Une place à prendre

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Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre...
Comédie de mœurs, tragédie teintée d’humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.

Publié le : vendredi 28 septembre 2012
Lecture(s) : 31
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246802662
Nombre de pages : 682
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L’édition originale de cet ouvrage a été publiée par Little, Brown, filiale de Little, Brown Book Group,à Londres, en 2012, sous le titre :
THE CASUAL VACANCY
« Umbrella » : Written by Terius Nash, Christopher « Tricky » Stewart, Shawn Carter and Thaddis Harrell © 2007 by 2082 Music Publishing (ASCAP)/Songs of Peer, Ltd. (ASCAP)/March Ninth Music Publishing (ASCAP)/Carter Boys Music (ASCAP)/EMI Music Publishing Ltd (PRS)/Sony/ATV Music Publishing (PRS). All rights on behalf of WB Music Corp. and 2082 Music Publishing Administered by Warner/Chappell North America Ltd. All rights on behalf of March Ninth Music Publishing Controlled and Administered by Songs of Peer, Ltd. (ASCAP). All rights on behalf of Carter Boys Music Controlled and Administered by EMI Music Publishing Ltd. All rights on behalf of Thaddis Harrell Controlled and Administered by Sony/ATV Music Publishing.
« Green, Green Grass of Home » : © 1965 Sony/ATV Music Publishing LLC. All rights administered by Sony/ATV Music Publishing LLC, 8 Music Square West, Nashville, TN 37203. All rights reserved. Used by permission.
Ce roman est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existant ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Couverture : Mario J. Pulice. Illustration et design du titre : Joel Holland.
Photo : Wall to Wall Media ltd. Photographe : Andrew Montgomery.
ISBN : 978-2-246-80266-2
© J.K. Rowling, 2012.
© Éditions Grasset & Fasquelle, pour la traduction française, 2012.
DU MÊME AUTEUR
Aux éditions Gallimard
Harry Potter à l’École des Sorciers
Harry Potter et la Chambre des Secrets
Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban
Harry Potter et la Coupe de Feu
Harry Potter et l’Ordre du Phénix
Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé
Harry Potter et les Reliques de la Mort
Le Quidditch à travers les âges
Les Animaux fantastiques
Les Contes de Beedle le Barde
À Neil
Première Partie
6.11Une vacance fortuite est officiellement constatée :
(a) quand un élu local manque à son obligation de notifier son acceptation de mandat dans les délais impartis ; ou
(b) à réception de son avis de démission ; ou
(c) le jour de son décès…
Charles Arnold-Baker
Administration des conseils locaux,
7e édition
Dimanche
Barry Fairbrother ne voulait pas aller dîner. Une migraine épouvantable le harcelait depuis le début du week-end, et il était embarqué dans une course contre la montre pour rendre un article à temps avant le bouclage du journal local.
Mais sa femme s’était montrée un peu sèche et distante au cours du déjeuner, et Barry en avait déduit que la petite carte offerte pour leur anniversaire de mariage ne l’avait en rien absous du crime dont il s’était rendu coupable en s’enfermant toute la matinée dans son bureau. Et pour écrire un article à propos de Krystal, par-dessus le marché ; Krystal que Mary n’avait jamais aimée, même si elle affirmait le contraire.
« Mary, je t’emmène dîner, avait-il lancé avec un enthousiasme feint pour briser la glace. Dix-neuf ans, les enfants ! Dix-neuf ans, et jamais votre mère n’a été aussi belle. »
Mary s’était radoucie et avait souri ; Barry avait donc appelé le club de golf, parce que ce n’était pas loin et qu’ils étaient sûrs d’avoir une table. Il s’efforçait de réserver de menus plaisirs de ce genre à sa femme, car il avait fini par comprendre, après bientôt vingt ans de mariage, que pour ce qui était des grandes occasions, il n’avait cessé de la décevoir. Bien malgré lui, d’ailleurs ; ils avaient chacun une conception radicalement différente de ce qui comptait dans la vie, voilà tout.
Les quatre enfants de Barry et Mary avaient passé l’âge d’être gardés par une baby-sitter. Ils regardaient la télé quand il leur dit au revoir pour la dernière fois et seul Declan, le petit dernier, se retourna vers son père pour le saluer d’un geste de la main.
La migraine de Barry continuait de lui marteler les tempes tandis qu’il faisait marche arrière dans l’allée puis s’engageait dans les rues charmantes de Pagford, où ils vivaient depuis le premier jour de leur mariage. Ils descendirent Church Row, la rue en pente escarpée où s’alignaient les demeures les plus luxueuses de la petite ville, dans toute leur splendeur victorienne, massives et extravagantes ; il bifurqua au coin de l’église pseudo-gothique, où il était jadis allé voir ses jumelles jouer dans une représentation de
Joseph et l’incroyable manteau multicolore, puis traversa le Square, la grand-place d’où l’on apercevait au loin le ténébreux squelette de l’abbaye en ruine qui dominait la bourgade, juchée au sommet d’une colline où sa silhouette se mêlait à présent au ciel pourpre.
Barry conduisait d’une main nerveuse, sans guère prêter attention aux lacets de la route qu’il connaissait par cœur ; il ne pensait qu’aux erreurs qu’il était certain d’avoir commises, dans sa hâte de terminer l’article qu’il venait d’envoyer à la Gazette de Yarvil. Lui qui était si ouvert et exubérant dans la vie éprouvait une certaine difficulté, chaque fois qu’il fallait prendre la plume, à exprimer sa personnalité dans toute sa faconde.
Le club de golf était à quatre minutes de route à peine du Square, juste après la frontière invisible au-delà de laquelle la petite ville se dissolvait dans un ultime éparpillement de vieux cottages. Barry gara le monospace devant le restaurant du club, le Birdie, et attendit quelques instants à côté du véhicule, le temps que Mary se remette un peu de rouge à lèvres. La fraîcheur du soir lui caressait le visage. En regardant les contours du parcours de golf se fondre dans le crépuscule, il se demanda pourquoi il n’avait pas résilié son abonnement. Il était piètre golfeur ; son swing laissait à désirer, et son handicap demeurait désespérément élevé. Sans compter qu’il était requis ailleurs par d’innombrables devoirs. En attendant, sa migraine le tourmentait plus que jamais.
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