? — Bien sûr. Mais dès qu’elle posa le pied sur le sol, une vive douleur traversa sa jambe. — Ce n’est rien, ït-elle. Je devrais retourner à… — Non, coupa-t-il. J’habite juste ici, et j’ai une voiture. S’il vous faut des points, je pourrai vous conduire aux urgences. Elle jeta un regard vers l’hôtel et remarqua combien les dortoirs étaient loin. — Parfait. Je veux dire… d’accord. Merci. Elle surprit un petit sourire sur son visage quand il lui attrapa le bras pour le passer autour de ses épaules. A coup
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sûr, elle devait lui paraître bien irritable et ingrate, mais elle se sentait tellement idiote… Et dire qu’elle se vantait d’être forte et indépendante ! L’intérieur des cottages de Sugarwater était d’un luxe impressionnant. Heureusement, elle y était déjà entrée. Au moins, cela lui évita de s’humilier un peu plus en restant bouche bée quand il alluma la lumière du séjour — une lumière d’ambiance provenant d’éclairages encastrés, qui permettait de proïter pleinement de la vue que l’on avait sur l’océan par la grande baie vitrée. Il l’installa sur un grand canapé de cuir avant de passer derrière elle. Il fouilla pendant quelques minutes dans le minibar avec évier. Quand il revint devant elle, il avait une bouteille d’eau oxygénée, de la gaze, et une bande dans les mains. — Vous avez une trousse de premiers soins dans le bar ? demanda-t-elle, abasourdie. Il rit. Il avait déjà posé un genou au sol, et commença à nettoyer doucement sa plaie. — Oui, répondit-il. Vous voyez, je me suis entaillé la jambe pendant la première semaine que j’ai passée ici. Apparemment, je suis toujours aussi mauvais surfeur. Il leva la tête, lui sourit et ajouta : — Dix points. On me les a enlevés il y a une semaine. Elle sourit malgré elle. Pourtant, il ne semblait pas maladroit. Ses mains étaient douces et pleines d’assurance. Il utilisa plusieurs morceaux de gaze pour nettoyer la plaie, qu’il arrosa ensuite d’eau oxygénée. Une ïne ligne de liquide rosâtre coula sur son mollet. Il l’essuya, en prenant tout son temps, ce qui emplit Kitty d’une chaleur et d’une excitation étranges. Mon Dieu. Etait-elle vraiment si faible, ce soir ? Elle n’allait tout de même pas se laisser séduire par ce numéro de boy-scout ? Il lui fallut un moment pour nettoyer sa plaie. Il procédait avec une lenteur vaguement teintée… d’érotisme ? Non, il
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fallait qu’elle arrête de se faire des idées. Ses gestes rele-vaient purement et simplement de premiers soins efïcaces et méticuleux. Enïn, il essuya les derniers grains de sable collés aux lèvres de la plaie ; elle tressaillit. — Désolé. Il se pencha et continua son travail, avec encore plus de délicatesse. Ensuite, après avoir tamponné la plaie une dernière fois, il entreprit d’ôter le ïlm protecteur d’un grand pansement carré. — Ce n’est pas aussi grave qu’on l’aurait dit. Pas besoin de points, sans doute. Mais vous feriez mieux de vous faire vacciner contre le tétanos. — J’ai fait un rappel il y a quelques mois, dit-elle d’une voix rauque. Elle s’éclaircit la gorge avant d’ajouter : — Quand on travaille ici, on ne prend pas de risques. Il hocha la tête. — Bien. Ensuite, il ramassa les tampons de gaze imbibés de sang et se leva pour aller les jeter dans la poubelle, derrière le bar. Ceci fait, il se lava les mains. — Que prendrez-vous ? demanda-t-il. Elle se retourna. Il montrait du doigt les bouteilles alignées contre le mur vitré. L’approvisionnement standard qui était fourni à chaque nouveau client, en même temps que le cottage. David était ici depuis plusieurs semaines mais ne semblait pas y avoir touché. — Vous voulez boire quelque chose pour vous détendre un peu ? Elle mit une bonne minute avant de répondre. Au milieu de tout ce cristal étincelant, il ressemblait au héros à la fois séduisant et inaccessible de tous les ïlms qu’elle avait pu voir. Il semblait tellement à l’aise, tellement bien dans sa peau. Il portait un pantalon à pinces et un polo bleu, qui mettaient son torse ferme et ses hanches sexy en valeur,
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